Ariel Sharon

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Posté par seb 05/03/2009 @ 06:11

Tags : ariel sharon, israël, asie, international

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Ariel Sharon

Ariel Sharon lors d'une conférence de presse

Ariel Sharon (en hébreu : אריאל שרון), né Ariel Scheinermann le 26 février 1928 à Kfar Malal en Palestine sous mandat britannique, est un général et homme politique israélien. Il fut Premier ministre d'Israël du 17 février 2001 au 14 avril 2006.

Il est l'un des fondateurs du parti de droite Likoud et s'est illustré militairement au cours des guerres israélo-arabes de 1948-49, de Suez en 1956, des Six Jours en 1967 et du Kippour en 1973.

À l'issue d'une longue carrière politique, il devient Premier ministre le 28 mars 2001 après le déclenchement de la seconde Intifada. Le recours à la force pour y mettre fin débouche sur des éliminations ciblées d’hommes politiques palestiniens et la mort de nombreux civils. À l'issue de la seconde Intifada, il met en œuvre le retrait israélien unilatéral de la bande de Gaza.

Ses défenseurs louent son « pragmatisme » et sa stature de « grand homme d'État », tandis que les critiques qui lui sont destinées évoquent sa « logique de guerre » et les crimes qui lui sont attribués.

Il précise à plusieurs reprises la nature de son engagement politique, déclarant en avril 2001 au quotidien Haaretz : « la guerre d'indépendance d'Israël n'est pas terminée Toute ma vie s'est passée dans ce conflit Combattre a été et restera la charge de ma génération (...) Telle sera la charge des générations à venir ».

En novembre 2005, il demande la dissolution du parlement, crée son propre parti et prépare les élections anticipées de 2006.

En décembre 2005 et janvier 2006, il est hospitalisé par deux fois à l'hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem pour deux attaques cérébrales successives. Au bout de près de cinq mois de coma, il est transféré le 28 mai 2006 au centre médical de longue durée Sheba de l'hôpital Tel Hashomer.

En 2009, Ariel Sharon est toujours hospitalisé à Tel-Aviv, mais il n'est plus plongé dans un coma profond et réagit à certains stimuli.

Son père Shmouel Scheinerman est un technicien agronome originaire de Brest-Litovsk alors en Pologne. Sa mère Véra est un médecin originaire de Mohilev en Biélorussie.

Tous deux ont connu dans leur enfance les pogroms antijuifs de 1903-1905 dans la Russie tsariste. Ils émigrent en Palestine en 1920 et s'installent en 1922 dans le moshav (village agricole) de Kfar Malal où naît Ariel Sharon. Il a une sœur aînée, Yehoudit ou Judith.

Il entre dans le mouvement de jeunesse paramilitaire Gadna puis s'implique dans l'organisation d'autodéfense Haganah avant qu'elle ne se fonde dans Tsahal après la guerre d'indépendance d'Israël en 1948-49.

Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, il est commandant de détachement dans la brigade Alexandroni dans la Haganah. Il est gravement blessé lors de la première bataille de Latroun contre la Légion arabe.

En 1949, il est promu commandant de compagnie et en 1951, officier dans les services secrets.

Après des études à l'université hébraïque de Jérusalem, on lui demande de reprendre du service actif en prenant le commandement de l’Unité 101, première unité des forces spéciales israéliennes.

Selon Uzi Benziman, Sharon prit une part importante dans la formation de cette unité. Selon lui, en 1952, Ariel Sharon aurait cherché à monter sa propre unité de commandos spécialisés dans les opérations de représailles mais sa hiérarchie s'y serait opposé. Il aurait alors monté une embuscade dans le no man's land sans en informer sa hiérarchie. Ainsi, selon Benziman, Sharon participa à cette époque à une opération au cours de laquelle deux femmes palestiniennes ont été abattues près d'un puits ce qui déclencha des tirs de mortier de l'armée jordanienne sur des villages israéliens. Sharon aurait réitéré ses souhaits, critiquant l'état-major, qui faisait preuve selon lui de trop de « retenue face aux Arabes ». David Ben Gourion lui demande finalement de prendre la tête d'une unité qui agira au-delà de la ligne d'armistice .

Le 14 octobre 1953, l’Unité 101 (ou Force 101) commandée par Ariel Sharon rase le village de Qibya (ou Kibia), situé en territoire jordanien , suite aux incursions palestiniennes en Israël et en particulier à un attentat qui fit trois victimes (une femme et ses deux enfants), à Yahoud dans la banlieue de Tel Aviv, les jours précédent le massacre. Durant cette opération baptisée Shoshana par Tsahal, soixante-neuf civils (ou soixante-dix selon les sources) sont tués dans le dynamitage de leurs maisons, principalement des femmes et des enfants. De nombreux pays condamneront ce massacre, dont les États-Unis qui demanderont que soient jugés les auteurs de ce crime. Ariel Sharon écrira dans son journal qu'il avait reçu des ordres lui demandant d'infliger de lourdes pertes aux habitants de Qibya : « Les ordres étaient tout à fait clairs : Qibya devait être un exemple pour chacun ». Sharon déclarera avoir cru les maisons vidées de leurs habitants, son unité ayant mené, d'après lui, les vérifications nécessaires avant d'actionner les détonateurs. Cette version israélienne a été immédiatement remise en cause par les États-Unis et l'ONU : le contre-amiral Vagn Bennike, observateur de l'ONU, arrivé sur les lieux le lendemain du massacre, a dénoncé le mode opératoire de l'Unité 101 lors de son intervention sur les habitations, consistant systématiquement à faire feu sur les maisons, empêchant ainsi les occupants d'en sortir, et les livrant de fait à une mort certaine. Le 24 novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution condamnant Israël, et les États-Unis suspendent temporairement leur aide économique envers l'État hébreu.

En 1956, durant la crise du canal de Suez, les Israéliens coopèrent à la tentative de prise de contrôle du canal de Suez par les corps expéditionnaires franco-britanniques suite à sa nationalisation par Nasser. Ariel Sharon commande la 202e brigade parachutiste et se distingue au sein de l'état-major par la promptitude avec laquelle les forces qu'il dirige entrent dans le Sinaï.

Sa brigade parachutiste du Nahal 50, lâchée au "Parker Memorial", arrive au col de Mitla tenue par une garnison constituée, principalement, de douaniers et de gardes-frontière, soudanais en majorité. La garnison est en fuite et le col n'est plus défendu. C'est là que se serait déroulé un « incident » au cours de ces opérations. Les troupes de parachutistes commandées par Rafaël Eytan (dépendant du commandement d'Ariel Sharon) sont accusées d'avoir exécuté plus de 200 prisonniers égyptiens et civils soudanais capturés et de les avoir jetés dans des fosses communes. Aucune preuve n'a jamais été apportée et la responsabilité d'Ariel Sharon n'a jamais été mise en cause.

