Bernard Kouchner

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Posté par seb 19/03/2009 @ 04:10

Tags : bernard kouchner, ministère des affaires étrangères, gouvernement, politique

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Bernard Kouchner

Bernard Kouchner et le président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, le 21 mai 2008

Bernard Kouchner, né le 1er novembre 1939 à Avignon, est un médecin humanitaire et homme politique français, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, ministre des gouvernements de gauche et de droite, haut représentant du secrétariat général de l'ONU au Kossovo.

Médecin de formation, Bernard Kouchner a connu une vie militante, qui l'a conduit à adhérer à l'Union des étudiants communistes, au début des années 1960, au PS, au PRG, puis à nouveau au Parti socialiste, mais il est surtout connu comme militant de l'action humanitaire et du droit d'ingérence.

Il est secrétaire d'État et ministre en charge de l'action humanitaire ou de la santé sous les gouvernements socialistes de Michel Rocard, Pierre Beregovoy, Édith Cresson et Lionel Jospin. Depuis le 18 mai 2007, il est ministre des Affaires étrangères et européennes dans le gouvernement François Fillon (reconduit dans le gouvernement Fillon II, le 19 juin 2007).

Né le 1er novembre 1939 à Avignon, d'un père juif, Georges Kouchner, médecin de gauche, et d'une mère, Léone Mauric, infirmière bénévole de la Croix-Rouge issue d'une famille protestante aisée. Samuel, le père de Georges avait quitté la Lettonie pour la France en 1908 et avait fait venir son épouse Rachel l'année suivante. Pendant la Seconde Guerre mondiale Samuel et Rachel ont été arrêtés en 1944 et déportés à Auschwitz. Ils font partie du convoi No 76 en date du 30 juin 1944.

Bernard Kouchner suit des études de médecine dans les années soixante tout en menant des activités militantes intenses à la rédaction du journal des étudiants communistes. Il est père de Julien, né en 1970 Camille et Antoine, jumeaux nés en 1975, trois enfants issus de sa première union avec Évelyne Pisier, professeur de droit. De sa compagne Christine Ockrent, journaliste, il eut Alexandre.

Bernard avait rencontré sa première femme Évelyne en 1964 lors du voyage à Cuba organisé pour les dirigeants de l'UEC. Pour Évelyne, ce voyage a d'abord été à l'origine d'une liaison avec Fidel Castro. Après mai 1968, alors que Bernard transformait son engagement politique en engagement humanitaire, Évelyne restait sur des positions révolutionnaires. En 1975, lors d'une mission au Vietnam, il écrivait à sa femme « ...C'est dans ces bois que se cachent les VC (Viêt-Congs). Toi, tu ris, car tu les aimes, les VC. Moi, je ne les hais pas ». Mais, en 1980 la rupture du couple, d'ailleurs mal vécue par Bernard, ne résulte pas d'un différent politique. D'après Burnier, biographe et ami de Kouchner, Évelyne ne supportait pas le style de vie imposée par les missions incessantes de Bernard « Je venais de passer quelques années avec un héros, Fidel Castro, et j'en avais marre des héros », déclare-t-elle à propos d'une première rupture survenue dés la fin des années 1970. Évelyne a pris comme second mari un professeur de droit, Olivier Duhamel, socialiste rocardien.

Christine Ockrent, compagne de Bernard à partir du début des années 1980 avait un parcours à l'écart de tout mouvement révolutionnaire: Fille d'un diplomate belge proche d'Paul-Henri Spaak, elle avait effectué son début de carrière de journaliste aux États-Unis. Elle avait acquis la célébrité en 1981 en devenant la présentatrice du journal de 20 heures sur Antenne 2. Elle n'est pas rebuté par les escapades humanitaires d'où son compagnon revient barbu, amaigri et insupportable « C'est ça qui m'intéresse a-t-elle déclaré à Michel-Antoine Burnier. Bernard n'est sûrement pas un mec qui revient à six heures et demie du soir avec sa petite serviette. Je n'ai pas choisi ce genre de vie et je n'ai pas choisi ce genre d'homme ». Christine et Bernard se font construire une maison près de Bonifacio en Corse.

« Je suis communiste et Rastignac. Paradoxe ? Détrompez-vous; le mélange n'est pas détonnant. Il est même étonnament efficace. Vous riez ? Je vous attends... ».

À cette époque, les étudiants communistes de l'UEC sont plus ou moins en conflit avec la direction du PCF et se sentent plus proches des positions du parti communiste italien qui s'est engouffré dans la critique de Staline amorcée par Khrouchtchev au moment où, le parti français dirigé par Maurice Thorez restait beaucoup plus timoré sur ce point. Kouchner fait partie des « Italiens ». La reprise en main définitive de l'UEC et l'éviction des Italiens de la direction ne sera chose faite qu'en 1965. Entre temps, Jean Schalit aura pu mettre sur pied Clarté-voyage et organiser un voyage à Cuba dont font partie une bonne partie des dirigeants de l'UEC. Ce sera l'occasion pour Kouchner d'interviewer Fidel Castro.

Kouchner qui n'avait jamais adhéré au PCF, mais seulement à l'UEC, quitte la mouvance communiste en 1965, lorsque les « Italiens » sont écartés de la direction de l'UEC. Toujours aux côtés de Jean Schalit et Michel-Antoine Burnier, il siège à la direction du Comité Vietnam national qui pourfend l'impérialisme américain qui s'englue dans la Guerre du Viêt Nam. Il poursuit également des activités journalistiques en participant toujours avec Michel-Antoine Burnier à la création du journal L’Événement d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie.

Pendant les événements de mai 68, Bernard Kouchner participe activement à la rédaction d'un « Livre blanc » de la faculté de médecine.

Après mai 68 dans lequel il ne s'est que modérément impliqué Bernard Kouchner qui a terminé ses études de gastro-entérologie mais n'a pas encore passé sa thèse, apprend par un de ses amis, Marek Halter que la Croix-Rouge française recrute des médecins pour faire face aux problèmes humanitaires consécutifs à la guerre du Biafra. Le docteur Bernard Kouchner séjournera au Biafra à trois reprises, de septembre à octobre 1969, en décembre 1968 et d'octobre à novembre 1969. Le responsable de la mission, Max Récamier, et Kouchner rompent le devoir de réserve imposé par le CICR et témoignent dans les colonnes du Monde daté du 28 octobre 1968, prenant fait et cause pour les rebelles biafrais. Plus tard, dans Le Nouvel Observateur du 19 janvier 1970, sous le titre « Un médecin accuse », Kouchner écrira ceci : « Comment peut-on être de gauche et laisser massacrer deux millions d’individus ? Le massacre des Biafrais est le plus grand massacre de l’histoire moderne après celui des juifs, ne l’oublions pas. Est-ce que cela veut dire que le massacre de millions d’hommes n’a pas de dimension politique ? La gauche, s’il en existe une, a fermé les yeux Sa préoccupation est simple : les gens qui meurent sont-ils de gauche ? ».

En décembre 1971 Bernard Kouchner participe à la création de Médecins sans frontières aux côtés d'hommes de terrain comme Max Récamier, Xavier Emmanuelli et de membres de l'équipe du journal médical Tonus, Raymond Borel et Philippe Bernier ». Kouchner revendique avoir proposé et dédendu le nom de « médecins sans frontières » alors que d'autres fondateurs avaient proposé « Secours Médical Français ». Dans la charte de MSF, Philippe Bernier a introduit une règle inspirée de la Croix-Rouge stipulant que les membres « respectent le secret professionel et s'abstiennent de porter un jugement ou d'exprimer une opinion à l'égard des évènements, des forces, et des dirigeants qui ont accepté leur concours ». Kouchner a tenté, en vain, de s'opposer à cette règle en expliquant qu'en rendant publics les crimes de masse, on pourrait contribuer à arrêter les massacres.

En mission à Saïgon, au Vietnam, en 1975, au moment de l'offensive finale Nord-Vietnamienne, Kouchner aura l'occasion de s'intéresser à nouveau au Vietnam, 4 années plus tard. En 1979, il participe à l'opération « Un bateau pour le Vietnam » qui aboutira à affréter un bateau, l' Ile de Lumière, censé venir en aide aux Vietnamiens qui fuient le Vietnam communiste sur de frêles embarcations et que l'on appelle les « Boat people ». En fait, l' Ile de Lumière servira surtout de bâteau hôpital, au large de l'île malaise de Poulo Bidong où s'entassent des dizaines de milliers de réfugiés. L' Ile de Lumière bénéficie d'une ample couverture médiatique qui fait connaître Kouchner au grand public.

C'est à cette occasion que Kouchner sera mis en minorité au cogrès annuel de MSF qui se tient à Paris en juin 1979. Le président sortant Claude Malhuret ne cite pas l' Ile de Lumière dans son rapport moral, met en avant le succés des opérations à long terme en Thaïlande ou en Ogaden et s'en prend à l'indiscipline des kouchnériens « On ne peut pas faire des coups spectaculaires seuls ». Malhuret réclame aussi l'anonymat dans les missions. Kouchner se défend en dénonçant « les bureaucrates de la charité, les technocrates de l'assistance ». Le rapport de Malhuret est approuvé par 80 voix contre trente et une vingtaine d'abstentions. Kouchner quitte définitivement MSF pour fonder Médecins du monde en 1980 .

Après l'accession au pouvoir de François Mitterrand en 1981, on trouve un certain nombre d'anciens « Italiens » de l'UEC dans les cercles du pouvoir. Parmi eux, Roland Castro qui présente Kouchner à Mitterrand . Kouchner mène alors campagne dans les institutions internationales pour la reconnaissance du droit d'ingérence, notion développée à l'origine par Jean-François Revel. En 1987, le président Mitterrand et son premier ministre Jacques Chirac honorent de leurs présences un colloque organisé par Kouchner sur le thème du « Droit et morale humanitaire ». Les deux hommes soutiennent l'idée du devoir d'ingérence défendu par Kouchner. « J'ai noté une belle formule, une belle expression du docteur Kouchner: la morale de l'extrême urgence... » aurait glissé le président Mitterrand. A cette époque, Chirac, premier ministre s'affiche beaucoup plus favorable au droit d'ingérence que Mitterrand, président. Il a créé dans son gouvernement un poste de « secrétaire d'état aux droits de l'homme » confié à Claude Malhuret que Kouchner considère toujours comme un usurpateur depuis sa prise de pouvoir de MSF en 1979.

A la veille des élections présidentielles de 1988, deux jours avant le premier tour, dans un texte cosigné par Bernard-Henri Lévy paru dans Le Monde, Kouchner prnd position pour le candidat Mitterrand tout en exprimant une vision politique moderniste qui n'est pas forcémment celle qui domine au sein du Parti Socialiste.

Bernard Kouchner qui caracole dans le peloton de tête des sondages de popularité des personnalités françaises est nommé secrétaire d'état chargé de l'insertion sociale dans le premier gouvernement Rocard. Ceci ne le met pas à l'abri d'un échec électoral cuisant auquel il doit faire face dans la 20eme circonscription du Nord aux législatives de 1988 qui suivent les présidentielles de moins de deux mois. Il est parachuté par le parti socialiste dans un bastion communiste. Il arrive loin derrière son adversaire communiste Alain Bocquet et son score est bien inférieur à la moyenne socialiste dans le département . Alors qu'il hésite à se maintenir au deuxième tour en tentant de rallier les voix centristes pour battre le candidat communiste, il est contraint, lâché par son suppléant socialiste, d'accepter la discipline de parti et de se retirer.

Malgré cet échec électoral local, Kouchner fera partie de presque tous les gouvernements socialistes de 1988 à 2001. secrétaire d'État chargé de l'Action humanitaire dans le deuxième gouvernement Rocard, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, chargé de l'Action humanitaire dans le gouvernement Cresson, ministre de la Santé et de l’Action humanitaire dans le gouvernement Pierre Bérégovoy, secrétaire d'État puis ministre délégué chargé de la Santé dans le gouvernement Jospin. En 1988, il est considéré comme trop incontrôlable par Mitterrand pour prendre en charge le ministère de la santé. Il se constitue un cabinet pléthorique dans lequel des anciens copains d'Actuel comme Patrick Rambaud cotoient le juriste Mario Bettati qui a donné des bases juridiques théoriques au droit d'ingérence et des grands profeseurs de médecine comme Alexandre Minkowski.

Avec ses fonctions de secrétaire d'état à l'action humanitaire, la vie de Bernard Kouchner reste ponctuée de déplacements dans les régions du monde troublées. En 1989, il a ainsi l'occasion de se rendre au Soudan où il franchit la frontière sans l'autorisation du gouvernement de Khartoum en vertu de la résolution 43/131 portant «droit d'accès aux victimes des catastrophes naturelles et des situations d'urgence du même ordre» qui avait été votée par l'Assemblée générale de l'ONU en décembre 88 sur proposition de Kouchner au nom de la France. Il s 'embarque également avec un hôpital mobile au Salvador où une guerre civile à éclaté, . Il est également en Roumanie au moment de la chute de Ceaucescu et au Libéria, à Monrovia complétement anéantie par la guerre civile.

Le 28 juin 1992, Kouchner, alors ministre de la santé et de l'action humanitaire accompagne le président Mitterrand à Sarajevo. Pierre Péan a écrit que c'est à cette occasion qu'il a gagner la confiance de Mitterrand et qu'il a bénéficié dans les huit derniers mois du gouvernement Beregovoy d'un statut de « ministre-bis des Affaires Étrangères ». Péan ajoute qu'il avait pris le pas sur le ministre en titre Roland Dumas et aussi sur le ministre de la défense, Pierre Joxe. Ainsi, c'est contre l'avis de Joxe qu'il aurait engager la France dans l'intervention militaro-humanitaire de Somalie en décembre 1992. Kouchner avait inspiré une campagne de collecte de riz dans les écoles le 20 octobre 1992 et le 5 décembre, il est présent sur les plages somaliennes devant les caméras de télévision et son image, sac de riz à l'épaule fera le tour des médias.

Ministre à part entière, à la Santé, en 1992 dans le gouvernement Beregovoy, Kouchner consacre une partie de son énergie à répandre les traitements antidouleur dans les établissements hospitaliers français. Il met également en route une loi sur la bioéthique que feront aboutir les responsables de la Santé dans le Gouvernement Balladur, Simone Veil et Philippe Douste-Blazy . En 1997, Kouchner supportera mal la tutelle de Martine Aubry, alors qu'il n'est plus que secrétaire d'État chargé de la Santé dans le gouvernement Jospin. Martin Hirsch est alors son directeur de cabinet. Il quitte le gouvernement en 1999 pour accomplir sa mission d'administrateur de l'ONU au Kossovo. Lorsqu'il reprend son poste en 2001, il devra faire face à la Crise de la vache folle. Il pourra également faire voter la loi qui porte son nom sur le Droit des malades.

En 1993, après la victoire de la droite aux élections législatives. Kouchner crée, la Fondation pour l’action humanitaire qui s'investit notamment dans la lutte contre le SIDA, l'installation de boutiques d'accueil pour les SDF. Bien que n’étant pas membre du PS, il est élu en 1994 sur la liste européenne du parti socialiste conduite par Michel Rocard après avoir annoncé le 3 octobre 1993 la constitution d'une liste indépendante. Selon Michel-Antoine Burnier, il commet alors une gaffe et une erreur politique. La gaffe consiste à se vanter, au soir des élections, de n'avoir pas voté pour sa propre liste. L'erreur politique consiste à adhèrer en 1996 au Parti radical de gauche rebaptisé « Radical », sur les traces de Bernard Tapie. Il y prend le titre de « président délégué à l'innovation politique » . Il s’est prononcé, à titre personnel, en faveur de la réforme Juppé de la Sécurité sociale. Il préside l'association Réunir et est à la fois proche de Michel Rocard et de Lionel Jospin. Il subit de nouveaux échec à l'élection législative de 1994 en Moselle et en 1996, à l'élection législative partielle de Gardanne. Il adhère au PS le 6 octobre 1998.

Il faut attendre le 10 juin pour que Milošević cède et retire ses troupes du Kosovo. 45000 soldats de l'OTAN s'installent alors au Kosovo. Le ministre français des Affaires étrangères de l'époque, Hubert Védrine, ne partage pas les idées de Kouchner sur le droit d'ingérence mais a l'idée de proposer Kouchner pour diriger la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK). Finalement, le 2 juillet, Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, annonce la nomination de Bernard Kouchner comme Haut-représentant du Sercrétariat général des Nations unies au Kosovo.

Bernard Kouchner a ainsi administré le Kosovo en tant que Haut représentant de l'ONU de juillet 1999 à janvier 2001. Cette mission faisait suite au vote de la résolution 1244 du conseil de sécurité qui autorisait l'établissement d'une autorité « administrative internationale civile », autrement dit la MINUK.

Pendant dix-huit mois, il applique la politique de l'ONU consistant à créer une administration et un système politique pour combler les lacunes laissées par la séparation de la Serbie et à remettre sur pied une économie anéantie par les trois ans de la guerre. Cette politique aboutit à des élections municipales à la fin de l'an 2000.

Bernard Kouchner a par la suite été un candidat malheureux à différents postes à hautes responsabilités au sein des Nations unies : Haut commissaire aux réfugiés (HCR) en 2005, et directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2006.

