Bas-Rhin

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Posté par rachel 09/03/2009 @ 22:09

Tags : bas-rhin, alsace, france

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Bas-Rhin

Localisation du Bas-Rhin en France

Le département du Bas-Rhin (67) est un département français.

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir de la moitié nord de la province d'Alsace (Basse-Alsace).

Le département du Bas-Rhin fait partie de la région Alsace. Il est limitrophe des départements du Haut-Rhin au sud, des Vosges et de Meurthe-et-Moselle au sud-ouest, de la Moselle à l'ouest, ainsi que de l'Allemagne, à l'est le long du Rhin et au nord.

Les habitants du Bas-Rhin sont les Bas-Rhinois.

Selon le recensement général de la population du 8 mars 1999, 3 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes du département du Bas-Rhin dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10% des logements totaux.

Le siège du conseil général est situé à Strasbourg, dans un bâtiment construit par l'architecte Claude Vasconi.

L'Alsace tout comme la Moselle relèvent, dans certains domaines, d'un droit local particulier, principalement issu du droit allemand. En effet, l'Alsace, la plus grande partie de la Moselle et une partie de la Meurthe sont restées des annexes de l'Empire allemand du 1871 à 1919.

Il s'agit du dernier département français métropolitain à avoir conservé le terme « bas » dans son nom. Les autres départements qui étaient concernés ont préféré changer de dénomination, jugeant ce qualificatif peu valorisant. Exemples : les Basses-Pyrénées devenues en 1969 les Pyrénées-Atlantiques ou les Basses-Alpes, devenues en 1970 le département des Alpes-de-Haute-Provence. Le même phénomène a été observé pour les départements « inférieurs » (Charente-Inférieure, Seine-Inférieure ou Loire-Inférieure).

971 Guadeloupe · 972 Martinique · 973 Guyane · 974 La Réunion Les départements d’outre-mer ont également le statut de région (à département unique).

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Châtenois (Bas-Rhin)

Blason de la ville

Châtenois (Kestenholz en allemand, Keschtaholz en alsacien) est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace.

Châtenois est situé sur la route des vins, sur les conteforts vosgiens, au pied du Hahnenberg (530 m) et à proximité immédiate des axes autoroutiers vers Strasbourg, Colmar, qui permet aussi de relier Mulhouse et Belfort.La localité est aussi située au centre de l'Alsace, au débouché des deux vallées de Villé et du val de Lièpvre, à 3 km de Sélestat, 45 km de Strasbourg et à 18 km de Colmar. La superficie du territoire communal avoisine 1457 hectares. Le ban communal est bordé au sud par Kintzheim, à l'est par Sélestat, au nord par Saint-Pierre-Bois, au Nord-ouest par Neubois, au nord-est par Scherwiller et à l'ouest par La Vancelle et Lièpvre.Châtenois est entouré de vignobles, qui furent longtemps sa seule richesse.

Châtenois est accessible à partir de la voie rapide A35 qui relie Colmar à Strasbourg. Prendre la sortie n° 17 en direction de Sainte-Marie-aux-Mines, Saint-Dié, Nancy en empruntant la route nationale 59. Châtenois est le premier village qui se trouve à la sortie de cette autoroute. En venant de Nancy, il faut reprendre la route nationale 59 puis traverser le col de Sainte-Marie-aux-Mines, Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre puis Val de Villé le hameau de Châtenois. Après ce hameau, il faut se rendre jusqu'au premier croisement et prendre la première route à droite qui mène au centre du village de Châtenois.

On pense que l'origine du nom de Châtenois provient du latin Castaneum qui veut dire châtaignier. Ce nom provient des belles forêts de châtaigniers qui entouraient à l'origine l'agglomération. L'origine de Châtenois remonte très certainement au temps des Celtes. Mais c'est vraisemblablement à l'époque romaine que la localité entre dans l'histoire. La présence romaine à Châtenois peut s'expliquer pour des raisons stratégiques : l'endroit se prêtait admirablement bien à la surveillance de la route conduisant aux cols vosgiens et à la plaine du Rhin. Plus tard ce sont les Alamans, puis les Francs qui s'établirent dans la région. La découverte d'un cimetière de l'époque mérovingienne, à 100 mètres de l'enceinte du château, confirme cette présence à Châtenois.

Le nom de Châtenois a subi à travers les âges toute une série de modifications : c'est ainsi que l'on trouve en 1112 Villa Castineto, en 1138 Castineto, en 1177 Castiney, en 1189 Kestenhoulz, en 1232 Kestenholz, en 1241 Scheckteney, en 1444 Questenesholz, en 1599 Köstenhol. En 1807 le village est appelé Châtenois et en 1871 avec la germanisation de l'Alsace Kestenholz et au retour du village à la France de nouveau Châtenois.

Le blason de Châtenois représente un châtaignier qui rappelle l'étymologie du nom de la commune entouré d'un fond de couleur orange.