En 1957, il part pour un an à l'École militaire de Camberley au Royaume-Uni. À son retour, il étudie le droit à l'université de Tel-Aviv.

En 1967, lors de la guerre des Six Jours, il commande une des divisions qui participent à la prise du Sinaï. Ariel Sharon y acquiert un grand prestige auprès de ses hommes et de l'opinion publique israélienne. Le commandement reconnaît en lui un grand stratège mais n'apprécie pas son indiscipline.

En 1971, Ariel Sharon prend en charge le commandement du front sud (Sinaï) et en particulier de la zone le long du canal de Suez (ligne Bar-Lev). Il sera également chargé de mettre un terme aux activités terroristes dans la bande de Gaza. Ses troupes tueront alors plus de 100 civils palestiniens et en emprisonneront des centaines d'autres.

En 1973, l'Égypte et la Syrie lancent une attaque surprise contre Israël le jour de la fête juive du Yom Kippour. Ariel Sharon est rappelé d'urgence sur le front sud dont il vient d'abandonner le commandement et y prend la tête d'une division de chars. Lors de la guerre de Kippour, il augmente encore son prestige auprès de l'opinion publique et confirme ses talents de tacticien, suite notamment à plusieurs manœuvres grâce auxquelles sa division franchit le canal de Suez et qui permettent à Tsahal d'encercler et d'isoler la IIIe armée égyptienne et donne la victoire aux Israéliens.

Plus tard, en 1977, le président égyptien Anouar el-Sadate, en visite à Jérusalem après avoir signé la paix avec Israël, promettait en plaisantant à « Arik » une fessée pour une prochaine visite éventuelle sans invitation.

Ariel Sharon est élu à la Knesset en 1973 sur la liste du Likoud, poste qu'il quitte en 1974 après avoir été appelé par le Premier ministre Yitzhak Rabin pour devenir conseiller spécial à la Sécurité.

En 1974, Sharon prend personnellement la tête d'un groupe de colons pour établir un avant-poste illégal près de Naplouse. Cette expérience a ensuite été renouvelée à plusieurs reprises.

Ministre de l'Agriculture de Menahem Begin en 1977, il permet l'expansion massive des implantations agraires juives en Cisjordanie et à Gaza.

Sous sa houlette, entre 1977 et 1981, plus de 25 000 Juifs s'installent dans les territoires occupés dans des opérations nommées Jumbo, Judée et Samarie ou Meteor.

Il est réélu député de 1977 jusqu'à aujourd'hui.

En 1982, il est ministre de la Défense. Il dirige les opérations d'évacuation du Sinaï, notamment de la ville de Yamit, que quelques centaines de colons israéliens irréductibles refusaient d'évacuer. Il envoie l'armée les emmener de force, et démolir leurs maisons (opération Colombe rouge). La diffusion par la télévision qui filme les opérations marque durablement l'opinion israélienne.

Suite aux attaques répétées des organisations palestiniennes le long de la frontière libanaise, l'armée israélienne envahit le Liban (alors en guerre civile) pour en chasser définitivement l'OLP. Lors des opérations, des phalangistes chrétiens libanais attaquent les camps de Sabra et Chatila alors que tsahal contrôle le périmètre extérieur et y assassinent, selon la Croix-Rouge internationale 452 civils. Plus de 500 000 Israéliens manifesteront contre ce massacre.

Le 8 février 1983, la commission d'enquête officielle dirigée par le président de la Cour suprême, le juge Yitzhak Kahan, publie son rapport. Ce dernier évoque la « responsabilité personnelle » de Sharon, pour « n'avoir pas ordonné que les mesures adéquates soient prises pour empêcher d'éventuels massacres ». Ariel Sharon est alors contraint de démissionner et est éclipsé de la vie politique pendant plusieurs années.

De 1990 à 1992, il est ministre de la Construction et de l'Aménagement ainsi que président du Comité ministériel sur l'Immigration et l'Absorption. Suite à la chute de l'Union soviétique et aux vagues d'immigration depuis la Russie, il initie et mène à bien un programme incluant la construction de 144 000 appartements pour absorber les immigrants à travers le pays.

De 1992 à 1996, pendant la période des accords d'Oslo, il est membre du Comité de Défense et des Affaires étrangères de la Knesset.

En 1996, Ariel Sharon est nommé ministre de l'Infrastructure nationale et est impliqué dans la stimulation d'entreprises conjointes avec la Jordanie, l'Égypte et les Palestiniens. Il est également président du Comité ministériel pour l'avancement des Bédouins.

En 1998, Ariel Sharon est nommé ministre des Affaires étrangères et dirige les négociations avec l'Autorité palestinienne.

En tant que ministre des Affaires étrangères, Sharon rencontre des leaders américains, européens, palestiniens et arabes pour faire avancer le processus de paix. Il collabore au Flagship Water Project fondé par la communauté internationale pour trouver une solution à long-terme à la crise de l'eau dans la région et servant de bases à des relations pacifiques entre Israël, la Jordanie et les Palestiniens.

Après l'élection au poste de Premier ministre de Ehud Barak en mai 1999, Ariel Sharon devient leader du Likoud suite à la démission de Benjamin Netanyahou, et ce jusqu'en 2005. Il est également membre du Comité de Défense et des Affaires étrangères à la Knesset.

Sa responsabilité dans le déclenchement de la seconde Intifada est discutée : cette dernière s'est déclenchée après sa visite sur l'esplanade des mosquées/mont du Temple à Jérusalem. Certains commentateurs israéliens et internationaux n'y voient que le prétexte au déclenchement d'une insurrection préparée par Yasser Arafat depuis l'échec des négociations de Camp David à l'été 2000 et après huit ans de négociations infructueuses et dans le contexte des attentats par les groupes extrémistes palestiniens. D'autres analystes excluent le caractère prémédité du soulèvement et pensent au contraire qu'Arafat n'a pris qu'en marche le train de l'Intifada. Le 7 octobre 2000, le Conseil de sécurité des Nations unies, en adoptant la Résolution 1322 (2000), déplore la provocation du chef du Likoud et les violences qui se sont ensuivies.

En 2001, Ariel Sharon est élu au poste de Premier ministre de l'État d'Israël sur un programme portant principalement sur la sécurité contre le terrorisme palestinien. Il est réélu en mars 2003, suite à des élections anticipées.