« Que faire et comment gagner sa vie quand on n'est plu ministre, ni député ni fonctionnaire ? » C'est la question que pose Michel-Antoine Burnier en évoquant la situation de Bernard Kouchner en 1993 après la victoire électorale de la droite. La même question se posera à nouveau après la défaite de Jospin aux présidentielles de 2002. Et Burnier d'expliquer qu'en 1993, la candidature de Kouchner à un poste de professeur de médecine humanitaire à l'hôpital Cochin a été bloquée par le professeur Bernard Debré qui déclara qu'il ne suffisait pas d'avoir sa carte au PS pour devenir professeur, qu'en 2002 il est parti enseigner six mois à l'école de santé publique d'Harvard et qu'à son retour à Paris, en 2003, il devient titulaire de la chaire Santé et Développement au CNAM. Burnier souligne que Kouchner est alors beaucoup plus disponible pour s'occuper de ses enfants dont les aînés sont déjà engagés dans la vie active et dont le dernier va paser le bac. En 2009, un pamphlet de Pierre Péan portera à la connaissance du grand public que Kouchner a également exercé une activité de consultant rémunérée en proposant ses services auprès de grands groupes comme Pfizer ou Total ou auprès de gouvernements africains comme celui du Gabon ou du Congo. En fait, son rapport sur les activités de Total en Birmanie avaient déjà fait l'objet d'une controverse publique en 2003.

Bernard Kouchner est longtemps resté à l'écart de la vie politique d'appareil du Parti socialiste et s'autorise des prises de position publiques non orthodoxes vis-à-vis de son propre camp politique : militant socialiste, il est favorable à certaines mesures conduites par la droite comme le contrat nouvelle embauche, ou l'ouverture du capital d'EDF. Il se décrit lui-même comme un militant de gauche de tendance sociale-démocrate.

Le 11 janvier 2006, il se dit « candidat à des primaires à l'italienne » pour l'élection présidentielle de 2007.

En 2004, François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste nomme Kouchner « secrétaire national pour l'innovation sociale et politique », plus pour l'attacher que pour l'écouter, précise Burnier. Dans un sondage de popularité IPSOS Le Point d'octobre 2005, Kouchner arrive en tête des personalités pour lesquelles les Français aimeraient voter, juste devant Sarkozy. Dés lors, Kouchner va se mettre en posture pour devenir candidat aux présidentielles de 2007, mais à la fin de l'été 2006, devancé dans les sondages par Ségolène Royal, il doit se faire à l'idée de renoncer à sa candidature. En décembre 2006, Bernard Kouchner a indiqué qu'il se verrait bien ou pourquoi pas dans un gouvernement d'union nationale si Nicolas Sarkozy était élu, tout en réaffirmant sa fidélité au Parti socialiste.

En février 2007, il rejoint l'équipe de campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal tout en prônant l'ouverture politique comme la propose François Bayrou. Dans cette logique, et suite à l'appel de Michel Rocard pour un accord PS-UDF, il prend position pour un rapprochement avant le premier tour entre Ségolène Royal et François Bayrou, dans une interview accordée au Journal du dimanche du 15 avril 2007.

Le 18 mai 2007, bien que membre du Parti socialiste, il accepte finalement de participer au gouvernement François Fillon en tant que ministre des Affaires étrangères et européennes. Le PS, par la voix de son premier secrétaire, a aussitôt précisé qu'une procédure d’exclusion à son encontre sera enclenchée rapidement. François Hollande s'est exprimé en ces termes: Bernard Kouchner « est exclu de fait aujourd'hui. C'est automatique, comme lorsqu'on se présente contre un candidat désigné par son parti. Bernard Kouchner va être solidaire de ce gouvernement. Il va donc soutenir la droite contre les candidats socialistes aux législatives. » .

Bernard Kouchner a signé un article intitulé « Pourquoi j'ai accepté » et publié dans l'édition datée du 20 mai 2007 du journal Le Monde, où il s'explique sur son ralliement à un gouvernement de droite en se revendiquant social-démocrate .

À 67 ans, il est le doyen de ce gouvernement dont la moyenne d'âge est de 53 ans.

Le 19 août 2007, il se rend en Irak pour un voyage officiel de trois jours. Le ministre est le premier haut responsable français à y aller depuis l'invasion américaine de mars 2003, à laquelle la France s'était opposée. Il y rencontre des représentants de toutes les communautés, y compris celle des catholiques chaldéens, et suggère une piste de travail pourrait être un partenariat entre trois "piliers" : "Les Américains parce qu'ils sont là, un gouvernement irakien peut-être un peu plus habile que celui qui existe actuellement et les Nations unies avec une présence élargie". À cette occasion, il formulera des excuses au gouvernement irakien pour avoir proclamé dans le pays qui l'invitait : Beaucoup de gens pensent que le premier ministre devrait être changé. Mais je ne sais pas si cela va se produire, parce qu'il semble que le président (George W.) Bush est attaché à M. Maliki. Mais le gouvernement ne fonctionne pas. .

Bernard Kouchner déclare le 16 septembre 2007 que la crise du nucléaire iranien impose de « se préparer au pire » qui est « la guerre ».

Dans le cadre de ses fonctions, en novembre 2007, Bernard Kouchner accompagne la politique étrangère de la France vis-à-vis de l'Allemagne, en enregistrant avec Frank-Walter Steinmeier, le ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier allemand, dont il partage la spiritualité, et le chanteur allemand Muhabbet une chanson dont l'objectif est de promouvoir la compréhension et l'amitié des Allemands envers la communauté germano-turque. Cet acte inhabituel, quoiqu'officiel, est accompli en parallèle de la visite du président français dans le pays.

Bernard Kouchner se bat pour aider les réfugiés du Darfour, lors de son arrivée à ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, il dit vouloir y ouvrir un couloir humanitaire. La guerre civile du Darfour, région riche en ressources naturelles, a fait 200 000 morts et 2 millions de déplacés. Le docteur Denis Lemasson, de Médecins sans frontières, voit cela comme un mélange entre approches militaire et humanitaire, qui pourrait nuire à la sécurité des acteurs humanitaires sur le terrain. ,.

L'association Arche de Zoé, tente d'emmener en France des enfants du Tchad, les présentant comme orphelins du Darfour. Les membres de l'association sont arrêtés et inculpés par la justice tchadienne d'« enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil » et d'« escroquerie ». Éric Breteau, un des principaux organisateurs de l'association, accuse Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, d'être impliqué dans l'affaire .

Arnaud Montebourg l'accuse de ne jouer qu'un « tout petit rôle de figurant » après que le ministre a été plusieurs fois contraint de s'effacer derrière la cellule diplomatique de l'Elysée. Selon le député UMP, Claude Goasguen, le ministère n'est pas dirigé par Kouchner, mais par Nicolas Sarkozy.

En décembre 2008, Bernard Kouchner estime avoir eu tort de demander un secrétariat d'État aux Droits de l'Homme : « Je pense que j'ai eu tort de demander un secrétariat d'État aux Droits de l'Homme. C'est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l'homme et la politique étrangère d'un état, même en France ». A contre-courant de son image d'humanitaire, ces déclarations lui font perdre aussitôt 10 points d'opinions positives.

Dans la préface de l'ouvrage collectif Tibet, l'envers du décor (1993), il écrivait « D’abord, il convient d’affirmer que le Tibet est un pays, avec un passé et un présent, comme le prouve le livre riche et passionnant qui suit. En 1950, la Chine a envahi puis annexé le Tibet. » Il dénonce alors le bilan catastrophique de l'occupation chinoise du Tibet : plus d'un million de Tibétains seraient morts, imposition par la politique de l'enfant unique entraînant avortements et stérilisations forcées, devastations écologiques, stockage de déchets radioactifs et expériences nucléaires, mortalité infantile élevée, transfert massif de population chinoise au Tibet, suppression de la religion, pillage des monastères et du patrimoine. Il conclut en affirmant : « En ces temps de certitudes brisées et de triomphe apparent de la Démocratie, alors que partout exclusions et nationalismes se renforcent, nos enfants nous jugeront sur notre attitude face aux malheurs des Tibétains. » Il a rencontré le 14e Dalaï Lama dès 1989 et à plusieurs reprises depuis. Il devait le rencontrer à Nantes, mais il le rencontrera le 22 août, en compagnie de Carla Bruni-Sarkozy, lors de l'inauguration de temple de Lerab Ling de Sogyal Rinpoché à Roqueredonde près de Lodève.

En mai 1994, un mois après le début du génocide au Rwanda, alors que Kouchner n'est plus ministre, il se rend au Rwanda avec Renaud Girard, alors grand reporter au Figaro dans le but d'évacuer des orphelins tutsis retenus à l'hôtel des mille-collines de Kigali. Sur place, le général Dallaire, commandant de la force de l'ONU, la Minuar qui contrôle l'hôtel des mille-collines, est hostile à ce projet « d'exporter des enfants rwandais... pour que quelques Français bien-pensants se sentent un peu moins coupables du génocide. » . Kouchner obtient cependant l'accord de toutes les parties le 16 mai, mais rentre à Paris le 18 mai avant la réalisation du projet. L'évacuation pourra commencer le 4 juin.

Kouchner effectuera deux autres voyages au Rwanda, à la mi-juin et fin juillet. Lors du voyage de mi-juin, il discute avec le leader tutsi Paul Kagame d'une possible intervention française qui sera l'Opération Turquoise. C'est en tant que député européen qu'il effectue le voyage de juillet alors que Kagame est devenu le vice-président du nouveau gouvernement rwandais. Dans son livre polémique Le monde selon K. paru en 2009, Pierre Péan a défendu l'idée que Kouchner radicalisera désormais son discours, devenant un militant de la cause tutsie, dénonçant à la fois la responsabilité exclusive des Hutus et le rôle néfaste de la France.

Kouchner s'est rendu pour la première fois au Kurdistan irakien en septembre 1974, accompagné de ses collègues de MSF Max Récamier et Jacques Bérès. Il reste une quinzaine de jours dans le réduit contrôlé par Moustafa Barzani où vivent environ deux millions de personnes. Il y rencontre Idriss, le fils de Moustafa et constate que les Kurdes manquent plus de médicaments que de mèdecins. En France, le régime irakien de Saddam est soutenu aussi bien par Jacques Chirac que par une frange du PS où l'on trouve Jean-Pierre Chevènement. L'aide aux Kurdes crée également un clivage au sein de MSF, qui voient dans l'aide aux Kurdes un alignement sur des positions américaine et israélienne. Philippe Bernier, pro-irakien, est mis en minorité, mais Kouchner n'obtient pas l'autorisation de publier un article dans Le Monde . Par la suite, Kouchner a toujours gardé des rapports avec les Kurdes. Il effectue plusieurs autres voyages clandestins au Kurdistan. En 1983, en pleine Guerre Iran-Irak, il rencontre Jalal Talabani, un leader kurde qui s'oppose plus ou moins aux Barzani et deviendra président d'Irak en 2005.

En 1991, à l'issue de la défaite militaire de Saddam Hussein dans Guerre du Golfe, Kouchner, alors secrétaire d'état chargé de l'action humanitaire, réclame dans Le Monde que les armées de coalition poussent jusqu'à Bagdad pour renverser le tyran. Pendant la guerre du Golfe, les Kurdes et les chiites s'étaient révoltés, et le cessez-le-feu permettait à l'armée de Saddam d'aller mâter les révoltes. Un groupe de pression formé autour de Kouchner, André Glucksman, Yves Montand, Danielle Mitterrand obtient que la France fasse voter au Conseil de sécurité des Nations unies la résolution 688 qui ouvrait la voie à une opération militaire pour protéger les populations civiles. Il effectue ensuite plusieurs voyages en Turquie et en Iran d'où sont organisés des parachutages sur le Kurdistan irakien. Ensuite, en vertu de la résolution 688, les aviations américaine et britannique assurent la sécurité d'un sanctuaire kurde, en territoire irakien. C'est dans ce sanctuaire que Kouchner se rend en compagnie de Danièle Mitterrand en juillet 1992. En 1994, alors que les partisans de Barzani et ceux de Talabani s'entredéchirent, il convainc François Mitterrand d'inviter les deux factions kurdes à Rambouillet, ce qui n'empêche la guerre entre Kurdes de durer encore deux ans.

Kouchner se rend une dernière fois au Kurdistan en octobre 2002, alors que la gerre civile kurde a pris fin et que les les Américains de George W. Bush sont en train de préparer la Guerre d'Irak. Il y rencontre Talabani qui l'assure que les Kurdes souhaitent la guerre américaine.

Le 4 février 2003, il publie un éditorial avec Antoine Veil dans le Le Monde intitulé « Ni la guerre ni Saddam » où il se déclare opposé à l'imminente guerre en Irak, Saddam Hussein devant être contraint à abandonner le pouvoir par la pression diplomatique, via l'ONU,.

Toutefois, la perspective d'un départ négocié du dictateur irakien s'éloignant, et devant le raidissement des positions entre les partisans de la guerre, groupés autour des États-Unis et du Royaume-Uni, et leurs opposants, emmenés par la France, la Russie et la Chine, sa position évolue, et il dénonce l'éventualité d'un veto de la France au Conseil de sécurité de l'ONU,,. Au printemps 2003, il est, avec André Glucksmann, Pascal Bruckner, Alexandre Adler, Romain Goupil, Alain Madelin, Pierre Lellouche, Hervé Mariton, l'une des rares personnalités françaises à ne pas désapprouver la guerre engagée par les États-Unis et leurs alliés contre l'Irak.

Les premières prises de position de Kouchner vis à vis de l'État d'Israël et des Palestiniens date de la Guerre des Six Jours, alors qu'il collabore avec Emmanuel d'Astier de La Vigerie à l'éphémère mensuel L'Évènement. Ce sera d'ailleurs un motif de rupture entre les deux hommes, Kouchner ne supportant pas les reportages complaisants que D'Astier avaient faits sur des dirigeants arabes comme Nasser ou le roi Hussein de Jordanie. La position que Kouchner avait exprimée dans un dossier de L'Évènement (« La volonté nationale du peuple palestinien est légitime et rien n'interdit sa coexistence avec le peuple d'Israël ») étant proche de celle de Marek Halter, il rejoint ce dernier au Comité international de la gauche pour la paix au Proche-Orient mais se démarque du soutien inconditionnel aux Palestiniens contre le l'État sioniste, fréquente chez les jeunes juifs gauchistes de son entourage (voir Antisionisme).

Dans les années qui suivent, marquées par les répercussions du problème palestinien en Jordanie et au Liban, Kouchner effectue de fréquentes missions humanitaires dans cette région du monde. Avant le création de MSF, en septembre 1970 que l'on appelle Septembre noir, Kouchner répond à un appel du Comité international de la Croix-Rouge et se rend avec Max Récamier et deux autres médecins en Jordanie où l'affrontement entre les Palestiniens de Yasser Arafat et le roi Hussein de Jordanie a tourné au désavantage des Palestiniens, massacrés par dizaines de milliers. Les quatre médecins français montent un dispensaire en collaboration avec le service de santé palestinien.

Quelques années plus tard, en 1976, sa présence au Liban se situe dans le cadre de Médecins sans frontières dont il est l'une des figures de proue. À l'invitation du Croissant Rouge palestinien, MSF installe un hôpital de fortune dans la banlieue de Beyrouth, à Nabaa, enclave chiite dans un quartier tenu par les phalanges chrétiennes. Kouchner qui avait participé à l'installation s'y rend pratiquement chaque mois pour accompagner les nouvelles équipes. Il se rend aussi à Saïda, ravagé par les bombardements israéliens où MSF s'était installé dans un hôpital, puis, en 1978, dans le quartier chrétien de Beyrouth bombardé par les Syriens. Dans les années 1980, alors qu'il a quitté MSF, Kouchner retourne fréquemment au Liban. En 1989, lors de l'offensive syrienne, Kouchner, chargé de l'action humanitaire dans le gouvernement Rocard, obtient qu'un bateau militaire, La Rance soit mise à sa disposition pour l'évacuation des blessés.

Il ira soutenir en personne l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël, et prend part au « groupe de contact » soutenant l'initiative. Kouchner est reçu Docteur honoris causa de l'Université hébraïque de Jérusalem (UHJ) en 2005. En 2007, sa nomination comme ministre des Affaires étrangères après l'élection de Sarkozy est vue de manière très positive par les milieux gouvernementaux israéliens qui s'étaient inquiétés de la possible nomination d'Hubert Védrine à ce poste.

Bernard Kouchner se bat pour aider les réfugiés du Darfour et, lors de son arrivée à ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, il affirme vouloir y ouvrir un couloir humanitaire.

Un de ses anciens collègues de Médecins sans frontières, le docteur Denis Lemasson, considère cela comme un mélange entre approches militaire et humanitaire, et y voit un rapport récent entre le rejet par les gouvernement soudanais et tchadien de l'exploitation du pétrole par le groupe français Total dans la région,.

Lorsque l'association Arche de Zoé tente d'emmener en France des enfants du Tchad, les présentant comme orphelins du Darfour, et que ses membres sont arrêtés et inculpés par la justice tchadienne d'« enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil » et d'« escroquerie », Éric Breteau, un des principaux organisateurs de l'association, accuse Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, d'être impliqué dans l'affaire.

Bernard Kouchner est régulièrement cité depuis les années 2000 dans les sondages d'opinion comme une des personnalités publiques (a fortiori politiques) les plus populaires des Français, ce qui est souvent expliqué par sa présence médiatique, ses engagements humanitaires suscitant une large adhésion, ainsi que par son éloignement des combats « politiciens » (luttes d'appareil, désaccord systématique avec le camp adverse).

