Bénin

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Posté par rachel 26/02/2009 @ 22:41

Tags : bénin, afrique, international, environnement

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Bénin

Drapeau du Bénin

Le Bénin est un pays d'Afrique occidentale, qui couvre une superficie de 112 622 km2 et s'étend sur 670 km, du fleuve Niger au nord à la côte atlantique au sud. Le Bénin comptait 7 513 946 habitants en 2006. Il a comme voisins le Togo à l'ouest, le Nigeria à l'est et le Niger et le Burkina Faso au nord.

Le Bénin a accédé à l'indépendance complète le 1er août 1960, sous la dénomination de République du Dahomey, avant de prendre son nom actuel en 1975. Les pouvoirs furent transmis au président Hubert Maga par le ministre d'État français Louis Jacquinot. La capitale officielle est Porto-Novo, Cotonou étant la capitale économique.

Surnommé un temps le « Quartier latin de l'Afrique », le Bénin a comme langue officielle le français et comme monnaie le franc CFA. Le régime politique du Bénin est de type présidentiel et l'actuel président de la République est Yayi Boni, qui a succédé à Mathieu Kérékou lors des élections du 19 mars 2006.

Depuis la fin du régime marxiste-léniniste en 1989, le Bénin possède une image très forte de pays démocratique dans toute l'Afrique subsaharienne, le pays est en effet un des pionniers du multipartisme africain.

On retrouve cette opposition dans les qualifications d'« Afrique des greniers » et d'« Afrique des paniers ». La première fait référence au grenier de maïs ou de mil que l'on trouve dans le domaine des savanes africaines, comme au Mali, au Niger ou au Burkina Faso. La seconde se situe autour de l'équateur et correspond, en Afrique occidentale, au sud de tous les pays littoraux du Golfe de Guinée. Dans ces derniers, en raison du climat équatorial favorable à l'agriculture, rien ne sert d'entreposer, il suffit juste de « porter ».

Les communautés anciennes se structurent sur leurs lignages. Vivant sur des territoires restreints, ces populations n'ont pas besoin d'organisation politique. Quant à leur organisation sociale, elle se base sur le respect des coutumes et des ancêtres morts. L'autorité s'y exerce oralement par le partage de ces traditions. On trouve toujours de telles populations dans le nord-ouest du pays : Berba, Kabyé ou Tanéka.

Lorsque plusieurs lignées se regroupent, elles se structurent en chefferies. Le chef peut être un représentant d'une famille ancienne ou un prêtre. Il s'entoure de dignitaires, chargés chacun d'une activité collective et formant un conseil.

A partir du XVe siècle, la structure sociale se complexifie et des royaumes apparaissent. Il s'en est dégagé trois grandes aires culturelles : Bariba au nord, Yoruba et Aja-Ewé au sud.

Le nord du pays a connu plusieurs royaumes bariba et notamment le royaume de Nikki. C'est à partir de ce village du nord-est qu'une dynastie, créée au XVIe siècle par Sunon Séro, étendit sa domination sur la région. Son dernier roi, Séro Kpéra, meurt en 1831 en combattant aux côtés des Yorubas d'Oyo (Nigeria) les attaques des Peuls. Le royaume est désorganisé quand les armées coloniales l'envahissent à la fin du XIXe siècle.

Leurs sociétés sont structurées en classes sociales strictes : nobles guerriers, griots, agriculteurs roturiers, artisans et esclaves. Les Bariba se retrouvent autour de la fête de la GANI. C'est une fête culturelle et identitaire célébrée chaque année dans tout le royaume bariba autour du Sina Boko de Nikki.

L'aire d'influence des Yoruba couvre l'est du pays. Leur royaume le plus remarquable est celui de Kétou. Fondé par Edé, il est encore en plein essor quand il entre en guerre avec le royaume d'Abomey en 1886.

Selon d'ancienne tradition orale, les Aja-Ewé émigrent à partir du XIVe siècle de la ville de Tado, située sur les rives du fleuve Mono au Togo. Ils établissent dans le sud deux royaumes : à Sahè ou Savi, et à Davié correspondant à l'actuelle ville d'Allada.

Vers 1620, les héritiers du royaume d'Allada se disputent le trône. De leur scission découle la formation de deux royaumes supplémentaires. Au sud-est, Zozérigbé crée le royaume de Hogbonou dans la localité d'Adjatché, future Porto-Novo. Et au nord, Houégbadja (1645-1689) institue le royaume du Dahomey, à partir de sa capitale Abomey.

Au XVIIIe siècle, une série de conquêtes se fait sous l'autorité de douze rois traditionnels, à commencer par Gangnihessou. En 1724, Agadja (1708-1732) roi du Dahomey s'empare du royaume d'Allada. Puis, en 1727, il soumet celui de Savi. En 1741, c'est au tour de Ouidah de tomber sous le joug de son successeur Tegbessou.

Le pays dispose désormais d'une large fenêtre sur la mer. Le royaume a pris l'habitude d'échanger, commercialement et politiquement, avec les Portugais et les Néerlandais, arrivés à la fin du XVe siècle. Le Dahomey devient une entité politique organisée, très originale dans la région. Le royaume en est une puissance dominante. Le roi Houégbadja a même à sa disposition un contingent de femmes amazones, anciennes chasseresses d'éléphants. C'est une société complexe, raffinée, efficace mais aussi violente et sanglante, notamment lors des funérailles royales qui s'accompagnaient de sacrifices humains.

Dès le XVIIe siècle, ces royaumes, qui se structurent autour des villes d'Allada, Hogbonou et Abomey, prospèrent avec le développement du commerce local. Et l'une de leurs activités qui se base sur la traite des esclaves intéresse les négriers européens. Néerlandais, Portugais, Danois, Anglais, et Français installent le long de la « côte des Esclaves » des comptoirs commerciaux.

Dans la première moitié du XIXe siècle, le roi Guézo du Dahomey donna à la richesse de son royaume d'autres fondements que le commerce des esclaves, développant la culture du palmier à huile afin de répondre à la demande européenne et introduisant de nouvelles cultures d'origine américaine (maïs, tomate, arachide, tabac). Des villages réguliers et propres, et des cultures bien ordonnées couvrent le pays.

Dès 1851, la France signa un traité commercial et d'amitié avec le chef de Porto-Novo le roi Toffa 1er, vassal du roi Glélé du Dahomey, qui régna de 1858 à 1889.

Par les traités de 1868 et de 1878, la région de Cotonou, située entre Ouidah, comptoir portugais, et Porto-Novo, fut cédé à la France.

En 1883, le roi de Porto-Novo, souhaitant se protéger des visées expansionnistes du Dahomey, signa un traité de protectorat avec la France.

L'un des rois les plus mythiques du royaume du Dahomey, le très noble roi Béhanzin (ayant pour emblème le requin) attaqua en 1890 les Français à Cotonou, garda 73 jours des otages français, puis assiégea d'autres villages porto-noviens protégés des Français. Il déclara même aux Français de le laisser tranquille, défiant fièrement : « « Si vous voulez la guerre, je suis prêt » ». L'insolence de Béhanzin, envers les Français fut jugée intolérable et surtout opportune, une bonne occasion pour les Français d'en finir avec ce royaume.