Entre le Ve et le VIIIe siècle, Châtenois fut sans doute un centre de repeuplement des Francs dont la limite orientale du territoire atteignait la frontière du Rhin. La région est alors soumise à de constantes pressions de la part des Alamans qui veulent forcer les barrages mis en place par les Francs pour avancer au-delà des Vosges. Une route au débouché du Giessen existe et constitue pour les Francs, comme autrefois pour les Romains, un intérêt stratégique permettant de maintenir le contact entre l'Alsace et le royaume franc à l'ouest des Vosges. Même après la bataille décisive de Tolbiac où Clovis défait les Alamans, la région restait encore très instable. Les Francs restaient encore très minoritaires au milieu de leurs nouveaux sujets. La sécurité de la région exigeait un renforcement des bases militaires franques en Alsace. C'est notamment pourquoi les Francs installent un point d'observation sur un ancien prémontoire romain, à l'emplacement de l'actuel château du Frankenbourg. Selon la légende, c'est depuis cet emplacement que l'épouse de Clovis se mit à prier pour implorer Dieu d'accorder la victoire lors de la bataille de Tolbiac. Plus tard avec la disparition de Clovis et l'affaiblissement du royaume mérovingien, les Alamans entreprirent de nouvelles offensives sur la région. C'est alors qu'en 746, Carloman vint à bout des Alamans qu'il avait décidé de mettre au pas. Auparavant, en 744, ils avaient encore réussi à enfoncer les lignes franques. L'Alsace est alors partagée et attribuée à des chefs militaires qui reçurent le titre de ducs. L'histoire a conservé le nom de cinq ducs qui de 640 à 740 se mirent au service des rois d'Austrasie. Le troisième de ces ducs concerne plus particulièrement la région, car il joua le rôle le plus important en Alsace. Il s'agit d'Attich ou Etichon, qui fut le père de sainte Odile, la célèbre fondatrice de l'abbaye du même nom. La famille Etichon garda le duché jusqu'en 740 environ, le dernier titulaire étant le petit-fils d'Etichon, Luitfrid. À l'avènement des Carolingiens sur le trône de France, et les Alamans matés, le duché d'Alsace fut supprimé. Pendant leur règne, les ducs d'Alsace s'approprièrent des terres, notamment les anciennes terres fiscales romaines. Quoique privés de leurs titres, les descendants de la famille des Etichonides gardèrent de vastes terres qu'ils ont dû partager par la suite. Châtenois faisait très probablement partie des biens familiaux des Etichonides.

Il est possible que les terres entourant Châtenois, mais aussi le Val de Villé, La Vancelle ou Scherwiller, aient fait partie des biens de la famille des Etichonides ou des Eguisheim. La rivière du Giessen formait alors la frontière. Aux alentours de l'an 1000, le domaine se trouvant à gauche appartenait à Werner d'Ortenberg, cousin probable de Hugues III d'Eguisheim. Le propriétaire de la rive droite, comprenant le château du Frankenbourg (Altenberg) et peut-être Châtenois n'est pas attesté. On sait qu'à l'époque, sous Gérard d'Alsace (duc de Lorraine de 1048 à 1070) et ses successeurs qui descendent des Etichonides, des droits sur les marchandises transitant par le val de Lièpvre étaient perçus à la sortie du village de Lièpvre. Les Etichonides possédaient aussi des terres au Petit-Rombach à Sainte-Croix-aux-Mines. Hugues III comte de la Haute Alsace et de Tours et son frère Leuthard cédèrent ces terres à Ermengarde, la propre fille de Hugues qui se maria en 821 avec Lothaire Ier. Les Etichonides par le mariage de la fille de Hugues III qui avait reçu le sobriquet de Peureux s'allia à la famille carolingienne.

Gérard de Roussillon est un autre personnage important s'était marié à une autre fille de Hugues III appelée Berthe et devint ainsi le propre beau-frère de Lothaire Ier. Il est donc possible que la plupart des legs lorrains en Alsace proviennent de la famille des Etichons.

Châtenois est mentionné la première fois en 912. Le 3 février 912, Charles le Simple en venant de Rouffach séjourna à Châtenois. C'est de là qu'il confirma les privilèges de l'abbaye d'Andlau.

Il est possible que la localité ait été bâtie à l'emplacement d'une ancienne propriété existant depuis le VIIe siècle comme le prouve la découverte d'anciennes tombes datées de cette époque. Entre 1134 et 1138, les nobles de Wolchholdesheim-Volksheim, Regenhardus et Fredericus de Casteneto construisent un château à Châtenois. Ce village a aujourd'hui complètement disparu et se trouvait près d'Erstein. C'est donc autour de ce château que les habitants vont se regrouper et fonder la commune de Châtenois.

Au XIIIe siècle, le village tombe entre les mains de l'évêque de Strasbourg qui donne en fief le château de Châtenois en 1297 aux Echéry. Ce château échoit en fait à Heinrich Waffler Von Eckerich, une branche directe des Echéry qui possède aussi le Val de Lièpvre et le village de La Vancelle. Il possède aussi un moulin à Châtenois. Cette importante famille, riche et prospère grâce aux mines découvertes dans la région de Sainte-Marie-aux-Mines, possède un château fort au Petit-Rombach, le château d'Echéry (Sainte-Croix-aux-Mines) d'où il peut surveiller tous les passages des troupes ennemies venant d'Alsace ou de Lorraine. A la mort du dernier des Echery en 1381, le château de Châtenois retourne à l'évêque de Strasbourg. Le château fort du Petit-Rombach est partagé entre le duc de Lorraine et les Ribeaupierre.