Il stoppe toute négociation avec Yasser Arafat qu'il considère responsable de la situation et lance une campagne de répression très dure contre les activistes palestiniens. Il entame également la construction d'une barrière de séparation à l'intérieur de la Cisjordanie et autour de Jérusalem. Fin 2003, on estime que l'activité terroriste a chuté de 90 %, sans que cette baisse puisse être reliée avec certitude à la construction du mur, qui est loin d'être achevé.

En 2004, peu après le décès de Yasser Arafat, il entame des pourparlers de paix avec le nouveau leader de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Parallèlement, Sharon annonce sa détermination à effectuer un retrait unilatéral des colonies israéliennes de la bande de Gaza.

Le 25 octobre 2004, il tient un discours à la Knesset où il déclare : « En tant que quelqu’un qui a combattu dans toutes les guerres d’Israël et appris de ses expériences personnelles que sans la force appropriée, nous n’avons pas une chance de survivre dans cette région qui ne montre aucune pitié envers les faibles, j’ai aussi appris par expérience que l’épée seule ne peut résoudre cette dispute amère pour cette terre.» . Le désengagement se déroulera du 15 août au 11 septembre 2005.

Après l'opposition d'une partie des membres du Likoud à ce retrait, Sharon doit composer une alliance avec le parti travailliste de Shimon Peres. L'élection d'Amir Peretz à la place de Shimon Peres en novembre 2005 menace la coalition. Ariel Sharon demande au président Moshe Katsav de dissoudre le parlement puis il démissionne du Likoud le 21 novembre 2005. Il crée alors son propre parti En Avant (Kadima en hébreu) de sensibilité centre-droite, que Shimon Peres rallie, en vue des élections générales anticipées prévues en mars 2006. Il évoque à l'occasion que ce parti a pour but de suivre la « feuille de route » et qu'il ne remet pas en cause l'évacuation déjà réalisée des colonies de la bande de Gaza (évoquant même l'éventualité d'évacuations de colonies de Cisjordanie).

Le 14 avril 2006 à minuit, après constatation 3 jours plus tôt de son inaptitude à gouverner en raison de son coma, il perd officiellement son poste de Premier ministre conformément à la loi israélienne qui impose une période d'intérim de 100 jours. Le poste reste vacant le temps qu'Ehud Olmert forme un gouvernement et soit investi à son tour le même jour.

En décembre 2005 et janvier 2006, Sharon subit deux attaques cérébrales, la première mineure, l'autre beaucoup plus grave. Durant son transfert en urgence à l'hôpital de Hadassa-Ein Kerem, il fit un arrêt cardiaque. Il ne doit sa survie qu'à l'efficacité de trois secouristes du Magen David Adom : Naty Klein, William Simon et le Dr Deborah Mairan.

Le 18 décembre 2005 au soir, à trois mois des élections annoncées, Ariel Sharon est hospitalisé d'urgence à l'hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem après avoir été victime d'une attaque cérébrale. Le chef du gouvernement est pris d'un malaise peu après avoir quitté la présidence du Conseil à Jérusalem, sur la route reliant Jérusalem à Tel Aviv, alors que sa voiture roule vers son ranch dans le Néguev. Il est aussitôt admis en service de traumatologie où il subit dans la nuit des examens médicaux. Le 20 décembre, soit deux jours après son accident cérébral, Ariel Sharon quitte l'hôpital en fin de matinée. Selon le directeur de l'hôpital, les médecins ont retiré un caillot de sang qui gênait la circulation sanguine du Premier ministre et il n'aurait pas de séquelles. Toutefois, une intervention cardiaque est prévue dans les semaines suivantes.

Israel Maimon, le chef de cabinet d'Ariel Sharon annonce rapidement que ses pouvoirs sont transférés au vice-Premier ministre Ehud Olmert. L'opinion publique israélienne suit l'évolution de l'état de santé de Sharon heure par heure, alors que son hospitalisation se prolonge. L'unique communiqué de l'hôpital précise régulièrement depuis sa sortie du coma qu'il est dans un état « grave mais stable ».

Ariel Sharon a subi le 1er février une gastrostomie, opération consistant à insérer un tube directement dans l'estomac du patient pour permettre son alimentation et faisant craindre une situation de longue durée.

Le 11 février, l'hôpital Hadassah rapporte que l'état de santé du Premier ministre israélien s'est « gravement détérioré ». Après avoir procédé à un examen de son estomac, les médecins ont constaté une forte dégradation de son appareil digestif. Il a alors été décidé de l'opérer immédiatement. Cette septième opération s'est déroulée correctement. Après près de cinq mois de coma, il est transféré le 28 mai 2006 au centre médical de longue durée Sheba de l'hôpital Tel Hashomer.

Ce long coma est toujours en cours en 2009.

Malgré le retrait forcé de la vie politique d'Ariel Sharon, son successeur à la tête de Kadima, Ehud Olmert, a cependant remporté les élections législatives du 28 mars 2006 (de manière moins marquée que prévue).

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Histoire du sionisme

Ariel Sharon

Le sionisme est une idéologie politique nationaliste, apparue au XIXe siècle, et qui entend permettre aux Juifs d'avoir un État.

Les faits historiques qui sont cités dans l'article ci-dessous sont donc très incomplets. Ce sont surtout les faits liés à ces trois questions (constructions institutionnelles, construction démographique et divergences sur les objectifs du sionisme) qui sont analysés. Les événements moins directement liés à ces trois questions (par exemple les guerres de 1956, 1973, et du Liban) ne sont pas abordés, ou juste cités. Il en va de même de l'opposition arabe et palestinienne au projet sioniste. Le sujet est vaste et fondamental, mais il n'est abordé dans le cadre de cet article qu'au travers de son influence sur les trois thématiques pré-citées.

Pour en savoir plus sur la terminologie utilisée, voir le chapitre Sionisme : terminologie.

Dans l'article ci-dessous, le terme "Palestine" sera utilisé pour désigner le territoire entre la seconde révolte juive (vaincue en 135) et la proclamation d'Israël (en 1948), sans connotation idéologique.

Pour la partie de cet article postérieure à la création d'Israël, on parlera généralement d'"Israël", de la "Cisjordanie" et de la "bande de Gaza", termes les plus utilisés en français. Les termes de "Eretz Israël" et de "Judée-Samarie" seront utilisés en référence aux idéologies qui les utilisent.

L'apparition d'une revendication politique à la création d'un État juif à partir de la seconde partie du XIXe siècle s'explique par l'existence de soubassements plus anciens.