Béhanzin fut capturé en janvier 1894 et déporté en Martinique. Les établissements français furent regroupés au sein de la colonie du Dahomey. Dans le Nord, le royaume bariba de Nikki, qui avait atteint son apogée au XVIIIe siècle avant de se heurter à l'expansionnisme du royaume nigérian d'Ilorin, opposa une vive résistance à la colonisation française.

En 1899, le Dahomey intégra l'Afrique-Occidentale française (AOF) (voir Français, empire colonial). Les frontières furent établies selon un accord commun avec la Grande-Bretagne (fixée alors au Nigeria) et avec l'Allemagne (présente alors au Togo).

Après la première guerre mondiale, la scolarisation prend beaucoup d'importance (notamment grâce aux missions religieuses) et se développe surtout dans le sud qui deviendra un des principaux foyers politiques et intellectuels de l'AOF.

C'est à cette époque que furent fondés de nombreux partis politiques, tandis que se développait une presse d'opposition au système colonial. Rallié à la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, le Dahomey devint un État autonome au sein de la Communauté française en 1958. Le pays accéda à l'indépendance le 1er août 1960 et entra, le mois suivant, aux Nations unies.

Depuis l'indépendance, le Bénin a connu une histoire politique mouvementée. Les douze premières années furent marquées par une instabilité chronique, les anciennes élites coloniales, pour la plupart originaires du Sud, se disputèrent le pouvoir.

En 1963, le nord du pays veut sa revanche, tandis que les élites et la nouvelle bourgeoisie semblent peu préoccupées par les nombreux défis du sous-développement. C'est à cette période qu'un certain colonel Christophe Soglo (l'oncle de Nicéphore Soglo) arrive sur la scène politique du pays, en forçant Hubert Maga, premier président de la République du Dahomey indépendant, à démissionner.

En six ans, on enregistra quatre coups d'État et régimes militaires.

En 1970, un Conseil présidentiel constitué de trois membres, Maga, Apithy et Ahomadegbé (une présidence tournante à trois) prend le pouvoir et suspend la Constitution. La ronde des présidents n'a pu se faire. En effet, seul Maga a pu passer les deux ans retenus à la tête du Dahomey. À peine Ahomadegbé a-t-il entamé son tour de direction en 1972 que l'armée, sous la direction du capitaine Mathieu Kérékou, décide de reprendre en main le gouvernement, destitue le Conseil présidentiel, et Mathieu Kérékou devient le nouveau chef de l'État dahoméen. Il est rapidement nommé commandant. Mais les militaires se trouvent désemparés, sans programme et sans idées. Leur pouvoir est vide et c'est dans ce vide que vont s'engouffrer les idées des jeunes militaires et des étudiants qui ont vécu en France la période de mai 68.

Ainsi, en novembre 1974, Mathieu Kérékou décide de diriger le pays dans une voie marxiste-léniniste. Le peuple n'en revient pas, les notables et autres diplomates restent abasourdis par la nouvelle.

En 1975, pour réduire le poids politique du Sud, le nom de Dahomey fut symboliquement abandonné pour celui de Bénin, du nom du royaume qui s'était autrefois épanoui au Nigeria voisin. Le pays devient la « République populaire du Bénin ».

Mathieu Kérékou interdit le vaudou (paradoxalement, Mathieu Kérékou lui-même aura des années plus tard un marabout personnel), la religion traditionnelle bien implantée dans le Sud. Une nouvelle Constitution, instaurant un régime à parti unique, fut promulguée en 1977. La même année, une tentative de coup d'État appuyée par des mercenaires échoue et durcit le régime qui devient militaro-marxiste.

Malgré tout, le marxisme-béninisme s'avère moins mauvais que d'autres, et on s'apitoie davantage sur le sort des voisins Togolais que sur le sien.

Le Bénin tenta de vastes programmes de développement économique et social mais sans de bons résultats à l'arrivée. Signe de pragmatisme et de modération, les trois anciens présidents, Maga, Apithy et Ahomadégbé (emprisonnés en 1972) furent libérés en 1981.

Élu président par l'Assemblée nationale révolutionnaire en 1980, réélu en 1984, Mathieu Kérékou échappe à trois tentatives de coup d'État en 1988.

En 1987, les plans du FMI imposent des mesures économiques draconiennes : prélèvements supplémentaires de 10% sur les salaires, gel des embauches, mises en retraite forcées. En 1989, un nouvel accord avec le FMI sur un programme d'ajustements des structures économiques provoque une grève massive des étudiants et des fonctionnaires, réclamant le paiement de leurs salaires et de leurs bourses.

En cette fin des années 1980, le pouvoir populaire n'a guère plus que quelques milliers de convaincus, une petite douzaine dit la rumeur. On finit par se demander s'il y a encore quelqu'un qui croit vraiment à ce marxisme proclamé du jour au lendemain (sans que l'ex-Union soviétique y ait imposé quelque chose). C'est ainsi que les troubles sociaux et politiques vont conduire Mathieu Kérékou à renoncer à l'idéologie marxiste-léniniste et à accepter l'instauration d'une Conférence nationale, réunissant les représentants des différents mouvements politiques.

On ne garde de l'ancien régime que le nom de Bénin qui sonne bien. La conférence est une véritable réussite démocratique. Mathieu Kérékou déclare même : « « j'accepte toutes les conclusions de vos travaux » ». Une nouvelle Constitution est établie.

Un gouvernement de transition, mis en place en 1990, ouvre la voie au retour de la démocratie et du multipartisme. Le Premier ministre, Nicéphore Soglo, bat Mathieu Kérékou à l'élection présidentielle de mars 1991. Mathieu Kérékou s'en va « sans bruit » et devient donc l'un des rares présidents militaires parvenu par un coup d'État à être éliminé démocratiquement.

Après avoir perdu sa majorité au sein de l'Assemblée législative, le président Nicéphore Soglo, accusé de népotisme par ses adversaires, est battu par Mathieu Kérékou à la présidentielle du 17 mars 1996. C'est un choc pour Nicéphore Soglo qui après avoir crié au complot, envoie ses félicitations à Mathieu Kérékou et s'en va méditer plus de quatre mois, hors d'Afrique, les raisons de ses erreurs fatales.

Démocratiquement, Mathieu Kérékou est de retour sur la scène politique béninoise, après avoir dirigé le pays pendant dix-sept années (de 1972 à 1990) dans le fiasco politique et économique de la désormais ancienne République populaire du Bénin.

Les élections législatives de mars 1999 donnent de justesse la victoire à la Renaissance du Bénin (RB), le mouvement de l'opposition dirigé par Rosine Soglo, épouse de l'ancien président Nicéphore Soglo. Ces élections marquent l'échec du Mouvement Africain pour la Démocratie Et le Progrès (MADEP), le Parti d'un des proches du Président Kérékou, l'homme d'affaires Séfou Fagbohoun.