À la même époque le village est cerné par un rempart qui lui conféra le titre de ville. L'évêque de Strasbourg y fait installer avant 1306 un atelier de monnaie. En 1410, l'évêque de Strasbourg Guillaume de Diest vend à Burcard de la Petite-Pierre, grand prévôt du Grand Chapitre, le village, le château et le cimetière de Châtenois et tout ce qui en dépend. C'est ensuite la ville de Sélestat qui devient en 1462 propriétaire de Châtenois. En 1471, ce sont les nobles de Strasbourg, Jean d'Uttenheim et Klaus Bock qui entrent à leur tour en possession de Châtenois. En 1481 le Grand Chapitre rachète le village et le gardera jusqu'à la Révolution. En 1546, les habitants de Châtenois interdisent aux habitants de Sélestat de vendanger dans leurs vignes, car les Sélestadiens sont accusés de ne pas payer des taxes sur leurs étalages. Ces derniers furieux se rendent alors avec des armes à Châtenois et menacent de passer en force. Finalement l'incident sera clos et un accord sera trouvé permettant aux gens de Sélestat de vendanger dans les vignes de Châtenois.

Les guerres et destructions n'épargnent pas Châtenois, comme d'ailleurs les autres villages des alentours. La ville a beaucoup souffert du passage des Armagnacs en 1445, qui occupent la localité pendant trois mois du 3 octobre 1444 au 1er janvier 1445. Ils saccagent le château puis incendient et mettent le feu au village en le quittant.

En 1473 ce sont les troupes de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui font des incursions passagères à Châtenois, mais seul le quartier du château y est endommagé. L'intervention de Pierre de Hagenbach , chevalier bourguignon originaire d'Alsace au service de Charles le Téméraire, en faveur des habitants de Châtenois permet au village d'échapper au pillage et au saccage.

En 1632 ce sont les Suédois qui envahissent l'Alsace et Châtenois est à plusieurs reprises pillée, saccagée et incendiée. Les habitants de Châtenois tentent tant bien que mal de résister aux Suédois et parviennent à tuer trois de leurs soldats. En représailles, le village est pillé et tous ceux portant des armes sont fusillés. C'est ainsi que 60 personnes y laissèrent la vie. Malgré le serment de fidélité des habitants de Châtenois à la couronne de Suède, les soldats massacrèrent le 13 novembre 1632, hommes, femmes et enfants du bourg. Ceux qui parviennent à s'échapper ne sont pas mieux lotis. Ils meurent soit de la peste ou de famine. En 1649 il reste encore 260 habitants à Châtenois d'après un comptage effectué par le Grand Chapitre de Strasbourg.

Mais la guerre la plus dévastatrice sera la guerre de Trente Ans (1618-1648). La ville est prise par les Suédois le 13 novembre 1632. A la fin de ce conflit la population de Châtenois a perdu 80% de sa population, 70% des maisons d'habitation et son château.

En 1525 le soulèvement paysan a des répercussions jusqu'à Châtenois. Des paysans venus d'Ebersmunster et emmenés par Wolf Wagner de Rhinau et Erasme Gerber s'opposent au duc Antoine de Lorraine. Ils sont rejoints par des paysans venus de Ribeauvillé, Bergheim, d'Obernai, Barr et d'autres villes d'Alsace. Ils décident d'occuper l'abbaye d'Altorf, détruisent et mettent à sac l'abbaye de Baumgarten. Les conseillers de l'évêque de Strasbourg résidant à Saverne commencent à paniquer et implorent le secours militaire du duc de Lorraine Antoine. Le bailli impérial de Haguenau en fait autant à condition d'agir avec « bienveillance envers les pauvres gens ». Devant tant de sollicitations, le duc de Lorraine met son armée sur pied. Des bandes de paysans tentent de bloquer le col de Saverne et le val de Villé pour barrer la route aux troupes lorraines. Le 16 mai 1525 les troupes lorraines font le siège de Saverne et massacrent une bande de paysans venue en renfort de Brumath. 18 000 paysans sont massacrés en quelques heures. Erasme Gerber est pendu à un arbre. En retournant en Lorraine par le Val de Lièpvre, le duc est averti le 19 mai qu'une autre bande de Rustauds est décidée à se battre contre le duc. Accourue de la moyenne Alsace, elle prend le contrôle de Ribeauvillé, Riquewihr, Bergheim, Sigolsheim, Ammerschwihr et Kaysersberg. L’armée lorraine quitte Saverne le 18 mai pour Marmoutier en direction du sud où les bandes de paysans de l’Alsace centrale (Barr, Ebermunster, Ribeauvillé, Sélestat) aspirent à venger les morts et à continuer à défendre leur cause, tandis que des troupes d’insurgés se formaient dans les territoires mêmes du duc de Lorraine, à Saint-Hippolyte et Val de Lièpvre. La plus importante de ces troupes, celle d’Ebersmunster, commandée par Wolf Wagner, prit place à l’ouest de Scherwiller, où d’autres vinrent la rejoindre. Cette armée n’est pas dépourvue de moyens: elle dispose d’arquebuses et d’une artillerie capturée dans les places qu’elle occupait. Elle bénéficie de l’appoint de soldats de métier, Suisses notamment. Elle choisi pour se battre un terrain favorable qu’elle connait bien. Le combat décisif a lieu le 20 mai 1525 à Scherwiller où 6 000 paysans sont impitoyablement massacrés par les troupes lorraines. Les paysans n'ayant pas été massacrés sont emmenés en captivité en Lorraine et ne sont libérés que sur paiement d'une rançon.

