Benazir Bhutto

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Posté par marvin 20/03/2009 @ 02:12

Tags : benazir bhutto, pakistan, asie, international

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Benazir Bhutto

Benazir Bhutto en 2004

Benazir Bhutto (en ourdou : بینظیر بھٹو - /beːnəziːr bɦʊʈːoː/), née à Karachi le 21 juin 1953 et morte dans un attentat à Rawalpindi le 27 décembre 2007, était une femme politique pakistanaise.

Première femme élue démocratiquement à la tête d'un pays à majorité musulmane, elle exerce deux mandats de Premier ministre à la tête du Pakistan de 1988 à 1990 puis de 1993 à 1996, se terminant l'un et l'autre par un ordre de destitution du président (Ghulam Ishaq Khan en 1990 et Farooq Leghari en 1996), sur la base d'accusations de corruption. Afin d'échapper à la justice, elle s'exile à Dubaï et à Londres en 1998.

Ayant obtenu du président Pervez Musharraf une amnistie et un accord de partage du pouvoir après les élections prévues pour janvier 2008, elle rentre au pays le 18 octobre 2007.

Elle est en campagne pour le Parti du peuple pakistanais, affilié à l'Internationale socialiste, lorsqu'elle meurt, victime d'un attentat-suicide.

Benazir Bhutto est née à Karachi le 21 juin 1953 dans une grande famille de politiciens et propriétaires terriens du Sind où la famille Bhutto possède de vastes terres . Elle est la fille ainée de l'ancien président, puis Premier ministre Zulfikar Alî Bhutto, pakistanais d'origine sindhi, et de la Bégum Nusrat Ispahani Bhutto, iranienne d'origine kurde ainsi que la sœur de Murtaza Bhutto.

Son éducation commence dans des pensionnats d'anciennes missions catholiques. Elle fréquente les écoles de la Congrégation de Jésus et Marie à Karachi puis à Murree (Pendjab) et de nouveau à Karachi où elle obtient son O-level à l'âge de 15 ans. Elle passe ensuite son A-level à la Karachi Grammar School.

En 1969, à 16 ans, après ses études secondaires, elle part pour les États-Unis où elle étudie à Radcliffe College, un collège de l'université Harvard. Elle obtient un Bachelor of Arts en gouvernement comparé en 1973 avec la mention cum laude . Elle est membre de la sororité Phi Beta Kappa. Elle poursuit son cursus au Royaume-Uni, au collège Lady Margaret Hall (Oxford), où elle étudie la philosophie, la politique et l'économie en parallèle avec le droit international et la diplomatie. En décembre 1976, elle devient la première femme originaire d'Asie à être élue présidente de l'Oxford Union.

En 1977, une fois diplômée, elle rentre au Pakistan pour entamer une carrière diplomatique. Quelques jours après son retour, son père Zulfikar Ali Bhutto, qui est alors Premier ministre, est démis de ses fonctions après un coup d'État militaire, dirigé par l'ancien chef militaire, le général Muhammad Zia-ul-Haq, qui impose la loi martiale, mais promet de tenir des élections générales dans les trois mois. Mais au lieu de tenir sa promesse, le général Zia fait passer en cour martiale l'ancien Premier ministre pour conspiration dans l'assassinat d'Ahmed Raza Kasuri et celle-ci le condamne à mort. En dépit d'un motif considéré comme douteux et malgré de nombreux appels à la clémence de dirigeants étrangers, Bhutto est pendu le 4 avril 1979. Benazir Bhutto et sa mère sont détenues dans un camp jusqu'en mai 1979 et finalement chassée vers l'exil au Royaume-Uni en janvier 1984.

En 1985, son frère Shahnawaz Bhutto meurt dans des circonstances suspectes en France.

Le 18 décembre 1987, elle épouse à Karachi, Asif Ali Zardari dont elle aura trois enfants Bilawal, né en 1988, Bakhtawar et Aseefa, nées en 1990 et 1993.

L'assassinat d'un autre de ses frères, Murtaza Bhutto, en 1996, a contribué à déstabiliser son deuxième mandat de Premier ministre. De nombreux proches de Murtaza accusent Benazir d'avoir commandité son assassinat, les deux étant en concurrence et Murtaza voyant sa popularité augmenter.,.