Sa décision de rejoindre un gouvernement de droite malgré son passé de gauche, lui ont valu de nombreuses animosités à gauche, notamment dans les rangs du Parti socialiste.

Kouchner rend en 2003, un rapport pour Total, payé 25 000 € par Total, où il affirme notamment que « le recours au travail forcé est une coutume ancienne... Ayant été prévenue de cette violation des droits de l'homme, la compagnie Total exigea que ces exactions cessent. Elle s'en ouvrit à Rangoon aux dirigeants qui promirent d'intervenir et le firent... Sur place, les responsables de la compagnie française allèrent jusqu'à payer le salaire habituel aux villageois qui avaient été raflés et forcés de travailler. ». Les liaisons entre les groupes pétroliers français Total et américain Unocal avec la junte birmane, pratiquant l’esclavage et les viols sur la population, est dénoncé par les associations de défense des droits de l'homme comme la FIDH, ERI et la CISL,,. Ce rapport de 19 pages, réalisé par la société BK conseils créée pour l'occasion, sera utilisé pour défendre Total contre des victimes birmanes ayant porté plainte contre le groupe .

En 2008 et 2009, deux livres ont été publiés dressant chacun un portrait de Bernard Kouchner. L'un à décharge, Les 7 vies du Docteur K, de Michel-Antoine Burnier (XO éditeur). L'autre, à charge, Le Monde selon K, de Pierre Péan (Fayard).

Dans son livre publié le 4 février 2009 aux Éditions Fayard, Pierre Péan met Bernard Kouchner en cause pour des activités de conseil qu'il a eues auprès des autorités du Gabon et de la République du Congo, dans le cadre de la réforme du secteur de la santé de ces pays, et notamment pour une intervention dans le recouvrement de factures pour deux sociétés de conseil, Africa Steps et Imeda, alors qu'il était déjà nommé au Quai d'Orsay. Après des déclarations de Jean-Marie Bockel condamnant la Françafrique, Omar Bongo aurait révélé à Nicolas Sarkozy les affaires de Bernard Kouchner et obtenu la mutation de Jean-Marie Bockel dont le ministre de tutelle était Bernard Kouchner. Suite à ces révélations, le ministre a évoqué des « allégations inexactes, ». À la suite du livre de P. Péan, Le Monde selon K, Arrêt sur images souligne le silence des médias sur ces affaires de conflits d'intérêts, et Arnaud Montebourg, dans un communiqué, dénonce un « ex-French doctor » qui se retrouve « dans une pénible dérive affairiste où l'argent de la Françafrique rémunère grassement le faux idéal de Bernard Kouchner », ce qui, selon lui, « achève de déconsidérer l'intéressé, en confirmant sa préférence pour l'argent et l'affairisme, plutôt que la défense de l'idéal des droits de l'homme ». Le ministre a réagi dans Le Nouvel Observateur, ce qui a déclenché une polémique médiatique Pour Le Monde, « l'ouvrage est principalement une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l'écrivain, en particulier sur le génocide rwandais » qui occupe en effet une grande partie du livre - mais pas autant que ce qui concerne les relations de Kouchner avec des dictateurs africains. À l'étranger, de grands journaux ont favorablement rendu compte du livre de Pierre Péan (The Guardian, The Independent, The Washington Post). Sur l'échiquier politique, la droite prend le parti du ministre des Affaires étrangères tandis que la gauche hésite après les explications de Bernard Kouchner devant les députés.

Le 25 février 2009, France Inter met en ligne sur son site l'intégralité des rapports sur les systèmes de santé gabonais et congolais effectués par Bernard Kouchner en 2004 et 2007, pour des sociétés privées tenues par ses proches. D'après France Inter, ces rapports n'ont connu aucune suite.

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Nicolas Sarkozy

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Nicolas Sarkozy (Sarkozy.ogg), de son nom complet Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, né le 28 janvier 1955 à Paris (17e arrondissement), est un homme d'État français, président de la République française depuis le 16 mai 2007.

Il a précédemment occupé les fonctions de maire de Neuilly-sur-Seine, de président du conseil général des Hauts-de-Seine, de député, de porte-parole du gouvernement, de ministre du Budget, de ministre de la Communication, de ministre de l'Intérieur et de ministre de l'Économie et des Finances.

Nicolas Sarkozy, de son nom complet Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, est le fils d'Andrée Mallah et de Paul Sarközy de Nagy-Bocsa.

Issu par son père d'une famille de la petite noblesse hongroise anoblie le 10 septembre 1628 par l'empereur Ferdinand II, roi de Bohême et de Hongrie. Son ancêtre, un paysan qui s'est battu contre les Turcs, n'a pas reçu de titre de noblesse, mais le droit de faire suivre son nomde celui de son village d'origine et l'usage d'un blason,.

La famille possédait des terres et un petit château dans le village d'Alattyán (près de Szolnok), à 92 km à l'est de Budapest. Cependant, son niveau de vie était plus modeste que Nicolas Sarkozy ne l'a souvent dit.

Son père né nagybócsai Sárközy Pál à Budapest le 5 mai 1928. Tout comme son propre père celui-ci exerce des fonctions électives à la mairie de Szolnok (dont celle d'adjoint au maire pour le grand-père de Nicolas Sarkozy).

À l'arrivée de l'Armée rouge en 1944, la famille est expropriée et s'exile. Après de nombreuses péripéties à travers l'Autriche et l'Allemagne, Pál Sárközy rencontre un recruteur de la Légion étrangère à Baden-Baden. Il s'engage pour cinq ans et fait ses classes en Algérie à Sidi-Bel-Abbès. Il est cependant déclaré inapte au départ pour l'Indochine, puis démobilisé à Marseille en 1948. Il francise alors son nom en Paul Sarközy de Nagy-Bocsa.

Devenu publicitaire, il rencontre en 1949 Andrée Mallah, alors étudiante en droit, qu'il épouse. Cette dernière est la fille de Bénédict Mallah, chirurgien du 17e arrondissement de Paris, issu d'une famille de Juifs séfarades chassée d'Espagne puis installée à Salonique à partir du XVIIe siècle, marié à Adèle Bouvier, infirmière catholique née à Lyon en 1891, issue d'une famille savoyarde devenue française en 1860.

Nicolas Sarkozy naît le vendredi 28 janvier 1955 dans le 17e arrondissement de Paris. Il a deux frères : Guillaume, né en 1951, futur chef d'entreprise dans le textile (vice-président du MEDEF entre 2000 et 2006) et François, né en 1957, qui devient pédiatre puis chercheur en biologie. Lorsque Paul Sarkozy quitte le domicile conjugal en 1959 et divorce, sa femme reprend ses études pour élever ses enfants. Elle devient avocat au barreau de Nanterre ; elle plaide dans l'affaire Villarceaux. Paul Sarkozy se remarie trois fois. De son deuxième mariage avec Christine de Ganay, il a deux autres enfants : Caroline et Pierre-Olivier, banquiers à New York.

Ancien élève du lycée Chaptal (Paris 8e) qu'il a quitté pour redoubler sa sixième au Cours Saint-Louis de Monceau situé rue de Monceau à Paris, Nicolas Sarkozy obtient un baccalauréat B en 1973. Sa famille s’installe à Neuilly sur Seine.

Étudiant à l’université Paris X Nanterre, il y obtient une maîtrise de droit privé en 1978 et effectue son service militaire à la base aérienne 117 (quartier Balard), dans le 15e arrondissement de Paris. Il appartient alors au Groupe rapide d'intervention chargé du nettoyage. Il entre ensuite à l'Institut d'études politiques de Paris dont il ne ressort pas diplômé. Selon Catherine Nay, cet échec serait dû à une note éliminatoire en anglais. Il obtient en février 1980 un DEA en sciences politiques avec un mémoire sur le référendum du 27 avril 1969.

En 1981, après avoir envisagé le journalisme, il obtient le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA), suivant ainsi les traces de sa mère.

Il devient alors le collaborateur de l'avocat Guy Danet, puis l'un des trois associés du cabinet d'avocats parisien « Leibovici - Claude - Sarkozy », un cabinet qui compte onze avocats spécialisés dans le droit immobilier. Cependant, considérant l'exercice de la profession d'avocat étant incompatible avec toute autre activité, il renonce à l'exercer pendant ses périodes d'activité gouvernementale.

Il a été également président de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD) entre le 1er avril 2005 et janvier 2007, et figure parmi les administrateurs de la Société d'économie mixte de Neuilly (Semine) basée à la mairie de Neuilly, qui gère des immeubles résidentiels . Ainsi que membre honoraire du Rotary Club de Neuilly et membre du club Le Siècle, réunissant des personnalités influentes de la « classe dirigeante » française.

Le 23 septembre 1982, Nicolas Sarkozy épouse Marie-Dominique Culioli, fille d’un pharmacien corse de Vico et également nièce d'Achille Peretti, alors maire de Neuilly, ville dont il deviendra lui-même maire en 1983. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. Deux fils naissent de cette union, Pierre (né en 1985) et Jean (né en 1986).

En 1984, il rencontre Cécilia Ciganer-Albéniz, lorsqu’en qualité de maire de Neuilly, il la marie à l’animateur de télévision Jacques Martin. Ils entament bientôt une liaison cachée. En 1989, les deux amants quittent leurs époux respectifs et s'installent ensemble. Tandis qu'elle obtient le divorce en quatre mois, celui de Nicolas Sarkozy et de Marie-Dominique Culioli n'est prononcé qu'au terme de huit ans de procédure. Leur mariage a lieu quelques jours après, le 23 octobre 1996. Ils ont pour témoins Martin Bouygues et Bernard Arnault. Leur fils, Louis, naît en 1997.

Après une première séparation temporaire en 2005, ils annoncent, dans un communiqué officiel de l'Élysée, le 18 octobre 2007, leur « séparation par consentement mutuel », avant d'officialiser leur divorce par consentement mutuel.

Fin décembre 2007, Nicolas Sarkozy fait la connaissance de la chanteuse et ancienne mannequin Carla Bruni lors d'un dîner en ville, et des fiançailles ont lieu rapidement. Leur mariage est célébré le 2 février 2008 au palais de l'Élysée par le maire du 8e arrondissement de Paris, François Lebel, avec pour témoins Nicolas Bazire et Mathilde Agostinelli pour le marié, Farida Khelfa et Marine Delterme pour la mariée.

La compagnie de vols à prix réduits Ryanair utilise fin 2007 une photographie du couple non encore marié Nicolas Sarkozy - Carla Bruni, sans son autorisation, pour proposer des billets à prix réduits. Les deux membres du couple portent plainte contre la compagnie aérienne dans le cadre d'un référé civil pour « atteinte au droit à l'image hors consentement et à des fins publicitaires ». Le tribunal de grande instance de Paris accueille favorablement la demande des plaignants et condamne en particulier Ryanair à payer 60 000 € de dommages et intérêts à Carla Bruni.

Dans un article, Airy Routier, journaliste au Nouvel Observateur, affirme que huit jours avant son mariage avec Carla Bruni, le président de la République aurait adressé un SMS à son ex-épouse Cécila Sarkozy : « Si tu reviens, j’annule tout ». Le président de la République porte plainte au pénal le 7 février 2008 contre le magazine, pour « faux, usage de faux et recel ». Une enquête préliminaire est ouverte à la suite de cette plainte, avant que Nicolas Sarkozy ne retire celle-ci en mars 2008, suite au revirement de la rédaction du journal, qui reconnait son erreur.

En 1974, il adhère à l’Union des démocrates pour la République (UDR) où il rencontre Charles Pasqua et milite pour l’élection de Jacques Chaban-Delmas. L'année suivante, il devient le délégué départemental des jeunes des Hauts-de-Seine. En 1976, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) nouvellement créé, sous le parrainage de Charles Pasqua à propos duquel il déclare en 1983 « tout le monde sait que je suis son double ». Il devient responsable de la section de Neuilly en 1976, secrétaire de la circonscription Neuilly-Puteaux en 1977, et est élu conseiller municipal de Neuilly en 1977.

Il est président du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac en 1980.

En 1983, il devient maire de Neuilly-sur-Seine à 28 ans, succédant à Achille Peretti, décédé d'un arrêt cardiaque lors d'une réception officielle. Chargé d'organiser la primaire au sein de la droite pour la succession d'Achille Peretti, il prend de court le prétendant en titre, Charles Pasqua, alors hospitalisé pour l’opération d’une hernie. Charles Pasqua considérant cet acte comme une véritable trahison qualifiera, plus tard cet épisode « d'aussi inélégant qu'inutile » dans son livre Ce que je sais au Seuil.

Il est chargé de mission de 1987 à mai 1988 pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein du ministère de l'Intérieur, une fonction qui donna lieu à polémiques en 2007 en raison de sa possible implication dans Tchernobyl.

Lors de la large victoire de la droite aux élections législatives de mars 1993, Nicolas Sarkozy est réélu député de Neuilly-sur-Seine au premier tour avec 64,9 % des voix, puis nommé ministre du Budget dans le gouvernement Édouard Balladur. En tant que porte-parole du gouvernement il commence à se faire connaître du grand public.

Le 13 mai 1993, Érick Schmitt, alias « Human Bomb », retient en otage 21 enfants dans une classe de maternelle de Neuilly. Nicolas Sarkozy, étant toujours maire de la ville, négocie directement avec HB et obtient la libération d'un enfant en gage de bonne volonté. Bien que l'opportunité de l'intervention de Sarkozy soit disputée aujourd'hui encore, elle lui vaut la médaille du RAID, et contribue à sa notoriété à l'échelle nationale.

En 1995, il soutient Édouard Balladur contre Jacques Chirac pour l'élection présidentielle. Il abandonne son poste de porte-parole du gouvernement pour devenir porte-parole et directeur de campagne du candidat Balladur. Celui-ci est longtemps favori dans les sondages, mais il se retrouve finalement éliminé dès le premier tour, avec seulement 18,6 % des suffrages. Le 5 mai, lors du dernier meeting de Jacques Chirac avant le second tour, Nicolas Sarkozy est sifflé et hué. À la suite de la victoire du président du RPR, il n'obtient aucun poste ministériel dans le gouvernement Juppé. Au cours d'un bref passage à une réunion nationale du RPR, le 15 octobre, il est à nouveau conspué. C'est le début d'une « traversée du désert » qui durera jusqu'en 1997.

Pendant l'été 1995, sous le pseudonyme « Mazarin », il publie dans le journal Les Échos une série de lettres intitulées « Les Lettres de mon château » sensées représenter la correspondance fictive de Jacques Chirac avec diverses personnalités du monde politique.

En 1997, la victoire législative de la gauche favorise son retour en grâce, grâce à Dominique de Villepin. De 1997 à 1999, il est secrétaire général du RPR, dont Philippe Séguin est le président.

D'avril à octobre 1999, Nicolas Sarkozy devient président par intérim du RPR, succédant à Philippe Séguin, qui en avait démissionné brutalement. Il conduit conjointement avec Alain Madelin la liste RPR-DL aux élections européennes de 1999 et devient tête de liste après le départ de Philippe Séguin. Ces élections sont marquées par une sévère défaite : la liste arrive en troisième position avec seulement 12,82 % des suffrages (en comparaison, la liste d'union RPR-UDF qui avait été conduite par Dominique Baudis en 1994 était arrivée en première place avec 25,58 %), et obtient un résultat inférieur à la liste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers (13,05 %). Il confiera alors à ce dernier : « Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir... ».

Démissionnant de la présidence par intérim du RPR le 14 juin 1999, il renonce alors à toute responsabilité au sein du parti et se retire de la politique nationale. Il assiste tout de même, en 2001, au 25e anniversaire de la création du RPR. Pendant cette période, il rejoint le cabinet d'avocats où il exerce et publie en 2001 un livre, Libre.

La XIIe législature est une période d'ascension pour Nicolas Sarkozy, tant politique – gouvernementale et de parti – que médiatique et populaire. Il est réélu député de Puteaux et de Neuilly-sur-Seine, à l'occasion des élections législatives de 2002. Il est le député de droite le mieux élu, avec 68,78 % des voix. Après le 21 avril 2002, il devient la cible privilégiée des critiques de l'opposition.

En 2002, il soutient la réélection de Jacques Chirac. Celui-ci lui préfère Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre et nomme Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur. Il impose un style « musclé » et fait de la sécurité sa priorité, déclarant vouloir s'affirmer par l'action.

Il organise avec Gilles de Robien, ministre des Transports, une politique plus répressive sur les excès de vitesse destinée à renforcer la sécurité routière. Cette politique dont l'aspect le plus emblématique sera la multiplication des radars automatiques sur les routes contribue à une baisse notable du nombre d'accidentés.

Il soutient la mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM) initiée en 1999 par Jean-Pierre Chevènement et intervient sur les dossiers de l'éducation et des retraites.

Par la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003, complétée par la Loi Perben II, le fichage ADN, instauré en 1998 et limité à l'origine aux délinquants sexuels, a été étendu à toute personne soupçonnée d'un quelconque délit (sauf délit d'initié ou financier), et laissé au libre choix des policiers et des gendarmes, sans que les preuves de culpabilité ne soient obligatoirement établies. Cette loi a notamment permis le fichage génétique de faucheurs d'OGM, d'étudiants anti-CPE. Les personnes refusant de se laisser ficher risquent jusqu'à 15 000 euros d'amende et un an de prison.