Cependant, en mars 2001, Mathieu Kérékou est réélu président de la République avec 84,06% des voix. Arrivé en tête au premier tour, face à son prédécesseur Nicéphore Soglo, il sera confronté au désistement de ce dernier ainsi qu'à celui d'Adrien Houngbédji arrivé en troisième position. Ces deux candidats démissionnaires ont qualifié le scrutin de « mascarade ».

Terni par des soupçons de fraudes électorales et âgé de soixante-sept ans, Mathieu Kérékou entame donc un second mandat consécutif dans des conditions économiques fragiles.

Depuis 2001, les difficultés économiques n'ont cessé de s'amplifier au Bénin, que ce soit dû aux difficultés économiques du Port autonome de Cotonou, au choc pétrolier, à la crise du secteur du coton, à la contrebande très étendue, aux personnels administratifs trop nombreux ou encore aux graves crises d'électricité créées par les sécheresses. Le Bénin est dans une période économique difficile que seule l'agriculture, très diversifiée parvient à maintenir compétitif face à ses voisins.

C'est ainsi que lors des élections de mars 2006, les Béninois ont décidé d'exprimer leur « ras-le bol » et que le novice en politique, l'ancien président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), le docteur Yayi Boni succède à la surprise générale à Mathieu Kérékou avec 75% des suffrages (notons un taux de participation fort de 76%).

Mathieu Kérékou qui a refusé de changer la Constitution n'a pas pu se représenter. Il n'en était pas moins opposé à Yayi Boni, trop novice à son goût.

En effet, à quelques jours des résultats l'ancien président, surnommé le caméléon, a plongé le pays dans le doute, en affirmant publiquement que lors du déroulement de l'élection : il y avait eu des dysfonctionnements dans l'organisation, avec des problèmes de listes électorales et de cartes d'électeur.

Malgré cela, la coordination des observateurs internationaux indépendants s'est félicitée au cours d'une conférence de presse à Cotonou, du déroulement du second tour de l'élection présidentielle au Bénin, jugeant qu'il avait été de « très bonne tenue ».

Le 6 avril 2006, le nouveau président de la République du Bénin, le docteur Yayi Boni, 54 ans, est officiellement installé dans ses fonctions à Porto-Novo.

Le nouveau président qui prône une « République coopérative et solidaire », a énuméré les quatre priorités de son mandat que sont les ressources humaines, une gouvernance concertée, le développement de l'esprit d'entreprise, la construction de nouvelles infrastructures.

L'ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) est élu président de la République à l'issue du deuxième tour de scrutin le 5 mars 2006, rassemblant 74,51% des suffrages, contre 25,49% pour Me Adrien Houngbédji, qui a présenté ses félicitations au nouvel élu.

Candidat indépendant, Yayi Boni a su rallier les ténors de la politique béninoise que sont Albert Tévoédjrè, Émile Derlin Zinsou et une vingtaine de députés à l'Assemblée nationale, avant de bénéficier des consignes de vote de presque tous ses concurrents du premier tour, à l'issue duquel il totalisait un peu plus de 35%, contre 24% pour son poursuivant Me Adrien Houngbédji.

Apparemment, les consignes de vote ont été suivies. Toutefois, certains observateurs estiment qu'avec ou sans consignes, le « candidat du changement » serait passé. Aux yeux des électeurs et plus particulièrement des jeunes et des milieux d'affaires, Boni Yayi (économiste) incarne l'espoir d'une reprise économique, l'amoindrissement du chômage, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance.

Le successeur de Mathieu Kérékou a promis un taux de croissance à deux chiffres (environ 5% actuellement) et le positionnement du Bénin en tête des producteurs du coton ouest-africains à partir de la campagne agricole 2006-2007.

Quoique entouré de toute la classe politique, Yayi Boni se refuse de faire de la politique politicienne. « Nous sommes venus pour produire de la richesse », dit-il, refusant de constituer un « gouvernement de remerciement ». Cependant, des sources bien informées indiquent qu'il a demandé aux partis politiques de lui proposer des cadres pour la formation du gouvernement.

Les élections législatives du 31 mars 2007 donnent la majorité à la Force Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe).

Il y a au Bénin une grande liberté de presse. Aussi, à cause de cela, existe-t-il un « boom » des médias, dans un des plus pauvres pays du monde. Dans la capitale économique, Cotonou avec son million d' habitants, environ quarante journaux quotidiens sont publiés, peut-être le record dans le monde - bien qu'il y ait plus de 50 % d'analphabètes. Les huit millions d'habitants du Bénin peuvent suivre l'ORTB de l'État et plus de 70 radios privées et quatre télévisions privées.

La plupart des plus de 1 000 journalistes ont seulement un « training on the job  » (formation sur le tas). Pendant la dictature, deux tiers des journalistes étaient formés par l'État. Les médias nouveaux sont économiquement faibles et à cause de cela sensibles à la corruption - seulement cinq environ sont rentables. Ils reçoivent un tout petit budget de l'État et très peu d'annonceurs. Aussi, les journalistes sont souvent des étudiants en quête de travail, le taux de chômage étant élevé. Selon Reporters sans frontières, le Bénin est à la 23e place du classement mondial sur la liberté de la presse.

De forme étirée entre le fleuve Niger au nord et la plaine côtière dans le sud, le relief de l'ensemble du pays est peu accidenté. Le nord du pays est principalement constitué de savanes et de montagnes semi-arides. Le point culminant est le mont Sagboroa à 658 mètres. Le sud du pays est constitué d'une plaine côtière basse parsemée de marécages, lacs et lagunes comme par exemple le lac Nokoué ou la lagune de Porto Novo.

La majeure partie de la population vit dans les plaines côtières méridionales, où les plus grandes villes du Bénin sont concentrées, notamment Porto Novo et Cotonou.

Le pays étant situé dans une zone intertropicale, son climat est chaud et humide, avec relativement peu de pluie, bien qu'il y ait deux saisons des pluies (d'avril à juillet et de septembre à novembre).

La Cour internationale de justice de La Haye a défini le 12 juillet 2005 la frontière définitive entre le Bénin et le Niger au sujet des îles dans le lit des fleuves Niger et Mékrou : neuf îles ont été attribuées au Bénin et seize, dont celle de Lété, au Niger.

Le climat est tropical, chaud et humide dans l'ensemble avec des nuances saisonnières et géographiques qu'imposent l'extension du pays en latitude, le relief et l'alternance des saisons.

Il pleut de 900 à 1300 millimètres d'eau par an, les régions les plus arrosées sont dans l'angle sud-est, de Cotonou à Porto Novo, l'Atacora entre Natitingou et Djougou, les régions de Dassa et de Ndali au nord de Parakou. Les maximums des précipitations sont au sud (climat équatorial), de la mi-mars à la mi-juillet, et plus faiblement en novembre et décembre.

La mousson, océanique et chargée d'humidité, souffle d'avril à novembre, du sud-ouest. L'harmattan continental et sec, souffle dans le sens inverse de la mousson (vient du nord, du Sahel), de novembre à mai, apportant une poussière ocre orange.