Ayant achevé ses études, elle rentre au Pakistan en 1977, l'année du coup d'État du général Zia. Elle est emprisonnée puis assignée à résidence surveillée en 1979 et finalement chassée vers l'exil au Royaume-Uni en janvier 1984. Elle devient leader du Parti du peuple pakistanais qu'avait fondé son père et dont sa mère avait repris la direction. Soutenue par cette dernière qui reste co-présidente, Bénazir Bhutto exercera de façon autoritaire jusqu'à sa mort une fonction de présidente à vie du PPP, au sein duquel aucune élection ne sera organisée.

Elle revient au pays en 1986 et y est accueillie triomphalement. De nouveau emprisonnée quelques jours après une manifestation interdite contre le général Zia, elle échappe à un attentat en janvier 1987.

Le 17 août 1988, Zia ul-Haq meurt dans un mystérieux accident d'avion et le 16 novembre 1988, dans le premier scrutin ouvert depuis plus d'une décennie, son parti remporte d'une faible majorité les élections législatives. Elle prête serment en tant que Premier ministre d'un gouvernement de coalition, le 2 décembre, à l'âge de 35 ans et devient la plus jeune personne et la première femme élue démocratiquement à la tête d'un pays à majorité musulmane.

En 1989, elle reçoit le Prix pour la liberté de l'Internationale libérale.

Son gouvernement est démis par le président Ghulam Ishaq Khan sous l'accusation de corruption et d'abus de pouvoir en août 1990, elle comparaît devant des tribunaux spéciaux de septembre 1990 à mai 1991 pour abus de pouvoir, malversations et détournement de fonds public, accusations dont elle sera innocentée en 1994. Son époux, Asif Alî Zadari, est maintenu en détention de 1990 à 1993, puis est acquitté, mais le parti de Bhutto perd les élections de 1990.

En 1993, cependant, elle devient à nouveau Première ministre. Elle agit maintenant en politicienne plus chevronnée, fait des alliances, y compris avec des militaires, ce qui lui permet de traiter certains des problèmes de façon plus efficace que lors de son premier mandat, mais elle doit faire face à la montée du fondamentalisme musulman. En 1994, elle s'allie pourtant aux islamistes du Jamiat Ulema-e-lslami (JUI), qui dirige la plupart des madrassas où seront formés les futurs talibans. En 1996 son frère Murtaza est tué dans une fusillade avec la police à Karachi. Elle accuse le président Farooq Leghari d'être impliqué dans sa mort et ce dernier la chasse du pouvoir au milieu d'allégations de dysfonctionnements. De nombreux proches de Murtaza accusent Benazir d'avoir commandité son assassinat, les deux étant en concurrence et Murtaza voyant sa popularité augmenter. En novembre 1996, son parti perd à nouveau les élections au profit de la Ligue musulmane.

Lors de son arrivée au pouvoir en 1993, elle confie la politique afghane à son ministre de l'intérieur, le général Nasrullah Babar. En novembre 1994, les talibans libèrent un convoi pakistanais qui traversait l'Afghanistan pour se rendre au Turkménistan, révélant l'existence d'une alliance stratégique entre les talibans et le Pakistan, ce dernier souhaitant avoir à sa frontière un Afghanistan stable pour pouvoir développer ses relations avec les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale. Les talibans prennent Kaboul en septembre 1996. Des documents déclassifiés datés du 22 octobre 1996 ont montré que les services secrets des États-Unis disposaient d'informations sur des fournitures pakistanaises de nourriture, de carburant et de munitions destinées aux Talibans.

Afin d'échapper à la justice, elle s'est exilée à Dubaï en 1998. Les poursuites judiciaires restent pour l'essentiel en suspens le temps de son exil et jusqu'à l'amnistie décrétée par Musharraf en octobre 2007.

En 1999, Bhutto et Zadari sont condamnés pour corruption ; Bhutto, en exil en Angleterre et aux Émirats arabes unis, conteste ce jugement. En 2002, ne s'étant pas présentée au procès en appel, elle est condamnée à ne plus pouvoir pénétrer sur le territoire pakistanais. De plus, le président pakistanais Pervez Musharraf fait voter cette même année un amendement à la constitution interdisant de faire plus de deux mandats de Premier ministre, ce qui lui interdit tout retour au pouvoir. Cette décision est largement considérée comme une attaque directe contre les anciens Premiers ministres Bhutto et Nawaz Sharif.