Malgré sa connaissance du tissu social corse grâce à ses liens familiaux, sa politique dans l'île est marquée par le rejet de la proposition de réorganisation administrative pour laquelle Nicolas Sarkozy s'était engagé, suite au référendum local en date du 6 juillet 2003. Yvan Colonna, recherché dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Érignac, est arrêté après une cavale de quatre ans, l'avant-veille de ce référendum ; les familles Colonna et Culioli-Sarkozy se côtoyant. Colonna, finalement condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2007, a fait appel de cette décision.

Il se donne pour objectif de mener une lutte vigoureuse contre la recrudescence d'actes antisémites en France. Son action contre l'antisémitisme est saluée par le Centre Simon-Wiesenthal qui lui décerne son prix de la Tolérance en 2003 et le consistoire central de France, l'institution administrant le culte israélite en France, saluera « l'extrême sévérité » dont a fait preuve Nicolas Sarkozy dans la répression des actes antisémites.

Il est nommé ministre d'État, de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en mars 2004, poste qu'il occupe pendant neuf mois. Il axe dans un premier temps sa politique sur la réduction du déficit et annonce en 2005 le respect par la France du pacte de stabilité, avec un déficit de 2,9 % du PIB.

Au niveau industriel, il fait passer la participation de l'État de 50,4 à 41 % du capital de France Télécom en septembre 2004, conclut le changement de statut d’EDF et GDF, et annonce la privatisation partielle du groupe Areva. Dans le secteur privé, il fait intervenir l’État pour empêcher le dépôt de bilan du groupe Alstom et favorise la fusion Sanofi / Aventis face à Novartis. Ces interventions de l'État français dans le marché aux dépens d'intérêts allemands (participations dans Aventis et approches de Siemens pour Alstom) irritent les dirigeants allemands. Il dénonce également les hausses de prix dans la grande distribution ou les banques, et signe des accords avec les professionnels concernés. Ces accords ont été contestés lors de leur signature par les syndicats, puisque selon eux, ils ont eu pour conséquence la réduction de postes administratifs et d’encadrement avec la suppression éventuelle de nombreux postes entre 2005 et 2007.

Nicolas Sarkozy ayant déclaré son intention de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2007 et laissé entendre qu’il briguerait la présidence de l’UMP suite au départ d’Alain Juppé, Jacques Chirac, dans son entretien télévisé du 14 juillet 2004, le met en demeure de choisir entre ce dernier poste et le ministère. À une question à ce propos, le président français lance « Je décide, il exécute » qui est mal perçu par les proches de Nicolas Sarkozy. Lors du Congrès du 28 novembre 2004, il est élu président de l’UMP par les militants avec 85,1 % des voix. Le lendemain, il présente sa démission à Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin. Il est remplacé par Hervé Gaymard.

Le bilan de son activité de ministre de l'Économie est contrasté. Si d'après lui les prix des articles vendus en grandes surfaces ont été réduit de 2 % en moyenne du prix ; selon l'observatoire professionnel ECR-IRI, les prix ont baissé effectivement de 1,76 % de juin à novembre 2004, « reflétant visiblement l'accord de baisse de 2 % des prix des grandes marques conclu en juin ». « Pour relancer la croissance », il a lancé l'exonération des donations jusqu’à 20 000 euros à chaque enfant et petit-enfant (mesure du 10 juin 2004 au 31 mai 2005). Cette mesure, à l'origine temporaire, a été finalement prolongée et amplifiée jusqu'au 31 décembre 2005. Son engagement à ne pas privatiser EDF-GDF n'a pas été tenu. Un an plus tard, le ministre de l'Économie du gouvernement Dominique de Villepin (dans lequel il est ministre de l'Intérieur), cherche à céder des parts de GDF en vue de sa fusion avec Suez, et Nicolas Sarkozy, en tant que chef de file de l'UMP ne donne pas d'instruction contraire à ses parlementaires. Il a aussi procédé à la vente d'une partie des réserves d'or de la banque de France, ainsi que de possessions immobilières.

Le 31 mai 2005, deux jours après le résultat négatif du référendum portant sur le Traité constitutionnel européen, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin démissionne. Nicolas Sarkozy est nommé ministre d'État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, « numéro deux du gouvernement ». Il cumule ainsi poste ministériel et présidence de l’UMP, alors que ce cumul avait été jugé impossible par le chef de l’État, lors de son interview du 14 juillet 2004. Il conserve également la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine.

Au cours de l’affaire Nelly Crémel — une jeune femme assassinée par deux repris de justice tout juste libérés — Nicolas Sarkozy demande que le juge de remise des peines responsable de leur sortie de prison soit sanctionné, ce qui lui vaut un rappel à l’ordre du Premier ministre et les reproches du Syndicat de la magistrature, invoquant la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice.

À la suite de plusieurs incendies survenus dans des immeubles insalubres, qui causèrent la mort de nombreuses personnes dont des enfants, Nicolas Sarkozy demande que les immeubles insalubres ou dangereux, voués à la destruction, soient évacués. Quelques associations, dont l’association Droit au logement, voient dans cette mesure un prétexte à l’expulsion sans relogement des locataires et des squatteurs.

En août 2006, à Cachan, le plus important squat de France est évacué par la police.

Dans son livre La République, les religions, l’espérance, Nicolas Sarkozy parle de la reconnaissance des « nouveaux mouvements spirituels » et, après avoir rencontré, le 30 août 2005, l’acteur et scientologue Tom Cruise, il affirme ne pas avoir d'opinion arrêtée sur la scientologie. Pourtant, dans son livre, Nicolas Sarkozy avait parlé de la scientologie comme d’une secte mais considère les sectes comme des nouvelles religions.

Outre les émeutes de l'hiver 2005 qui ont marqué le passage de Sarkozy à l'Intérieur, celui-ci a fait voté, peu après les attentats de Londres (21 juillet 2005), la loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme. Entre autres dispositions controversées, notamment par la CNIL, celle-ci a modifié le régime de conservation des données de connexion à Internet des usagers, qui peuvent désormais être transmises directement aux autorités policières, sans contrôle judiciaire. Cette disposition à été à l'origine d'une saisine, par l'opposition socialiste, du Conseil constitutionnel, qui a été entériné la loi . La conservation de ces données était obligatoire depuis la loi sur la sécurité quotidienne de 2001 . Prévue pour une durée de 3 ans - notamment à la demande de la CNIL - cette disposition a été prorogée son terme venu (fin décembre 2008), par une loi du gouvernement Fillon, étant désormais en vigueur jusqu'en 2012.

Le 20 juin 2005, alors qu'il effectue une visite dans une cité de La Courneuve, au lendemain de l'homicide d'un enfant de onze ans victime de balles perdues, il déclare : « Les voyous vont disparaître, je mettrai les effectifs qu'il faut, mais on nettoiera la Cité des 4000 ». Une dizaine de jours plus tard, toujours à La Courneuve, il renchérit : « Le terme « nettoyer au Kärcher » est le terme qui s'impose, parce qu'il faut nettoyer cela ». Les mots « nettoyer » et « Kärcher » font aussitôt l'objet d'une vive polémique, à l'origine de la rupture avec le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag.

En septembre 2005, Nicolas Sarkozy incite les préfets à la fermeté contre tous ceux qui, selon lui, mettent en cause la sécurité des « Français », « en premier lieu les gens du voyage, les jeunes des banlieues, les immigrés illégaux ».

Le 26 octobre 2005, à 22 heures, au cours d'une visite d'un quartier d'Argenteuil, la situation est assez tendue : le ministre est insulté par des jeunes du quartier et est l'objet de jets de pierres sur son passage. Les journaux télévisés diffuseront à de nombreuses reprises les images du ministre déclarant, en s'adressant à un interlocuteur invisible à l'écran : « Vous en avez assez, hein, vous avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser ».

L'usage du mot « racaille » par le ministre suscita une importante polémique dans la presse, et créa une importante hostilité des habitants des quartiers sensibles suscitant les émeutes dans les banlieues. Le ministre, peut-être usant délibérément de cette expression pour occuper l'espace médiatique a plus surement provoquer la colère des jeunes des quartiers sensibles. Le 6 novembre, les journalistes d'Arrêt sur images précisent que la fameuse phrase était adressée en réponse à une habitante demandant à Nicolas Sarkozy, depuis son balcon, de « débarrasser le quartier de cette racaille ». La présentatrice Françoise Laborde explique comment s'est opéré le traitement médiatique de cette affaire : il y avait d'une part la tentation pour la télévision d'aller au sensationnel et, d'autre part, un possible parti-pris de certains journalistes contre Nicolas Sarkozy.

En octobre 2005, après la mort dans un transformateur EDF de deux adolescents qui fuyaient la police, des émeutes éclatent en banlieue parisienne et en province.

Nicolas Sarkozy prône la « tolérance zéro » et annonce que les immigrés illégaux qui ont participé aux émeutes seront expulsés du territoire. Alors qu'une partie de la gauche réclame la démission du ministre et que certains médias entament une campagne contre lui, un sondage de l'institut Ipsos annonce que 68 % des personnes interrogées lui sont favorables.

Au terme de ces émeutes, sur les 2 734 personnes placées en garde à vue, 597 personnes ont été incarcérées et une a été expulsée. Outre la dureté des affrontements et les dégâts considérables — évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros — qu'engendrèrent les émeutiers par la destruction d'écoles, de bibliothèques et d'entreprises ou par l'incendie de véhicules automobiles, on dénombra un mort et une blessée grave.

Selon Nicolas Sarkozy, les émeutes sont le fait de « bandes organisées », de « véritables mafias ». Un rapport des Renseignements généraux rendu public suggère, quant à lui, une « révolte populaire des cités » spontanée, due à la condition sociale des émeutiers et non à leur origine ethnique ou géographique, ajoutant que réduire ces événements « à de simples violences urbaines serait une erreur d'analyse ».

Georges Frêche, président de la communauté d'agglomération de Montpellier, s'interroge le 4 novembre 2005, lors de l'inauguration d'une mosquée à Montpellier, sur le rôle de la police pendant les émeutes de l'automne 2005 : « je ne suis pas sûr que dans les villes parisiennes où ils ont incendié des voitures, ce soient des musulmans qui le font. Ça serait des flics déguisés en musulmans que ça ne m'étonnerait pas. J'ai connu ce genre de provocations, j'ai connu mai 68. Quand les gens en auront marre, ils voteront Sarkozy ». Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, porte plainte le 16 décembre 2005, pour « diffamation envers une administration publique » devant le tribunal correctionnel de Montpellier qui relaxe Georges Frêche ; le parquet fait appel et le 11 septembre 2007, la cour d'appel de Montpellier condamne George Frêche à une amende de 1 500 euros. Dans un arrêt rendu le 17 juin 2008, la chambre criminelle de la Cour de cassation annule cette décision.

Un an et demis après les faits, en février 2007, deux policiers sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger. Deux ans après les faits, les affirmations de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin sur les circonstances du drame initial n'ont pas été confirmées et les parents des deux jeunes morts dans le transformateur EDF attendent le résultat de l'enquête concernant deux policiers. Un procès pourrait avoir lieu au cours de l'année 2009.

En janvier 2006, Dominique de Villepin annonce la mise en place d'un Contrat première embauche (CPE) destiné à réduire le chômage des jeunes. Au terme des protestations qui survinrent après les vacances scolaires et universitaires de février, Nicolas Sarkozy prend officiellement ses distances avec ce projet. L'UMP précise alors que « les propositions présentées par Dominique de Villepin ont été élaborées à la suite de plusieurs entretiens avec Nicolas Sarkozy » et que « ce contrat est issu d’une proposition de la Convention thématique de l’UMP » qui s'appuie sur les réflexions développées par des proches de Nicolas Sarkozy pour la réforme des contrats de travail.

Bruno Julliard, à l'époque président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), principal syndicat étudiant contre le CPE aurait reçu un SMS de soutien de la part de Nicolas Sarkozy. Selon-lui, « A ce moment-là, nos intérêts (ceux de l’UNEF et de Sarkozy, NDLR) étaient convergents. Lui, parce qu’il (voulait) la tête de Villepin et nous, parce qu’on (voulait) la tête du CPE". ». Si le service de presse de l'Elysée se refuse au moindre commentaire, certains y voient une manipulation de Bruno Julliard.

Le 28 mars 2006, lors de leur réunion de groupe à l’Assemblée, les députés UMP appellent à des discussions entre gouvernement et partenaires sociaux sur le CPE, tandis que Nicolas Sarkozy propose de ne pas appliquer tout de suite le Contrat premier embauche.

Le 31 mars 2006, Jacques Chirac annonce l'aménagement du CPE, et confie la conception de la nouvelle loi aux parlementaires de l'UMP. Le 10 avril 2006, il annonce le « remplacement » du CPE par des mesures plus ciblées sur les jeunes non diplômés. Les différents sondages montrent que Nicolas Sarkozy semble peu affecté en termes de popularité par la crise, contrairement aux deux chefs de l'exécutif, mais le Parti socialiste cherche à l'impliquer en parlant du trio « Chirac-Villepin-Sarkozy », alors que Sarkozy joue la solidarité avec le Premier ministre, saluant l'« attitude respectable » de Dominique de Villepin. Selon Le Monde, ses relations avec le président ressortent bien meilleures de cette crise.

Un militant jurassien du Réseau éducation sans frontières (RESF), adresse le 19 décembre 2006 un courriel au ministère de l'Intérieur dans lequel il demandait la libération d'un militant marseillais de RESF placé en garde à vue pour s'être opposé à l'expulsion d'un parent d'élève sans papiers. Il comparait la politique de Nicolas Sarkozy au régime de Vichy. Condamné le 17 janvier 2007 par le tribunal correctionnel de Paris, à 800 euros d'amende, Romain Dunand fait appel. La cour d'appel de Paris, le 26 novembre 2008, fait passer l'amende infligée à Romain Dunand à 200 euros ferme. Il est également condamné à verser un euro symbolique à Nicolas Sarkozy, partie civile au procès.

Cette loi, engagée par Nicolas Sarkozy en 2006, propose une évolution significative du droit de l’immigration en France. Elle se présente comme l’instrument de la mise en œuvre d’une « immigration choisie au lieu d’une immigration subie ». Elle se concentre sur deux points : le durcissement des conditions de régularisation des sans-papiers et du regroupement familial et le retour à une politique officielle d'immigration de travailleurs dans plusieurs secteurs de l’économie (BTP, restauration, travail saisonnier, vente, informatique, etc.).

La Ligue des droits de l'Homme et le Réseau éducation sans frontières (RESF), qui luttent depuis 2004 contre l’expulsion de France d’enfants mineurs scolarisés ayant des parents « sans-papiers », qualifient ces mesures de « régression sécuritaire » et Nicolas Sarkozy de « ministre de la Chasse aux enfants ». Début juin 2006, le ministre donne des directives pour que des familles de ce type soient régularisées. D’après le RESF, 80 % des personnes visées ne sont pas concernées par ces nouvelles directives. Au cours de l'été, Nicolas Sarkozy annonce 6 000 régularisations, soit un cinquième des demandes. Parmi les réactions, Jack Lang déplore qu’il ne s’agisse pas d’une régularisation massive, comme dans d’autres pays européens, tandis que Philippe de Villiers exprime son refus des régularisations et son souhait d’expulser tous les étrangers en situation irrégulière. Le ministre annonce des régularisations limitées en nombre et étudiées au cas par cas.

Plusieurs dirigeants africains s'élèvent contre cette proposition, dont le président sénégalais Abdoulaye Wade, qui estime qu’il s’agit d’un « pillage des élites ». Nicolas Sarkozy se rend au Sénégal et au Mali pour tenter d’expliquer sa loi, mais il est chahuté et accusé de racisme. Finalement en septembre 2006, il signe avec Abdoulaye Wade un accord sur une politique d’immigration concertée.

Après la sortie du livre Les Mosquées de Roissy de Philippe de Villiers, livre qui traite du péril islamiste qui pèserait sur l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy indique qu’il y aurait 122 individus « plus ou moins » suspects travaillant à Roissy sur 83 000 habilitations délivrées et annonce qu'ils feront l’objet de procédures d’abrogation d’habilitation.

Le 21 octobre 2006, le ministre justifie l’abrogation de 43 habilitations au motif que ces personnes auraient des « pratiques radicales » et qu’il préférait risquer « un contentieux devant un tribunal plutôt qu’un drame ». Quatre bagagistes, dont les habilitations ont été retirées par le préfet, effectuent un recours devant le tribunal administratif de Bobigny et demandent à considérer que le retrait de cette habilitation est discriminatoire, car fondé sur leur pratique de la religion musulmane ou leurs idées politiques.

Alors que la CFDT porte plainte auprès du procureur de la République de Bobigny pour discrimination, la CFTC d’Air France annonce la grève et dénonce un « durcissement » dans l’attribution des badges aéroportuaires. Le MRAP dénonce les « ravages de la stigmatisation » et décide de poursuivre le préfet pour discrimination en raison des origines ethniques.

L’administration, de son côté, souligne l’existence de cas inquiétants, comme celui d’un bagagiste français qui aurait passé trois années au Yémen, où il aurait séjourné dans un camp d’entraînement militaire tenu par des islamistes.

À l’issue des premières procédures devant les tribunaux, quatre employés sur une petite dizaine de requérants ont obtenu gain de cause et ont pu récupérer leur badge.

Nicolas Sarkozy a initié, dès 2006, un projet de loi sur la prévention de la délinquance. Parmi les points-clés de ce projet, il a insisté pour que soient détectés, dès le plus jeune âge, d'éventuels troubles du comportement. La loi a été votée et validée par le Conseil constitutionnel, mis à part deux articles qui prévoyaient la responsabilisation des magistrats instructeurs.