Le taux d'humidité, toujours important, se situe entre 65 et 95%. La moyenne des températures reste comprise entre 22 et 34°C, avril et mai étant les mois les plus chauds (juste après que l'Harmattan a soufflé durant 6 mois, avant que la mousson n'apporte ses pluies).

Le Bénin est un pays au sous-sol pauvre, qui vit essentiellement de son port et de son agriculture. En effet, le port de Cotonou présente l'accès à la mer le plus rapide et le plus sûr pour les deux voisins enclavés du Nord que sont le Niger et le Burkina Faso.

Le Bénin est également un pays producteur de coton, activité ayant connu de très grosses difficultés ces dernières années, mais aussi de maïs, de manioc, de sorgho, d'huile de palme et de millet.

Ces deux poumons de l'économie ont été très lourdement sclérosés par les abus de pouvoir et la corruption, empêchant tout développement sensible de ces secteurs jusqu'à l'élection de Boni Yayi en mars 2006.

Le Bénin dispose également d'atouts touristiques, géographiques et culturels, non négligeables quoiqu'encore peu développés : plages et villages lacustres au sud, parcs animaliers au nord, haut-lieu de l'esclavage et berceau du vaudou.

95 % de l'économie béninoise est informelle et les recettes fiscales de l'État sont donc maigres malgré une fiscalité très lourde pour les entreprises formelles de la place.

Le Bénin est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine.

Les populations béninoises ont failli être exterminées par la traite atlantique et le régime colonial. L'indépendance des années soixante et les meilleures conditions de vie qui s'ensuivirent ont permis à la population d'augmenter.

Le Bénin compte pas moins de quarante ethnies différentes, la plus grande étant les Fons qui représentent environ 49% de la population béninoise. Parmi les autres ethnies, il y a les Adjas, Yorubas, Sombas et les Baribas.

Le Bénin a abrité près de 8 400 réfugiés et demandeurs d’asile en 2007 dont environs 6 400 provenaient du Togo, et les autres de la République Démocratique du Congo, de la République du Congo, du Tchad, du Nigeria, et du Rwanda.

Ce pays a reçu des notes parfaites lors de son évaluation par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants (U.S. Committee for Refugees and Immigrants (USCRI)) basés sur des critères tirés de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

La plupart de ces ethnies ont leur propre langue, bien que le français, qui est la langue officielle, soit parlé dans la plupart des villes. Parmi les langues indigènes, les langues fon et yoruba sont les plus parlées au sud tandis que le bariba et le dendi le sont au Nord.

Les religions animistes africaines prédominent. On ne peut parler du Bénin sans évoquer la part du vaudou dans la société béninoise. Cependant une part significative de la population est chrétienne (catholique et protestante) et musulmane.

La musique béninoise est moins connue à l'étranger que d'autres musiques africaines.

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Histoire du Bénin

Trophée provenant du palais de Béhanzin (1844-1906). Les crânes sont ceux de chefs vaincus par un des anciens rois du Dahomey.

Cette page traite de l'histoire du Bénin.

Les trois royaumes d’Allada, de Porto Novo et de Dã Homè - dans le ventre du roi Dã - furent fondés par les Fons, qui occupent le sud du pays (le nom de Dahomey fut donné à l’ensemble du pays après la conquête française). Selon la légende, la fille du roi de la ville de Tado (sur le fleuve Mono) fut fécondé par un léopard, alors qu'elle allait puiser de l'eau. Le fils qu'elle mit au monde est le fondateur de toute la dynastie. Ses descendants fondèrent un royaume à Allada au XVIe siècle. Le siècle suivant, trois frères se disputèrent le trône ; le premier, Kopkon garda le royaume d'Allada, le deuxième, Do-Aklin fonda Abomey et le troisième, Adjatché qui devint plus tard Porto-Novo. Le royaume d'Abomey fut fondé en 1625, mais c'est entre 1645 et 1685 qu'il devint un état puissant. Le roi Houegbadja, petit fils de Do-Aklin, voulut annexer un état voisin dont le roi, Dã, le défia de s'installer sur son ventre. Dã fut défait, décapité à Abomey et dans son ventre fut installé le pieu central du palais royal. Signe que le roi de Danxomè avait pris son adversaire au mot.

Au XVIIIe siècle, Allada et Ouidah furent annexés.Les Européens développèrent des forts sur la côte comme des bases militaires afin d´imposer aux ethnies côtières une menace militaire pour qu'elles leurs fournissent des esclaves. C'est le roi Guézo qui consolida le royaume en attaquant régulièrement les Yorubas au Nigeria, ce qui lui procurait des esclaves. Son successeur, le roi Glélé, irrita cependant les Français par son attitude belliqueuse et son non conformisme. Par le traité de 1863, il autorisa les Français à s'installer à Cotonou. Mais la présence de ceux-ci irritait le roi Gbê han zin (Béhanzin) qui estimait que les Francais menacaient la souveraineté du royaume. Aujourd'hui encore, une statue géante du roi à l'entrée de la ville d'Abomey illustre cette lutte face à l'envahisseur. Gbê han zin fait figure de résistant et jouit d'une haute estime en Afrique Noire. Béhanzin fit donc la guerre aux Francais, mais il ne fut pas le seul des 12 rois à s'être dressé contre l'envahisseur. Le Traité de Ouidah qui plaçait Porto-Novo et Cotonou sous tutelle française fut signé en octobre 1890. Ce même traité prévoyait le versement par la France d'une pension au roi du Dahomey. Le roi Béhanzin et les Danxoméens estimaient Porto-Novo et le roi Toffa 1er comme des traitres à la solde des Francais. Le héros Gbèhanzin fut cependant défait en 1892 par le colonel Alfred-Amédée Dodds et fut déporté aux Antilles. Abomey devint alors un protectorat français. Allada et Porto-Novo, eux aussi sous protectorat, formèrent avec Abomey la colonie du Dahomey.

Au début du XXe siècle, les trois royaumes cessent d'être autonomes et sont confondus dans un ensemble divisé en cercles gérés par des administrateurs et cantons gérés par des chefs africains. Pendant la Première Guerre mondiale, des troubles éclatent dans le nord du pays après l'envoi de troupes autochtones sur le front européen. À la fin de la guerre, la colonie se structure : les moyens de communication se développent, la production agricole se rationalise et la scolarisation augmente. Sous l'influence de missions catholiques et protestantes d'une part, de l'enseignement laïc d'autre part, un enseignement primaire et secondaire se met en place. Intégrés dans l'Afrique occidentale française (AOF), les Dahoméens entrent dans la fonction publique et servent dans d'autres territoires de la fédération ; le pays est alors souvent qualifié de Quartier latin de l'Afrique.