Le 5 août 2003, elle devient membre du Minhaj ul Quran International, une organisation d'obédience soufie fondée par le professeur Muhammad Tahir-ul-Qadri.

Elle voyage beaucoup et participe à de nombreuses conférences dans plusieurs pays.

Le 27 janvier 2007, elle est invitée par les États-Unis à prendre la parole devant le président George W. Bush, le Congrès et les responsables du Département d'État.

Durant l'été 2007, de longues transactions ont lieu avec le président Musharraf, pour un partage du pouvoir.

Le 5 octobre 2007 Musharraf signe l'ordonnance sur la réconciliation nationale, en accordant l'amnistie à Bhutto et Zadari dans toutes les affaires judiciaires à leurs encontres, y compris toutes les charges de corruption. D'autres dirigeants politiques comme l'ancien premier ministre en exil Nawaz Sharif sont exclus de cette amnistie. En retour, Bhutto et son parti, ont convenu de ne pas boycotter l'élection présidentielle. Bhutto est alors fortement critiquée par sa famille politique et certains membres du parti pour avoir signé un accord avec le chef de la junte. Le 6 octobre 2007 Pervez Musharraf remporte l'élection présidentielle, toutefois, la Cour suprême a statué que le vainqueur ne peut être officiellement proclamé jusqu'à la décision de savoir s'il peut être président tout en restant général de l'armée.

Après huit années d'exil à Londres, Benazir Bhutto est de retour à Karachi, le 18 octobre 2007 afin de préparer les élections législatives de 2008. En larmes, elle est accueillie par de nombreux sympathisants dès sa descente d'avion à l'aéroport international Jinnah. En route pour un rassemblement dans la capitale, deux explosions se produisent. Elle est la cible d'un attentat-suicide, dont elle sort indemne mais 136 personnes sont tuées dont au moins 50 des gardes de sécurité de son parti et 6 policiers (qui formaient une chaîne humaine autour de son camion pour la protéger d'éventuelles attaques) et de nombreux sympathisants.

Le 3 novembre alors qu'elle est à Dubaï depuis le 1er novembre pour voir ses enfants, elle rentre après que le président Musharraf a décrété l'état d'urgence pour lutter contre l'augmentation des attentats-suicides et l'ingérence de la justice dans le domaine politique. Il annonce également le report des élections législatives prévues pour la mi-janvier. Le 7 novembre, elle appelle à manifester en masse contre l'état d'urgence. 400 de ses partisans sont arrêtés. Le 8 novembre, Pervez Musharraf annonce la tenue des élections législatives avant le 15 février 2008 et promet de démissionner de son poste de chef des armées avant de prêter serment pour son deuxième mandat en tant que chef de l'État. Le 9 novembre, elle est assignée à résidence pour lui éviter de participer au meeting de son parti interdit par l'état d'urgence et par crainte d'attentats-suicides. Malgré l'interdiction, elle réussit à passer deux barrages de police avant d'être stoppée. Dans la nuit son assignation est levée, le lendemain, elle participe à une manifestation organisée par des journalistes. Dans une déclaration, elle lance un appel à une « longue marche » le 13 novembre entre Lahore et la capitale Islamabad pour exiger du pouvoir la fin de l'état d'urgence et le maintien des législatives mi-janvier. Alors qu'elle souhaite rencontrer l'ancien président de la Cour suprême et leader de l'opposition à Musharraf, le juge Iftikhar Muhammad Chaudhry assigné à résidence, elle est bloquée par la police. Le 10 novembre, elle part pour Lahore, d'où elle compte mener une « longue marche » de protestation vers la capitale.

Le 11 novembre, Musharraf annonce la dissolution du Parlement pour le 15 novembre, la tenue d'élections législatives avant le 9 janvier 2008 et l'abandon de son uniforme de général si sa réélection est validée par la Cour suprême.