Cette loi instaure aussi un contrôle des activités sur Internet. Les activités de délinquance sur Internet sont plus fortement réprimée, en particulier la diffusion de scènes de violence, visant le happy slapping, avec un emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans. Pour ce faire, il prône la rétention par les FAI de toutes les données de connexion pendant 1 an. La Ligue ODEBI, organisation indépendante de défense des libertés numériques, dénonce le fait que la diffusion d'images de violences policières devienne ainsi condamnable, entraînant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement lorsque les images sont diffusées par de simples citoyens.

Le 8 juin 2006, lors d’une conférence de presse, Nicolas Sarkozy présente un bilan de son action au ministère de l’Intérieur depuis son arrivée en 2002. Dans ce bilan, il présente des chiffres issus d’études de l’Observatoire national de la délinquance (OND) réalisées depuis 1998. Ces chiffres lui permettent de comparer la période où il est (mais aussi partiellement Dominique de Villepin) ministre de l’Intérieur, aux années de législature socialiste. Les chiffres de l’insécurité qu’il présente sont globalement en baisse (en moyenne de 3 %) sur la période 2002-2005, à l’exception des violences aux personnes, en nette hausse (9 % selon le ministère de la Justice). Cette tendance se serait poursuivie en 2006 (délinquance globalement en baisse mais hausse des violences aux personnes). Le taux d’élucidation présente une amélioration en passant de 26,3 % en 2002 à 31,8 % selon l’INSEE, bien que la méthode de calcul de ce taux ait été discutée. Le Canard enchaîné attribue la baisse de la délinquance à la forte baisse des vols de téléphones portables, responsables à eux seuls de 40 % des infractions.

En réaction à ce bilan, qui n’intègre pas le nombre de voitures brûlées et les dégradations volontaires commises lors des émeutes de fin 2005, le Parti socialiste invoque la forte augmentation des violences faites aux personnesdurant le ministère de Nicolas Sarkozy et établit des liens entre cette augmentation et les décisions du ministre, qu’il avait critiquées. Il affirme aussi que la notation des fonctionnaires de police, qui dépend désormais du nombre d’infractions constatées, introduit un biais à la baisse des statistiques collectées, dont l’exactitude devient contestable, et souligne à cet égard que la comptabilisation des violences aux personnes, en hausse, est précisément obligatoire. En réaction à ce même bilan, Alain Bauer, président de l’observatoire national de la délinquance, précise que l’indicateur de la violence continue d’augmenter inexorablement chaque année quelle que soit la législature au pouvoir.

En matière de sécurité routière, la politique de contrôle et de répression qu’il a mise en place aurait permis de réduire le nombre de tués de 7 242 en 2002 à 4 703 en 2006, soit une baisse de 35 % en l’espace de quatre ans. On observe, cependant, en 2007, une remontée des chiffres (+ 6 % de tués, + 10 % de blessés entre 2006 et 2007, sur les trois premiers mois, selon certains experts, cette parenthèse serait due au relâchement des automobilistes, tandis que l'Observatoire national interministériel de sécurité routière l'impute à la grande stabilité des vitesses moyennes pratiquées, une légère dégradation en matière d'alcoolémie et une reprise de l'augmentation du trafic).

En matière d’immigration, l’immigration légale continue de se développer, mais à un rythme moins soutenu, en raison de la baisse du nombre de titres de séjour délivrés : - 2,57 % en 2005 par rapport à 2004. Cette baisse du nombre de titres délivrés est la première depuis 10 ans. En parallèle, les expulsions d’immigrés clandestins ont doublé entre 2000 et 2005, passant de 10 000 à 20 000.

Après que Nicolas Sarkozy a exprimé son souhait de démissionner du ministère de l'Intérieur pour s'investir à temps plein dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2007, c'est le 19 mars 2007 que Jacques Chirac annonce la date de démission du ministre de l'Intérieur : Nicolas Sarkozy quitte ses fonctions le 26 mars, laissant la place à François Baroin.

Nicolas Sarkozy rend publique sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 dans une interview à la presse régionale réalisée le 29 novembre 2006.

Les mots d'ordre de sa campagne sont la restauration de la confiance dans la politique, « travailler plus pour gagner plus » (slogan emprunté au MEDEF,), « la rupture tranquille », et « l'ordre en mouvement » (s'opposant par là au slogan de l'« ordre juste » de sa concurrente Ségolène Royal, qu'il jugeait immobiliste). Les journalistes y voient une référence au slogan de François Mitterrand, la « force tranquille »,.

Comme tous les candidats à l'élection présidentielle, il déclare son patrimoine. M. Sarkozy a fait état d'un patrimoine totalisant 2,04 millions d'euros, principalement en assurance-vie. En janvier 2007, son équipe de campagne avait précisé qu'il avait payé pour la première fois un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en 2006, pour une base imposable d'environ 1 137 000 euros.

Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy, seul candidat, est désigné candidat de l'UMP à l'élection présidentielle suite à un vote en sa faveur de 98,09 % des votants et un taux de participation de 69,06 % des adhérents, durant un congrès de l'UMP réunissant entre 30 000 et 110 000 personnes suivant les sources.

Le lundi 26 mars 2007, Nicolas Sarkozy quitte le ministère de l'Intérieur pour se consacrer pleinement à sa campagne présidentielle, espérant vaincre « la barrière du ministre d'État » et ouvrant une « nouvelle étape de la campagne » ; François Baroin prend sa succession place Beauvau.

Au premier tour, le 22 avril 2007, Nicolas Sarkozy obtient, avec 31,18 % des suffrages exprimés, le 2e plus haut score relatif pour un candidat de la droite républicaine,. Après un débat télévisé, il remporte le second tour le 6 mai avec 53,06 % des suffrages (18 983 138 voix) face à Ségolène Royal : il est élu président de la République.

À l'annonce des résultats, des rassemblements d'opposants de gauche à Nicolas Sarkozy se forment dans une quinzaine de grandes villes de France. Quelques rassemblements partent en émeutes généralisées. Les deux nuits suivantes sont émaillées de violences, mais à moindre échelle. Les violences continuent jusqu'à la fin de la semaine dans certaines villes.

Le 14 mai 2007, il annonce sa démission de la présidence de l'UMP.

Nicolas Sarkozy a été élu président de la République le 6 mai 2007 avec 53,06 % des suffrages exprimés (18 983 138 suffrages) contre 46,94 % pour Ségolène Royal (16 790 440 suffrages), devenant le 23e président de la République française et le 6e président de la Ve République.

La passation des pouvoirs avec son prédécesseur Jacques Chirac a lieu le 16 mai 2007. Dans l'après-midi, Nicolas Sarkozy rend hommage, à la cascade du Bois de Boulogne, aux 35 jeunes Français résistants assassinés en août 1944 par les nazis, comme à Guy Môquet résistant communiste de 17 ans, fusillé à Châteaubriant en octobre 1941, puis il se rend à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel.

Le 17 mai, il nomme son premier Premier ministre François Fillon qui forme le 18 mai un gouvernement réduit à 15 ministres (huit hommes, sept femmes), auxquels s'ajoutent quatre secrétaires d'État et un haut-commissaire masculins. Le gouvernement contient des personnalités de gauche, du centre droit et de la société civile. Le ministère de l'Économie et des Finances est scindé en deux, l'un chargé du budget de l'État, l'autre de la stratégie économique et du développement. Conformément au Pacte écologique signé par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, Alain Juppé prend la tête d'un grand ministère alliant l'écologie, l'aménagement territorial et le transport. Le ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement (qui avait été sujet à polémique) apparaît.

À l'issue du second tour des élections législatives de 2007, l'UMP garde la majorité absolue à l'Assemblée nationale avec 313 élus. Conformément à la tradition, François Fillon lui remet sa démission le 18 juin 2007 et Nicolas Sarkozy le reconduit immédiatement dans sa fonction pour former un nouveau gouvernement, sans la présence d'Alain Juppé, seul ministre battu dans sa circonscription.

Le 18 mars 2008, suite à la défaite de la droite aux élections municipales et cantonales, Nicolas Sarkozy procède à un remaniement ministériel, faisant entrer six nouveaux secrétaires d'État dans le gouvernement.

Quelques semaines après son élection, Nicolas Sarkozy a effectué deux voyages en Afrique, l'un en Libye, l'autre en Afrique de l'Ouest. Il a notamment prononcé un long discours à l'Université Cheikh Anta Diop à Dakar (Sénégal).

Dans ce discours, rédigé par Henri Guaino, le président français déclare notamment que la colonisation fut une faute tout en estimant que le problème principal de l'Afrique venait de ce que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. (...) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. (...) Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès ».

Ce discours a suscité de nombreuses réactions en France et dans le monde,, comme celle du professeur Achille Mbembe. Doudou Diène, rapporteur spécial de l’Onu sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, a déclaré à la tribune de l'Onu que « dire que les Africains ne sont pas entrés dans l’Histoire est un stéréotype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ».

Le gérant d'une boutique basée dans le Vaucluse est mis en examen le 9 avril 2008 pour contrefaçon, modification de marque sans autorisation, provocation à une infraction en matière de stupéfiants et incitation au terrorisme, ayant créé et commercialisé des tee-shirts détournant le logo et le slogan de marques mais aussi utilisé le nom du président de la République. Nicolas Sarkozy se constitue partie civile,. Début 2009, l'affaire, instruite au pénal est toujours en cours.

Le 9 octobre 2008 des éditeurs mettent en vente un ouvrage humoristique de Yaël Rolognese, « Nicolas Sarkozy : Le Manuel vaudou », vendu avec une poupée vaudou et douze aiguilles. Ce coffret est aussi disponible dans une version « Ségolène Royal : Le manuel vaudou » mais Ségolène Royal renonce à porter plainte. Nicolas Sarkozy dépose un référé, demandant à l'éditeur de retirer sa figurine du coffret, mais il est débouté le 29 octobre 2008 par le tribunal de grande instance de Paris ; il fait appel. La commercialisation de la poupée est donc autorisée sous conditions.

Nicolas Sarkozy a engagé une partie des réformes annoncées lors de sa campagne présidentielle. La loi TEPA a été votée en août 2007 ; plusieurs lois ont été votées pour limiter l’immigration clandestine (loi du 20 novembre 2007, controversée en raison de l'établissement d'un dispositif sur les tests génétiques - l'amendement Mariani -, ainsi que de l'autorisation d'effectuer des statistiques ethniques - cette dernière disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel), et la récidive (la loi sur la récidive d'août 2007, ou loi Dati, qui instaure notamment des peines planchers, mesure controversée qui a motivée la saisine du Conseil constitutionnel par l'opposition ; et la loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté, elle aussi particulièrement controversée, adoptée par procédure d'urgence (article 49-3) et partiellement censurée par le Conseil constitutionnel).

Le 31 décembre 2007 à 20h00, il adresse ses premiers vœux de président de la République aux Français en « bousculant le protocole », puisqu'il les prononce « en direct ». Dans ces vœux, il a évoqué « l'urgence des réformes » et une « politique de civilisation » ; il a surtout annoncé une « nouvelle Renaissance ». Il a estimé avoir entrepris depuis le début de son mandat « beaucoup de changements profonds ».

Le 8 janvier 2008, il est, pour la première fois depuis son élection, en conférence de presse devant 500 journalistes, répondant à leurs questions, notamment sur le pouvoir d'achat, mais aussi sur d'autres sujets dont sa vie privée particulièrement médiatisée.

Les débuts de la politique internationale de Nicolas Sarkozy sont marqués par un activisme important dans de nombreux domaines, ce qui est perçu comme une volonté d'incarner la « rupture » promise pendant la campagne. La nomination du socialiste Bernard Kouchner à la tête du ministère des Affaires étrangères est ainsi vue comme un symbole.

Nicolas Sarkozy avait durant sa campagne présidentielle, voulu que la France prenne la défense des femmes, et notamment celle d'Íngrid Betancourt otage des FARC en Colombie et des infirmières bulgares prisonnières en Libye.

Nicolas Sarkozy a finalisé la libération des infirmières et du médecin bulgares, sur laquelle la commission européenne a travaillé plusieurs années. Quelques jours avant leur libération Cécilia Sarkozy se rend sur place afin d'agir pour leur libération. Le 24 juillet 2007, les infirmières bulgares sont libérées et transférées en Bulgarie à bord d'un avion de la République française. Le même jour, le conseil municipal de la capitale bulgare, Sofia, décide d'accorder la citoyenneté d'honneur de la ville aux trois personnes considérées comme les principaux artisans de cette libération : Nicolas et Cécilia Sarkozy ainsi que la Commissaire européenne aux Affaires extérieures Benita Ferrero-Waldner.

Le 3 octobre 2007, Nicolas Sarkozy reçoit le primat russe Alexis II de Moscou, lors de la première visite d'un patriarche russe en France.

Le 20 décembre 2007, recevant le titre de chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran, attaché à la fonction présidentielle, il prononce un discours, appelé discours du Latran, où il fait référence à la récente encyclique Spe Salvi, rappelle les liens qui unissent la France et le Saint-Siège et souhaite une laïcité moins rigide selon lui, qu'il appelle « laïcité positive ». Certaines personnalités politiques telles que François Bayrou ou Corinne Lepage s'en sont émus, indiquant que ce discours parlant de « laïcité positive » ouvrait la voie au communautarisme. Concernant la citoyenneté des catholiques, dans ce discours, il apparaît que Nicolas Sarkozy s'appuie notamment sur l'historien Jean Sévillia.

En décembre 2008, le Time Magazine le classe au troisième rang des personnalités de l'année, juste derrière Barack Obama et Henry Paulson,,. Il est également classé au troisième rang des personnalités les plus puissante du monde pour l'année 2009 par le magazine Newsweek, après Barack Obama et Hu Jintao.

Malgré le fait qu'il avait suggéré un retrait des troupes françaises présentes dans le cadre de la force internationale d'assistance et de sécurité sous l'égide de l'OTAN et mandaté par le Conseil de sécurité des Nations unies pendant la campagne électorale de 2005, Nicolas Sarkozy annonce dès novembre 2007 un renforcement des effectifs militaires français, précisant que « l'échec n'est pas une option » .

Après l'embuscade de Surobi qui a fait 10 morts parmi les troupes française le 18 août 2008, qui sont les pertes les plus élevé pour l'armée française en un seul combat depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983, et les plus grandes pertes au combat pour la coalition en Afghanistan depuis 2001, il réaffirme l'engagement de la France au côté de l'OTAN. Un vote à l'assemblée nationale contre le maintien des troupes en Afghanistan par l'opposition échoue le 22 septembre 2008.

Quelques semaines après son élection, Nicolas Sarkozy a effectué deux voyages en Afrique, l'un en Libye, l'autre en Afrique de l'Ouest. Il a notamment prononcé un long discours à l'Université Cheikh Anta Diop à Dakar. Dans ce discours, rédigé par Henri Guaino, le président français déclare notamment que la colonisation fut une faute tout en estimant que le problème principal de l'Afrique venait de ce que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. (...) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. (...) Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès ». Ce discours a suscité de nombreuses réactions en France et dans le monde,, comme celle du professeur Achille Mbembe. Doudou Diène, rapporteur spécial de l’Onu sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, a déclaré à la tribune de l'Onu que « dire que les Africains ne sont pas entrés dans l’Histoire est un stéréotype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ».

Le président français s'est également rendu au Gabon, dont il avait reçu le président quelques semaines plus tôt.

Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner organisent la conférence de Paris, réunissant une vingtaine de pays, afin de relancer le processus sur le Darfour le 25 juin 2007. Bernard Kouchner lance l’idée d’un corridor humanitaire. Suite à la réunion, la création d'une force hybride de 20 000 hommes devant être déployée au Darfour, force comportant des membres de l’Union africaine et de l’ONU, est annoncée. Le 31 juillet 2007, l'ONU approuve à l'unanimité l'envoi de troupes au darfour.

Nicolas Sarkozy propose la candidature du socialiste Dominique Strauss-Kahn à la présidence du FMI, candidature présentée comme une poursuite de la politique d'ouverture. DSK est nommé président en septembre 2007.

Lors du sommet européen du 8 au 10 juin 2007 présidé par l’Allemagne, Nicolas Sarkozy défend l’idée d’un « traité simplifié » entre les partenaires européens, reprenant en grande partie les articles du projet de constitution européenne, notamment la partie institutionnelle. Après de longues négociations avec en particulier le président polonais Lech Kaczyński, ce projet est adopté le 23 juin 2007.

Le président prévoit de ne pas avoir un équilibre budgétaire avant 2012, cependant le gouvernement précédent avait promis à l’Eurogroupe de rétablir cet équilibre en 2010. Face au mécontentement des ministres des Économies des pays de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy décide de défendre lui-même sa politique budgétaire en se rendant à la réunion des ministres de l’Eurogroupe. Le résultat de cette réunion a été considéré par une partie de la presse française comme une victoire de Nicolas Sarkozy qui aurait convaincu ses partenaires en affirmant que son « choc fiscal » permettrait de relancer la croissance et de revenir dans les critères de Maastricht à l’horizon 2012, tandis que la presse étrangère se montre généralement plus sceptique.

