Arménie

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Posté par seb 03/04/2009 @ 11:11

Tags : arménie, asie, international

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Arménie

Armoiries de l'Arménie

L’Arménie (en arménien : Հայաստան (Hayastan)) est un pays du Caucase sans accès à la mer. Cette ancienne république soviétique a des frontières terrestres avec la Turquie à l'ouest, la Géorgie au nord, l'Azerbaïdjan à l'est et l'Iran au sud. Bien que située en Asie, l'Arménie est considéré par certains auteurs comme faisant culturellement, historiquement et politiquement parlant, partie de l'Europe,. Elle est membre de plus de trente-cinq organisations internationales, comme l'ONU, le Conseil de l'Europe, la Communauté des États indépendants, etc. Elle est aussi un membre permanent de l'organisation internationale de la francophonie.

Avec un riche héritage culturel, elle est une des plus anciennes civilisations au monde. Bien que l'Arménie soit un pays constitutionnellement séculier, la religion chrétienne joue un rôle important, puisqu'elle est la première nation à adopter le christianisme comme religion officielle en 301.

L'Arménie était peuplée depuis la préhistoire. Elle avait comme centre le mont Ararat qui a longtemps eu une signification religieuse pour les Arméniens. Les archéologues continuent de trouver des preuves selon lesquelles l'Arménie était un ancien centre de civilisation, avec l'Urartu, rival de l'Assyrie. On ne peut parler de peuple arménien qu'à partir du VIIe siècle av. J.-C., époque à laquelle la région fut investie par un peuple indo-européen (Armens et Hayaza-Azzi) qui se mêla à la population urartéenne.

Vers 610 av. J.-C., une tribu thraco-illyrienne originaire des Balkans passe en Asie Mineure et se déplace graduellement vers l’est jusqu’au Caucase pour se confondre, sans confrontation semble-t-il, avec le royaume de l’Urartu. Elle adopte ensuite la civilisation locale, impose sa langue indo-européenne et sa culture et fonde la nation arménienne. Les Arméniens sont évoqués dans les archives de Ninive.

En 480 av. J.-C., les vassaux de Xerxès Ier, roi des Perses, combattent à Marathon contre les Grecs.

Ainsi, la région passa par des périodes d’indépendance et de soumission. À la suite de la conquête de l'empire perse par Alexandre le Grand, l'Arménie subit donc l'influence grecque (dynastie Séleucide). À cette époque, la dynastie Orontide défend la souveraineté arménienne.

En 189 av. J.-C., le stratège Artaxias proclame l’indépendance et, en 187 av. J.-C., fonde sa capitale, Artaxate. Cette Arménie hellénistique, sous le règne de la nouvelle dynastie artaxiade doit faire face aux Parthes. Sous le règne de Tigrane le Grand (95 -55 av. J.-C.), elle va s’étendre de la Méditerranée aux rives de la mer Caspienne. Ce même roi déplace sa capitale à Tigranocerte vers -78.

Mais l'expansion de l'Arménie indispose les Romains qui annexent une bonne partie des terres que Tigrane venait de conquérir, tout en laissant l'Arménie indépendante jusqu'en 65 av. J.-C., année où le pays devient un protectorat romain.

De 1 à 53, les Romains et les Parthes se partagent l'Arménie. Celle-ci est à nouveau romaine de 114 à 117.

Mais, par la suite, la dynastie arsacide rétablit l'indépendance du pays. Au IIe siècle, une nouvelle dynastie perse, les Sassanides, profite de la faiblesse de l'Empire romain pour envahir l'Arménie. Ce n'est que sous l'empereur Dioclétien que les Romains rétablissent leur protection sur l'Arménie. Ils portent au pouvoir le roi Tiridate IV qui se convertit au christianisme en 301 sous l'influence de saint Grégoire l’Illuminateur. L’Arménie est ainsi, dès le début du IVe siècle, le premier pays officiellement chrétien. Pour affirmer l'intégrité de la nation arménienne, le moine Mesrob Machtots crée un nouvel alphabet, inspiré par le grec, avec 32 consonnes et 6 voyelles et qui s’écrit de gauche à droite. Les Arméniens peuvent se passer du grec pour la publication des textes. Ainsi, vers l'an 406, l'alphabet arménien est adopté par l'ensemble du royaume. En l'an 428, l'Arménie est divisée entre les Sassanides et les Byzantins.

La région est ensuite envahie par les Arabes, qui établissent l'Émirat d'Arménie. Vers l'an 885, la dynastie Bagratide s'impose en Arménie, et l'indépendance du pays est alors reconnue. À l'époque, l'Arménie a comme capitale la ville d'Ani, qui, avec une population surpassant celle des métropoles européennes comme Paris, Londres et Rome, devient le centre culturel, religieux et économique du Caucase.

L'empire byzantin s'engage dans une lutte pour subjuguer l'Arménie et réussit finalement en 1045. Mais il est ensuite trop affaibli pour défendre la région contre les Turcs Seldjoukides qui, en 1064, ruinent l'Arménie et continuent d'avancer vers le reste de l'Asie Mineure. Malgré la renaissance zakaride dans la seconde moitié du XIIe - première moitié du XIIIe siècles, des milliers d'Arméniens partent en exil pour s'établir dans des régions plus prometteuses telles que la Moldavie, la Transylvanie, la Hongrie, l'Ukraine, la Pologne, Chypre, divers ports de la Méditerranée et surtout en Cilicie. Dans cette dernière région est fondé en 1137 un royaume arménien qui prolonge la souveraineté arménienne jusqu'en 1375, le Royaume arménien de Cilicie ou Petite-Arménie.

L'Arménie est l'alliée des croisés de Terre sainte. Plusieurs mariages ont lieu entre princesses arméniennes et souverains francs d’Orient - par exemple le comte Baudouin de Boulogne épouse une Arménienne et devient maître du Comté d’Édesse. Il y a aussi des mariages entre des princes arméniens et des princesses chypriotes. En 1190, Henri VI, empereur romain germanique, remet la couronne royale à Léon II d’Arménie. En 1199, Léon II lui rend la pareille en lui offrant lui aussi une couronne. La culture arménienne est alors très ouverte sur celle de l’Europe et des États latins d’Orient. En 1374, Léon VI de la Maison de Lusignan est le dernier roi arménien avant l'invasion du pays par les Mamelouks en 1375.

Pendant ce temps, l'Arménie (ou Grande-Arménie) est envahie par diverses tribus turques et devient l’objet de luttes entre l’Empire ottoman et l’Empire perse. À partir du XIVe siècle, elle reste sous domination turque. Les guerres reprennent en 1827, lorsque l’Empire russe commence à avoir des vues sur le nord de l'Arménie. À la fin du XIXe siècle, le territoire est partagé entre la Russie et l’Empire ottoman. C'est à cette époque, sous le règne du Sultan Abdülhamid II, que les Turcs se livrent aux premiers massacres contre le peuple arménien (1894-1896) vivant sur la partie du territoire qu’ils contrôlent, c'est-à-dire l’Asie Mineure orientale ou l'Arménie occidentale. Ces massacres firent entre 200 000 et 250 000 morts.