Le 12 novembre, elle annonce que les négociations pour un éventuel partage du pouvoir avec Musharraf sont rompues. Elle menace le président de boycotter les législatives s'il ne met pas fin à l'état d'urgence. Elle est à nouveau assignée à résidence dans la nuit du 12 novembre au 13 novembre pour une période de 7 jours dans le but notamment de l'empêcher de participer à une manifestation interdite prévue le 12 novembre et contre son opposition au président. 20 000 policiers sont déployés à Lahore, dont 4 000 aux abords de la maison où elle séjourne. Le 13 novembre, dans une interview, elle demande à la communauté internationale de cesser de soutenir le président Musharraf et réclame sa démission. Elle exclut également de devenir premier ministre tant qu'il sera au pouvoir. Elle propose à son ancien rival et ancien Premier ministre en exil Nawaz Sharif de former ensemble une alliance. Celui-ci s'est dit favorable à cette proposition. 1 500 de ses sympathisants ont été arrêtés alors qu'ils essayaient de mener la « longue marche » prévue.

Le 16 novembre, son assignation est levée quelques heures avant la visite du numéro deux américain des Affaires étrangères John Negroponte. Elle tient une conférence de presse dans laquelle elle affirme que le gouvernement de transition mis en place aujourd'hui avec à sa tête le président du Sénat Mohammedmian Soomro, nouveau Premier ministre et qui est chargé d'organiser, sous l'état d'urgence, les élections législatives et provinciales qui doivent se tenir avant le 9 janvier 2008, n'est pas acceptable.

Le 25 novembre, elle annonce sa candidature dans la circonscription sud de Karachi pour les élections législatives du 8 janvier. Alors qu'elle essaye de fédérer l'ensemble de l'opposition face à Musharraf et contrairement à certains partis qui ont appelé au boycott du scrutin, elle n'a pas encore décidé si elle le boycotterait.

Le 28 novembre, elle accueille favorablement la démission du président Musharraf de la tête de l'armée mais s'est dite peu pressée de le reconnaitre comme un président civil légitime. Le lendemain, Musharraf prête serment pour un second mandat et annonce la levée de l'état d'urgence pour le 16 décembre. Le même jour, Bhutto annonce que son parti participera aux élections législatives et provinciales du 8 janvier mais se réserve le droit de décider plus tard de les boycotter. Le président Musharraf lève l'état d'urgence le 15 décembre, et annonce que les élections prévues le 8 janvier 2008 seront équitables et transparentes.

Le 27 décembre 2007, Benazir Bhutto se rend à une réunion du Parti du peuple du Pakistan dans un parc public de Rawalpindi, dans la banlieue sud d'Islamabad. En quittant les lieux, elle salue la foule à travers le toit ouvrant de son véhicule blindé lorsqu'un homme présent à moins de deux mètres tire trois coups de feu dans sa direction tandis qu'un autre homme situé non loin déclenche la ceinture d'explosifs qu'il porte sur lui, tuant 20 personnes et en blessant plusieurs dizaines d'autres. Grièvement blessée à la tête et ayant perdu beaucoup de sang, Benazir Bhutto est transportée au Rawalpindi General Hospital à 17h35. Après une demi-heure de massage cardiaque et respiration artificielle, les médecins prononcent son décès à 18h16.

Transféré dans la nuit à Larkana, le cercueil de Benazir Bhutto est transporté jusque dans sa ville natale de Garhi Khuda Bakhsh, accompagné de centaines de milliers de personnes. Sa dépouille est enterrée aux côtés de son père, dans le mausolée familial.

Les causes exactes de la mort de Benazir Bhutto font dans les jours qui suivent l'objet d'une controverse. Le gouvernement affirme qu'elle est morte à la suite d'un choc à la tête contre le levier du toit ouvrant de sa voiture alors qu'elle tentait d'éviter les balles tirées par le kamikaze mais la porte-parole de Benazir Bhutto affirme que l'ancien Premier ministre a été touchée par une balle et déclare « J'ai vu qu'elle avait une blessure par balle à l'arrière de la tête et une autre, causée par la sortie de la balle, de l'autre côté de la tête » . Javed Cheema, porte-parole du ministère de l'Intérieur, s'est déclaré « prêt à exhumer le corps de Benazir Bhutto pour enquête si son parti le souhaite » mais son mari a refusé d'exhumer le corps afin d'effectuer une autopsie.

Sa mort donne lieu à plusieurs manifestations et à des émeutes dans tout le pays ayant fait au moins 32 morts et suscite de nombreuses réactions politiques dans le monde entier. Le président décrète trois jours de deuil national.