Le dernier État juif indépendant, le royaume hasmonéen de Judée, est devenu un protectorat romain en 63 avant l'ère chrétienne. Ce protectorat est devenu une simple province romaine après la mort du dernier roi du royaume, Hérode Ier le Grand, en 4 avant l'ère chrétienne.

Les soulèvements juifs de 67-73 et de 132-135 ont profondément changé la population de la Palestine : une partie a été tuée, une partie a fui les destructions de la guerre, une partie a été vendue comme esclave et une dernière partie a pu rester dans une Palestine appauvrie et ayant perdu son indépendance.

Il est difficile de savoir ce que représentaient ces quatre groupes, mais le nombre des survivants restés en Palestine semble avoir été assez important, encore qu'en nette régression.

Par la suite, il y eut des conversions nombreuses au christianisme (en particulier sous l'empire byzantin peu tolérant), puis à l'islam à partir de la conquête musulmane vers 640.

À compter de la fin de l'Antiquité, les Juifs vivant en Terre Sainte sont donc devenus très minoritaires par rapport à la diaspora juive (dispersion, en grec). En effet, beaucoup de communautés juives ont continué à exister à travers le monde, mais peu en Terre Sainte, donnant le sentiment d'un peuple dispersé. Le terme hébraïque est Galout (exil). C'est ce sentiment d'exil qui engendrera l'espérance religieuse d'un « retour ».

À compter de la seconde diaspora, les communautés religieuses vont maintenir le rêve d'un retour en Palestine pour recréer un État juif. Il ne s'agit pas vraiment d'un projet politique, mais plutôt d'un rêve messianique et religieux. Il est symbolisé par la célèbre prière « l'an prochain à Jérusalem » prononcée chaque année par toutes les familles juives lors du seder de Pessah.

Avec le temps, la majorité des rabbins ont développé une interprétation s'opposant en pratique à la recréation d'un État juif: Dieu a puni les Juifs en détruisant l'État, seul son Messie peut le recréer. Toute tentative humaine en la matière est une révolte contre Dieu.

Il y aura d'ailleurs plusieurs messies proclamés, comme Sabbataï Tsevi ou Jacob Franck.

Avec le XVIIIe siècle, l'esprit des Lumières donne naissance aux concepts de peuple et de nation, définis par leur identité - par opposition à la notion de royaume, défini par son souverain et ses frontières (et souvent par sa religion).

Les Français les premiers, que leur révolution de 1789 oppose à toutes les monarchies d'Europe, se battent en tant que Français et non en tant que sujets du roi de France. C'est la naissance du nationalisme moderne.

Celui-ci se répand dans toute l'Europe au cours du XIXe siècle. Il attire particulièrement les populations occupées par un autre état, ou divisées en plusieurs états.

C'est ainsi que l'idée nationale se répand dans les populations divisées entre plusieurs états, en Allemagne et en Italie, ainsi que dans les populations occupées de la Pologne, de l'Irlande ou de la Hongrie.

Inévitablement, l'idée nationaliste finit par toucher une autre population européenne privée d'état, et même de territoire : les Juifs.

L'idée d'un peuple juif est ancienne et remonte à la Bible. Sous l'influence du nationalisme, elle est redéfinie dans un sens moins religieux, et plus centrée sur une identité historique, ethnique et culturelle.

Au cours du XIXe siècle, la lecture messianique qui préconisait la libération politique d'Israël par un roi-messie recule à mesure que les populations juives se laïcisent. Cette lecture messianique réactivée par Don Isaac Abarbanel suite à l'expulsion des Juifs d'Espagne cède ainsi du terrain – tout en s'y adaptant - face à des idéologies "modernes": socialisme, libéralisme, rationalisme et nationalisme.

Une des premières manifestations nationalistes est la rédaction du livre « Rome et Jérusalem », par Moses Hess en 1862 : impressionné par le succès de l'unité italienne, l'auteur, par ailleurs proche de Karl Marx, y appelle à la création d'un État juif.

En 1869, l'Alliance israélite universelle crée l'école agricole de Mikvé-Israël près de Jaffa, à l'instigation de Charles Netter, un de ses fondateurs. De cette école vont sortir des générations d'agriculteurs juifs. Il y aura quelques autres initiatives dans les années 1870, montrant un intérêt en développement pour la terre de la sainteté.

Une attitude hostile aux Juifs n'est pas nouvelle. Pour les chrétiens, les Juifs avaient fait crucifier Jésus, et surtout refusé la nouvelle religion.

En 1873, une nouvelle terminologie apparaît : l'antisémitisme. Le mot est dû à un journaliste de Hambourg, Wilhelm Marr. L'antisémitisme se veut une idéologie nationaliste et laïque « moderne », rejetant les Juifs non plus pour des raisons religieuses, mais parce qu'ils seraient un peuple sémite moyen-oriental inassimilable en Occident. Au-delà de cette innovation, les préjugés traditionnels chrétiens contre les Juifs sont largement repris.

L'antisémitisme et l'hostilité aux Juifs se répandent largement autour des grandes concentrations juives d'Europe orientale.

Selon la thèse de Léo Pinsker, ce serait l'intégration progressive des Juifs dans la vie moderne qui aurait provoqué cette réaction : les Juifs n'étaient pas aimés mais ne gênaient guère quand ils vivaient à part. À compter de leur pénétration progressive dans le monde moderne, ils deviennent des concurrents directs et beaucoup plus visibles.

En 1881, des pogroms sanglants se produisent dans l'empire tsariste contre les Juifs. Beaucoup d'entre eux en concluent qu'il n'y a pas d'avenir pour les Juifs en Europe orientale. C'est le début d'un grand mouvement d'émigration qui mènera 4 millions de Juifs d'Europe orientale à quitter cette région entre 1880 et 1920. La plus grande masse ira en Amérique du Nord, mais d'autres iront en Europe occidentale, en Amérique du Sud, et même en Palestine.

Cette période va de la parution de « Auto-émancipation » à la réunion du premier congrès sioniste mondial.

Après les sanglants pogroms de 1881, un médecin d'Odessa, Léon Pinsker, publie à Berlin en septembre 1882 « Auto-émancipation », le premier vrai manifeste sioniste (le terme n'existe pas encore). Il y prédit que le développement de l'antisémitisme ira croissant au fur et à mesure de la modernisation des sociétés européennes, et au fur et à mesure que les Juifs se trouveront en concurrence avec leurs voisins. Il en conclut que les Juifs doivent quitter l'Europe et créer leur propre État. Il est à noter qu'il ne le revendique alors pas forcément en terre sainte.

En parallèle, des organisations commencent à apparaître. Des jeunes gens et des étudiants fondent le groupe « Bilou » (Beith Israël Lekhou Vena'ale). On parlera souvent des pionniers de la première Aliyah comme étant les Bilouïm.