À peine les troubles de la guerre religieuse s'étaient-elles apaisées qu'une autre catastrophe s'abattit dans le pays. Tout commença par des querelles religieuses en Allemagne où catholiques et protestants s'affrontèrent. La Suède entra dans le jeu et prit part pour la ligue protestante. Les deux partis commencèrent à rassembler des troupes. Ce conflit religieux eut son origine en Bohême en 1618 qui se propagea comme une traînée de poudre à partir de 1620. L'Alsace fut entraînée dans les troubles avec l'arrivée dans la province du comte Ernst de Mansfeld qui soutenait la ligue protestante et qui se déplaça vers le Rhin. Il cherchait à s'emparer de l'Alsace pour son propre compte. Le 18 novembre 1621, après avoir ravagé le Palatinat, Mansfeld pénétra en Alsace par Lauterbourg et s'empara de Wissembourg le 28 et de Haguenau le 6 décembre. Après avoir bataillé sans grand succès dans le nord de l'Alsace, Mansfeld envoya vers la Haute-Alsace son premier lieutenant Obentraur, qui après s'être emparé d'Obernai et l'avoir pillé, longea les Vosges, sans toutefois oser s'attaquer à Sélestat . Gény raconte que les troupes passèrent, sans faire de mal à la population. Ils s'engagèrent à l'ouest de Sélestat à la hauteur de Kintzheim et se dirigèrent ensuite vers Bâle. En définitive, Mansfeld quitta l'Alsace après avoir ravahé les régions de Haguenau et de Saverne. Après une période de calme, alors que la guerre faisant rage de l'autre côté du Rhin, la guerre se rapprocha: en 1630 ce sont les Suédois qui entrèrent dans la danse en franchissant le Rhin pour se rendre en Alsace. Le 21 août 1632, ils franchirent le pont du Rhin à Strasbourg, après avoir obtenu l'autorisation de la ville. De là ils gagnèrent le sud de l'Alsace par étapes successives, après s'être emparés au passage des villes d'Obernai, d'Erstein et d'autres localités plus ou moins importantes. Ce qui les fascinaient surtout, c'étaient les places-fortes de Benfeld et de Sélestat. Le 18 septembre 1632, ils investirent la forteresse épiscopale de Benfeld sous le commandement du général Horn qui se trouvait sur les lieux dès le 2 septembre. La ville de Benfeld avait été fortifiée en 1593 par le cardinal-évêque Charles de Lorraine avec les matériaux prélevés sur les ruines de l'abbaye de Baumgarten détruit en 1525 par les Rustaud. Il en avait fait une forteresse imprenable qui était surveillée et défendue par le commandant Zorn de Bulach. Après s'être attaqué à cette forteresse les Suédois durent faire face à une résistance héroïque. Finalement la ville dut se rendre au bout de 48 heures de combat le 7 novembre 1632. Bendfeld devint alors à partir de ce jour le quartier général de l'armée suédoise pendant dix-huit ans. Après la prise de Benfeld, les Suédois se lancèrent à l'assaut de la ville de Sélestat. Pour faciliter leur besogne, ils s'emparèrent d'abord de la ville de Marckolsheim, puis le 13 novembre à partir de 9h ils prirent le contrôle de Châtenois. Les habitants s'étant farouchement défendus tuèrent trois soldats suédois. En signe de représailles toutes les personnes portant une arme furent fusillées. Dans cette bataille 60 personnes en tout y laissèrent leur vie . Le même jour Epfig fut pris et son château brûlé. Le lendemain ce fut au tour de Dambach-la-Ville d'être investie par les troupes suédoises qui s'emparèrent de la cité sans coup férir, les habitants ayant quitté les lieux. Le 17 novembre, Horn quitta Benfeld pour entreprendre le siège de Sélestat et s'installa à Châtenois où il établit son quartier général. Sélestat ayant refusé de se rendre les hostilités commencèrent, et le 5 décembre Kintzheim fut brûlé. Le 12 décembre, Sélestat se rendit et la guerre se déplaça vers la Haute-Alsace. Le 3 novembre 1633, des détachements de Suédois revinrent piller Bergheim et Rorschwihr et s'attaquèrent à Châtenois, qui pourtant avait juré fidélité à la couronne de Suède. Ils tuèrent femmes, hommes et enfants, les chassèrent de leur demeure et pillèrent complètement l'église. Ils avaient commencé à mettre le feu au village mais le commandement militaire de Sélestat, prévenu arpeta le massacre. La région n'était toutefois pas encore au bout de ses malheurs, le duc de Lorraine Charles IV de Lorraine réclama au général Horn une somme de deux cent mille florins pour les dégâts occasionnés sur les lieux de passages financés par les lorrains. En signe de représailles, il décida d'envahir les bailliages lorrains en Alsace, c'est-à-dire Saint-Hippolyte, Lièpvre, Rombach-le-Franc, Sainte-Croix-aux-Mines et Thanvillé. Un détachement de Suédois, placé sous le commandement du rhingrave Jean-Philippe, partit de Dambach-la-Ville le 6 juin 1633 en direction du Val de Villé, en passant par Blienswille. De tous les villages du val, le tocsin rassembla tous les hommes valides et sous le commandement d'un parent du comte de Thanvillé nommé Kesselring, les paysans tinrent énergiquement tête aux Suédois. Près de l'ancien village de Gundersweiler aujourd'hui disparu, le choc fut violent, mais les paysans ne purent tenir face à des soldats expérimentés, et ils se réfugièrent à Villé.