Un responsable d'Al-Qaida, le chef de guerre Mustafa Abu Al-Yazid, a revendiqué l'attentat et déclaré de Benazir Bhutto qu'« elle était une fidèle de l'Amérique et promettait d'écraser les moudjahidins, et elle a été liquidée » mais, le même jour, le chef supposé d'Al-Qaida au Pakistan, Baïtullah Mehsud dément l'avoir fait tuer.

Dès l'annonce de la mort de Benazir Bhutto, la communauté internationale a fermement condamné cet assassinat.

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Assassinat de Benazir Bhutto

L’assassinat de Benazir Bhutto a eu lieu lors d’un attentat le 27 décembre 2007 à Rawalpindi, près d’Islamabad. Elle participait à un meeting de son parti, le Parti du peuple du Pakistan. Elle faisait campagne pour les élections législatives pakistanaises qui devaient se dérouler deux semaines plus tard. Elle comptait également se présenter aux élections générales de 2008. Elle est officiellement décédée au Rawalpindi General Hospital à 18 h 16 heure locale, soit 13 h 16 UTC.

Après une amnistie accordée par le président Pervez Musharraf, Benazir Bhutto était rentrée à Karachi d’un exil de huit ans à Dubaï et Londres, le 18 octobre 2007 afin de préparer les élections nationales de 2008. Elle venait d'échapper à un attentat-suicide contre son convoi blindé au cours de ce retour. Cet attentat avait provoqué la mort de plus de 130 personnes et blessé environ 450 autres. Parmi les morts on pouvait dénombrer plus de 50 hommes chargés de la sécurité du Parti du peuple pakistanais (PPP), qui avaient créé une chaîne humaine autour du cortège pour le protéger d'éventuels kamikazes. Bhutto fut alors escortée, indemne, hors du lieu de l'explosion.

Après ce premier attentat, Bhutto et son mari demandèrent à Pervez Musharraf de pouvoir disposer d'une sécurité renforcée : vitres teintées pour les véhicules, brouilleurs de bombes, garde rapprochée et quatre véhicules de police en protection. Cette demande fut relayée par trois sénateurs américains qui écrivirent à Musharraf. Cette sécurité lui fut finalement accordée après débat entre les partisans du PPP et ceux du gouvernement. Le journal israëlien Maariv rapporta que Bhutto avait demandé pour sa protection le soutien de la CIA, de Scotland Yard et du Mossad, quelques semaines avant sa mort. Ces services refusèrent cette requête de peur de froisser les gouvernements pakistanais et indien.

Alors que Benazir Bhutto venait juste de participer à un meeting du Parti du peuple pakistanais (PPP) dans la ville de Rawalpindi une détonation a retenti. Le rapport de police initial déclarait qu’un ou plusieurs assassins avait tirés sur la Toyota Land Cruiser blindée de Benazir Bhutto alors qu’elle était sur le point de quitter le meeting. . Un Attentat-suicide déclenchant une bombe suivit. Selon le photographe de Getty Images, John Moore, Bhutto était debout à travers le toit ouvrant de son véhicule pour saluer ses supporters quand les coups de feu ont retenti. The Times of India a diffuse une vidéo amateur montrant un assassin tirant 4 coups de feu sur Bhutto avant la détonation. Les derniers mots de Benazir Bhutto furent « Longue vie a Bhutto ».

À la suite de l’incident, Bhutto fut conduite inconsciente au Rawalpindi General Hospital à 17h35, heure locale où les docteurs, sous la responsabilité de Mohammad Musaddiq Khan tentèrent de la réanimer en pratiquant une thoracotomie antérolatéral gauche pour un massage cardiaque ouvert.. Bien que Farhatullah Babar, le porte parole du PPP, l’avait déclaré hors de danger, Bhutto fut déclarée décédée à 18h16, heure locale (13h16 UTC).

Les circonstances précises de la mort de Benazir Bhutto n'ont pu être clairement établies, car le mari de la victime, Asif Zardari, a refusé qu'une autopsie soit pratiquée. Selon le gouvernement pakistanais, elle serait décédée des suites d'un traumatisme crânien dû au souffle de l'explosion, ce qui a été confirmé par un rapport de Scotland Yard publié le 8 février 2008. Mais des vidéos amateurs montrent que juste avant celle-ci, un homme portant des lunettes noires a tiré sur l'ancien premier ministre pakistanais, quelques secondes avant l'explosion. « Le fait qu’un tueur armé ait pu s’approcher si près de son véhicule et dégainer ainsi son arme à quelques mètres est très embarrassant », a estimé un analyste politique pakistanais .