Le 8 février 1944 se termine à Brazzaville une conférence réunissant les dix-huit gouverneurs et gouverneurs généraux de l’Afrique occidentale française, de l’Afrique équatoriale française, de la Côte française des Somalis, de Madagascar et de la Réunion. Sous la présidence de René Pleven, commissaire aux Colonies du Comité français de la Libération nationale, cette réunion a pour mission d’émettre des recommandations sur la future législation coloniale. La présence du général de Gaulle et la tenue d’une telle réunion alors que la guerre est loin d’être terminée montre le réel intérêt porté à l’avenir de ces territoires qui apparaissent alors comme l’incarnation de la permanence de la République hors du territoire métropolitain. Il ressort de Brazzaville l’idée d’une participation accrue de la population africaine à la vie politique et le désir d’abandonner les régimes d’exceptions auxquels elle est alors soumise comme le code de l’indigénat.

Par trois décrets publiés en août et en septembre 1945, le gouvernement provisoire fixe à soixante-trois le nombre de députés pour l’outre-mer sur un total de cinq cent vingt-deux. Le double collège est généralisé, le premier regroupant les citoyens français et le second les sujets de l’Empire colonial français. Le scrutin est uninominal à deux tours, le Dahomey et le Togo forment une seule circonscription qui obtient deux sièges.

Dès le premier tour des élections le 21 octobre 1945, Sourou Migan Apithy, le candidat des Comités électoraux, remporte le siège du second collège en arrivant largement en tête devant sept candidats. Le siège au premier collège sera aussi remporté par un candidat des Comités électoraux, le révérend-père Francis Aupiais, élu lors du second tour le 4 novembre. Mais cette victoire des Comités électoraux, présentant un front uni face aux échéances électorales à venir, n’a été possible qu’en évitant d’afficher une orientation politique claire. Ainsi, Apithy s’inscrit dans le groupe de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) au Palais Bourbon, alors qu’Aupiais s’inscrit au Mouvement républicain populaire (MRP). Le décès de ce dernier, dans la nuit du 14 au 15 décembre, entraîne une élection partielle le 10 février 1946. Seul candidat, le révérend-père Jacques Bertho est élu au premier collège et s’inscrit à son tour au MRP. La Constituante abolit le travail obligatoire le 11 avril (Loi Houphouët-Boigny), étend le code pénal métropolitain aux colonies le 30 avril et accorde le 7 mai la citoyenneté française « à tous les ressortissants des territoires d’outre-mer sans qu’il soit porté atteinte au statut personnel » (Loi Lamine Guèye). Mais le référendum du 5 mai, dont le vote a été limité au premier collège, est rejeté.

Une nouvelle élection législative est organisée le 2 juin. Sourou Migan Apithy et Jacques Bertho sont, dès le premier tour, élus député. Le 13 octobre 1946, la Constitution de la Quatrième République est adoptée par référendum, encore limité au premier collège.

Localement, les structures politiques s’organisent et les premières oppositions commencent à voir le jour. Au niveau fédéral, l’année 1946 est marquée par le congrès fondateur du Rassemblement démocratique africain (RDA) à Bamako (Soudan français, actuel Mali). Sourou Migan Apithy, Emile Derlin Zinsou et Louis-Ignacio Pinto forment la délégation du Dahomey. Apithy est élu vice-président du nouveau parti et signe le manifeste, alors que Pinto est élu président de la Commission de politique générale. Mais, Zinsou refuse le poste de secrétaire général mettant en cause l’affiliation du RDA au Parti communiste français (PCF), seul parti métropolitain invité à Bamako. Si la position de Zinsou est soutenue par la majorité des membres du Comité directeur des Comités électoraux, l’importance prise par Apithy, qui est élu à la première législature de la Quatrième République le 10 novembre, limite les moyens de pressions à son encontre. D’autant que les Comités électoraux ont perdu le monopole de l’espace politique dahoméen avec le départ de certains de ses membres et la création le 7 décembre du Bloc Populaire Africain (BPA) mené par Emile Poisson et Justin Ahomadegbe.

Juste avant les élections au Conseil général, les Comités électoraux se transforment en un parti politique qui prend le nom d’Union progressiste dahoméenne (UPD). Très bien implantée, l’UPD obtient la majorité des sièges au Conseil général du Dahomey le 15 novembre 1946. Une série d’élections, tout au long de l’année 1947, permet la désignation par le Conseil général des représentants du Dahomey au Conseil de la République, au Grand conseil de l’AOF et à l’Assemblée de l’Union française. En janvier, Emile Poisson (BPA) pour le premier collège et Louis-Ignacio Pinto (UPD) pour le second collège sont élus conseillers de la République. Puis en septembre, c’est l’élection de Sourou Migan Apithy (UPD), de Justin Ahomadegbe (BPA), de Pierre Bartoli (UPD), d’Hubert Maga (UPD) et de Gaston Nègre (UPD) au Grand conseil de l’AOF. Enfin, en novembre, deux membres de l’UPD, Emile Derlin Zinsou et Paul Hazoumé, sont élus à l’Assemblée de l’Union française.

La vie politique dahoméenne est rythmée par les sessions du Conseil général et par les échéances électorales. Mais l’éloignement des élus les plus influents dans les assemblées fédérales et nationales, que ce soit à Dakar ou à Paris, entraîne sa léthargie le reste du temps.

Première épisode électoral durant cette période, l’élection en novembre 1948 par le Conseil général de deux nouveaux conseillers de la République, Albert Marescaux du Rassemblement du peuple français (RPF) pour le premier collège et Louis-Ignacio Pinto (UPD) pour le second collège. Mais Albert Marescaux, fonctionnaire en poste au Dahomey, est invalidé le 25 janvier 1949. Une élection partielle permet l’élection d’Emile Poisson (BPA) le 27 février.

En mai 1951, la circonscription du Dahomey obtient un second siège à l’Assemblée nationale. Mais l’instauration d’un scrutin par liste provoque une double rupture au sein de l’UPD. Sa direction tente de mettre à l’écart Apithy jugé incontrôlable en le plaçant second sur la liste. Mais il refuse, quitte l’UPD et lance une liste indépendante dite "d’Union Française" dont il est à la tête. Puis, c’est au tour de la majorité des membres de l’UPD originaire du Nord de faire sécession, leur demande d’une place pour l’un des leurs ayant été refusée par le Comité directeur. Le 17 juin 1951, Hubert Maga (liste du Groupement ethnique du Nord Dahomey, GEND) et Sourou Migan Apithy (liste d’Union Française) sont élus députés à la deuxième législature de la Quatrième République. Le premier s’inscrit aux Indépendants d’Outre-mer (IOM) alors que le second s’inscrit aux Indépendants Paysans d’action sociale (IPAS), marquant ainsi sa rupture avec les IOM dont il était l’un des fondateurs.

En septembre, Apithy fonde son propre parti, le Parti républicain du Dahomey (PRD), en vue des élections à l’Assemblée territoriale amenée à remplacer le Conseil général. La très large victoire du PRD et l’implantation réussie du GEND lors de ces élections le 30 mars 1952 mettent en péril l’existence de l’UPD. D’autant qu’un mois plus tard lors des élections pour les représentants du Dahomey au Grand conseil de l’AOF, aucun candidat de l’UPD ne parvient à se faire élire. Cette élection voit la victoire de Justin Ahomadegbe (BPA), Sourou Migan Apithy (PRD), Jacques Bertho (non-inscrit), Robert-Henri Chaux (non-inscrit) et Hubert Maga (GEND).