L’Union méditerranéenne est un projet d'union politique proposé aux pays riverains de la mer Méditerranée par le président français Nicolas Sarkozy qui fait le constat de l'échec du processus de Barcelone. Ce projet a pour but de renforcer la coopération entre les pays des deux rives, dans les domaines de l'environnement et de l'immigration, et d'amener Israël et les pays arabes à s'asseoir à la même table. L'Allemagne fait comprendre rapidement à la France son refus d'une dynamique politique qui consacrerait une scission dans l'Union européenne, obligeant la diplomatie française à revoir sa copie en y intégrant l'ensemble des membres de l'UE. La Turquie voit ce projet comme une alternative à son adhésion à l’Union européenne. Le président français prévoit une première réunion sur ce projet dans la perspective de la présidence française de l'Union européenne à l'horizon de juin 2008.

De juillet à décembre 2008, la France assure la présidence du Conseil européen.

Annoncé fin 2008, le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN sera effective en 2009.

Le 13 novembre, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il rencontrera le 14e dalaï-lama en Pologne où ils sont tous deux invités pour fêter le 25e anniversaire du prix Nobel de la Paix à Lech Walesa. Le 6 décembre, il a rencontré le dalaï-lama, dédramatisant la situation après la condamnation de la Chine et appelant au dialogue.

Selon René Dosière, Nicolas Sarkozy a été un « député fainéant » qui n'a pas la culture du député et n'a que peu d'expérience parlementaire : « sa présence à l’Assemblée se résume à 10 interventions brèves: deux questions au gouvernement, soit quatre minutes, huit interventions de cinq à dix minutes, soit au total moins d’une heure de parole en 12 ans de vie parlementaire! ».

Cela explique selon lui son peu d'intérêt pour l'activité parlementaire. Ces déclarations ont eu lieu au moment du projet gouvernemental en 2009 de réforme des règles de fonctionnement de l'assemblée nationale.

La presse nationale et internationale a fait état des articles publiés dans Le Canard enchaîné. Nicolas Sarkozy, de son côté, a démenti l’ensemble de ces allégations sans apporter d’explications sur les factures et décomptes publiés par ce journal sauf pour celle qui concernait un escalier en chêne.

Le Canard enchaîné a précisé le 19 septembre qu'une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Nanterre et confiée à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). Cette affaire a été classée sans suite par le Parquet en octobre 2007.

Le nom de Nicolas Sarkozy apparaît indirectement dans des listings truqués de la société Clearstream. Il se porte partie civile le 31 janvier 2006, relançant l'affaire. Selon un délateur surnommé « le corbeau », Nicolas Sarkozy aurait disposé de deux comptes dans une banque italienne (la Banca popolare di Sondrio), déguisés sous des noms proches de son identité. Le corbeau sous-entendait dans son courrier que les personnes citées, y compris Nicolas Sarkozy, auraient touché des pots-de-vin dans l'affaire des frégates de Taïwan.

Nicolas Sarkozy exige des explications auprès de Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, et du directeur de la DST. La Banca popolare di Sondrio reçoit une commission rogatoire de la justice française, le 5 novembre 2004, et envoie une réponse négative le 16, affirmant que Clearstream ne détient pas de comptes personnels. Malgré cette célérité de la banque, ces résultats innocentant Nicolas Sarkozy n'ont été communiqués au juge Renaud Van Ruymbeke qu'à la fin de 2005. Le journaliste Stéphane Denis affirme dans une interview au Point du 11 mai qu'il avait transmis en septembre 2004 et avril 2005 un message oral du général Rondot à Nicolas Sarkozy sur l'enquête Clearstream. Nicolas Sarkozy a été entendu le 11 mai 2006 en tant que témoin assisté par le juge Jean-Marie d'Huy chargé de l'enquête.

Imad Lahoud, soupçonné par les services de police d'être l'auteur des falsifications des listings, a affirmé, début novembre 2006, après l'avoir précédemment nié, qu'il avait rencontré deux fois, en 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Économie, pour « évoquer » ce dossier. Nicolas Sarkozy a démenti cette allégation et fait établir que, le jour de la « rencontre » avancée par Lahoud, il était en voyage à l'étranger. Il assure, en outre, n'avoir appris toute l'histoire que par voie de presse. Le journaliste Éric Decouty affirme, pour sa part, que Nicolas Sarkozy aurait été mis au courant de la manipulation dont il était l’une des cibles plus tôt qu’il ne le prétend, en 2005, et qu'il a essayé de tirer profit politiquement de cette situation en laissant faire,.

Par contraste avec la période qui a suivi les défaites de 1995 et de 1999, Nicolas Sarkozy est l'objet d'une importante médiatisation depuis 2002. Il réalise ainsi dans l'émission 100 minutes pour convaincre le plus gros score d'audience à l'époque pour une émission politique en 2003, avec plus de sept millions de téléspectateurs. Il est le seul à avoir été invité trois fois à cette émission. En 2007, avec l'émission J'ai une question à vous poser, il atteint un pic de près de dix millions de téléspectateurs (et environ 8 millions en moyenne).

Il fait de son épouse Cécilia un de ses principaux conseillers dans ses ministères, puis son chef de cabinet à la présidence de l'UMP. Son couple et sa famille, mêlés à ses actions publiques et ainsi mis en scène, s'affichent dans les médias. Mais en mai 2005, des problèmes conjugaux surgissent et sont largement médiatisés, en particulier dans Le Matin, que Nicolas Sarkozy attaque en justice. Et le 26 août 2005, Paris Match présente même à la une Cécilia avec son ami Richard Attias. À la suite de cette publication, Nicolas Sarkozy, furieux, aurait usé de son influence auprès d'Arnaud Lagardère, dont le groupe est propriétaire de Paris-Match, pour faire limoger le directeur de l'hebdomadaire, Alain Genestar, selon ce dernier qui quitte son poste une année plus tard. Après la reformation de son couple, Nicolas Sarkozy explique, au début de 2006, qu'il « regrette » d'avoir présenté sa famille trop médiatiquement.

Selon le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy serait intervenu pour empêcher la publication d'un livre de Valérie Domain sur Cécilia Sarkozy chez First Editions en octobre 2005. Ce qui déclenche en France un débat sur la médiatisation de la vie privée des hommes politiques. La « biographie » de Cécilia Sarkozy par Valérie Domain a finalement été publiée, sous forme de fiction, le 8 février 2006, sous le titre Entre cœur et raison aux éditions Fayard. Le syndicat de journalistes SAJ-UNSA l'accuse par ailleurs d'être intervenu pour que l'accréditation permettant à un journaliste de recevoir des informations directement de l'administration, soit ôtée à Raphaëlle Picard, de l’AFP, auteur d’un reportage sur des perquisitions menées par erreur, lors de la descente massive de police aux Mureaux, à 5 h 30 du matin le 4 octobre 2006. Cette descente a provoqué une enquête sur son déroulement et ses conséquences. Une source anonyme interne du journal Libération, confirmée par son PDG Laurent Joffrin, affirme que Nicolas Sarkozy a appelé, le 7 mars 2007, l'actionnaire principal du journal, Édouard de Rothschild, pour se plaindre d'un titre qu'il jugeait outrancier : « Impôt sur la fortune de Sarkozy : le soupçon », en qualifiant Libération de « journal de gauche de merde ». Le lundi 16 avril 2007, Joseph Macé-Scaron, l'ancien directeur du Figaro Magazine, affirme sur RTL qu'il a été « démissionné » du Figaro pour avoir refusé de céder à des pressions sarkozistes ; il estime que des menaces sont exercées par Nicolas Sarkozy sur l'ensemble des journalistes politiques.

Selon le Canard enchaîné du 23 mars 2007, lors de la préparation d'une émission de Christine Ockrent, Nicolas Sarkozy, excédé par l'attente avant le maquillage, se serait emporté et aurait dit « il faut la virer » à propos de la direction de la chaîne France 3.

Nicolas Sarkozy est intervenu le mardi 2 mai 2007 sur France Inter concernant les accusations de main-mise sur les médias dont il est l'objet : « On me dit que les médias sont à ma solde. Mais qui peut croire une chose pareille, quand on voit le déchaînement qu'a suscité ma candidature, mon projet », citant deux des soutiens de Ségolène Royal, Libération et Le Nouvel Observateur, dont les actionnaires majoritaires sont respectivement Édouard de Rothschild (un ami de Nicolas Sarkozy) et Claude Perdriel, parmi les grandes fortunes françaises..

Au soir de son élection le 16 mai 2007, Nicolas Sarkozy fête sa victoire au Fouquet's où sont invités plusieurs actionnaires ou employés de médias français : Bernard Arnault, Martin Bouygues (TF1), Serge Dassault (Le Figaro), Alain Minc (Le Monde), François Pinault (Fnac) ou Albert Frère (M6), le seul journaliste présent étant Nicolas Beytout (Le Figaro).

Au lendemain de l'élection présidentielle de 2007, une nouvelle controverse médiatique a surgi à l'occasion de sa « retraite » sur le yacht de Vincent Bolloré, le Paloma.

Peu après la confirmation de la vente du journal économique Les Échos par le groupe LVMH, le directeur de la rédaction Erik Izraelewicz a rapporté que, lors d'une entrevue à l'Élysée le vendredi 16 novembre 2007, Nicolas Sarkozy, lui a appris lui-même l'arrivée prochaine de Nicolas Beytout pour diriger le journal. De fait, Beytout devient le responsable du pôle média de LVMH trois jours plus tard. Lors de la même entrevue, Nicolas Sarkozy a reproché aux journalistes des Échos de s'opposer au rachat de leur journal par LVMH, dont l'actionnaire principal est Bernard Arnault, témoin de mariage de Nicolas Sarkozy.

Suite à la conférence de presse du mardi 8 janvier 2008, certains commentateurs ont reproché le ton parfois agressif de Nicolas Sarkozy envers certains journalistes (notamment le rédacteur en chef de Libération, Laurent Joffrin), et l'impossibilité pour ces derniers d'avoir recours au droit de suite, comme cela se pratique dans les pays anglo-saxons, lorsque le président ne répond pas précisément à la question qui lui est posée.

Des médias de gauche (Télérama, Libération, Les Inrockuptibles, Marianne et Le Nouvel Observateur) soulignent régulièrement le peu de considération que manifesterait Nicolas Sarkozy à l'égard de la culture et des arts. Christophe Girard, adjoint chargé de la culture à la Mairie de Paris que le Président « n’a pas du tout la culture de François Mitterrand ou Valéry Giscard d’Estaing Nicolas Sarkozy a une culture plutôt axée télé et presse people ». Le 26 janvier 2006, lors d'une convention UMP, Nicolas Sarkozy déclare : « Il faut que la direction des médias, le ministère de la Culture et celui de l’Éducation nationale, travaillent réellement ensemble au service d’un même objectif. ». Cette phrase est alors interprétée comme la possible remise en cause du Ministère de la Culture ou de sa rétrogradation en secrétariat d'État dans une fusion avec le Ministère de l'Éducation nationale. Le 18 janvier 2007, le ministre de la Culture en poste, Renaud Donnedieu de Vabres souhaite préciser la pensée du candidat en déclarant : « Je tiens à vous confirmer très clairement, après m’en être entretenu avec Nicolas Sarkozy, que la nécessité de renforcer les liens entre la culture et l’éducation nationale implique un renforcement du ministère de la Culture, qu’il n’est pas question de supprimer, mais, bien au contraire, de soutenir dans son ambition au service de tous les Français ». Le 15 février, Le Monde précise que l’équipe de Nicolas Sarkozy réfléchissait à « un pôle éducation-culture avec deux ministres de plein exercice ». La rumeur de suppression pousse cependant plusieurs artistes, dont de nombreux cinéastes comme Costa-Gavras, Bertrand Tavernierou Jean-Claude Carrière, à publier dans Le Monde une tribune intitulée « Ne supprimez pas le ministère de la Culture ». La SACD se mobilise également en plaidant auprès du candidat le nécessaire maintien du Ministère.

Le 23 février 2006 à Lyon, Nicolas Sarkozy s'interroge sur la nécessité de donner à étudier La Princesse de Clèves aux fonctionnaires de catégorie B. Il répète ses propos le 20 avril 2007, après avoir raillé l'architecture de la Cité de la mode et du design, en face du ministère des Finances, à Bercy. En réaction à ses propos, le cinéaste Christophe Honoré tourne son long-métrage, La Belle Personne, afin « d'apporter un démenti en forme de film ». En février 2009 , les enseignants-chercheurs ainsi que des étudiants organisent un marathon de lecture du roman devant le Panthéon de Paris.

Le 2 février 2009, Nicolas Sarkozy annonce la création du Conseil de la création artistique, qu'il préside avec Christine Albanel, Marin Karmitz étant nommé délégué général. Les Cahiers du cinéma voit en cette organisation la manière d'infliger un sévère camouflet au Ministère de la culture, alors que le ministère fête ses 50 ans d'existence.

Nicolas Sarkozy a à plusieurs reprises, et ce depuis 1998, rappelé son intention de récupérer les électeurs du Front national . Nicolas Sarkozy dénonce parallèlement les positions du Front national, comme lors de son débat avec Jean-Marie Le Pen lors de l'émission 100 minutes pour convaincre, diffusé sur France 2, où il affirme son opposition avec les « idées d'extrême-droite ». Des personnalités politiques de l'opposition lui reprochent de vouloir s'attirer l'électorat du Front national. Ainsi, Jack Lang affirme que « Nicolas Sarkozy est un républicain, à la différence de Le Pen » mais parle de « dérive « paraxénophobe » ». De la même façon, Act Up ou les Guignols de l'info présentent médiatiquement l'ex-ministre de l'Intérieur et Jean-Marie Le Pen sur un pied d'égalité. Ainsi, en janvier 2006, l'association Act Up publie des affiches comportant la photographie de Nicolas Sarkozy et le slogan « Votez Le Pen ».

Le collectif Ré-So, qui s'affiche publiquement contre Nicolas Sarkozy, estime dans un article que plusieurs points du programme du Front national ont déjà été appliqués par Nicolas Sarkozy lors de ses mandats ministériels. Il s'agit de points comme la coopération étroite entre la police et la Justice, la facilitation des contrôles d'identité, l'instauration d'une période probatoire pour tous les mariages mixtes et l'expulsion effective des immigrés clandestins. Certaines de ces mesures étaient déjà effectives mais ont été renforcées.

Certaines autres de ses mesures et positions sont critiquées par Jean-Marie Le Pen : réforme de la double peine, prise de position en faveur de la discrimination positive, du financement public de mosquées et de quotas d'immigration, positions que le Front national combat. Nicolas Sarkozy s'est également prononcé en faveur du droit de vote des résidents étrangers, en situation régulière et présents depuis au moins dix ans sur le territoire français, aux élections locales. Il a par ailleurs encouragé la nomination d'un « préfet musulman », Aïssa Dermouche, nommé préfet du Jura.

Le pourcentage de votes pour l'extrême droite a reculé pour la première fois de 19,20 % (FN+MNR) en 2002 à 10,44 % (FN uniquement) en 2007. Jean-Marie Le Pen retombe ainsi à ses niveaux d'avant 1988. Françoise Fressoz dans Les Échos observe qu'« on le doit en partie à la stratégie du président de l'UMP ».

Après l'échec en France du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, Nicolas Sarkozy proposa qu'un directoire formé des six plus grands pays prenne la direction des affaires européennes. « Je souhaite enfin — sur un plan qui n'est pas institutionnel, mais davantage politique — que nous fassions en sorte que les six principaux pays qui représentent 75 % de la population de l'Union, jouent un véritable rôle de moteur de l'Union européenne ». Cette vision de l'Europe est perçue par d'autres membres de l'Union européenne (les scandinaves notamment) comme au pire, de l'impérialisme, au mieux une perte de souveraineté, entraînant un rejet en bloc du projet de la construction européenne. Un chercheur à l'IEP et corédacteur en chef de la revue officielle du Parti socialiste, Alexis Dalem, polémique en janvier 2006 en réduisant son bilan à une « instrumentalisation des questions européennes au profit de l’affichage médiatique, faiblesse de l’engagement européen, accord avec la vision britannique d’une Europe réduite à un grand marché voué au libéralisme économique ».

Ces prises de positions controversées lui ont valu les critiques de l'opposition au sens large : François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste déclare que « M. Sarkozy laisse penser que la laïcité a été fermée, sectaire et qu'elle a commis une erreur de combattre les religions. C'est une vieille rengaine de la droite la plus cléricale ».

Une autre opposition s'est fait entendre . En effet, le Grand Orient de France à invité le président en loge pour discuter de ce concept de laîcité positive innaceptable aux yeux des Francs-maçons.

L'ancien préfet Jean-Charles Marchiani, condamné en mars 2007 à trois ans de prison pour corruption, a bénéficié d'une réduction de peine de six mois accordée le 23 décembre 2008. Cette décision discrétionnaire est contestée, car à l'inverse des 26 autres grâces de la même décision, la sienne n'a pas été formulée sur proposition des services du ministère de la Justice pour comportement méritant, le porte-parole du PS Benoît Hamon y voyant une « nouvelle illustration d'une dérive du fonctionnement des institutions et de la pratique présidentielle ». Après s'être engagé à supprimer le droit de grâce collectif, Nicolas Sarkozy avait laissé la révision constitutionnelle de 2008 maintenir les grâces individuelles via l'article 17 et Charles Pasqua a admis être intervenu auprès du président pour obtenir cette grâce.

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Éric Chevallier

Bernard Kouchner et Éric Chevallier, le 23 septembre 2008 lors de la 63e assemblée générale des Nations unies

Éric Chevallier, né le 5 avril 1960 à Paris est conseiller spécial de Bernard Kouchner , porte-parole du quai d’Orsay et directeur de la Communication et de l’Information du ministère des Affaires étrangères et européennes.