Selon la version officielle donnée par Pervez Musharraf, la mort de Benazir Bhutto serait due à une « fracture du crâne après un choc contre le toit ouvrant de la voiture ». Dans une interview à CBS diffusée le 5 janvier 2008, il estime qu'elle est responsable de sa mort pour s'être levée hors de la voiture blindée. Sur la question de la protection demandée par Benazir Bhutto, il affirme que le gouvernement a fait tout ce qui était nécessaire : « Elle a reçu plus de sécurité que n'importe qui d'autre ». Une équipe de Scotland Yard a été sollicitée par Pervez Musharraf pour tenter de mettre fin aux polémiques sur cet événement ; les partisans de Benazir Bhutto demandent, quant à eux, une enquête des Nations Unies et a rendu son rapport le 8 février 2008.

Le 11 janvier 2008, Pervez Musharraf se déclare favorable à une exhumation du corps de Benazir Bhutto et à une autopsie afin de déterminer, une fois pour toutes, si elle a été tuée par balle. La famille de Benazir Bhutto a demandé en contrepartie que soit acceptée l'ouverture d'une enquête de l'ONU sur sa mort, enquête pour l'instant refusée par Pervez Musharraf .

Selon la télévision nationale, Musharraf aurait tenu une réunion du cabinet aussitôt qu’il aurait entendu la nouvelle de l’explosion. Il s’est adressé a la nation en disant « Nous ne nous reposerons que lorsque nous aurons vaincu ce problème et éliminé tous les terroristes. C’est de cette seule façon que la nation pourra aller de l’avant, sinon ce sera le plus gros obstacle sur notre route ». La police pakistanaise a demandé à chacun de rester chez lui, craignant un regain de violence.

Mahmud Ali Durrani, l’ambassadeur du Pakistan aux États-Unis a fait référence à l’attentat comme « une tragédie nationale » et a déclaré que « …nous avons perdu un de nos, et j’insisterais, leader libéral, important, très important ».

Dans un message télévisé, le président Pervez Musharraf a publiquement condamné l’attentat et a proclamé trois jours de deuil national.

Le 28 décembre 2007, le gouvernement pakistanais, par la voix de son porte-parole, a indiqué que l'attentat aurait été revendiqué par Al Qaïda , ce que les intéressés ont démenti le lendemain, accusant à leur tour le gouvernement et les services secrets pakistanais d'avoir commandité l'assassinat de Benazir Bhutto.

L'assassinat de Benazir Bhutto à dix jours du début des élections législatives pakistanaises et la période d'émeutes qui a suivi, ont poussé les partisans du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto à demander que le scrutin ait lieu à la date prévue. Ils ont désignés le fils de Benazir Bhutto, Bilawal Bhutto Zardari, âgé de 19 ans et étudiant à l'université Oxford, comme nouveau chef du parti. Le mari de Benazir, pressenti pour ce rôle, a préféré se désister au profit de son fils, malgré les souhaits posthumes de Benazir, qui le désignait pour reprendre le flambeau s'il venait à lui arriver quelque chose.

Le parti de Nawaz Sharif, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N) a décidé dans un premier temps de boycotter les élections législatives puis s'est rallié aux autres partis pour y participer l'annonce par la commission électorale du report des dates des élections législatives et provinciales du 8 janvier 2008 au 18 février 2008.

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Pakistan

Drapeau du Pakistan

Le Pakistan, officiellement la République islamique du Pakistan est un pays asiatique entouré par l'Iran, l'Afghanistan, la Chine, l'Inde et la mer d'Oman.

Fondé le 14 août 1947, il entretient des relations tendues avec l'Inde depuis sa création en raison du partage entre ces deux pays du territoire du Cachemire. Il dispose de l'arme nucléaire.

La population est majoritairement musulmane.

Le Pakistan est le sixième pays le plus peuplé du monde et a la deuxième plus grande population musulmane après l'Indonésie. Le pays fait partie du « Next Eleven », organisation mondiale considérant ce pays comme ayant l'un des plus fort potentiel à devenir une grande économie. Le Pakistan est membre de l'ONU, du Commonwealth et diverses autres organisations de développement économique.