Le 24 avril 1915, le gouvernement Jeunes-Turcs de l’empire ottoman décide d’en finir avec la minorité arménienne vivant dans l’actuelle Turquie et organise la déportation et le massacre d'environ un million et demi d'Arméniens, perpétrant ainsi le premier génocide du XXe siècle. L'Arménie occidentale est vidée de sa population arménienne natale. Ce génocide n'a jamais été reconnu en tant que tel par la Turquie, dont les lois condamnent lourdement ceux qui se posent en défenseurs de la cause arménienne. Après l'effondrement de la Russie (1917) et de l'empire ottoman (1918), les Arméniens parviennent à créer une république indépendante, à l'existence éphémère (1918-1920).

Battus par Kemal Atatürk, les Arméniens se résignent à accepter la protection des bolchéviques : le 29 novembre 1920 naît la République soviétique d'Arménie qui ne couvre qu'une petite partie du territoire historique de l'Arménie. En 1922, elle est incluse dans la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie, puis, à partir de 1936 — à l'issue de l'éclatement de la Transcaucasie —, elle devient une République socialiste soviétique à part entière.

Dès lors et durant toute la période soviétique, des tensions sourdes et récurrentes vont opposer Arméniens et Azéris autour du destin de la région du Haut-Karabagh. En décembre 1920, après la soviétisation de l'Azerbaïdjan, les autorités de la RSS d'Azerbaïdjan, nouvellement créée, déclarent renoncer à leurs prétentions sur les territoires litigieux, et reconnaissent officiellement le droit à l'autodétermination du peuple du Karabagh. Mais le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevik, alors présidé par Staline, décide du rattachement du Haut-Karabagh à l'Azerbaïdjan. Pendant près de soixante-dix ans, le problème est « gelé ». Durant toute cette période, à intervalles réguliers, la grande majorité des Arméniens du Haut-Karabagh proteste pacifiquement contre les suites de cette décision et demandent que soit discutée la possibilité d'une intégration du Haut-Karabagh au sein de l'Arménie.

Puis, avec la glasnost et la perestroïka, les tensions récurrentes entre les deux républiques soviétiques provoquées par la politique des nationalités et surtout le découpage administratif prennent une tournure plus ouverte et se cristallisent autour de la question du Haut-Karabagh. Le 12 juin 1988, la région autonome du Haut-Karabagh se déclare en sécession. Trois jours plus tard, l'Azerbaïdjan réaffirme l'attachement du Haut-Karabagh à son territoire et des violences éclatent.

L’Arménie accède à son indépendance définitive le 21 septembre 1991. Suivant l'exemple de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan (qui a déclaré son indépendance de l'URSS le 30 août 1991), la région autonome du Karabagh déclare son indépendance le 2 septembre 1991, à la suite d'un référendum. Pour rétablir son contrôle sur le Haut-Karabagh, les autorités de Bakou envoient des troupes au Haut-Karabagh et c'est le début du conflit. Les Arméniens de la région s'organisent pour se défendre et, avec l'aide de l'Arménie, les combattants du « Comité Karabakh » chassent les Azéris. Les affrontements entre Arméniens et Azéris font de nombreuses victimes de part et d'autre. Malgré le cessez-le-feu conclu en mai 1994, cette question n’est toujours pas réglée.

L'Arménie dispose d'un régime semi-présidentiel avec à sa tête Serge Sargsian, élu en 2008. Le premier président arménien fut Levon Ter Petrossian, qui avait pris les rênes du pays en 1991. En 1998, affaibli dans son pays après avoir souhaité renégocier le statut du Haut-Karabagh, il est poussé à la démission avant d'être remplacé par Robert Kotcharian.

L'Arménie est chrétienne, petite, montagneuse et enclavée, mais bénéficie du support fourni par sa diaspora. Ses relations avec l'Azerbaïdjan et la Turquie sont difficiles à cause de la guerre du Haut-Karabagh et du génocide arménien.

Depuis son indépendance en 1991, l’Arménie a toujours gardé des relations étroites avec la Russie dont elle est l’indispensable partenaire dans la région. Elle accueille ainsi une base militaire russe à Gyumri. Cependant, la politique étrangère de l’Arménie se transforme aussi graduellement vers la recherche d’un soutien plus fort de l’Occident.

L’Arménie a ainsi exprimé le désir de s’intégrer dans les institutions européennes. Elle a adhéré au programme de Partenariat pour la paix de l’OTAN et aussi adhéré au Conseil de l’Europe (42e pays membre). Elle a envoyé une section de soldats de la paix au Kosovo sous commandement des forces grecques de la KFOR. Ainsi, l’Arménie cherche à équilibrer ses relations avec la Russie et également avec l’OTAN.

Les États-Unis, avec leur diaspora arménienne, apportent une sérieuse contribution à la reconstruction de l’économie arménienne qui a récemment vu son PIB progresser de façon impressionnante.

L’Arménie est en outre assez proche de la Géorgie, dont elle dépend économiquement pour le transit et l'importation des biens de première nécessité. Afin de ne pas mettre en péril cette relation indispensable face au blocus imposé par la Turquie et l'Azerbaïdjan depuis des années, Erevan est resté très prudent et a évité toute déclaration intempestive sur les velléités d'indépendance qui se sont matérialisées durant l'été 2008 au sein de la Géorgie en marge de la guerre d'Ossétie du Sud de 2008. Sur la question de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, l'Arménie s'est donc quelque peu distancée de son protecteur principal, la Fédération de Russie — sans pour autant rejoindre le chœur des condamnations occidentales sur l'attitude de Moscou durant la crise.

L'Arménie est constituée de plateaux et de chaînes montagneuses très élevées. Près de 90 % du territoire se situe à plus de mille mètres d'altitude. Enclavée dans les hauteurs du Caucase, entre la mer Noire et la mer Caspienne, l'Arménie se situe en Eurasie, à cheval entre l’Europe et l’Asie.

Son point culminant historique était le mont Ararat et ses 5 160 mètres jusqu'en 1915. Depuis, le mont Ararat se trouve en Turquie et le point culminant actuel est le mont Aragats et ses 4 095 mètres.

Le paysage arménien se caractérise également par ses lacs et notamment le lac Sevan, un grand lac de 14,00 km2 perché à 1 900 mètres d'altitude à 60 km à l'est d'Erevan, la capitale.

L'Arménie est située au cœur d'une zone qui connaît une grande activité sismique. La région est en effet soumise à la pression, forte et constante, de la péninsule Arabique, plaque tectonique jadis détachée du continent africain et qui continue de « pousser » vers le nord-est. Le dernier grand tremblement de terre a fait entre vingt-cinq et trente mille morts le 7 décembre 1988.