Pendant son doctorat de médecine générale et alors qu’il est étudiant à SciencesPo, Éric Chevallier exerce pendant un an comme médecin en milieu carcéral.

À 29 ans, il devient responsable de programmes au Centre international de l’enfance où il développe notamment parmi les premiers programmes de lutte contre le sida de la mère et de l’enfant dans les pays en voie de développement. Il collabore également avec l’OMS, l’UNICEF, le PNUD et la Banque mondiale.

En 1995, il participe à la création d’ONUSIDA (UNAIDS en anglais). Ce programme conjoint des Nations unies sur le sida est destiné à coordonner l'action des différentes agences spécialisées de l'ONU pour lutter contre la pandémie de VIH/SIDA.

En 1996, il devient le délégué général de l’ONG Aide médicale internationale qui intervient notamment en République démocratique du Congo, au Soudan, en Afghanistan, au Yémen, en Birmanie, en Indonésie et en Thaïlande. Dans les premiers mois de l’année 1997, il négocie le maintien du programme humanitaire en faveur de la mère et de l’enfant à Kaboul pendant le régime des talibans.

Le 4 juin 1997, alors que Bernard Kouchner est nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Emploi et de la Solidarité, chargé de la Santé par Lionel Jospin, il demande à Éric Chevallier de faire partie de son équipe et d’être son conseiller chargé des questions internationales ainsi que du dossier santé/exclusion sociale.

Le 15 juillet 1999, Éric Chevallier devient le conseiller spécial de Bernard Kouchner, nommé représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Kosovo et chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK). Il y reste avec Bernard Kouchner pendant 18 mois.

En février 2001, de retour en France, Bernard Kouchner est nommé au ministère de la santé. Éric Chevallier l’accompagne en tant que conseiller spécial. Il collabore notamment activement à la mise en place du plan français de lutte contre le bio terrorisme / biotox après le 11 septembre ainsi qu’à la création du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme dont il présidera la conférence internationale de sélection du premier conseil scientifique international.

En mai 2002, il devient sous-directeur chargé du suivi des crises internationales au secrétariat général de la défense nationale, rattaché aux services du Premier ministre.

Puis il devient en janvier 2005, successivement délégué interministériel adjoint puis coordonnateur national au ministère des Affaires étrangères pour l’aide de la France aux pays touchés par le tsunami.

En janvier 2006, il devient directeur des missions internationales de médecins du monde, ONG présente dans une cinquantaine de pays (Afrique, Proche et Moyen-Orient, Asie, dans le Caucase et en Amérique latine). Éric Chevallier dirige une équipe d’environ une soixantaine de permanents au siège de l’organisation et de 3000 personnes sur le terrain.

Il retrouve le ministère des Affaires étrangères et européennes en mai 2007. Il devient alors le conseiller spécial (crise et conflits) de Bernard Kouchner. Il a notamment été l’artisan de la création de la plus importante opération militaire autonome de l’Union européenne, EUFOR-Tchad-RCA qui vise à protéger dans ces deux pays un demi million de réfugiés et déplacés du fait de la crise au Darfour. Il a également été le co-organisateur de la conférence internationale sur l’Afghanistan qui s’est tenu à Paris le 12 juin 2008.

Parallèlement à ses fonctions de conseiller spécial, il est nommé en juillet 2008 porte-parole et directeur de la Communication de l’Information du quai d’Orsay dont il a réformé l’organisation, l’esprit et l’approche (refonte du site internet du ministère , déplacement dans les régions françaises pour débattre avec les citoyens , développement de la présence du Porte-parole dans les médias français et étrangers).

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André Glucksmann

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André Glucksmann, né à Boulogne-Billancourt le 19 juin 1937, est un philosophe et essayiste français, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud. Il est le père de Raphaël Glucksmann.

En 1968, il publie son premier livre, Le Discours de la Guerre, participe aux événements de mai 1968, puis devient militant extrémiste maoïste. Farouche défenseur de la révolution culturelle chinoise il lutte fréquemment contre les membres du Parti communiste français (y compris physiquement), les qualifiant de révisionnistes bourgeois, puis, dans les années 1970, fidèle à son anti-communisme viscéral, il milite en faveur des contre-révolutionnaires qui sévissent en Union soviétique. En 1972, il qualifie la France de dictature fasciste dans un article publié dans la revue Les Temps modernes. Il appelle par ailleurs à l'embrasement de l'Europe entière de Lisbonne à Moscou.

En 1975, il publie La Cuisinière et le mangeur d'hommes, réflexions sur l'État, le marxisme et les camps de concentration, où il fait un parallèle entre le nazisme et le communisme. Ce livre ainsi que Les Maîtres penseurs, qui paraît en 1977, sont des succès de librairie, mais suscitent de nombreuses réactions critiques dans la gauche européenne.

En 1981 André Gluskmann et Bernard Kouchner soutiennent ou en tout cas encouragent la candidature de Marie-France Garaud.

En 1985 Gluskmann, Revel et Bernard Henri Levy signent une pétition pour encourager Ronald Reagan à continuer à soutenir les fameux Contras au Nicaragua, ceux-ci s'illustreront dans des crimes de guerre et débouchera sur un scandale majeur de l'ère Reagan.

Pendant les années 1980, il publie d'autres ouvrages, et couvre pour la presse française la chute du Mur de Berlin. En règle générale, il promeut alors un atlantisme fondé sur l'antitotalitarisme et la promotion des droits de l'homme, notamment lors du conflit contre l'Irak au nom de la nécessité de renverser Saddam Hussein.

En 1995 André Gluskmann a soutenu la reprise des essais nucléaire décidé par Jacques Chirac. André Glucksmann a soutenu, comme Bernard-Henri Lévy, l'intervention de l'OTAN contre la Serbie en 1999.

En 2003, dans le journal Le Monde, il fustige le « camp de la paix ». Il participe à la création du think tank le Cercle de l'Oratoire ainsi qu'à sa revue Le Meilleur des Mondes. Il est, en outre, devenu président de l'association des "Amis du Meilleur des Mondes" qui publie en co-gérance avec les éditions Denoël, cette revue.

Il est également connu pour son soutien en faveur de la cause du peuple tchétchène lors de la Seconde guerre de Tchétchénie. Il n'hésite pas à aider les terroristes qui se livrent à des actes criminels dans la région (Il a séjourné illégalement pendant un mois en Tchétchénie) et dénonce régulièrement l'attitude des pays occidentaux envers la politique de Vladimir Poutine, attitude qu'il juge complaisante.

Une réplique publiée dans le même journal par Jean-Marie Laclavetine dans l'édition du 5 février met en cause la crédibilité de Glucksmann, comparant ses engagements politiques actuels avec son ancien soutien au maoïsme.

Le 26 janvier 1977 André Glucksmann et d'autres intellectuels auraient signé une pétition demandant la libération d'adultes étant accusé d'actes pédophiles sur des mineurs de moins de 15 ans .

André Glucksmann est quelquefois cité comme membre du PNAC. En fait, il n'a été que l'un des signataires en 2004, au côté de personnalités aussi diverses que Massimo D'Alema ou Joe Biden, d'une lettre ouverte présentée par le think tank néoconservateur aux chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne et de l'OTAN .

Le 6 janvier 2009, il publie un « point de vue » dans Le Monde intitulé « Une riposte excessive ». Dans cet article il défend la légitimité de l'intervention des forces armées israéliennes dans la bande de Gaza. Il conteste également les accusations sur le caractère « disproportionné » de l'intervention israélienne. Selon les premières estimations, l'opération « Plomb durci » commencée le 27 décembre 2009 a fait au total plus de 1300 morts du côté palestinien dont plus de la moitié sont des civils (femmes ou enfants). Cette intervention fut présentée par le gouvernement israélien comme une réplique aux actions du Hamas dont les roquettes lancées sur Israël sont responsables de la mort de trois civils auxquels il faut ajouter les 10 soldats Israéliens tués dans les combats pendant l'opération. La dernière phrase de l'article est: « il n'est pas disproportionné de vouloir survivre ».

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Élections législatives françaises de 2007

Répartition de l'échiquier politique au sortir du premier tour de l'Élection présidentielle française de 2007.

Les élections législatives françaises de 2007 se sont déroulées sur deux tours de scrutin les dimanches 10 et 17 juin 2007 (XIIIe législature). Le dépôt des candidatures, ouvert le 14 mai, a été clos le 18 mai à 18 h (le 11 mai en Polynésie française). La campagne électorale officielle s'était ouverte le 21 mai.

Ce graphique représente les scores obtenus par les différentes formations politiques au premier tour de l'élection présidentielle. Le report des voix lors des élections législatives a été particulièrement commenté par les analystes. Néanmoins, l'élection du président n'est pas la meilleure élection pour juger des forces des partis.

Les élections ont visé à renouveler les 577 représentants siégeant à l'Assemblée nationale. Il s'agissait de l'élection de la XIIIe législature de la Cinquième République.

Elles se sont tenues cinq semaines après l'élection présidentielle, les dimanches 10 et 17 juin 2007 (pour la métropole).

Une forte abstention avait caractérisé les législatives de 2002, le scrutin ne se déroulant que cinq semaines après la présidentielle. L'UMP (Union pour un mouvement populaire), soutenant le nouveau gouvernement nommé par Jacques Chirac, nouvellement réélu, avait alors gagné à une large majorité.

L'obtention par l'UMP d'une majorité des sièges a marqué une rupture avec les alternances du passé. Ce fut pour la première fois depuis 1978 que la majorité sortante était reconduite. Il faut remarquer que depuis le début de la Ve République jusqu'à 1981, la Droite s'était systématiquement succédé à elle-même sans aucune alternance pendant 23 ans, l'UDF initiant le changement à venir de 1978 à 1981. La Gauche a exercé le pouvoir durant 15 ans, en trois périodes de chacune 5 ans : 1981-1986, 1988-1993 et 1997-2002.

Être député dans la république française signifie tout d’abord être élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans selon l’article 24 de la constitution de la V ème république de 1958. Être député signifie effectuer un travail sur le terrain mais aussi au sein de l’assemblée nationale, au palais Bourbon.

A l’assemblée, le député vote la loi qui effectue une navette parlementaire entre l'assemblée et le sénat. Il est détenteur du pouvoir législatif. En cas de désaccord, c’est l’assemblée qui a le dernier mot. Le député peut avoir l’initiative de la loi en déposant une proposition de loi. Il peut modifier la loi en déposant un amendement. Il peut aussi contrôler le gouvernement en lui posant des questions et déposer une motion de censure pour renverser le gouvernement ( minimum de 58 députés signataires). Le député participe à des commissions permanentes au nombre de six et a des commissions d’enquête. Il fait généralement partie d’un groupe politique (vingt députés minimum).

Déroulement de l'élection Lors du premier tour de scrutin, les électeurs votent pour l'un des candidats de leur circonscription électorale le 10 juin 2007. Si l'un des candidats obtient alors la majorité absolue des suffrages exprimés et au moins 25 % des suffrages des inscrits sur les listes, il est élu dès le premier tour.

Le découpage en circonscription utilisé était le découpage dit découpage Pasqua, du nom de son auteur effuctué en 1988 avec le retour à un mode de scrutin majoritaire. Le Conseil Constitutionnel avait demandé, le 7 juillet 2005, de réviser le découpage en fonction de l'évolution démographique, comme le prévoit la Constitution après chaque recensement quinquennal, ce qui n'aura finalement pas été fait avant les élections.

Dans les circonscriptions où aucun candidat n'a pu recueillir simultanément la majorité absolue des voix et 25 % des inscrits, un deuxième tour a été organisé le 17 juin 2007. Seuls les candidats ayant obtenu au premier tours au moins 12,5 % des électeurs inscrits dans la circonscription (plus de deux candidats pouvaient donc être présents au second tour) pouvaient se maintenir pour le second. A été alors élu le candidat recevant la majorité simple des suffrages exprimés. Si un seul ou aucun candidat n'avait pas réalisé ces 12,5 %, le deuxième tour s'effectuait entre les deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages au premier tour. En cas d'égalité, le candidat le plus âgé a été élu.

Reconduisant le système mis en place lors de l'élection présidentielle de 2007, l'élection des députés pour les DOM, et autres territoires, ayant un décalage horaire négatif par rapport à la métropole a été avancé d'un jour, de façon à ce que les électeurs n'y votent pas en connaissant déjà le résultat global. En Polynésie française, le premier tour a été avancé d'une semaine pour des raisons techniques (acheminement du matériel électoral, voir aussi Élections législatives de 2007 en Polynésie française). Ainsi les élections ont en fait eu lieu le 2 juin en Polynésie française et le 9 pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon pour le premier tour et le 16 juin pour la Polynésie française, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon pour le second tour.

De cette manière l'ensemble des deux scrutins ont été clos sur l'ensemble du territoire français au plus tard à 20 heures les 10 et 17 juin, heure locale en métropole.

La presse et les médias avançaient généralement qu'il était très peu probable qu'un président élu soit désavoué un mois après son élection lors des législatives. Tous les sondages et projections avaient tendance à aller dans ce sens, une projection BVA pour Orange, la presse régionale et le Nouvel Observateur du 18 mai 2007 prévoyaient ainsi une nette majorité pour l'UMP, avec entre 317 et 381 députés sur 577, contre 151 à 200 élus pour le PS, 14 à 21 communistes, 4 à 11 divers droite, 0 à 4 du MoDem et 1 ou 2 Verts.

D'après un autre sondage effectué par BVA-orange auprès de 957 personnes les 21 et 22 mai, l'UMP bénéficiait d'un « effet Fillon » puisqu'il obtenait 42 % des intentions de vote soit 379-431 sièges. Le mouvement démocrate obtenait 0-3 sièges, les écologistes 0-3 sièges, le PS 121-159 sièges et le PC 4-10 sièges. Ainsi, l'UMP grimpait encore dans les sondages au détriment du Mouvement démocrate et du Front national. Par ailleurs, le PS et ses alliés restaient stables.

Il y avait 7 540 candidats pour les 577 circonscriptions françaises. Et plus d'une douzaine de partis politiques présentaient des candidats.

L'UMP, et les ex-UDF ralliés à la majorité présidentielle du Nouveau Centre, devaient ainsi emporter la victoire. Il s'agissait pour le parti présidentiel d'obtenir une majorité présidentielle pour mener à bien le programme de Nicolas Sarkozy. Dans cette alliance figuraient également le Forum des républicains sociaux (1 à 2 députés), et le Parti radical valoisien, partis affiliés à l'UMP.

Le nouveau Premier ministre, nommé le 17 mai, François Fillon, était chargé de mener cette campagne, d'autant qu'il était depuis 2006 responsable de la coordination du projet législatif de l'UMP, avec pour slogan « Ensemble pour la Majorité présidentielle ».

À cela s'ajoutait une députée sortante MPF de Vendée (Véronique Besse) et une du CNI dans la 1e circonscription de la Somme (Dominique Fachon).

Le MPF a présenté 500 candidats.

Le Parti socialiste faisait campagne avec pour mot d'ordre de ne pas laisser les « pleins pouvoirs » à Nicolas Sarkozy, avec pour slogan « la gauche qui agit, la gauche qui protège », et espérait un score assez important aux législatives afin de résoudre la crise interne montrée du doigt par de nombreux leaders socialistes.

Ainsi, dès le soir de la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, la campagne menée par celle-ci a été critiquée par certains « poids lourds » dont Dominique Strauss-Kahn qui a notamment pointé du doigt la direction du PS et le Premier secrétaire François Hollande. De plus, plusieurs points du pacte présidentiel de Ségolène Royal ont été abandonnés dans le projet législatif, comme les « contrats premières chances » qui étaient prévus pour les jeunes sans qualification ou encore le projet de mettre en place des « jurys citoyens » cher à la candidate mais très critiqué à gauche.

La plupart des dirigeants socialistes appelaient à une profonde réforme du parti, mais étaient en désaccord sur la nature de cette réforme : certains appelaient, comme Dominique Strauss-Kahn, à accepter l'économie de marché et ainsi transformer le Parti socialiste en un parti social-démocrate, d'autres au contraire souhaitaient un repositionnement plus déterminé à gauche (Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon).

Enfin, Ségolène Royal souhaitait qu'un congrès soit organisé tout de suite après les législatives pour déjà désigner le candidat ou la candidate socialiste pour la présidentielle de 2012.

Face à ces divisions, François Hollande avait toutefois été réaffirmé comme le chef de la campagne socialiste pour les législatives, et avait dû faire face à l'« ouverture » voulue par Nicolas Sarkozy dans son gouvernement (des socialistes, dont le populaire Bernard Kouchner, rejoignant le gouvernement François Fillon, à l'instar d'Éric Besson et Jean-Pierre Jouyet, Nicolas Sarkozy s'étant également entretenu avec d'autres anciens ministres socialistes tel que Claude Allègre).

Le Premier secrétaire socialiste avait alors fortement critiqué ce qu'il a qualifié de « débauchage individuel » et de « manœuvres de séduction » de la part de la droite, et rappelé dans le même temps que tout socialiste qui rejoindrait le gouvernement Fillon « serait dans un gouvernement de droite, une majorité de droite et des amis de droite » .

Lorsque finalement la nomination au gouvernement de Bernard Kouchner a été rendue officielle le 18 mai 2007, François Hollande avait tout de suite affirmé que celui-ci n'était « plus membre du PS » .