Le mot « Pakistan » est un néologisme. Il peut s'interpréter soit comme le « pays des purs » (de l'ourdou : pâk signifiant « pur » et stân signifiant « pays », avec un i de liaison), soit comme un acronyme formé avec le nom des provinces du pays : le Pandjab, l'Afghania (actuelle province frontalière du Nord-Ouest), le Kashmir, le Sind et le Baloutchistan.

La région de l'Indus était l'emplacement de plusieurs cultures antiques comprenant Mehrgarh, une des plus anciennes villes connues du monde, et de la civilisation de vallée d'Indus (de 2500 av. J.-C. à 1500 av. J.-C.) à Harappa et Mohenjo-Daro.

Les vagues de conquérants et de migrants, comprenant les Harappiens, Indo-aryens, Perses, Grecs, Sakas, Parthes, Kouchanes, Huns blancs, Afghans, Arabes, Turcs, et Mongols, se sont établis au Pakistan tout au long des siècles, influençant les autochtones. Le pays a une histoire commune avec l'Inde, l'Afghanistan et l'Iran antiques. La région est un carrefour des itinéraires commerciaux historiques, y compris la route de la soie.

Sur le territoire que le Pakistan occupe, la civilisation de la vallée de l'Indus fut "enrichie" au milieu du deuxième millénaire avant J.-C. par l'arrivée la civilisation aryenne, qui donna lieu au védisme. Les empires successifs et les royaumes ont régné sur la région de l'empire persan achéménide autour de 543 avant J.-C., à Alexandre le Grand en 326 avant J.-C. et l'empire de Maurya. Le royaume indo-grec fondé par Demetrius de Bactria a inclus Gandhara et le Pendjab en 184 avant J.-C., et a atteint sa plus grande ampleur sous Ménandre Ier, établissant la période gréco-bouddhiste avec des avancées dans le commerce et la culture. La ville de Taxila (Takshashila) est devenue un centre d'étude important des périodes antiques - les restes de la ville, située à l'ouest d'Islamabad, sont l'un des emplacements archéologiques principaux du pays.

Le Pakistan est, avec l'Inde, l'un des États crées lors de la partition des Indes britanniques en 1947.

En décembre 1988, l'Assemblée nationale nomme Benazir Bhutto Premier ministre devenant ainsi la plus jeune personne et la première femme à diriger le gouvernement d'un État à majorité musulmane. Après un exil de huit ans, elle est assassinée à Rawalpindi le 27 décembre 2007, lors d'un attentat kamikaze, après une réunion électorale.

Le Pakistan moderne se compose de quatre parties principales appelées provinces : le Pendjab, le Sind, le Balouchistan et la province de la Frontière du Nord-Ouest. Il régit également la région du Kashmir qui est actuellement partagée entre le Pakistan et l'Inde. Le Pakistan est une fédération composée de cinq provinces (Soubeh): Le Penjab, le Sind, le Baloutchistan, le Serhad (ou le NWFP : Province de la Frontière-du-Nord-Ouest) et l'Azad Cachemire (ou Cachemire Libre), en plus du territoire de la capitale fédérale, des Kabileh alakeh (territoires tribaux administrés par le gouvernement fédéral) et l'Agence de Gilgit.

Largement agricole, le pays compte une importante industrie textile. Les Pakistanais ont hérité de 8 775 kilomètres des 42 000 kilomètres du réseau ferroviaire des anciennes Indes britanniques. En 1989, des accidents ont prouvé que les chemins de fer étaient mal entretenus et c'est par la route que se faisait l'essentiel des échanges dans une économie sous-développée.

Comme ses semblables, le barrage hydroélectrique de Tarbela sur l'Indus ne remédie que partiellement au déficit du Pakistan en énergie, la houille blanche devrait être facteur de progrès économique.

La région actuelle du Pakistan a été administrée par différents peuples et empires (Aryens, Perses, Ghaznavides, Seldjouks, Arabes, Rajputs, Moghols…). Toutes ces influences culturelles ont laissé de nombreuses traces. Le site de Mohenjo-daro est un site important de la civilisation de la vallée de l'Indus (voir à religion harappienne), les restes d'une des plus grandes cités de l'Âge du bronze, première en son avancement de l'humanité.