Le 4 août 1879, la ville de Châtenois eut à déplorer un incendie qui détruisit le quart des maisons du village, créant ainsi une pénurie de logements. L'incendie se déclara à 7h30 du matin. Activé par un fort vent du nord, il prit rapidement d'énormes proportions. A midi, plus d'un quart de la localité fut détruite par le feu. Les pompiers de tous les villages environnants se mobilisèrent pour porter secours à la ville sinistrée. Les villes de Sélestat et de Colmar envoyèrent le plus grand nombre de contingent de pompiers. Des militaires furent également dépêchés sur les lieux. Sans leur aide, Châtenois aurait été détruit entièrement. On eut à déplorer la mort de quelques bétails et deux personnes âgées qui ne purent se dégager assez rapidement des flammes furent brûlées. En tout 120 maisons, 80 granges et 117 écuries furent la proie des flammes. Sept cent vingt sept habitants n'eurent plus de toit, les dommages furent estimés à un million cinq cent mille marks. Malheureusement les assurances étaient dans bien des cas insuffisantes. Aussi on organisa une grande quête dans le département relayée par les organes de presse pour venir en aide aux malheureuses victimes. Le 5 août fut lancé un comité chargé de répartir les dons qui affluaient de partout. Deux journaux français, Le Temps et L'Événement de Paris, organisèrent en France des souscriptions publiques qui rapportèrent jusqu'à soixante dix mille marks. Mais à côté de cet effort collectif, de nombreuses autres personnes isolées de France faisaient parvenir leurs dons. Ainsi les collectes organisées dans les villes et villages alsaciens se montèrent à près de deux cent mille marks. Les dons ainsi récoltés permirent d'installer immédiatement des cuisines publiques qui servirent à donner des repas pendant deux mois.

Mais il est clair que tous ces dons ne permirent pas de rebâtir dans sa totalité les maisons qui avaient disparu dans les flammes. De nombreux habitants quittèrent alors le village pour s'installer à Sainte-Marie-aux-Mines, Huttenheim, Colmar, et Mulhouse. En 1880, 670 personnes avaient quitté le village. Par la suite d'autres habitants quittèrent encore le village du fait que le métier de tisserand ne rapportait plus assez. Ils s'installèrent dans les villes industrielles. En 1900 on note un nouvel exode de la population causée par la crise industrielle du textile. Le 9 août 1911 un nouvel incendie se propagea dans le quartier appelé Nid de cigognes, où les maisons étaient très serrées. Vingt-neuf maisons furent la proie des flammes et quarante quatre familles furent sinistrées. Une vieille maison du XIVe siècle qu'on appelait le temple païen fut également la proie des flammes.

En juillet 1914, des rumeurs circulent sur une possible guerre entre l'Allemagne et la France. Le 30 juillet, l'empereur allemand déclare la guerre. Toutes les voies ferrées, gares, ponts sont mis sous administration militaire. Ordre est donné le 16 août 1914 de ne plus faire sonner les cloches des églises. La mobilisation générale est décrétée. Toutes les familles vont être touchées par l'ordre de mobilisation.

Châtenois fut très tôt une cité importante. En 1849, à son apogée, elle comptait 4160 habitants. Le déclin de sa population, aggravé par l'incendie de la ville en 1879 se poursuivit jusqu'en 1936. Depuis, la croissance de la population est régulière. Lors du recensement de 1999, on dénombrait 3420 habitants.

L'église Saint-Georges construite entre 1759 à 1761 par l'entreprise locale Dorgler occupe la partie sud du "quartier du château" (ancien cimetière fortifié de l'époque médiévale). Elle occupe approximativement l'emplacement de l'ancienne église romane (citée en 1297) dont le chœur était tourné vers l'est. Il n'en subsiste que la tour qui touche le chœur de l'église actuelle. Le clocher roman de l'église du XIIe siècle à échauguettes est couvert de tuiles émaillées qui est classé aux monuments historiques, tandis que le reste du bâtiment est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. L'église est vaste et bien proportionnée, de plan basilical comme c'est le cas des églises baroque de l'époque. Le patron de l'église est Saint Georges mentionné lors du premier marché annuel du bourg le 23 avril 1306. Le cimetière se trouvait initialement à côté de l'église. Il fut transféré en 1854 près de la très vieille chapelle Saint-Anne à l'est de la ville, en direction de Sélestat. L'église Saint-Georges dégage une atmosphère de sérénité et de recueillement que la restauration récente a contribué à renforcer. La nef est divisée en trois travées, les deux bas-côtés étant surmontés de tribunes. La capacité de la nef est de 600 à 700 personnes. La décoration est relativement sobre pour une église baroque dans une région influencée par la tradition rhénane et bavaroise. De nombreux vestiges, dont certains proviennent sans doute de l'ancienne église, témoignent de son passé d'église épiscopale jusqu'à la Révolution française. On signalera en particulier des éléments de la première Renaissance (XV et XVIe siècle): le Saint-Sépulcre, les sculptures sur bois. Du XVIIIe siècle baroque datent les autels et trois statues (la Vierge à l'enfant, deux Saint-Georges terrassant le dragon). Les peintures, les statues du chœur, le chemin de croix et les vitraux sont de la deuxième moitié du XIXe siècle début XXe siècle. Plus récents, deux médaillons de René Kuder, 1958 (autels latéraux). Les orgues Silbermann du XVIIIe siècle sont connues dans toute l'Europe. Les concerts sont fréquents, l'acoustique est excellente. La plupart des œuvres d'art sont classées monuments historiques ou inscrites à l'inventaire supplémentaire. La restauration a été réalisée de 1991 à 2004 par le Conseil de fabrique et la commune de Châtenois grâce à la contribution financière des Monuments historiques, du conseil général du Bas-Rhin, de la commune, et grâce aussi à la grande générosité de la population qui a permis de financer les restaurations intérieures (nef et chœur).