Nul ne pouvait savoir toutefois si cette « ouverture » à gauche allait bénéficier à la droite ou au contraire servir la gauche. Les socialistes avaient aussi été particulièrement critiques dès le lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy pour les vacances prises par celui-ci sur le yacht privé de Vincent Bolloré au large de Malte.

Sur le plan des accords électoraux à gauche, le PS avait signé des accords avec le PRG et le MRC dès la fin de l'année 2006 lorsque ces deux formations ont décidé de ne pas présenter de candidat contre Ségolène Royal.

Le Mouvement républicain et citoyen avait ainsi obtenu l'investiture socialiste pour 10 circonscriptions, le choix par les candidats socialistes de suppléants de ce parti dans 6 circonscriptions ainsi que le droit de présenter des candidats contre le socialiste investi dans une soixantaine de circonscriptions, avec un accord de désistement pour le candidat de gauche le mieux placé au second tour.

Le PRG quant à lui avait reçu le soutien du PS dans 32 circonscriptions (35 initialement prévues), dont celles des 9 sortants. Mais le PS avait échoué à trouver un tel accord avec les Verts après la présidentielle, le conseil national refusant le 13 mai 2007 l'offre du PS de leur réserver 14 circonscriptions, dont celles des trois sortants, contre un accord de désistement systématique au second tour.

Le PS avait décidé toutefois de ne pas présenter de candidats dans les circonscriptions des Verts sortants , et avait offert en plus au parti écologiste la première circonscription de la Loire-Atlantique. Aucun accord n'avait pu être trouvé non plus avec les communistes.

La plate-forme PS-PRG-MRC avait présenté 543 candidats (dont 501 socialistes ou apparentés), avec 293 hommes et 250 femmes (soit 47 % de femmes, le PS-PRG-MRC n'avait donc pas atteint l'objectif fixé des 49 % de représentation féminine dans les candidatures).

Selon les sondages, si le PS paraissait divisé, il devait augmenter son groupe à l'Assemblée nationale (pour 142 sortants, il aurait pu passer de 151 à 200 députés selon la projection DNA, d'autant qu'au cours de la présidentielle Ségolène Royal était arrivée en tête dans 205 circonscriptions sur 577 (outre-mer y compris) dont 65 étaient détenus par la droite lors de la législature sortante).

Le tout nouveau Mouvement démocrate, fondé par l'UDF et CAP21 en mai 2007, a cherché à se faire une place dans le paysage politique français.

Certes, le ralliement de 18 des députés de l'UDF au Nouveau Centre, sur les 29 sortants, la décision de l'UMP d'investir des candidats dans 6 des 7 circonscriptions détenues par les centristes restés fidèles à François Bayrou et le gouvernement « d'ouverture » de Nicolas Sarkozy qui unit des personnalités de droite mais aussi certaines du centre et de gauche ont été des obstacles qu'il devait affronter.

Toutefois, le Mouvement démocrate avait obtenu l'adhésion d'une nette majorité des militants de l'UDF ainsi que du parti écologiste de Corinne Lepage Cap 21 et de quelques personnalités venues des Verts (dont l'ancien porte-parole du parti Jean-Luc Benhamias). Les partisans de François Bayrou avaient l'intention de bénéficier des retombées du bon score du candidat centriste au premier tour, score multiplié par 3 entre 2002 et 2007.

Le MoDem avait compté depuis sa création plus de 75 000 pré-adhésions, traduisant un mouvement de rénovation de grande ampleur de la vie politique française. Nombreux sont les nouveaux adhérents qui n'avaient jamais adhéré auparavant à un mouvement politique. L'idée était de créer un mouvement qui ne fait ni un soutien inconditionnel, ni une opposition systématique à la majorité au pouvoir. En résumé, l'élu MoDem votera, non en fonction de considérations partisanes, mais en son âme et conscience, en fonction de l'intérêt général.

Le départ des députés anciennement UDF ralliés à la majorité présidentielle avait conduit par ailleurs à l'émergence d'une nouvelle génération de candidats, sur laquelle le MoDem comptait appuyer son développement.

Le Mouvement démocrate avait repris le slogan de la campagne présidentielle de François Bayrou, « La France de toutes nos forces ».

L'enjeu principal, et avoué, des communistes était d'obtenir au moins 20 députés pour pouvoir conserver un groupe à l'Assemblée. Ils avaient pour slogan pour ce scrutin : « Face à la droite dure … très dure ! Ne rien céder, pour une gauche à la hauteur de vos exigences » Les communistes avaient 21 sortants, dont 14 se représentaient. Au total, le PCF avait investi 518 candidatures.

Toutefois, le très faible score de Marie-George Buffet à la présidentielle (1,93 % des voix au 1er tour) et l'échec de l'appel des communistes à présenter le plus possible des candidatures unitaires de la gauche que ce soit avec les socialistes (aucun accord n'avait pu être établi jusqu'à présent) ou avec les collectifs anti-libéraux et autres formations de la « gauche de la gauche », seulement un tiers des candidats investis par le parti étant également soutenus par des collectifs antilibéraux contre une dizaine de candidats de ces collectifs soutenus en retour par les communistes.

Le sondage et la projection BVA du 18 mai créditaient ainsi le PCF de 3 % au 1er tour. Toutefois, des désistements devaient avoir lieu entre les deux tours, chaque formation de gauche appelant à ce que l'on soutienne le candidat de gauche le mieux placé lorsque celui-ci avait une chance de battre le candidat de droite, ce qui fait que la projection prévoyait que le parti obtienne finalement entre 14 et 21 députés à l'issue des élections.

Les verts ont refusé le 13 mai 2007 la proposition d'accords des socialistes pour les législatives, estimant l'offre du PS (14 circonscriptions réservées aux écologistes) trop faible. Toutefois, les trois sortants (Yves Cochet et Martine Billard à Paris et Noël Mamère en Gironde) ainsi qu'un quatrième candidat, François de Rugy , à Nantes, et l'ancien député apparenté Vert André Aschieri, dans les Alpes-Maritimes n'avaient pas de candidat PS face à eux.

Pourtant le faible score de Dominique Voynet à la présidentielle (1,57 %, soit une baisse conséquente par rapport aux 5,25 % de Noël Mamère en 2002) devait quelque peu handicaper le mouvement, d'autant que certaines personnalités (mais minoritaires) avaient rejoint le Mouvement démocrate de François Bayrou (3 des 535 centristes sont ainsi des anciens Verts).

Cependant un sondage Ipsos du 16 mai laissait augurer 4 % d'intention de vote, soit un niveau légèrement inférieur aux résultats de 2002 (4,5 %). 530 candidats ont été investis. Le slogan des Verts pour les législatives était : « Le monde change. Avec les Verts, changeons le monde ».

Les élections législatives marquaient en un sens un tournant pour le Front national.

Très probablement candidat pour la dernière fois à la présidentielle, le leader du mouvement Jean-Marie Le Pen avait décidé de ne pas briguer de mandat législatif. C'est le numéro 2 du parti, Bruno Gollnisch, qui avait été désigné pour diriger la campagne. Toutefois, Jean-Marie Le Pen restait très présent, les candidats investis par le FN ayant été présentés conjointement par lui et Gollnisch, tandis que sa fille Marine Le Pen, qui avait été choisie pour mener la campagne dans le Nord, devait également jouer une nouvelle fois un rôle d'importance.

Le but avoué du FN était d'obtenir au moins un député à l'Assemblée nationale et de faire mieux que les 10,44 % obtenus par le leader d'extrême droite au premier tour de la présidentielle, appelant à un « match retour victorieux » et à « reprendre les voix » que leur aurait « volées » Nicolas Sarkozy. Ils pointaient du doigt notamment la nomination dans le gouvernement de personnalités de gauche, notamment de Bernard Kouchner.

Toutefois, dans tous les sondages et prévisions, le FN tournait autour de 5 % d'intentions de votes (3,5 dans le pire des cas et 8 dans le meilleur) et aucun siège ne lui était attribué par aucun institut de sondage. Le FN avait présenté des candidats dans pratiquement toutes les circonscriptions, celles d'outre-mer étant là où il était le moins présent.

Olivier Besancenot et la LCR voulaient profiter de leur relatif bon score à la présidentielle (4,08 %) et avaient décidé ainsi de présenter 460 candidats (contre 440 en 2002). Toutefois, Olivier Besancenot n'était pas lui-même candidat. Leur slogan était : « Nos vies valent plus que leurs profits ».

Arlette Laguiller avait obtenu à la présidentielle de 2007 son plus mauvais score dans ce type d'élections (1,33 %, contre 5,72 % en 2002). Il s'agissait de la dernière campagne d'Arlette Laguiller tandis que la LCR bénéficiait au sein de l'électorat d'extrême gauche trostkiste de l'image jeune de son porte-parole Olivier Besancenot.

Lors des législatives de 2002, alors qu'Arlette Laguiller avait obtenu plus de 5 % à la présidentielle, LO avait obtenu au 1er tour 1,18 %. Le parti trotskiste avait toutefois décidé de présenter « plus de 560 candidates et candidats » à la fois « en France métropolitaine, en Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion ».

D'autres partis étaient présents, notamment ceux qui étaient représentés également à l'élection présidentielle. Le MPF de Philippe de Villiers a présenté 500 candidats, avec une parfaite parité hommes-femmes. La campagne du parti souverainiste était axée sur sa position revendiquée de "droite patriotique de gouvernement" montrant ainsi son attachement aux valeurs de la droite, au patriotisme et à sa volonté de gouverner. Le MPF, qui comptait deux sortants, a vu ces-derniers investits par l'UMP sous l'étiquette "majorité présidentielle" (voir plus haut). Un sondage CSA du 6 mai 2007 accordé au MPF 2% des voix.

Chasse, pêche, nature et traditions de Jean Saint-Josse, et le Parti des travailleurs, eux aussi présents à l'élection présidentielle, avaient présenté plusieurs candidats. La gauche antilibérale présentait une candidature labellisée « Gauche alternative 2007 » qui était présente pour les législatives. Rassemblant des candidats issus de tous les horizons de la gauche antilibérale, c’était un premier pas vers l’existence d'un « espace ouvert » issu des collectifs antilibéraux.

De nouveaux mouvements présentaient plus de 50 candidats, ce qui ouvre droit au financement public : Le Trèfle - les Nouveaux Écologistes, la France en action, le Parti humaniste, le Mouvement écologiste indépendant, Génération Ecologieetc. Mais rares ont été ceux qui ont franchi le seuil des 50 candidat(e)s à 1% ou plus des suffrages exprimés qui ouvrait dorénavant l'accès au financement public. Dans cette dernière catégorie, figurent notamment le Trèfle et le Mouvement écologiste indépendant.

On peut également citer des candidatures un peu partout d'Alternative libérale, de COMMUNISTES, le parti de Rolande Perlican (Ancienne Sénatrice PCF) qui présentait 45 candidats, des ex-UMP de Debout la République ! de Nicolas Dupont-Aignan (soutenu par l'UMP dans sa circonscription), du Mouvement national républicain de Bruno Mégret, du Parti Rachid Nekkaz ou du Pôle de Renaissance communiste en France. Notons encore que Solidarité et Progrès avait présenté 6 candidats et que le Parti des musulmans de France (PMF) en a lui présenté 4 (dans 3 régions), lors de ces élections.

Enfin, il y avait des candidatures plus ponctuelles, tel que le mouvement France Bonapartiste, ainsi que des régionalistes ou séparatistes comme dans les trois circonscriptions des Pyrénées-Atlantiques qui correspondent au pays basque (4e, 5e et 6e circonscriptions), le Partit Occitan qui a passé des accords avec les Verts, les nationalistes corses ou bretons, les indépendantistes martiniquais, polynésiens ou néo-calédoniens (généralement proches du PS) ou encore les partisans de la « droite identitaire » comme Alsace d'abord.

En Polynésie française où le premier tour a eu lieu le samedi 2 juin, l'Union pour la démocratie (indépendantiste) avait qualifié pour la première fois ses deux candidats pour le second tour du samedi 16 juin, dont Oscar Temaru, mais tous les deux avaient du retard sur les candidats officiels du Tahoeraa huiraatira soutenus par l'UMP et ont été finalement été battus.

En Martinique, l'indépendantiste du MIM Alfred Marie-Jeanne a été largement réélu. L'autonomiste Serge Letchimy du PPM a, lui aussi été largement plébiscité dans la circonscription centre.

Suite aux nombreux débats sur les discriminations et la représentation de toute la population, la plupart des partis s'étaient engagés à faire des efforts pour tendre vers la parité avoir une meilleure représentation des « minorités visibles » .

Selon Louis-Georges Tin, le CRAN avait dénombré deux candidats noirs pour l'UMP (0,36 %), trois pour le PS (0,59 %) qui présentait néanmoins « une vingtaine d'Arabes », cinq pour les Verts (0,9 %), six pour l'UDF (1,12 %), à côté de 18 « candidats arabes », et trois pour le PRG (4,54 %), qui ne présentait que 66 candidats, en se fondant sur l'apparence des photos de campagne. Soit un total de 19 candidats (0,5 %). « Ces candidats de la diversité sont la plupart du temps dans des circonscriptions difficiles à gagner » affirmait M. Tin.

Seuls deux candidats « de la diversité », tous deux PS, ont été élus en métropole : Henri Jibrayel, fils d'un immigré libanais, à Marseille, et George Pau-Langevin, native de Guadeloupe, à Paris, mais 10 autres ont obtenu entre 40 et 49 % au second tour, 6 PS, 2 UMP, 1 PRG et 1 PCF. Sept autres encore, 6 UMP et 1 MRC, sont arrivés jusqu'au second tour mais n'y ont obtenu que moins de 40 %, ce qui reflète surtout la nature des circonscriptions où étaient présentés ces candidats, opposés à des sortants de l'autre camp politique pour leur quasi-totalité.

L'UMP et ses alliés ont remporté environ 60 % des sièges. La droite obtient, en tenant compte des deux tours, la majorité des voix sur l'ensemble du territoire national.

Déception relative de l'UMP : si elle a obtenu la majorité absolue, elle recule en nombre de sièges malgré d'excellents scores au premier tour. La « vague bleue » pronostiquée à tort par les médias n'a pas eu lieu. Quelques défaites symboliques sont à signaler, comme celle d'Alain Juppé, battu dans sa circonscription de Bordeaux, contraint de quitter son poste de ministre. La polémique entre les deux tours sur l'instauration d'une « TVA sociale » évoquée par le ministre des finances Jean-Louis Borloo et le premier ministre, ainsi que le pronostic d'une très grande majorité aurait désavantagé la droite au second tour : une partie de son électorat se serait démobilisé tandis que l'électorat de gauche se serait remobilisé et les électeurs du MoDem plus reportés sur la gauche que sur la droite.

À l'opposé, le Parti socialiste a obtenu davantage de députés que prévu par les instituts de sondage, et nombre de ses personnalités sont parvenues à être élues malgré un premier tour délicat. Son groupe parlementaire s'est même accru.

Si le Parti communiste n'avait pas atteint seul le nombre de députés pour constituer un groupe, le ralliement de quelques autres élus de gauche — principalement des communistes « dissidents » — et des élus verts a permis de faire l'appoint.

Les Verts ont réussi à passer de 3 députés à 4, ce qui a atténué le mauvais résultat des présidentielles.

Victime du mode de scrutin majoritaire, le Mouvement démocrate n'a obtenu que 3 sièges en métropole, ce qui n'est pas proportionnel à son audience totale.

Le Mouvement Pour la France obtient un siège dès le premier tour en Vendée.

Le député de Mayotte, Abdoulatifou Aly, était candidat de la « Force de l’alternance » du Mouvement départementaliste mahorais,, étiquetté "divers" par le ministère de l'Intérieur et soutenu au second tour par le MoDem. Le candidat officiellement soutenu par l'UDF-Modem au premier tour à Mayotte était Daroussi Zainadini, candidat du courant majoritaire du MDM, proche d’Adrien Giraud (Sénateur mahorais MoDem),.

Le Nouveau Centre, fort d'accords de désistement avec l'UMP, est parvenu à faire élire entre 20 et 22 députés (dont 17 sous l'étiquette PSLE « majorité présidentielle »), ce qui lui confère un groupe parlementaire autonome. Ce résultat a semblé entériner la scission de l'UDF.

Le Front national a échoué une nouvelle fois à être représenté. Le piètre score général du parti a semblé confirmer le déclin amorcé à la présidentielle. Présent au second tour dans une seule circonscription (Marine Le Pen à Hénin-Beaumont), il y a obtenu toutefois un score important : 41,5 %.

Jean-François Copé succède à Bernard Accoyer — élu président de l'assemblée — en tant que président du groupe UMP le 20 juin.

Seuls deux candidats « de la diversité », tous deux PS, ont été élus en métropole : Henri Jibrayel, fils d'un immigré libanais, à Marseille, et George Pau-Langevin, native de Guadeloupe, à Paris, mais 10 autres ont obtenu entre 40 et 49 % au second tour, 6 PS, 2 UMP, 1 PRG et 1 PCF.

Sept autres encore, 6 UMP et 1 MRC, sont arrivés jusqu'au second tour mais n'ont pas été élus.

Par comparaison, en 2002 seuls deux candidats de ce type étaient arrivés jusqu'au second tour, Mounia Viprey-Bounajma et Souhila Nador, toutes deux PS et franciliennes.

Au niveau socio-professionnel, l'Assemblée compte un magistrat, Jean-Paul Garraud (ex-juge d'instruction).

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Source : Wikipedia