Moribond, l’UPD reçoit le coup de grâce le 10 octobre 1953 lors de la désignation des représentants du territoire pour l’Assemblée de l’Union française. Une alliance UPD/BPA a été conclue afin de barrer la route au PRD qui pour l’occasion s’était allié avec le Mouvement Démocratique du Dahomey (MDD), un nouveau parti créé par Hubert Maga pour succéder au GEND qui était menacé d’éclatement. La défaite de la paire Zinsou/Ahomadegbe (UPD/BPA) face au tandem Hazoumé/Deroux (PRD/MDD) met un point final à l’UPD et entame gravement le futur du BPA. Emile Derlin Zinsou parvient cependant à se faire élire conseiller de la République en juin 1955 en se présentant sans étiquette au premier collège et, en bénéficiant des voix des indépendants et du RPF. Le candidat du PRD, Maximilien Quenum, est élu au second collège.

La fin de l’UPD, l’historique parti national, et les difficultés du BPA, dont la base électorale se situe dans le sud-ouest du Dahomey, semblent laissé apparaître la double domination du PRD pour le sud et du MDD pour le nord. La victoire des leaders de ces deux partis, Sourou Migan Apithy pour le PRD et Hubert Maga pour le MDD, aux élections législatives du 2 janvier 1956 tend à le démontrer. D’autant que l’Union démocratique dahoméenne (UDD), le nouveau parti destiné à succéder à l’UPD et au BPA, se déchire six mois après sa création sur la question de l’affiliation au RDA, donnant naissance à une tendance pro-RDA menée par Justin Ahomadegbe et, une tendance anti-RDA menée par Emile Derlin Zinsou et Alexandre Adandé.

Le 31 mars 1957, les élections à l’Assemblée territoriale donnent une large victoire au PRD qui obtient la majorité des sièges. L’UDD arrive en deuxième position, suivi du MDD. Mais ce dernier bénéficie du ralliement d’indépendants qui fait de ce parti l’incontestable deuxième force politique du Dahomey. Cela se confirme le 15 mai avec les élections des représentants du territoire au Grand conseil de l’AOF et l’échec des candidats UDD. Jean Agier, Michel Ahouanmenou et Valentin Aplogan Djibode sont élus pour le PRD, alors que Mama Arouna et Pedro Boni Salifou sont élus sur la liste Entente Nord-Dahomey, qui regroupe le MDD et la mouvance Jeunesse et progrès.

Le 17 août, le MDD devient le Rassemblement démocratique dahoméen (RDD). Le but de ce changement étant de créer une force politique unique pour tout le nord du pays et, de faire taire les divergences qui se sont exprimées lors des élections à l’Assemblée territoriale et au Grand conseil. La peur d’un sud plus peuplé et plus riche est le ciment d’un espace nord pourtant composé de territoires aux histoires et aux cultures très diverses. La personne d’Hubert Maga apparaît comme rassembleuse d’autant que, cas unique dans l’histoire dahoméenne, il est nommé à un poste ministériel le 18 novembre et devient le véritable pendant de Sourou Migan Apithy qui a été élu le 27 mai vice-président du Conseil de gouvernement du Dahomey (le gouverneur est président de droit) en application de la Loi-Cadre dite Gaston Defferre.

Le 28 septembre 1958, le Dahomey vote oui au référendum instituant la Communauté française. La République du Dahomey est proclamée le 4 décembre et Sourou Migan Apithy devient président du Conseil de gouvernement. Il bénéficie d’une très large majorité avec le Parti progressiste dahoméen (PPD), fondé en mars 1958, et rassemblant le PRD, le RDD et d’anciens membres de l’UDD qui se sont opposés à l’affiliation au RDA. Mais le 17 janvier 1959, la création de la Fédération du Mali à laquelle participent des parlementaires du PPD, provoque son éclatement. Maga et Apithy s’opposent au projet de la Fédération et reconstituent leurs partis respectifs, le RDD et le PRD. C’est donc en ordre dispersé que se déroulent les élections à la première Assemblée nationale dahoméenne, les 2 et 23 avril 1959. L’entre-deux tours est marqué par la démission de leurs postes ministériels d’Alexandre Adandé, de Louis-Ignacio Pinto et d’Emile Derlin Zinsou qui entendent montrer leur attachement à la Fédération. Mais aucun parti n’obtient la majorité à l’issu des élections qui donnent vingt-huit sièges au PRD, vingt-deux au RDD et vingt à l’UDD-RDA. Un gouvernement d’union nationale est donc formé avec Sourou Migan Apithy à sa tête. Le RDD apparaît cependant comme le véritable arbitre de la scène politique dahoméenne entre Sourou Migan Apithy et Justin Ahomadegbé dont l’alliance est impossible du fait d’anciennes rancœurs personnelles.

Le 21 mai 1959, Apithy démissionne. Avec le soutien des élus de l’UDD-RDA, Hubert Maga le remplace. Pressé par l’aile gauche de son parti, il propose même la fusion à l’UDD. Ahomadegbé refuse et les ministres de l’UDD décident finalement de quitter le gouvernement en décembre 1959. Sans majorité, Maga parvient tant bien que mal à se maintenir. L’élection à la présidence de la République du Dahomey entraîne la formation le 9 mars 1960 du Parti des nationalistes du Dahomey (PND) qui regroupe le PPD de Zinsou et le PRD d’Apithy. Mais soucieux de barrer la route au PPD, l’UDD-RDA soutient la candidature d’Hubert Maga qui est élu premier président du Dahomey le 26 juillet 1960 et qui proclame l’indépendance du Dahomey le 1er août de cette même année en présence de Louis Jacquinot, qui représente la France.

Comme beaucoup de pays africains, le Dahomey accède à l’indépendance en 1960, le 1er août, une nouvelle constitution est adoptée et le cherf de gouvernement, Hubert Maga, devient le premier président de la jeune république. Pour éviter les effets néfastes du tripartisme dahoméen, un parti unique (Parti dahoméen de l’Unité) est formé, mais des troubles sociaux et politiques entraînent le coup d’État militaire du colonel Soglo (28 octobre 1963). En janvier 1964, le pays revient à la gestion civile. Sourou Migan Apithy puis Justin Ahomadegbé assurent les fonctions de président, mais une nouvelle crise politique conduit les militaires à reprendre le pouvoir. Le général Soglo préside alors un Comité de rénovation nationale qui entreprend d’assainir l’économie et les finances du pays, mais des grèves éclatent en 1967. le gouvernement est renversé le 17 décembre par le commandant Maurice Kouandete qui met en place un comité révolutionnaire chargé de superviser l’action du gouvernement provisoire, de constituer une commission constitutionnelle et de contrôler les biens des anciens gouvernants. La nouvelle Constitution, approuvée le 31 mars 1968, établit un régime de type présidentiel. Emile Derlin Zinsou devient président, mais est renversé par un nouveau coup d’État qui le remplace par une direction militaire le 10 décembre 1968. Un Conseil présidentiel composé des trois partis traditionnels est instauré le 7 mai 1970 ; il met en place une organisation qui doit permettre la cohabitation des trois chefs des partis traditionnels.