La végétation est rare et encore limitée par la déforestation.

Le climat, continental sur la majeure partie du territoire, devient rapidement montagnard avec l'altitude. Les hivers sont frais (particulièrement sur les hauts plateaux où il peut faire jusqu'à –40 °C) et parfois assez neigeux (surtout en altitude). Les étés sont chauds et ensoleillés, souvent ponctués de violents orages.

Tandis qu'Erevan, aux alentours de 1 000 mètres d'altitude, connaît un climat quasi-continental (les étés y sont bien plus secs que dans un climat continental classique), Gyumri, deuxième ville du pays perchée à plus de 1 500 mètres, vit des étés relativement doux et des hivers longs, très rigoureux et neigeux, typiques du climat montagnard.

Le climat du Haut-Karabagh est une exception. Située globalement à moins de 800 mètres d'altitude, la région connaît un climat vraisemblablement plus continental, voire méditerranéen avec des étés certes chauds mais des hivers bien moins froids que dans le reste de l'Arménie.

Après la chute de l'Union soviétique, les Arméniens durent tout reconstruire, repartant presque de zéro après soixante-dix ans de communisme. Comme dans toutes les autres républiques de la CEI, le passage à l'économie de marché ne s'est pas fait sans mal, malgré un important soutien de la diaspora arménienne. Les entreprises ont été privatisées et un grand effort a été entrepris dans le secteur de l'agro-alimentaire afin de pouvoir assurer rapidement l'indépendance alimentaire du pays.

Cependant, l'économie a eu du mal à décoller durant les années 1990, à cause de l'inadaptation de l'outil industriel, le manque d'énergie, de fonds d'investissement et la pauvreté des moyens de communications. L'activité industrielle peut espérer s'appuyer sur quelques ressources minières (cuivre et aluminium) ou sur l'or. Le pays ne possède pas de ressource pétrolière même si des prospections sont menées. L'essentiel des industries est concentré à Erevan, la capitale (construction mécanique, caoutchouc). D'un point de vue énergétique, l'Arménie a longtemps été dépendante de ses voisins et a souffert de graves pénuries (ni la Turquie, ni l'Azerbaïdjan n'étaient prêts à lui vendre de l'énergie). Les Arméniens ont donc dû prendre la grave décision de redémarrer la centrale nucléaire de Metsamor (mise à l'arrêt sous la pression des écologistes, suite au tremblement de terre de 1988) afin de pallier ce déficit énergétique.

La croissance est seulement de 3,3 % en 1997, mais la situation s'est améliorée : le PIB a cru de 13,9 % en 2005. L’Arménie enregistre une croissance de 12,5 % de son produit intérieur brut (PIB) entre janvier et septembre 2006, un PIB évalué à près de 4 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année. L’Arménie a en outre enregistré une hausse très forte de son activité économique de 26,3 % entre août et septembre. La production industrielle a néanmoins enregistré une baisse de 2 % -par rapport à 2005- s’établissant à 468,1 milliards de drams entre janvier et septembre 2006. La production électrique estimée à 4 530 millions de kWh, a quant à elle subi une baisse de 5,2 %. Par ailleurs, l’agriculture enregistrait à fin septembre une croissance de 15,6 % avec une production agricole de 370,5 milliards de drams. Mais c’est le secteur de la construction qui a enregistré une croissance record de 40 % sur les neuf premiers mois de l’année avec un montant des investissements s’établissant à près de 400 milliards de drams.

En janvier 2007, le produit intérieur brut de l’Arménie a augmenté de 11,9 % à 230,3 millions de dollars (information diffusée par le centre national d’études statistiques). En janvier, la production industrielle a augmenté de 4 % (124 millions de dollars), et la production agricole de 3,5 % s’établit à 38 millions de dollars. Le gouvernement arménien prévoit pour 2007 une croissance économique de 9 % contre 13,4 % en 2006.

Alors que les prévisions de croissance économique de l’Arménie étaient, pour 2008, de 10,0 %, le pays a en fait enregistré une croissance de 13,8 %. Le budget de l’État arménien a atteint un nouveau record en 2008, équivalent à 2,45 milliards de dollars. C’est ce qu’a annoncé Serge Sarkissian mercredi 12 septembre 2007. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre a également prévu une augmentation des impôts sur le revenu pour l’année à venir. Ce budget prévoit de consacre 1,7 milliard de dollars (583 milliards de drams) aux dépenses du gouvernement, soit 18 % de plus qu’en 2006. Serge Sargsian n’a pas donné plus de détails. Pour l'année 2009, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) table sur une croissance de 8,3 %. Mais aujourd’hui, avec la crise économique mondiale, les données des prochains mois sont revues à la baisse. La raison de cette baisse est intimement liée à la souffrance de l'économie de la Russie. Cette dernière étant le premier partenaire économique de l’Arménie.

La dette extérieure de l’Arménie représentait 1,265 milliard de dollars au 1er juillet 2007 en augmentation de 9,3 % en un an (chiffres fournis par le Centre national d’études statistiques d’Arménie). La dette de l’État arménien est de 1,103 milliard de dollars, celle de la Banque centrale d'Arménie est de 158 millions. Les créanciers de l’Arménie sont les structures financières internationales (1,124 milliard) dont la Banque mondiale (909 millions) et le Fonds monétaire international (156 millions).

Après de nombreuses années de diminution, la population arménienne s'est stabilisée et, d'après les chiffres publiés début 2008, recommence à augmenter. Les autorités arméniennes se félicitent de voir enfin s’inverser en faveur des immigrants la balance migratoire arménienne, après de longues années d’émigration qui, surtout dans la décennie qui a suivi l’indépendance, ont provoqué une véritable saignée démographique. Au 1er janvier 2008, l'Arménie comptait 3 299 900 habitants, dont environ un million vivent à la campagne et deux millions en ville (1,1 million rien qu'à Erevan).

Finalement peu peuplée, l'Arménie jouit du soutien d'une très importante diaspora arménienne à travers le monde : en Fédération de Russie (1,5 million), au Canada et aux États-Unis (1,2 million), en Afrique (900 000), en Syrie et au Liban (900 000) — dont 235 000 au Liban, 4 % de la population libanaise où ils constituent deux des dix-huit communautés officielles — dans l'Union européenne (surtout en France) (700 000) et en Amérique latine (200 000).

L'Arménie est très handicapée par le blocus terrestre de la frontière par la Turquie. Le pays ne compte que huit cents kilomètres de voies ferrées, le plus souvent en mauvais état. Les routes, quant à elles, sont normalement praticables dans les montagnes. Les télécommunications sont également en développement.

Le pays compte seize chaînes de télévision et autant de stations radiophoniques.

Malgré les nombreuses difficultés de sa longue histoire, l'Arménie a su créer des richesses culturelles inscrites dans la pérennité. Des premiers royaumes à l'invention de l'alphabet arménien en passant par la christianisation du pays, elle a su profiter de chaque événement comme outil ou inspiration de son œuvre culturelle.