Très rapidement, Léon Pinsker prend la direction de la Ahavat zion, ou Ahavat sion. Il s'agit d'un réseau, d'ailleurs peu structuré, de sociétés qui regroupent « tout fils d’Israël qui admet qu'il n'y a pas de salut pour Israël tant qu'un gouvernement juif ne sera pas installé en terre d'Israël ».

Le premier groupe a été créé en 1881 par des étudiants de Saint-Pétersbourg, avant la parution du livre de Pinsker. Il y aura rapidement une centaine de sociétés, surtout dans l'empire russe, mais aussi en Roumanie. Les membres sont appelés « Amants de Sion » (Hovevei Sion ou Hovevei Tzion). Leur but est d'organiser l'émigration de Juifs vers la Palestine (alors partie intégrante de l'empire ottoman).

L'émigration des « Amants de Sion » et celle des Bilouïm se déroule surtout dans les années 1880, dans le traumatisme suivant les pogroms de 1881. On l'appelle la « première aliyah» (mot signifiant « montée » en hébreu, au sens de « montée vers Eretz Israël »). Elle ne touche qu'environ 10 000 personnes. Elle fait face à une administration ottomane assez hostile, qui la freine.

Ses militants, peu organisés, forment la base de ce qu'on appellera le « Nouveau Yichouv » (Yichouv signifie « communauté juive en Eretz Israël »). Ils rencontrent en Palestine les membres de « l'ancien Yichouv », soit environ 25 000 Juifs très religieux, plutôt séfarades (avec une minorité ashkénaze). Ces Juifs pieux sont essentiellement concentrés dans les quatre villes saintes de Jérusalem, Tibériade, Safed et Hébron.

Séfarades contre Ashkénazes, traditionalistes contre modernes, population dirigée par ses anciens contre jeunes militants, religieux contre laïcs, orientaux contre européens, sionistes contre anti-sionistes (rappelons que les rabbins considéraient que seul le Messie pouvait recréer l'État juif): les relations seront assez souvent tendues, voire hostiles.

Les colonies juives agricoles de la première Aliyah seront fortement aidées, à compter de 1883, par les financements du baron Edmond de Rothschild, qui apparaît ainsi comme l'un des hommes clefs de ce premier sionisme. Après 1899, la Jewish Colonization Association, fondée par le baron Maurice de Hirsch en 1891, prendra le relais financier, et participera aussi à l'achat de terre en Palestine et à l'aide aux colonies agricoles.

L'hébreu n'était plus utilisé comme langue parlée par les Juifs depuis bien avant la chute du dernier royaume juif. Les Juifs de Judée avaient adopté l'araméen comme langue vernaculaire bien avant la naissance de Jésus-Christ. L'hébreu était devenu une langue purement religieuse.

À compter du début du XIXe siècle, on voit réapparaître une littérature laïque en hébreu. Elle est gênée par un vocabulaire religieux et étranger au monde moderne. Une certaine modernisation commence donc à poindre.

Ben Yéhouda va systématiser cette entreprise de modernisation. Il considère que l'hébreu doit devenir la langue parlée par les Juifs en Palestine. À ce titre, il entend en faire une langue moderne.

Il reprend la prononciation des Juifs séfarades, qu'il considère plus conforme à l'originale, et crée des centaines de mots nouveaux, adaptés aux besoins d'une société moderne et scientifique. C'est la base de l'hébreu actuellement parlé en Israël. Il est à noter que les religieux juifs traditionnels se sont fortement opposés à cette entreprise : pour eux, l'hébreu devait rester la langue de la Bible.

Les constructions institutionnelles restent faibles, voire marginales. Le développement d'une "langue nationale" modernisée est cependant un événement fondamental.

Au plan démographique, le "nouveau Yishouv" sioniste reste numériquement inférieur en nombre à l'"ancien Yichouv" religieux. Mais un ensemble de villages commence à apparaître, autour desquels se structurera le paysage humain du XXe siècle.

Quand aux débats idéologiques, ils sont presque absents de la période.

Mais au-delà de ses limites, cette période formatrice a créé une dynamique qui s'amplifiera au cours des décennies à venir.

Au milieu des années 1890, une idéologie sioniste existe déjà. Le terme "sionisme" lui-même a été créé par Nathan Birnbaum en 1886. Il s'impose progressivement dans les années 1890.

Ce proto-sionisme a son organisation, son objectif territorial, ses premiers militants. Mais son influence reste très marginale, et son organisation est très limitée.

Le changement va venir de Theodor Herzl (1860-1904).

En 1894, ce journaliste hongrois assiste à Paris à la dégradation du Capitaine Dreyfus, sous les cris de "Mort aux Juifs". Il indiquera plus tard que cette situation avait été un choc pour lui. L'Autriche était un pays où l'antisémitisme était développé. Mais la France était censée être immunisée contre l'antisémitisme. C'était le pays qui, le premier au monde, avait donné une totale égalité civique aux Juifs, en 1791. C'était aussi le pays qui avait donné la nationalité française aux Juifs indigènes d'Algérie en 1871 (décret Crémieux). Elle représentait la modernité occidentale en marche vers plus d'égalité.

Herzl avait tiré comme conclusion de sa déception qu'il était illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l'assimilation, et qu'ils devaient posséder leur propre État, refuge pour tous les Juifs persécutés.

En 1895, il adhère à la thèse du sionisme et le 15 février 1896, il publie Der Judenstaat (L'État des juifs), un livre dans lequel il appelle à la création d'un État pour les Juifs. Espérant le soutien des grandes puissances, il le fait en tentant de se placer dans la continuité des idéologie coloniales de l'époque : « Pour l'Europe, nous formerons là-bas un élément du mur contre l'Asie ainsi que l'avant-poste de la civilisation contre la barbarie ».

Theodor Herzl n'est pas un grand théoricien. Son œuvre théorique est modeste. Il a par contre été un bon organisateur, fédérant et orientant un sentiment nationaliste plus ou moins diffus, qui peinait à s'organiser.

En 1897, Herzl convoque à Bâle (en Suisse) le premier congrès sioniste mondial. Il aurait souhaité que toutes les communautés juives envoient des représentants. En fait, le congrès est un succès limité. Herzl est encore peu connu, et sa capacité d'attraction l'est donc aussi.

Deux cent quatre délégués se présentent cependant, surtout en provenance d'Europe centrale et orientale, et le congrès de Bâle est généralement cité comme étant le véritable début du sionisme.