Mais le 26 octobre 1972, le commandant Mathieu Kérékou prend le pouvoir et établit un gouvernement militaire révolutionnaire. Le pays devient la République populaire du Bénin, adhère au marxisme-léninisme et le Parti de la révolution populaire du Bénin (PRPB) est créé. À l’instigation de Mathieu Kérékou devenu colonel, une nouvelle constitution est adoptée le 9 septembre 1977 et restera en vigueur jusqu’en 1990. L’État dirige tous les secteurs de l’économie, conduit la réforme agraire et développe l’industrialisation. L'ancien président Emile Zinsou caractérisera le Bénin après ces dix-sept années de "pays sans industrie mais gouverné au nom de la classe ouvrière", de "Roumanie sans exportations, de Bohême sans usines, de Pologne sans charbon, de Prusse sans discipline".

En février 1990, une Conférence nationale abroge la Constitution et met en place de nouvelles institutions pour une période transitoire : création d'un poste de Premier ministre, abandon de la référence « populaire » dans la dénomination du pays qui devient la République du Bénin, limitation de l'âge des candidats-présidents à 70 ans afin d'empêcher la candidature des anciens présidents Zinsou, Maga et Ahomadegbe. Suite à l'élection présidentielle de mars 1991, Nicéphore Soglo a remplacé Mathieu Kérékou à la présidence de la République. Ce dernier est élu à son tour en mars 1996 puis réélu en mars 2001. En mars 2006, Thomas Yayi Boni, ancien directeur de la BOAD, a été élu président du Bénin et dirige actuellement le pays.

1er août 1960 Indépendance août 1960 - 28 octobre 1963 Hubert MAGA (1916-2000) Grèves et soulèvements populaires. Coup d'État du colonel Christophe Soglo, conseiller militaire du président Maga. octobre 1963 - janvier 1964 Colonel (puis général) Christophe SOGLO (1912-1984) Soglo rend le pouvoir aux civils. Des élections sont organisées en janvier 1964. janvier 1964 - 27 novembre 1965 Sourou Migan APITHY (1913-1989) Le 27 novembre, le Parti Démocratique Dahoméen (PDD) démet Apithy de ses fonctions et nomme Ahomadegbe à la tête de l’Etat. Le 29 novembre, Christophe Soglo met fin au blocage institutionnel en obligeant Apithy et Ahomadegbe à démissionner. Le président de l'Assemblée nationale, Tahirou Congacou, prend la tête du gouvernement provisoire. 29 novembre - 22 décembre 1965 Tahirou CONGAKOU Coup d'État mené par Christophe Soglo, chef des armées. décembre 1965 - décembre 1967 Général Christophe SOGLO Coup d'État par le colonel Maurice Kouandété qui cède le pouvoir au chef des armées Alphonse Alley. décembre 1967 - juin 1968 Lieutenant-colonel Alphonse ALLEY (né en 1930) Suite à plusieurs crises gouvernementales et à la division entre les militaires, Emile Derlin Zinsou est choisi pour prendre la tête de l’Etat. juin 1968 - 10 décembre 1969 Emile Derlin ZINSOU (né en 1918) Coup d'État dirigé par Maurice Kouandété, Sinzogan et Paul Emile de Souza. Un conseil militaire désigne de Souza comme chef d’Etat. décembre 1969 - mai 1970 Lieutenant-colonel Paul Emile de SOUZA Rend le pouvoir aux civils. Maga est désigné comme chef d'une troïka dont font partie Apithy et Ahomadegbe. Une rotation est prévue tous les deux ans. mai 1970 - mai 1972 Hubert MAGA (1916-2000) Triangle tournant. mai 1972 - 26 octobre 1972 Justin Tometin AHOMADEGBE (1917-2002) Coup d'État de Mathieu Kérékou.

Aguessy C. & Akindele A., Le Dahomey, Paris, Editions maritimes et coloniales, 1955. Almeida-Topor H. d’, Histoire économique du Dahomey : 1890–1920, tome I (496 p.) et tome II (422 p.), Paris, L'Harmattan, 1995. Anignikin S. C., « Les facteurs historiques de la décolonisation au Dahomey (1936-1956) », in C.-R. Ageron (sous la direction de), Les chemins de la décolonisation de l’empire colonial français, Paris, CNRS, 1986, p. 505-511. Banegas Richard, La Démocratie à pas de caméléon : Transition et Imaginaires politiques au Bénin (15 septembre 2003) Cornevin R., Le Dahomey, Paris, PUF, coll. Que sais-je ?, 1970. Cornevin R., La République Populaire du Bénin: Des origines à nos jours, Paris, Maisonneuve et Larose, 1981. N'Diaye T., L'Éclipse des Dieux, Chap La résistance africaine : Béhanzin du Dahomey, Éditions du Rocher/Serpent A Plumes, 2006, 317 p. (ISBN 978-2-268-05641-4) Decalo S., Historical Dictionary of Dahomey (People’s Republic of Benin), Londres, Lanham - Scarecrow Press, 1995 (3 èd.). Glele M. A., La République du Dahomey, Paris, Berger-Levrault, 1969. Glele M. A., Naissance d’un État noir, Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, coll. Bibliothèque africaine et malgache, 1969. Glele M. A., Le Danxomé, du pouvoir aja à la nation fon, Paris, Nubia, 1974 Grivot R., Réactions dahoméennes, Paris, Berger-Levrault, 1954. Le Cornec J., La calebasse dahoméenne ou les errances du Bénin. Tome I : Du Bénin au Dahomey & Tome II : Du Dahomey au Bénin, Paris, L’harmattan, 2000. Mannings P., Slavery, Colonialism and Economic Growth in Dahomey, 1640-1960, Cambridge, Cambridge University Press, 1982. Ronen D., Dahomey. Between Tradition and Modernity, Ithaca & Londres, Cornell University Press, 1975.

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Frontière entre le Bénin et le Burkina Faso

La frontière terrestre entre le Bénin et le Burkina Faso est une frontière terrestre internationale continue longue de 306 kilomètres, qui sépare le territoire du Bénin et celui du Burkina Faso, en Afrique de l'Ouest. Il existe des tensions entre les deux pays en raisons de désaccords sur le tracé exact de la frontière, portant sur le village de Koalou et ses alentours, soit une zone d'une superficie de 68 km². À l'époque coloniale, la frontière était censée suivre le cours de la rivière Pendjari, en vertu d'un décret du 22 juillet 1914 ; mais en 1938, l'administration coloniale a attribué au Bénin le village de Koalou, pourtant situé sur la rive théoriquement burkinaise de la rivière. Des incidents se produisent régulièrement - notamment des conflits de compétences entre les administrations béninoises et burkinaises.