L'Arménie s'est constituée un riche patrimoine architectural fait de monastères, églises et chapelles. On y trouve — tant dans le pays que dans l'Arménie historique — une typologie assez unique d'architecture ecclésiastique.

La domination ottomane met un frein à l'essaimage de l'art architectural arménien et il semble véritablement y avoir une pause dans la chronologie de l'histoire architecturale arménienne à partir du XIVe siècle, à l'invasion touranienne du royaume de Petite-Arménie.

À l'émergence d'un début d'indépendance après le génocide, l'influence soviétique est telle qu'elle sera la seule source d'inspiration artistique jusqu'à l'indépendance en 1991.

L'Arménie devient chrétienne en 301 et dès lors, sa littérature, en parallèle à la poésie, se développe. Les premiers temps voient naître une littérature historiographique dès le Ve siècle. À partir du Xe siècle, ce sont le roman et surtout la poésie qui se développent. Le XIXe siècle voit la naissance de la révolution littéraire arménienne (Raffi, Toumanian, Demirdjian), aussi bien à l'intérieur du pays qu'en dehors, grâce à la diaspora arménienne.

De par ses diverses situations géographiques et ses influences différentes tout au long de son histoire, l'Arménie a une longue tradition musicale faite de musique folklorique, religieuse, classique et, plus récemment, de jazz et de rap.

L'art s'est également développé à travers les céramiques ou les enluminures que dessinaient les moines. Par ailleurs, le tissage de tapis, comme dans tout le Moyen-Orient, est une spécialité arménienne depuis des millénaires.

Le cinéma arménien est né avec son premier film documentaire, Soviet Armenia en 1924. Dirigé par Hamo Beknazarian, Namus est le premier film muet arménien, en 1926.

Sergueï Paradjanov est un de ses maîtres, avec notamment Les Chevaux de feu ou La couleur de la grenade.

L'Arménie possède plus d'une dizaine de chaînes de télévision nationales et reçoit quelques chaînes étrangères, notamment russes et iraniennes.

La principale chaîne arménienne est Arménie 1 (H1), la télévision publique. Imaginée en 1955 par le conseil des ministres de l'Union soviétique et créée en 1956, elle continue d'émettre aujourd'hui, non seulement en Arménie, mais aussi dans le reste de l'Europe, en Russie, en Australie et aux États-Unis.

L'autre chaîne importante, Armenia TV, est privée. Bien plus jeune que sa grande sœur, elle n'est créée qu'en 1999 et est diffusée dans plusieurs pays européens, américains et asiatiques.

Par ailleurs, Horizon TV est une chaîne de télévision d'informations, en diffusion 24h/24. À noter que CNN et Euronews diffusant leurs programmes en Arménie décrochent plusieurs heures par jour pour des programmes en arménien.

La plupart des autres chaînes du pays sont soit locales (plusieurs télévisions à Erevan par exemple) soit spécialisées (musique, automobile, informations…).

La cuisine arménienne — et de la diaspora arménienne — est riche de par sa diversité qui s'est forgée au cours de l'Histoire. Tantôt influencée par le Moyen-Orient, tantôt par la Russie ou bien l'Europe, cette cuisine a également influencé celle des pays avoisinants, notamment la Syrie et le Liban.

L'Arménie actuelle connaît une cuisine assez pauvre, principalement à base de poissons et de brochettes de viande. Le poisson est le plus souvent grillé et servi avec des légumes ou du riz. Les brochettes sont à base de porc, de poulet ou de bœuf — haché ou entier — et accompagnées de riz ou de frites. Par ailleurs, la spécialité nationale est le khach (խաշ), sorte de potée de pieds de bœuf bouillis et assaisonnés au service. Ce plat de la région de Shirak n'est consommé qu'en hiver en Arménie (alors qu'il l'est toute l'année en Géorgie).

La cuisine de l'Arménie occidentale est à rapprocher de la cuisine turque, libanaise et grecque. En entrée, on y mange souvent des mezzés dont du houmous, moutabal, böreks, dolmas, etc. Les repas commencent souvent avec un plat de légumes crus : concombres, radis, salades, tomates, etc. Le plat principal peut, comme en Arménie, être à base de brochettes accompagnées de riz pilaf. Cependant, des plats plus longs à préparer (parfois jusqu'à une demi-journée) sont très appréciés. Ainsi le su-börek, sorte de lasagnes au fromage et au persil, les mantis, petits raviolis de viande, les koftas ou la moussaka font partie des plats traditionnels.

Les plats sont accompagnés de lavash, le pain traditionnel arménien.

Les desserts arméniens sont à rapprocher des desserts orientaux en général : baklavas, kadayifs, loukoums, etc.

Le royaume d'Arménie est le premier État à reconnaître puis adopter le christianisme comme religion officielle sous le roi Tiridate IV (298-330) lorsque ce dernier, une partie de sa famille et quelques membres du palais sont convertis, en 301 selon la tradition, par saint Grégoire l'Illuminateur. Cependant, il reste une controverse quant à la date exacte du baptême de la famille royale. Les deux études les plus sérieuses proposaient d'une part 314 (P. Anean, 1961) et d'autre part 294 (B. Mc Dermot, 1970), jusqu’à la publication de travaux plus récents affirmant que la conversion eut lieu entre 305 (R. Manaseryan - l’Arménie d’Artawazd à Trdat le Grand, 2005) et 311 et non sous l'influence romaine, affaiblie en orient à cette époque.

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Royaume d'Arménie

Monnaie de Lucius Verus avec l'Arménie soumise au revers.

Le royaume d'Arménie ou Grande-Arménie (par rapport à Petite-Arménie) est fondé en 190 av. J.-C. par Artaxias Ier, fondateur de la dynastie artaxiade. Connaissant son apogée sous le règne de Tigrane le Grand, il devient ensuite un enjeu entre Romains et Parthes, puis entre Romains et Sassanides. Au Ier siècle, son trône passe aux Arsacides, qui le conservent jusqu'en 428, date de l'abolition de la monarchie et du début du Marzpanat.

Ancienne satrapie de l'empire perse achéménide (VIe ‑ IVe siècles av. J.-C.), l'Arménie passe au pouvoir d'Alexandre le Grand en -331, puis de ses successeurs, pour faire partie du royaume séleucide, sous des souverains orontides (la Sophène, détachée, ayant ses propres souverains). La défaite du roi séleucide Antiochos III face aux Romains à Magnésie du Sipyle en -190 redessine la carte politique du Moyen-Orient. Aux termes de la paix d'Apamée (-188), Antiochos III ne peut plus intervenir au nord du Taurus, créant un vide politique que remplissent immédiatement de nouveaux royaumes indépendants. Dès -190, le satrape d'Arménie Artaxias, auprès duquel s'est réfugié le Carthaginois Hannibal, fonde sur ses conseils la ville d'Artaxate (au sud de l'actuelle Erevan) sur les rives de l'Araxe, et en fait la capitale d'un royaume d'Arménie dont il se proclame le roi, avec la bénédiction des Romains. Artaxias fonde ainsi la dynastie royale des Artaxiades qui régnera sur le pays jusqu'au début du Ier siècle.