Fait important, l'OSM n'est pas une organisation exclusive exigeant le monopole de la représentation politique du sionisme. Les partis politiques qui le souhaitent pourront se constituer et adhérer au mouvement sioniste mondial.

Le congrès de Bâle avait posé des principes et des projets. Restait à les mettre en œuvre. Pendant les années suivantes, Herzl et les premiers sionistes mènent une propagande importante au sein des communautés, surtout européennes.

Ils mènent aussi une action diplomatique intense auprès des grandes puissances de l'époque.

L'Organisation sioniste mondiale tente prioritairement de négocier avec le Sultan Ottoman, auquel appartient la Palestine, par le biais de l'empereur allemand Guillaume II, mais sans succès.

Le grand objectif de Herzl devient alors d'obtenir qu'une puissance coloniale accepte d'établir une colonie de peuplement juive en Palestine. À l'époque, cette idée de colonie de peuplement est un aspect parfaitement admis du discours et de la pratique coloniale (Afrique du Sud, Algérie, Nouvelle-Zélande, Canada, Australie…).

Dans le même temps, il ne faut pas provoquer de rupture entre les sionistes et l'empire ottoman, gestionnaire de la Palestine, qui pourrait se sentir menacé et interdire toute immigration. Aux Ottomans, Herzl fait donc valoir que les Juifs apporteront compétences techniques et capitaux, gages d'une modernisation du pays.

En 1898 et 1899, de nouveaux congrès sionistes ont lieu à Bâle, à chaque fois avec un peu plus de succès.

Lors du troisième congrès, en 1899, le lancement de la Banque coloniale juive est décidé. Elle est chargée du financement des activités d'achats de terres en Palestine.

En 1900, le quatrième congrès sioniste se tient à Londres.

En 1902, Theodor Herzl publie un roman d'anticipation "Terre ancienne, terre nouvelle", dans lequel il évoque la vie dans le futur État et décrit le sionisme comme « un poste avancé de la civilisation, un rempart de l'Europe contre l'Asie, s'opposant à la barbarie ».

Voir l'article détaillé Sionisme territorialiste.

Depuis les prémices du sioniste, la Palestine était au centre du projet d'un État juif. Mais l'hypothèse palestinienne avait une grosse faiblesse : la Palestine faisait partie de l'empire ottoman, et celui-ci n'avait aucun intérêt à « donner » la Palestine aux Juifs.

1903 est l'année des terribles pogroms de Kichinev. Ceux-ci seront suivis par une série d'autres pogroms jusqu'en 1906. L’émotion dans le monde occidental est grande, tant les pogroms ont été sanglants.

Cette émotion est une des raisons pour lesquelles le gouvernement britannique de Chamberlain propose en 1903 à Theodor Herzl de donner à l'OSM une partie de l'Ouganda de l'époque (dans l'actuel Kenya), pour y créer un "Foyer national juif".

Hostile à l'abandon de la Palestine, le sixième congrès sioniste de 1903 se divise fortement. Une commission est cependant envoyée sur place.

En 1905, le septième congrès sioniste se tient à Bâle. Il y est décidé de repousser définitivement la proposition de l'Ouganda, ainsi que toute alternative à la Palestine.

Les «territorialistes», qui voulaient absolument « un territoire », considèrent que refuser un État, où qu'il soit, est suicidaire compte tenu de l'attitude des Ottomans. Les plus décidés des territorialistes (une petite minorité) opèrent une scission. Ils créent l' « Organisation juive territorialiste », menée par Israël Zangwill. L'organisation n'aura guère de succès et entrera dans un rapide déclin après la déclaration Balfour de 1917, qui la rend inutile. Elle sera dissoute en 1925.

On peut voir dans la question du territorialisme les débuts d'un débat qui va agiter de façon récurrente le mouvement sioniste jusqu'au début du XXIe siècle : l'objectif premier du sionisme est-il de créer un État pour les Juifs (dont les frontières sont somme toute d'une importance relative), ou est-il de créer un État impérativement dans les frontières bibliques d'Eretz Israël ?

En 1907, le huitième congrès sioniste se tient à La Haye. Il voit s'opposer deux tendances, qui existaient depuis plusieurs années, mais dont les débats se durcissent lors de ce congrès. Jusqu'alors, la majorité de l'OSM s'étaient montrée réticente (comme Herzl lui-même) face à la colonisation de la Palestine ("sionisme pratique"). Elle estimait qu'il fallait une "charte", c’est-à-dire un statut juridique officiel (ottoman ou international) avant de commencer une implantation juive de masse. D'où la priorité donnée à l'action diplomatique et le nom donné à cette approche : "sionisme politique". Haïm Weizmann apparaît avec la gauche comme un tenant d'une action plus décidée sur le terrain. L’opposition "pratique" obtient en 1907 un renforcement des actions en Palestine, mais l'orientation "politique" fondamentale de l'OSM n'est pas remise en cause.

En 1909, le neuvième congrès sioniste se tient à Hambourg. Sionistes "pratiques" et "politiques" continuent de s'y opposer. Les seconds restent dominants.

En 1911, le dixième congrès sioniste se tient à Bâle. Ce congrès est important, en ce qu'il modifie la politique de l'organisation. Les factions "pratiques" et "politiques" arrivent en effet à un accord, et décident d'œuvrer vers un sionisme "synthétique", agissant dans les deux directions. Concrètement, plus de moyens sont dégagés pour aider les pionniers de la seconde Aliyah.

En 1913, le onzième congrès sioniste se tient à Vienne.

En 1914 commence la Première Guerre mondiale. Elle aura un impact décisif sur le succès du sionisme.

Les Ottomans entrent en guerre aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche, et donc contre la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'empire tsariste.

C'est dans ce cadre, que l'action sioniste en faveur de la création d'une colonie de peuplement en Palestine sous mandat d'une grande puissance intéresse le Royaume-Uni. Dès 1915, le leader sioniste britannique, Haïm (ou Chaïm) Weizmann, entreprend de convaincre la direction britannique de l'intérêt pour elle de soutenir la cause sioniste, au départ sans grand succès.

En 1916, les accords secrets Sykes-Picot entre la France et le Royaume-Uni divisent l'empire ottoman en cas de victoire, et accordent au Royaume-Uni les zones qu'elle convoite.

En 1917, Lord Balfour, représentant le gouvernement britannique, adresse à Haïm Weizmann une lettre, la "déclaration Balfour", par laquelle il indique que le Royaume-Uni est favorable à l'établissement d'un « Foyer national juif » en Palestine. Cette lettre n'est pas un engagement juridiquement contraignant, mais elle représente un formidable encouragement pour le sionisme. La lettre semble avoir eu deux objectifs : avancer dans la constitution d'une colonie de peuplement pro-britannique près du canal de Suez, et se rallier les Juifs américains, alors que le Royaume-Uni essayait à tout prix de convaincre les États-Unis d'entrer en guerre à ses côtés.