La chapelle Sainte-Croix date de 1709. Elle fut bâtie à partir des restes d'une ancienne chapelle qui fut à l'origine d'un pèlerinage. L'historien Philippe A. Grandidier affirme que l'ancienne chapelle Sainte-Croix était érigée à côté d'un mur d'enceinte qui n'existe plus aujourd'hui. Cette ancienne chapelle pourrait dater du XIIe siècle. En effet lors des travaux de rénovation en 1979, on a pu constater que la maçonnerie des absidioles différait sensiblement du corps rectangulaire de 1709. Il se pourrait qu'en 1660 ou 1661 le Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg propriétaire des lieux ait pu faire démolir l'ancienne chapelle qui menaçait de s'écrouler, afin de récupérer les matériaux pour les Capucins de Sélestat.La chapelle reconstruite en 1709 connut une certaine notoriété. Elle attira de nombreux pèlerins les vendredis et certains jours de fête on dénombra plus de 1 000 personnes. Pendant la Révolution, la chapelle subit des dégradations importantes. Déclarée bien national ainsi que la maison d'habitation furent vendues à la Révolution. Elle fut rachetée par un groupe d'habitants de la cité qui la cédèrent au curé Lambinet en 1815. En reconnaissance, la petite cloche sonna pendant un siècle le glas lorsque disparaissait un membre des familles donatrices.

Construite en 1698 à l'initiative de Marie Engel épouse du bailli Georges Burst. Retable avec les armoiries de la famille Burst. Restaurée en 2002 par les bénévoles regroupés autour de la classe 1937.

La tour des Sorcières est une porte gothique qui date du XVe siècle. Elle a été remaniée en 1830; sa toiture est récente. C'est l'une des plus belles portes d'Alsace et l'une des plus représentées (marqueterie, dessins de Hansi, Bernard Buffet). Cette tour que l'on a appelée « tour des Sorcières » rappelle que Châtenois a connu, comme tant d'autres cités, des procès iniques au cours desquels on brûla plusieurs personnes accusées de sorcellerie. En 1870 la tour des Sorcières fut touchée par un boulet de canon, mais ne subit pas de dégâts importants.

C'est ainsi que l'on appelait autrefois le périmètre fortifié qui englobait l'église et son quartier. Siège du pouvoir politique, il servait aussi de refuge aux habitants en période de conflits. Des 115 cimetières fortifiés qui existaient en Alsace, il n'en reste que cinq. Celui de Châtenois est le plus grand et l'un des mieux conservés, et le seul qui ait été seigneurial. Construit sans doute dès le XIIIe siècle, le cimetière fortifié appartenait à l'évêque de Strasbourg qui y avait une résidence. Le Grand Chapitre de la cathédrale en devint le propriétaire du XIVe siècle jusqu'à la Révolution française. Il est protégé par une double enceinte de forme rectangulaire à angles très arrondis, des fossés et plusieurs tours dont seule subsiste la fameuse « tour des Sorcières ». La seconde enceinte date de la fin du XIVe siècle ou du début du XVe siècle. Lorsque la restauration sera achevée, il sera possible d'en faire le tour complet.

Cette porte faisait partie de l'enceinte qui entourait Châtenois. Quatre portes de pierre permettaient l'accès au village. La porte Est est le seul témoin de cette enceinte.

Cette bâtisse massive en pierres de taille est imposante. Elle fut le siège de l'administration locale (Herrenstube) en 1493. Au cours de la première moitié du XIXe siècle le bâtiment a servi d'école. La bâtisse est composée d'arcades qui s’ouvrent vers l'extérieur par des ouvertures cintrées en forme gothique. Un escalier tournant en grès installé dans une tour qui date de 1575 conduit au premier étage. Celui-ci était réservé dès le début au conseil municipal alors que le rez-de-chaussée où se tenait la marché fut transformé en local pour les pompiers.

Linteau daté de 1604 portant les initiales de Georges Geldreich. Porte se trouvant rue de la République dans le mur de la cloture de la propriété Wolbert qui a été déplacée en 2006.

Auberge "Zum Adler" qui remonte à 1501. Appelée au XVIIIe siècle "Zum Kästenbaum" et au XIXe siècle hôtel de l'Aigle.

Il existe à Châtenois un riche tissu associatif. Pas moins d'une trentaine associations qui organisent au moins une fois l'an des réunions ou des animations dans le village. Une trentaine de ces associations anime la vie locale de la ville. Chacune d'entre elles ont des objectifs très divers.