Situé dans une région montagneuse et difficile d'accès, le royaume d'Arménie occupe en Orient une position stratégique. À partir de son territoire, des attaques dévastatrices peuvent être lancées contre la Syrie septentrionale, la Cilicie, ou encore l'ouest de l'Iran (région de la Médie, autour d'Ecbatane). Les grandes puissances qui contrôlent ces régions menacées ont en revanche de grandes difficultés à pénétrer en Arménie, et encore plus à s'y maintenir de façon durable. C'est pourquoi, sans chercher à annexer directement ce royaume, elles s'efforcent pendant toute l'Antiquité de le neutraliser en contrôlant son aristocratie et surtout son roi. Cette aristocratie, en grande partie d'origine iranienne ou iranisée (un héritage de l'empire achéménide), a des liens naturels avec celle de l'empire parthe.

Le royaume devient une puissance régionale majeure de -95 à -66 avec le roi Tigrane II le Grand, mis sur le trône par les Parthes. Tigrane s'allie à son voisin Mithridate VI, le roi du Pont, et tente avec lui de s'emparer de la Cappadoce au cœur de l'Asie mineure. Il déclenche ainsi la réaction des Romains qui interviennent sous la conduite de Lucius Cornelius Sylla. Tigrane se tourne aussi contre les Parthes et s'avance en Médie jusqu'à Ecbatane (Hamadan, Iran) et en Assyrie jusqu'à Arbèles (Erbil, Irak). En -83, Tigrane envahit la Syrie et la Cilicie, à la requête même des cités grecques de ces régions, comme à Damas. Il fonde une nouvelle capitale qu'il nomma Tigranocerte (probablement au sud de Diyarbakır, Turquie).

Au moment où le royaume séleucide s'écroule totalement, et où une nuée de chefs tribaux se disputent le Proche-Orient, l'Arménie apparaît à beaucoup comme la grande puissance capable de rétablir l'ordre et la sécurité. Les Romains réagissent à nouveau et l'Arménie est attaquée et vaincue en -69 par Lucius Licinius Lucullus, qui prend Tigranocerte et parvient devant Artaxate l'année suivante. En -66, Pompée bat Mithridate du Pont, le fils de Tigrane se rend aux Romains, et Tigrane fait sa soumission. Pompée le laisse sur le trône mais le royaume d'Arménie est réduit à son foyer historique, autour d'Artaxate.

Le royaume d'Arménie demeure sous influence romaine jusqu'en -34, quand le roi Artavazde II se brouille avec Marc Antoine qui le fait arrêter et détenir à Alexandrie où il est exécuté sur l'ordre de Cléopâtre. Le nouveau roi Artaxias II, pro-parthe et profitant de la guerre civile qui fait rage entre Romains, fait massacrer tous les Romains qui se trouvent dans le royaume. Par la suite il entre en conflit avec sa propre aristocratie qui fait alors appel à Auguste pour le renverser. Les Romains interviennent, sous la conduite du futur empereur Tibère, et mettent sur le trône Tigrane III.

L'empire parthe, qui a déjà dû repousser une tentative d'invasion romaine sous Crassus, ne voit pas d'un bon œil la présence romaine en Arménie. Pendant tout le règne d'Auguste à Rome, cette question d'Arménie devient une pomme de discorde entre Romains et Parthes, mais le royaume demeure bon an mal an inféodé aux Romains tout en maintenant des relations étroites avec les Arsacides parthes.

Ainsi, lorsque le roi d'Arménie Vononès Ier, un Arsacide, ancien roi des Parthes détrôné, se tourne vers les Romains pour leur demander de l'aide contre son parent Artaban III, Tibère préfère ne pas l'appuyer, mais au contraire le fait arrêter et exécuter. Il préfère nommer en Arménie Artaxias III Zénon, fils de Polémon, roi du Pont.

Après sa mort, les Parthes reprennent le contrôle du royaume de 35 à 42, en installant sur le trône les rois Arsace Ier et Orodès Ier, auxquels les Romains opposent leur candidat, Mithridate, qu'ils rétablissent sous leur protectorat. En 55, les Parthes tentèrent de reprendre la main mais furent chassés par Gnaeus Domitius Corbulo, légat de Syrie, qui envahit le territoire parthe. Vologèse Ier, roi des Parthes, doit négocier, et le roi d'Arménie Tiridate, un Arsacide, renonce un temps à son diadème (symbole royal dans le monde hellénistique). Néron passe alors un accord avec les Parthes : le roi d'Arménie serait pour ainsi dire statutairement lié aux deux empires, car il serait choisi dans la famille arsacide du roi des rois parthe, mais serait couronné par les Romains. Tiridate se rend à Rome en 66, où il est accueilli avec un faste inouï par Néron qui lui remet officiellement son diadème royal.

Cette situation dure un demi-siècle, jusqu'à un coup de force du roi des rois parthe Chosroès. Celui-ci, pour des raisons de querelles dynastiques, veut, vers 110, démettre le roi d'Arménie Axidarès (reconnu par Rome) et le remplacer par Parthamasiris. L'empereur romain Trajan refuse de l'accepter, intervient en 114 et, en une campagne foudroyante, conquiert toute la Mésopotamie jusqu'au golfe arabo-persique. En Arménie, Parthamasiris est renversé et le royaume est réduit en province romaine. La politique de Trajan consiste en effet à supprimer les royaumes clients, pas toujours dociles, et à en faire de nouvelles provinces : il l'a fait pour la Dacie et l'Arabie et, en 114, il le fait pour l'Arménie et la Mésopotamie.

Mais Trajan ne peut se maintenir longtemps dans la région, en raison des insurrections répétées à l'est de l'Euphrate. Il évacue le terrain conquis et Hadrien, son successeur, fait la paix avec les Parthes et rétablit le royaume d'Arménie en 118 en nommant roi Vologèse Ier, un Arsacide.

Le statu quo reste en vigueur une quarantaine d'années, et l'Arménie demeure neutralisée sous des rois arsacides nommés par les Romains. Vologèse IV, roi des Parthes, rompt cet équilibre en 161, place sans l'accord de Rome l'Arsacide Pacorus sur le trône d'Arménie, puis attaque la province romaine de Syrie. Les Romains réagissent sous le commandement (nominal) de l'empereur Lucius Verus, et celui (effectif) du gouverneur de Syrie Avidius Cassius. Statius Priscus, gouverneur de Cappadoce, envahit l'Arménie et détruit la capitale Artaxate en 163. L'Arménie revient dans la mouvance romaine, tandis que le Sénat à Rome décerne à Lucius Verus le nom d'Armeniacus, « Vainqueur des Arméniens ». Les Romains mettent en place un nouveau roi, Sohaemus (toujours un Arsacide) et fondent une nouvelle capitale pour le royaume, la cité de Kainepolis (aujourd'hui Vagharshapat-Etchmiadzin).