La déclaration Balfour est par contre mal reçue dans le monde arabe. Selon une expression célèbre, « un peuple donnait à un autre peuple la terre d'un troisième ». Il est aussi à noter que les Britanniques avaient déjà promis à Hussein ibn Ali, chérif de La Mecque la création d'un grand royaume arabe unitaire sur le Moyen-Orient. Il s'agissait d'obtenir la contribution militaire des nationalistes arabes à l'affaiblissement de l'Empire ottoman (voir Lawrence d'Arabie). La "déclaration Balfour" était donc en contradiction avec cette première promesse.

Fin 1917, poursuivant les troupes ottomanes en retraite, les Britanniques prennent possession de la Palestine (prise de Jérusalem le 11 décembre). Ils y resteront jusqu'en 1948.

Après le premier congrès sioniste de Bâle, des partis politiques sionistes, ou au moins des courants de pensée, se sont rapidement organisés.

Bien qu'on se trouve ici dans la partie consacrée aux partis politiques sionistes, les libéraux ne formeront un vrai parti qu'en 1922. Ils ont cependant existé bien avant et ont eu une influence déterminante sur la naissance du sionisme.

Le terme de "sionistes généraux" commence à être utilisé peu de temps après la création de l'OSM, pour désigner un courant de pensée qui reste très proche de l'Organisation sioniste mondiale qui vient de se créer, et qui refuse de se structurer dans un parti spécifique, contrairement aux courants de gauche de l'époque. Les "sionistes généraux" sont des indépendants, peu intéressés par les jeux des partis et les grands débats idéologiques. On voit cependant très tôt apparaître des associations ou "factions", à travers lesquelles ils s'expriment. Ils restent majoritaires dans l'OSM jusqu'aux années 1920. En 1922, divers groupes et factions établissent l'Organisation des sionistes généraux.

Quoique réticents devant les débats idéologiques, ils se réclament du libéralisme économique et politique. Ils attirent surtout la bourgeoisie et les classes moyennes de la diaspora juive, et plus tard du Yichouv (la communauté juive en Palestine).

Ils sont modérés, aussi bien en matière de nationalisme qu'en matière politique.

Par bien des aspects (notamment son pragmatisme, son assise sociale bourgeoise, ses choix économiques et son insistance sur l'action diplomatique), le « sionisme général » est le courant de pensée le plus proche de Herzl. Haïm Weizmann, qui obtiendra la déclaration Balfour, était membre de ce courant de pensée.

Sur le front du sionisme pionnier, en Palestine, le « sionisme général » manque de militants. Ceux-ci sont dominés nettement pas les représentants des partis de la gauche sioniste. Mais dans les congrès sionistes, les libéraux seront dominants jusque vers 1930.

Compte tenu de son assise sociale plutôt bourgeoise, la capacité du « sionisme général » à collecter des fonds pour l'installation des Juifs en Palestine sera précieuse pour le mouvement sioniste.

En 1905-1906, le Poale Zion (« l'ouvrier de Sion ») est fondé sur la base d'associations Poale Zion qui existaient depuis quelque temps en Europe orientale et aux É.-U.. Ce parti marxiste attire à lui les militants de la gauche nationaliste déçus par le rejet du sionisme par le Bund (« Union générale des travailleurs juifs »), parti marxiste d'Europe orientale, fondé en 1897.

Le dirigeant du nouveau parti est un intellectuel né en Ukraine tsariste, Ber Dov Berochov (1881-1917). Celui-ci réalise la synthèse entre le marxisme et le nationalisme juif. Dans son optique, la seule oppression n'est pas l'oppression de classes, et le seul moteur de l'histoire n'est donc pas la lutte de classes. L'oppression nationale, et donc les luttes de libération nationale, peuvent être aussi de puissants moteurs de l'évolution historique.

En pratique, le Poale Zion est pleinement intégré à l'Organisation sioniste mondiale (OSM). Entre la lutte de classes et la lutte nationale, il fera au final toujours passer en premier la lutte nationale, recherchant pour cela l'alliance des autres factions sionistes, y compris les « bourgeois » des sionistes généraux. De fait, au-delà de son idéologie, le Poale Zion apparaît progressivement comme un parti réformiste, à l'origine de l'actuel parti travailliste israélien.

David Ben Gourion rejoint un groupe local de Poale Zion en 1904. En 1906, des branches du parti ont été formées dans plusieurs pays, dont l'Autriche et surtout la Palestine.

Dans les années suivant la fondation du parti, celui-ci connaîtra plusieurs scissions, essentiellement celle du Poale Zion Gauche, nouveau parti basé sur les mêmes principes idéologiques, mais réclamant une pratique plus authentiquement révolutionnaire, moins réformiste.

Tant le Poale Zion que le Poale Zion Gauche participeront à la révolution de 1917. Bon nombre de membres du Poale Zion Gauche rallieront d'ailleurs le parti bolchévique après cette date. On en reverra certains en Palestine, comme agents de la IIIe internationale.

Le Poale Zion Gauche est également l'une des origines du futur grand parti de l'extrême-gauche sioniste, le Mapam, qui rejoindra plus tard l'actuel Meretz.

Le parti Ha’poel Hatzaïr (« jeune travailleur ») est formé en 1905 par Aharon David Gordon. L'idéologie est largement inspirée du socialisme populiste russe et de l'œuvre de Tolstoï. L'objectif est de créer un socialisme agricole, très marqué par l'anti-autoritarisme, voire l'anarchisme. La lutte des classes est considérée comme dangereuse du point de vue de la construction d'un foyer national juif.

Les points communs sont cependant nombreux avec le Poale Zion : il s'agit de créer un État des travailleurs, dans une optique progressiste, sans se couper des tendances plus conservatrices du mouvement sioniste. L'attachement au sionisme pionnier, surtout intéressé par les réalisations concrètes, est également particulièrement développé.

Le Ha’poel Hatzaïr aura lui aussi sa dissidence de gauche, le Hachomer Hatzaïr, qui jouera également un rôle important dans le développement futur du Mapam.

Il est à noter que les kibboutzim, communautés rurales collectivistes et influencées par l'anarchisme (pas ou peu d'élections, direction par l'assemblée générale) sont, à l'origine, un projet politique et social du Ha’poel Hatzaïr. Le premier pré-kibboutz sera fondé en 1909.