Châtenois possède plusieurs équipes sportives: club de judo, un karaté club, une société de lutte, une société de gymnastique, un club de tennis de table. Une équipe de football fonctionne également avec la ville de Scherwiller.

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Sixième circonscription du Bas-Rhin

La sixième circonscription du Bas-Rhin est à cheval sur les massifs vosgiens et les régions plus viticoles de Wasselonne. Très largement catholique, à l'exception de certaines communes des cantons de Wasselonne, Molsheim et Schirmeck, elle n'est pas linguistiquement homogène.

Elle est assez largement de tradition catholique, les cantons de Rosheim, Villé et Molsheim étant très largement catholiques. Le canton de Schirmeck est composée de certaines communes protestantes, tout comme le canton de Wasselonne (la ville de Wasselonne est de tradition protestante). Cette relative homogénéité religieuse a eu d'importantes conséquences politiques, et peut notamment expliquer la domination de la démocratie-chrétienne dans l'arrondissement de Molsheim.

Circonscription plutôt rurale, dont la ville principale reste Molsheim, la sixième circonscription comporte aussi une partie périurbaine centrée autour de Strasbourg dans le canton de Wasselonne. Les cantons de Rosheim, Villé, ainsi que les cantons vosgiens de Schirmeck et Saales restent assez largement ruraux. Politiquement la circonscription reste très largement dominée par les partis de droite et de centre-droit.

A l'image de l'ensemble des circonscriptions alsaciennes, les débuts de la Ve République furent marqués par un affrontement entre la démocratie-chrétienne et les candidats gaullistes. A Molsheim cet affrontement fut cependant troublé par la très forte personnalité du député MRP Henri Meck, qui occupa le siège de Molsheim-Villé de 1928 à sa mort en 1966. Figure dominante, avec Pierre Pflimlin, du MRP bas-rhinois, après avoir l'un des chefs du parti catholique alsacien Union populaire républicaine pendant l'entre-deux-guerres, H.Meck disposait d'une implantation remarquable dans l'ensemble des cantons, et particulièrement à Molsheim dont il était le maire. Il fut réélu au premier en 1958 et 1962. Par ailleurs, refusant l'opposition grandissante du MRP au général de Gaulle, Meck soutint ouvertement le général en 1965, contre les consignes nationales de son parti. Le député MRP fut suivi par ses électeurs, De Gaulle remportant 84,4% des voix au second tour dans la circonscription. Il décèda peu après avoir été investi conjointement par le MRP et l'UDVe (Parti gaulliste) pour les élections législatives de 1967. Ainsi peut-on dire que le clivage démocratie-chrétienne/gaullisme fut troublé durant les années 1960 par la personnalité d'Henri Meck. Son suppléant Gérard Lehn ne fut élu en 1967 et 1968 qu'avec le soutien de la droite gaulliste contre des candidats démocrates-chrétiens, ceux-ci réalisant de bon scores à Rosheim et Wasselonne notamment.

Les élections de 1973 provoquèrent dans la circonscription un petit « tremblement de terre » avec l'élection d'un candidat réformateur, proche de la démocratie-chrétienne, inconnu quelques mois auparavant dans la circonscription, Jean-Marie Caro, qui l'emporta très facilement contre le député sortant au deuxième tour (56%). J.M Caro consolida son implantation locale en étant élu en 1973 conseiller général de Villé, poste qu'il devait conserver jusu'en 1992. Il fut facilement réélu en 1978, en battant le maire RPR de Molsheim P.Klingenfus, puis en 1981, 1986 et 1988, à chaque fois avec des scores importants.J.M Caro joua un rôle important à l'assemblée nationale, étant lui-même très impliqué dans les dossiers de politique européenne. Mais en 1993, critiqué pour ses absences fréquentes dans la circonscription qui avait déjà provoqué sa défaite aux élections cantonales de 1992, ainsi que marquée par une certaine usure, J.M Caro fut battu de quelques voix par un candidat de centre-gauche, Alain Ferry (50,4%). Celui-ci rassembla une majorité dans les cantons vosgiens, ainsi qu'à Molsheim. Elu sous une étiquette rocardienne, Alain Ferry choisit cependant de se rapprocher du centre-droit, et fut réélu en 1997 avec le soutien de l'UDF-RPR et en 2002 sous l'étiquette UMP. Il rassembla à cette occasion plus de 60% des voix au premier tour, étant ce faisant l'un des députés les mieux élu de France.

Globalement, la circonscription reste largement dominée par les candidats de droite et du centre-droit. La gauche ne détient aucun canton, et n'a pas pu participer au second tour en 1997, ni mettre en ballotage le député sortant en 2002. Elle réalise cependant des scores plus importants dans les cantons vosgiens, et particulièrement à Schirmeck, que dans les cantons dialectophones. Elle est notamment très faibles à Rosheim, Molsheim et Wasselonne. A contrario, la droite dispose d'une implantation très forte dans l'ensemble des cantons, même si elle est plus faible dans les cantons vosgiens que dans les cantons dialectophones. Le canton de Schirmeck reste le fief du député A.Ferry. De manière générale les cantons de Rosheim, Molsheim et Wasselonne constituent des bastions des forces de droite et de centre-droit, et notamment de la démocratie-chrétienne. La droite est aussi assez forte à Villé. Enfin l'extrême-droite réalise dans cette circonscription des scores plus faibles que sa moyenne régionale, mais qui restent assez importants. Lors des élections présidentielles la circonscription a accordé de forts scores à J.M Le Pen. Le FN est bien implanté dans les cantons vosgiens, et notamment à Saales, ainsi qu'à Molsheim. Le mouvement régionaliste d'extrême-droite Alsace d'Abord dispose aussi dans cette circonscription de bons terrains d'implantation à Rosheim (où il a dépassé 12% aux régionales de 2004) et Wasselonne.