Après avoir, en 224, renversé en Iran et en Mésopotamie le dernier roi des rois arsacide, le roi perse sassanide Ardachîr Ier cherche à exterminer tous les membres de la dynastie vaincue, tâche qui est poursuivie par son fils Shapur Ier. Le roi d'Arménie Tiridate II, un Arsacide, se retrouve donc le dernier de la dynastie et résiste victorieusement aux Perses, laissant même les Romains utiliser son territoire comme base d'attaques dévastatrices contre la Médie (région de Hamadan, en Iran) en 232-233.

L'Arménie n'est désormais plus neutre. Non seulement elle accueille ouvertement des troupes romaines sur son territoire, ce qui représente une menace inacceptable pour l'Iran occidental, mais de plus son roi arsacide Tiridate est devenu par la force des choses l'unique prétendant légitime au trône du roi des rois. En effet de nombreux seigneurs parthes, vassaux des Arsacides, ont refusé tout net de faire allégeance aux Sassanides qu'ils regardent comme des usurpateurs, et se sont ralliés à Tiridate dans le but évident de restaurer la dynastie déchue.

Le sort de l'Arménie et de son roi est scellé en 244 quand, à l'issue d'une nouvelle guerre perso-romane, l'empereur romain Philippe l'Arabe conclut la paix avec Shapur Ier : le Sassanide aurait désormais les mains libres en Arménie, Rome s'engageant à ne plus soutenir Tiridate. En 251 ou 252, à la mort de Tiridate, Shapur Ier fait aussitôt occuper le royaume, obtient le ralliement de la quasi-totalité de l'aristocratie locale, et place son fils Hormizd sur le trône d'Arménie. Dans la logique de Shapur (et peut-être de la paix de 244), c'est un retour à l'équilibre traditionnel : le roi d'Arménie doit être issu de la dynastie du roi des rois, autrefois les Parthes arsacides, maintenant les Perses sassanides.

Les Romains refusent d'entériner ce nouvel état de fait. Selon les chroniqueurs arméniens, les fils de Tiridate, les futurs Khosrov II et Tiridate III, encore enfants, réussissent à échapper au massacre de leur famille et trouvent refuge dans l'empire romain, constituant à terme une menace pour les Sassanides. Dans le même temps, les Romains concentrent des troupes en Syrie, mais Shapur attaque le premier et les anéantit en 252, occupant un temps la Syrie du nord et détruisant Antioche, tandis que son fils Hormizd, à partir de l'Arménie, ravage la Cappadoce.

L'Arménie devient alors un royaume vassal de l'empire sassanide qui y implante son administration centralisée et, sans doute, sa religion d'État, le mazdéisme zoroastrien. La situation ne change pas jusqu'en 287, quand Khosrov revient de trente-cinq ans d'exil dans les fourgons des Romains et est rétabli sur le trône d'Arménie par Dioclétien. Une nouvelle offensive romaine conduite en 293 par Galère et Dioclétien, avec l'appui des Arméniens de Tiridate III, contraint le roi des rois sassanide Narsès à capituler. Tiridate IV lui succède en 298.

Dans un premier temps, Tiridate IV s'emploie sans doute à asseoir son autorité, en luttant notamment contre les Églises, le clergé mazdéen qui peut à bon droit passer pour un relais des Sassanides, mais aussi contre les chrétiens qui gagnent en influence sous la conduite de leur chef spirituel, l'évêque Grégoire, dit Grégoire Ier l'Illuminateur. Cette politique de persécution des religions organisées est en conformité avec celle de ses protecteurs romains qui ont légiféré contre les Manichéens et s'apprêtent à le faire contre les chrétiens.

Mais Tiridate se ravise, sans doute pour éviter à son régime somme toute fragile d'être regardé comme une marionnette des Romains, dans un pays où près de quarante ans de domination perse ont fait évoluer les mentalités. En 301, au moment même où Dioclétien et ses collègues déclenchent dans leur empire la pire persécution antichrétienne de l'histoire, Tiridate et sa famille se convertissent au christianisme et font de cette religion la religion d'État du royaume, sur le modèle de l'empire perse qui a le mazdéisme comme religion d'État.

L'Arménie devient ainsi le premier État chrétien de l'Histoire. Ce bouleversement assure à Tiridate le soutien d'une bonne partie de la population et de l'aristocratie, mais surtout fonde une nouvelle identité arménienne, bien distincte des Romains païens et des Sassanides mazdéens. La bénédiction de l'évêque Grégoire confère désormais à Tiridate une nouvelle légitimité : roi par la grâce de Dieu plutôt que par celle de l'empereur romain, il a moins besoin désormais de mettre en avant ses origines arsacides, ce qui le rend plus acceptable par les Perses sassanides.

Ces arrière-pensées politiques et la nécessité stratégique de maintenir autant que possible des relations équilibrées entre les deux géants romain et perse ont renforcé le caractère national de l'Église d'Arménie. Tiridate et ses successeurs maintiennent pendant la première moitié du IVe siècle des relations étroites avec les Romains, mais même quand ces derniers passent eux aussi au christianisme, l'Arménie chrétienne conserve sa spécificité et ne s'aligne pas sur le césaro-papisme en vigueur sous Constantin et son successeur Constance II.

Ainsi, la puissante Église d'Arménie est-elle dirigée par un catholicos (patriarche), non pas élu comme chez les Romains mais héréditaire. À Grégoire l'Illuminateur succèdent au patriarcat ses fils Aristacès Ier et Vratanès, puis son petit-fils Houssik et son arrière-petit-fils Narsès.

L'Arménie reste très liée politiquement à l'empire romain. Selon Moïse de Khorène, c'est Constance II qui nomme roi Khosrov le Petit, fils de Tiridate, à la demande du catholicos Vratanès, de l'assemblée des évêques et des nobles d'Arménie. Khosrov le Petit cherche toutefois à s'entendre avec les Perses et, à sa mort, le catholicos doit une nouvelle fois demander l'appui explicite de l'empereur romain pour introniser Tigrane VII, fils de Khosrov, alors que les Perses tentent un retour offensif pour assujettir à nouveau le royaume.

Sous Tigrane VII, les relations se tendent entre le roi et le catholicos. Houssik, fils et successeur de Vratanès, est martyrisé avec l'évêque Daniel. Les Perses profitent de ces dissensions et de l'échec de l'expédition romaine de Julien contre eux en 363 pour reprendre un temps le contrôle de l'Arménie. Mais la dynastie arsacide est rétablie, tandis que l'Église d'Arménie se renforce : en 365 un concile des évêques arméniens est réuni à Ashtishat par le catholicos Narsès pour fixer les règles de l'Église nationale.