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Royaume du Benin

Reconstruction du drapeau du royaume du Benin. L'original se trouve dans le "British National Maritime Museum" à Londres ([1])

Le royaume du Benin a été l'un des rares grands royaume d'Afrique de l'Ouest côtière à avoir atteint une taille importante en dehors de l'influence de l'Islam, et avant tout contact avec les Européens. Son territoire correspond au sud-ouest de l'actuel Nigeria. Et même, sur une carte hollandaise de 1705, réimprimée en 1907 par sir Alfred Jones, le pays noté grand Benin correspond à la partie du Nigeria située au sud-ouest du fleuve Niger, du Bénin actuel et d'une partie du Togo.

La création du royaume date du XIIIe siècle. La genèse est incertaine, mais certains écrits traditionnels racontent que les habitants d'Edo ont invité le prince Oranmiyan du royaume Yoruba voisin de Ife pour les protéger de la tyrannie des Ogisos. D'autres versions prétendent que le prince Oranmiyan a dirigé une invasion qui a rejeté les Ogisos qui dirigeaient la région depuis -355. Il est généralement admis qu'Eweka, le fils d'Oranmiyan, fut le premier Oba (roi) du Benin.

Dans les premières étapes de l'émergence du royaume, le pouvoir restait au concile des chefs, le Uzama, avec le Oba à leur tête. Sous le règne du Oba Owedo, à la fin du XIIIe siècle le pouvoir commence à passer plus fermement dans les mains du Oba.

En Europe, il était connu avant le XVe siècle qu'au-delà du Maghreb, les Arabes obtenaient de l'or de peuplades noires.

L'âge d'or du royaume du Benin commence avec Oba Ewuare, dit le grand, qui régna de 1440 à 1473. Il commence par renforcer son pouvoir en créant d'autres catégories de chefs pour affaiblir le pouvoir du Uzama, et contrer les factions politiques. Il débute une série de conquêtes : Idah vers le nord, Owo et Akure en pays Ibo, à l'ouest du Niger. Le royaume devient un empire, et Benin City, qu'il fait fortifier, en est la métropole. Le Oba a désormais une nature semi-divine, et Ewuare institue l'hérédité du titre.

C'est à la fin du règne d'Ewuare, en 1472, que Ruy de Sequeira, un navigateur portugais, établit un premier contact avec le royaume du Benin. Cependant, ce contact est sujet à controverse chez les historiens.

Le fils d'Ewuare, Ozolua le conquérant, poursuit l'extension de l'empire. Lagos devient une ville de garnison pour les troupes. En 1486, un autre navigateur portugais, Joao Affonso d'Aviero, entre en contact avec le royaume et des échanges d'ambassadeurs entre les deux pays vont s'établir, ainsi que des échanges commerciaux : le Benin envoie du poivre, des peaux de léopards, de l'ivoire, des vêtements traditionnels, des objets artisanaux de bois et de terre cuite. En échange, ils reçoivent vêtements, lunettes... et surtout des armes à feu qui favorisent le pouvoir militaire et accélère encore l'expansion pendant tout le XVIe siècle. Les missionnaires portugais avaient comme instructions de convertir le Oba au catholicisme, mais la position de celui-ci en tant que chef du culte de son peuple fait échouer ce projet.

C'est avec le fils d'Ozolua, Oba Esigie, qui règne de 1504 à 1550, que le royaume atteint son apogée, surtout dans le domaine des arts et de la culture. Des explorateurs anglais ont rapporté que Esigie pouvait lever une armée de vingt mille hommes dans la journée, et jusqu'à cent mille hommes si nécessaire. Esigie crée aussi le titre de reine mère pour fêter sa mère Idia; les plus anciennes têtes de reine en laiton, un des chefs d'œuvre de l'art beninois, datent de cette époque.

Esigie, dans un effort pour diffuser le christianisme auprès de son peuple envoie Ohen-Okun, le prêtre de Ughoton, comme ambassadeur auprès du roi du Portugal en échange de missionnaires catholiques, les deux rois échangent de nombreux cadeaux précieux. Esigie autorise aussi la construction d'églises dans les villes de Ogbelaka, Idumwerie et Akpakpava. L'église Aruosa de Benin City est une survivance de cette époque.

La première expédition britannique au Benin date de 1553. Rapidement des échanges commerciaux s'établissent, notamment d'ivoire, d'huile de palme et de poivre, puis plus tard d'esclaves, des prisonniers de guerre vendus par les Béninois. Ce marché deviendra tellement florissant que les côtes du Benin seront appelées côtes des esclaves.

En 1702, le Hollandais David Van Nyendal décrit le régime alimentaire typique du royaume à la fin de son âge d'or, à base de bœuf, mouton et poulet. L'influence du royaume diminue au XVIIIe siècle sous la poussée des Yorubas à l'ouest, des Britanniques au sud et des Nupes au nord. Cependant, elle reprend de l'essor au XIXe siècle avec le commerce de l'huile de palme.

Dans les années 1880 et 1890, la pression des Britanniques se fait plus forte. Pour préserver l'indépendance du royaume, le Oba restreint petit à petit les exportations jusqu'à ce que celles-ci ne se fassent plus qu'en huile de palme.

En 1897, le lieutenant Phillips demande un rendez-vous au Oba Ovoramwen pour signer un traité demandant l'arrêt de la traite des esclaves et des sacrifices humains. Il se rend à Benin City avec un détachement de neuf hommes, alors qu'il n'a pas encore reçu de réponse. Cette venue est prise comme un acte de guerre par les Béninois et le lieutenant Phillips ainsi que sept de ses hommes sont massacrés.

Les Britanniques lancent une expédition punitive. Une force de 1200 hommes, dirigée par l'amiral Harry Rawson, prend Benin City, détruit la majeure partie du trésor royal et disperse le restant. Les restes de centaines de sacrifices humains seront découverts par les Britanniques. Le Oba est forcé à l'exil vers Calabar, une lointaine ville du Nigeria. Dès 1897, la province du Warri est séparée du reste du royaume. La guerre aboutit à la fin de l'indépendance du royaume en 1900 où le Benin est incorporé dans l'empire colonial britannique à l'intérieur du protectorat du sud Nigeria.

La monarchie du Benin est rétablie en 1914, mais le Oba n'a plus de réel pouvoir.

La chute de l'empire du Benin est raconté en 1973 dans le film Ovonwamren Nogbaisi du réalisateur et scénariste Olawale Rotimila.

De nombreuses peuplades actuelles ont leurs origines dans le royaume du Benin : les Esans, les Ihohos, les Ikas... L'influence reste forte, même loin de ses bases : l'Itsekiri de Warri, l'Igbo de Onitsha et jusqu'au Kalabari Ijaw de Degema dans l'État de Rivers se réclament de la lignée royale Bini.

En 1975, l'ancien Dahomey est renommé Benin en souvenir.

Le Oba actuel, Solomon Erediauwa II, possède toujours, bien que ses fonctions ne soient pas officielles, une grande influence sur les peuplades des états nigérians actuels d'Edo et de Delta. Il a aboli les sacrifices humains, et conserve un rôle consultatif dans le gouvernement.

Une grande campagne a été lancée pour récupérer les pièces d'art distribuées dans les musées du monde entier après la prise de Benin City en 1897.

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Source : Wikipedia