Lors de l’élection présidentielle de 1988, la circonscription choisissait J.Chirac au deuxième tour avec 53,6% des voix. En 1995 elle plaçait J.M Le Pen en tête de l'ensemble des candidats avec 26,9%, devant E.Balladur (25%), L.Jospin (16,2%) et J.Chirac (14,9%). Au second tour elle se pronoçait très nettement pour J.Chirac (60,5%). En 2002 J.M Le Pen arrivait assez nettement en tête (24,8%), devant J.Chirac (17,8%), F.Bayrou (12,4%) et L.Jospin (9,2%).

Ici comme dans l'ensemble de l'Alsace les élections présidentielle et législatives de 2007 ont accentué l'ancrage à droite de cette circonscription. Lors du premier tour le candidat UMP N.Sarkozy arriva en effet nettement en tête avec 37% des voix, faisant plus que doubler le score de J.Chirac en 2002; le candidat UDF F.Bayrou se plaçait en seconde position avec un score proche de sa moyenne régionale 22,4%; il devançait largement la candidate socialiste S.Royal qui ne rassemblait ici que 14,3%; enfin J-M Le Pen chutait brutalement à 14,1%, perdant - ici comme dans l'ensemble de la région - plus de 10 points pricipalement au profit de N.Sarkozy, pour une partie plus restreinte au profit de F.Bayrou. Le candidat UMP réalisait ses meilleures performances, proches de 40%, à Wasselonne, Rosheim et Molsheim, tout comme le candidat UDF, qui dépassait 23% dans chacun de ces trois cantons. A l'inverse, S.Royal réalisait ses meilleures performances dans les cantons « vosgiens » de Saales et Schirmeck, y dépassant 17%, tout comme J-M Le Pen, celui-ci ne dépassant 15% que dans ces deux cantons. Le second tour confirma largement les orientations initiées le 22 avril, N.Sarkozy atteignant 68,3% et bénéficiant d'un très bon report des voix de l'UDF, très marquée au centre-droit, ainsi que des voix FN. Il dépassait 72% à Wasselonne et Rosheim, s'en approchait à Villé et Molsheim, confirmant le fort ancrage à droite des cantons dialectophones. A l'inverse S.Royal frôlait la barre des 40% à Schirmeck et Saales, qui avaient cependant accordé plus de 45% à L.Jospin en 1995.

A la suite de ce score très important, la réélection du député sortant A.Ferry ne faisait guère de doutes, elle a peut-être surpris par son ampleur. Avec plus de 67% dès le premier le député sortant a en effet obtenu le titre flatteur de député le mieux de France, devançant même les résultats du XVIe arrondissement de Paris! Déjà réélu en 2002 avec plus de 60% des voix, il a encore progressé de 7 points, frôlant 70% des voix à Wasselonne, Rosheim et Schirmeck, et dépassant 60% dans l'ensemble des cantons. Son adversaire Modem C.Baillet est arrivé en seconde position, très en retrait du score de F.Bayrou, avec plus de 9% des voix. Il dépassa la barre des 10% à Wasselonne, Villé et Saales. Une partie importante des électeurs UDF semble s'être reporté sur le député UMP, dont le profil de centre-droit est par ailleurs assez compatible avec certaines position de F.Bayrou. La candidate M-M Iantzen n'a obtenu que 8,4% des suffrages - l'un des plus mauvais scores de la gauche en France - et n'a dépassé la barre des 10% dans aucun canton.

Au regard des résultats des consultations électorales de 2007, l'ancrage à droite de l'arrondissement de Molsheim-Wasselonne est très largement confirmé. N.Sarkozy lors de la présidentielle a reconquis une partie importante de l'électorat parti vers le FN, renforçant ainsi la domination de la droite dans l'ensemble des cantons de la circonscription, où il a réalisé - comme dans l'ensemble de l'Alsace - le meilleur score d'un candidat de droite depuis V.Giscard d'Estaing en 1974 et 1981. Si les différences entre cantons dialectophones et cantons « vosgiens » persistent, la marge s'est considérablement atténuée tant à la présidentielle qu'aux législatives. Le centre-droit démocrate-chrétien a réaffirmé sa présence dans l'arrondissement, en réalisant un très bon score et une progression considérable. Cependant, le positionnement « ni droite, ni gauche » de F.Bayrou n'a, pas plus ici que dans le reste de l'Alsace, été suivi à la présidentielle, et a sans doutes considérablement affaibli ses candidats aux législatives, par ailleurs peu connus. La gauche enfin est en regression tant aux deux élections, et cela dans l'ensemble des cantons. Même si elle réalise toujours de meilleures performances dans les « cantons vosgiens » celles-ci restent faibles, particulièrement aux législatives.

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Source : Wikipedia