En 368, le roi des rois sassanide Shapur II fait occuper la Géorgie et l'Arménie sans que les Romains puissent réagir efficacement. Finalement, un accord est trouvé sous Théodose Ier en 384 : la partie occidentale du royaume devient une province romaine nommée Armenia Minor (Arménie mineure), et la partie orientale un royaume vassal des Sassanides. Quand en 428 une révolte de la noblesse locale renverse le roi Artaxias IV, le Sassanide Bahram V installe un gouverneur à sa place, mettant ainsi fin à l'existence du royaume d'Arménie qui avait été fondé en 190 av. J.-C.

C'est à cette époque, sous le catholicos Sahak, que le clerc Mesrop crée l'alphabet arménien, adapté à cette langue, qui devient ainsi une véritable langue liturgique et une langue de culture. Il traduit les Écritures en arménien, renforçant de ce fait l'identité chrétienne de la nation. On en voit l'effet vers 450, lorsque le Sassanide Yezdegerd II tente vainement de réintroduire le mazdéisme dans le pays.

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Arménie zakaride

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L'Arménie zakaride ou Arménie zakarian (en arménien Զաքարյան Հայաստան) est le nom utilisé pour désigner les territoires arméniens donnés en fief par la reine Tamar de Géorgie aux membres de la famille des Zakarian, en 1201. Après la prise d'Ani par les Mongols en 1236, la suzeraineté de ces derniers se substitue à la suzeraineté géorgienne. Les Zakarian se maintiennent alors tant bien que mal jusque dans les années 1330, quand l'Arménie tombe aux mains de tribus turcomanes, et disparaissent des sources historiques vers 1360. Stricto sensu, la « période zakaride » couvre cependant la première moitié du XIIIe siècle, pour prendre fin vers 1260.

Sous le règne des princes Zakarian, ces territoires connaissent une stabilité relative qui voit les villes arméniennes s'enrichir. Plusieurs monastères sont en outre fondés, et on assiste à une véritable renaissance. À leur chute, la Grande-Arménie connaît une nouvelle période sombre de son histoire.

Dès la fin du Xe siècle, les royaumes bagratides et arçrouni de Grande-Arménie tombent les uns après les autres dans l'escarcelle byzantine : le Taron en 968, le Tayk en 1001, le Vaspourakan en 1021 ou 1022, Ani en 1045, Kars en 1065 ; seul le Lorri échappe aux empereurs. Cette domination byzantine, qui voit l'essentiel de la noblesse arménienne migrer vers l'Anatolie et la Cilicie, est de courte durée : la menace seldjoukide pointe en effet à l'horizon.

La première incursion se produit en 1045-1046, suivie de bien d'autres, et, le 16 août 1064, le sultan Alp Arslan prend Ani. La majeure partie de l'Arménie succombe alors aux assauts seldjoukides, à l'exception du Lorri et de la Siounie ; la bataille de Manzikert, en 1071, consacre la conquête de l'Arménie, tout comme la rupture géographique de Byzance avec ce pays. Le pays est alors intégré à la Perse seldjoukide et confié à différents émirs basés notamment à Dvin et à Ganzak, les derniers îlots (Lorri et Siounie) succombant au XIIe siècle. Une importante partie de la population ayant survécu à ces incursions migre quant à elle vers la Cappadoce, voire plus loin, jusqu'en Pologne et en Galicie, alors que tout le Caucase connaît (jusqu'au XVe siècle) des vagues de migration des peuples turcs.

À la même époque, profitant du démembrement de l'Empire seldjoukide, les Bagratides de Géorgie, avec David II le Reconstructeur et Georges III, aidés notamment de nakharark réfugiés en Géorgie, commencent à libérer l'Arménie septentrionale. En 1118, Lorri et Akhtala sont prises ; Ani suit temporairement en 1123.

Au sein de la cour géorgienne, une famille arménienne, les Zakarian, anciens vassaux des rois de Lorri ayant reporté leur loyauté sur les Bagratides géorgiens, se hisse ainsi aux premiers rangs de la noblesse du royaume et acquiert une influence déterminante à la cour sous le règne de la reine Tamar ; les frères Zakarê et Ivanê Zakarian deviennent respectivement amirspadalar (« commandant de la cavalerie ») et atâbeg (« père du roi »). Achevant la libération d'une partie importante de la Grande-Arménie, ils prennent Amberd en 1196, la plaine de l'Ayrarat et Ani en 1199, Dvin en 1203, défont Süleyman II Shah, sultan de Roum, en 1204 et atteignent la rive septentrionale du lac de Van en 1208/1209 ; ils soumettent également au tribut les émirs de Karin (Erzurum) et de Yerzenka (Erzincan).

La reine leur donne alors en fief ces territoires arméniens, Zakarê régnant à Ani et Ivanê à Dvin, tous les deux sous le titre de roi. Nominalement sous suzeraineté géorgienne, cette « Arménie zakaride », qui s'étend de l'Artsakh à Kars, n'en jouit pas moins d'une large autonomie. Cette période relativement paisible qui voit l'Arménie se redresser ne met cependant pas fin aux oppositions entre nobles, avec notamment les accrochages entre Zakarian et Orbélian de Siounie. Les Zakarian ne contrôlent cependant pas directement l'ensemble de leurs territoires : à côté d'anciennes familles de nakharark, auxquelles ils sont souvent liés par mariage (notamment les Arçrouni, dont est issue la mère de Zakarê et d'Ivanê), ils mettent à la tête de certains domaines plusieurs de leurs guerriers, créant ainsi une nouvelle noblesse.

Toutefois, en 1220, les Mongols, avec une troupe de 20 000 soldats lancés à la poursuite d'un roi khorezmien (Ala ad-Din Muhammad), rencontrent et défont l'armée du roi Georges IV de Géorgie commandée par Ivanê ; en janvier 1221, ils continuent sur leur lancée et ravagent le nord de l'Arménie et le sud-est de la Géorgie. En 1222, ils sont suivis par des Kiptchaks qui battent les troupes d'Ivanê Zakarian ; ce dernier finit cependant par les vaincre en 1223. De 1225 à 1230, les Khorezmiens de Jalal ad-Din leur succèdent et dévastent notamment Dvin, Lorri et Tiflis avant d'être défaits par une coalition notamment composée de troupes du Sultanat de Roum et de Ciliciens.