Le Pakistan a un passé et une histoire culturelle très liés à l'Inde actuelle. Que ce soit la musique, le cinéma, la gastronomie, la littérature, les deux pays sont les héritiers de la même histoire commune. Mohamed Iqbal, issu d'une famille hindou récemment convertie à l'islam, poète, est le père de l'idée de création de l'État pakistanais, État musulman. Le grand représentant de la musique soufie pakistanaise est Nusrat Fateh Ali Khan, qui a fait connaître l'art du Qawali dans le monde entier. Le pays étant très empreint d'islam soufi, le culte des saints (pirs) y est très répandu, cela malgré un retour de l'islam conservateur. Les Urs (procession annuelle des saints) sont des moments de grande dévotion mais également l'occasion de fêtes populaires, au cours desquelles il y a des concerts de musique mystique. Le Pakistan a également un riche patrimoine architectural hérité des Moghols. Parmi les plus impressionnants, il y a la Badshaî masjid, qui fut longtemps la deuxième mosquée la plus grande au monde, en brique rouge et marbre blanc avec des mosaïques incrustées, et sans doute une des plus belles mosquées au monde. Il y a également les Shalimar bagh, les fameux jardins de Shalimar datant de l'époque moghole, lorsque Lahore était la ville impériale. La ville de Lahore reste toujours la capitale culturelle du pays. Dans la splendide mosquée de Wazir Khan à Lahore, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture passe, comme ailleurs, par les versets du Coran. L'industrie du cinéma y est très développée, malgré un certain déclin ces dernières années dû à la concurrence du cinéma indien. Toutefois, le Pakistan produit davantage de films et de feuilletons télévisés (Dramma) qui reflètent la société pakistanaise avec réalisme ou humour et se démarquent des histoires à l'eau de rose et stéréotypées de Bollywood. Le théâtre connaît également un grand essor avec des auteurs contemporains comme Shamshir Haider Shah.

Selon la Commission des droits de l'homme du Pakistan (HRCP), en 2007 on a recensé 636 femmes mortes d'un crime d'honneur.

L'islam sunnite est la religion majoritaire du Pakistan, avec 75 % de la population. 20 % des Pakistanais sont chiites et se concentrent dans le nord-ouest du pays, près de la frontière afghane. Entre 1990 et 2007, les tensions entre sunnites et chiites ont provoqué la mort d'environ 4 000 personnes.

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Asif Ali Zardari

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Asif Ali Zardari (en ourdou: آصف علی زرداری, en sindhi: آصف علي زرداري, né le 21 juillet 1956 à Nawabshah, Pakistan), est un homme d'affaires pakistanais. Veuf de l'ancienne Premier ministre Benazir Bhutto. Co-président du Parti du peuple à partir du 30 décembre 2007, il devient président de la République le 6 septembre 2008.

Le 18 décembre 1987, il épouse à Karachi, Benazir Bhutto avec qui il aura trois enfants : Bilawal, Bakhtawar et Asifa.

Il siège comme membre de l'Assemblée nationale en tant que ministre de l'Environnement au cours du second mandat de Premier ministre de son épouse. Son dernier poste est sénateur jusqu'en 1999, année où le Sénat et les Assemblées ont été dissoutes par Pervez Musharraf, qui a pris les rênes du gouvernement après un coup d'État contre le Premier ministre Nawaz Sharif.

En 1990, il est arrêté sous l'accusation de chantage se fondant sur des allégations selon lesquelles il force un homme d'affaires pakistanais, Murtaza Bukhari, à retirer de l'argent de son compte en banque. Cependant, les accusations sont retirées quand il est libéré de prison en 1993 et les chefs d'accusations sont effacés lorsque son épouse redevient Premier ministre.

Il est maintenu en détention de 1997 à 2004 sous inculpation de corruption et de meurtre. Il est libéré sous caution en novembre 2004 quand un juge déclare que toutes ces accusations ne sont pas fondées, alors que des allégations de pression sur le juge ont également été faites.

Zardari vit depuis 2004 entre Manhattan et Dubaï.

Après l'assassinat de son épouse Benazir Bhutto, le 27 décembre 2007, il est élu co-président du Parti du peuple pakistanais, le 30 décembre 2007, au cours d'une assemblée extraordinaire, tandis que son fils Bilawal Bhutto Zardari en devient quant à lui président, selon le souhait de sa mère.

Le 6 septembre 2008, Asif Ali Zardari est élu président de la République en recueillant la majorité des suffrages des 702 grands électeurs.

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Source : Wikipedia