L'année 1236 marque le retour des Mongols ; la reine géorgienne Rousoudan Ire se réfugie en Géorgie occidentale avec sa cour et l'essentiel de l'Arménie zakaride (dont Ani et Kars en 1239) tombe aux mains des envahisseurs, le reste du pays, au sud et à l'ouest, suivant de 1242 à 1245. Avag Zakarian, généralissime après Ivanê (mort en 1227/1228), reconnaît la suzeraineté mongole, de même que le seigneur d'Ani (à la différence de la population de cette ville, massacrée) et fils de Zakarê (mort en 1213), Chahenchah Zakarian. Le premier se rend à Karakorum, où il restera pendant au moins cinq années, et est rejoint par les fils de Chahenchah. Les Mongols instaurent un régime politique intégrant les structures préexistantes et divisent l'Arménie en deux vilayet, celui de Grande-Arménie et celui de Géorgie, reprenant notamment les terres des Zakarian, dont ces derniers conservent le contrôle ; ces terres sont divisées en trois touman (circonscriptions militaires) commandés par Avag, Chahenchah et leur parent Vahram de Gag. En 1243, le khan Güyük impose une lourde taxation aux territoires conquis, causant une insurrection de la noblesse en 1248/1249, brutalement écrasée.

L'année 1256 voit l'institution de l'Ilkhanat houlagide en Iran, dans lequel l'Arménie est incluse ; l'enrôlement dans les armées mongoles qui s'ensuit (Zakarê, fils de Chahenchah, se distingue ainsi lors de la prise de Bagdad en 1258), et qui laisse le pays sans défense face aux bandes nomades, renforce le mécontentement et provoque une deuxième révolte entre 1259 et 1261, qui est traitée de la même manière que la première. Chahenchah est arrêté et sauve difficilement sa vie, et son fils Zakarê est tué. À partir de 1261, les régions caucasiennes souffrent également des affrontements intermongols entre l'Ilkhanat et la Horde d'Or. L'accession au trône houlagide de Ghazan en 1295 marque un tournant dans l'occupation : ce souverain se convertit en effet à l'islam et des persécutions anti-chrétiennes débutent, suscitant une troisième révolte lourdement réprimée.

À la mort en 1335 d'Abu Saïd Bahadur, l'Ilkhanat se déchire et l'Arménie fait l'objet d'une lutte entre deux clans, les Chupanides et les Jalayirides ; Ani est ainsi ravagée dans les années 1350 par les Chupanides. Ceux-ci sont remplacés en 1357 par la Horde d'Or, que les Jalayirides défont en 1358. Mais en 1374, leurs domaines éclatent entre Mongols, Turcomans et Kurdes. Réduits à un rôle purement local après 1350, les nobles arméniens disparaissent quant à eux des sources historiques pendant cette période, y compris les Zakarian, qui s'évanouissent après 1360.

Après le coup d'arrêt porté par l'arrivée des Seldjoukides, les villes arméniennes renouent avec la croissance fin XIIe - début XIIIe siècles, avec en tête Ani et Dvin. Les metzatoun, la classe urbaine naissante des riches marchands, voient leur influence et leur richesse s'accroître, en parallèle avec le rétablissement du commerce international ; ce dernier est attesté par la croissance de la frappe de monnaie d'or (la monnaie de cuivre étant réservée au commerce intérieur). Ces metzatoun commencent également à se substituer aux nakharark en tant que propriétaires terriens.

À la même période, les arts et la culture refleurissent en Grande-Arménie. L'architecture arménienne, influencée par les libérateurs géorgiens, se caractérise alors par des églises gagnant en hauteur ; les monastères, jouissant entre autres des legs des classes aisées, sont en pleine expansion et se voient dotés de gavit, de jamatoun, de clochers-tours caractéristiques et d'autres bâtiments. La sculpture se distingue par son ornementation complexe et foisonnante multipliant les compositions figurées, et devient un art majeur, avec Momik par exemple ; les khatchkars font ainsi preuve d'une grande virtuosité. Quant à elle, la peinture, essentiellement illustrée par des décors religieux, est également influencée par la Géorgie, comme à Saint-Grégoire de Tigrane Honents à Ani. Enfin, l'art des livres continue son développement, notamment à Haghpat ; les miniatures peintes dans ces régions se distinguent ainsi par leur caractère monumental et l'intensité de leurs coloris.

Clocher-tour, Haghpat.

Tympans du gavit de Saint-Sauveur, Noravank.

Khatchkar, Gochavank.

Fresque de la Dormition, Saint-Grégoire de Tigrane Honents, Ani.

La vie intellectuelle renaît au départ des monastères, qualifiés parfois de hamalsaran (« universités ») ; ainsi, à côté des centres anciens de Haghpat et de Sanahin, de nouvelles fondations voient le jour, comme Gochavank, Gladzor et Tatev (notamment sous l'impulsion de Grégoire de Tatev), ou encore Khoranachat. L'histoire reste une spécialité arménienne, avec notamment Kirakos de Gandzak et son Histoire des Arméniens et Vardan Areveltsi et son Histoire universelle, deux disciples de Hovhannès Vanakan, ou Stépanos Orbélian et son Histoire de Siounie. Le droit, jusqu'alors parent pauvre des sciences arméniennes, connaît un important développement en 1184, avec le Livre de lois de Mkhitar Goch, une codification partielle, qui devient rapidement la base du droit civil et religieux arménien à l'époque. Les Zakarian remettent également en vigueur les lois des rois bagratides. La littérature en langue vernaculaire fleurit quant à elle principalement sous la forme de fables, souvent d'inspiration religieuse, avec des auteurs comme Mkhitar Goch, ouvrant la voie à sa laïcisation progressive, comme chez Frik à la fin du XIIIe siècle.

Cette « renaissance zakaride » subit les effets négatifs de la conquête mongole : l'économie est ruinée par la lourde taxation imposée à partir de 1243, ce qui donne naissance à une nouvelle vague de diaspora, notamment vers la Crimée. L'Église, un temps exemptée, souffre des persécutions de la fin du même siècle, même si la vie et le bouillonnement intellectuel des monastères restent relativement préservés. De nombreuses villes sont ravagées, comme Ani en 1236 ; quant aux cités épargnées, comme Dvin, elles entrent en période de déclin. Paradoxalement, le commerce international (à l'inverse du commerce intérieur, enrayé) est relativement préservé : en échange d'une partie de leurs bénéfices, les metzatoun voient leurs caravanes protégées par les Mongols, ce qui, conjugué à la vaste étendue de l'Empire qui leur ouvre de nouveaux marchés, contribue à accroître leurs richesses. Les conditions politiques de la fin du XIVe siècle mettent cependant définitivement fin à cette situation : la Grande-Arménie est devenue une terre désolée.

Parmi les Turcomans, un groupe établi en Arménie centrale et méridionale se distingue dans les années 1380, les Qara Qoyunlu. Le pays n'en est pas moins morcelé et l'Arménie est alors fort démunie, ne pouvant faire face aux invasions de Tamerlan, en 1386-1387, 1394-1396 et 1399-1403. La dernière dépeuple entièrement certains districts arméniens. À la fin de cette période, qui voit le retour des Qara Qoyunlu, la structure sociale du pays est détruite, les familles princières exterminées. L'Arménie entre dans l'« âge obscur » de son histoire, aux témoignages très rares, comme celui de Thomas de Metsop.

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Source : Wikipedia