On a indiqué que les rabbins orthodoxes étaient hostiles au sionisme, parce qu'ils considéraient majoritairement que Dieu avait décidé de la dispersion du peuple juif, en punition de ses péchés. Seul Dieu, par l'intermédiaire du Messie, pouvait donc restaurer Israël. Toute tentative anticipée était non seulement vouée à l'échec, mais risquait d'attirer la colère divine. À cette hostilité théologique s'ajoutait aussi une hostilité au laïcisme parfois agressif (surtout à gauche) des sionistes.

Pourtant, dès les années 1840, un courant minoritaire est apparu chez les religieux ashkénazes d'Europe orientale. Pour ce courant, c'est au contraire un commandement divin pour les Juifs que de s'installer en terre sainte. Le suivi de ce commandement pourrait même accélérer le retour du Messie.

En 1891, une association sioniste religieuse, le Mizrahi (oriental), est formée sur la base de ces idées. Elle donnera naissance en 1902 à un véritable parti politique portant le même nom. Ce parti est plus connu en français sous le nom de "Parti National Religieux", ou PNR (MAFDAL, selon son acronyme hébreu).

Le PNR est à l'origine un parti assez modéré, à la rencontre de la modernité et de la tradition. Il est clairement très minoritaire dans un mouvement sioniste qui est lui-même assez minoritaire dans le monde juif occidental, et plus encore dans le monde juif oriental.

Bien qu'ils sortent du cadre du présent article, il faut connaître les autres partis juifs, dans la mesure où ils auront des débats, des conflits et parfois des accords avec les sionistes.

Ces partis sont, à l'époque, encore minoritaires au sein du judaïsme occidental, mais ils influencent grâce à leurs militants un nombre croissant de Juifs. Ce sont (surtout à gauche) les acteurs fondamentaux du sionisme sur le terrain (en Palestine et en diaspora), plus que l'Organisation sioniste mondiale qui se concentre progressivement sur l'action diplomatique et institutionnelle.

De 1903 à 1906, la Russie tsariste connaît une vague de pogroms particulièrement violents et traumatisants, ainsi que d'importants troubles politiques dus à la guerre russo-japonaise (perdue par la Russie) et à la révolution manquée qui suit (dite « Révolution russe de 1905 »).

Tout comme les pogroms de 1881 avaient fait naître les « Amants de Sion » et provoqué une première aliyah, les pogroms de 1903-1906 accélèrent la naissance des partis politiques sionistes, et provoquent une grande vague d'émigration. Ce sont près d'un million de Juifs qui quittent l'empire tsariste entre 1903 et 1914. 30 000 à 40 000 iront vers la terre sainte: c'est la seconde aliyah.

Jeunes, très marqués à gauche, très bien organisés, ils marqueront en profondeur le Yichouv. La plupart des dirigeants sionistes de la Palestine jusqu'aux années 1950 seront issus de leurs rangs. On peut ainsi citer David Ben Gourion (émigration en 1906) et Yitzhak Ben-Zvi.

En 1906, le premier lycée hébraïque est fondé à Jaffa, tout comme l'École des Arts Bezalel à Jérusalem.

En 1909, un petit bourg juif à proximité de Jaffa est fondé et deviendra la ville nouvelle de Tel-Aviv. Le kibboutz Degania Alef, la « mère des kibboutzim », est fondé la même année. On note aussi des incidents entre Juifs et Arabes en Galilée, qui aboutissent à la création de la première milice juive, le Hashomer (« la garde »). Dans la ville de Jérusalem, le rapport entre Séfarades et Ashkénazes s'inverse du fait de l'immigration sioniste, presque entièrement ashkénaze.

En 1914, lorsque l'empire ottoman entre en guerre, le Yichouv (communauté juive de Palestine) compte environ 85 000 personnes sur une population totale de 725 000 habitants : environ 12% de la population totale.

La Première Guerre mondiale affaiblit considérablement le Yichouv. Les citoyens des puissances en guerre contre l'empire ottoman, en particulier les Russes, sont arrêtés ou expulsés. Or, les immigrants juifs sont souvent d'origine russe. Lors de l'arrivée des Britanniques, la population juive n'est plus que de 56 000 âmes. Mais elle remonte très vite à 83 000 personnes fin 1918, grâce au retour rapide des expulsés.

La période 1897–1918 a été décisive pour le mouvement sioniste. Une organisation mondiale (en fait surtout européenne et nord-américaine) a vu le jour. Elle a ses banques, ses diplomates et ses partis politiques.

L'opposition entre un sionisme pionnier et un sionisme diplomate est restée au final essentiellement théorique. Le sionisme pionnier a commencé à créer un état de fait sur le terrain, et le sionisme diplomate (souvent appelé « sionisme politique ») a obtenu un succès immense en obtenant du Royaume-Uni la promesse d'un « Foyer national pour les Juifs en Palestine ».

La réaction arabe est encore peu importante, mais commence à s'exprimer. Pour les Arabes de Palestine, en particulier, l'opposition à ce que la terre où ils habitent soit donnée à d'autres est très forte, et la crainte d'une dépossession grandit.

Cette période précède la création de l'État d'Israël.

En pratique, la période 1919-1947 permet la création d'un proto-État juif sur le lieu des territoires israélo-palestiniens, avec son gouvernement, son parlement, son administration, sa police, son armée, sa diplomatie, sa population, son système économique, ses partis. En 1947, la décision par l'ONU de créer l'État d'Israël validera largement un état de fait pré-existant.

Avec la Déclaration Balfour, le Royaume-Uni avait promis un « Foyer national juif » en Palestine. Mais il fallait maintenant pour les sionistes faire officialiser cette promesse. En février 1919, les représentants sionistes à la conférence de la paix de Paris demandent donc l'octroi d'un mandat sur la Palestine au Royaume-Uni, dont ils apparaissent comme les alliés privilégiés. Les puissances alliées se rangent à ce choix lors de la conférence de San Remo, en avril 1920. Le mandat britannique est officialisé par la Société des Nations (SDN) en juillet 1922.

Le mandat indique que le Royaume-Uni doit « placer le pays dans des conditions politiques, administratives et économiques qui permettront l'établissement d'un foyer national juif et le développement d'institutions d'auto-gouvernement ». Elle doit également « faciliter l'immigration juive et encourager l'installation compacte des Juifs sur les terres ».

Le mandat précise de façon beaucoup plus vague que le mandataire doit veiller à la préservation des droits civils et religieux de la population arabe (on ne parle pas de « droits politiques »). Cette différence de traitement sera fortement critiquée par les leaders arabes palestiniens, que ce soit par les radicaux regroupés autour du mufti, Haj Amin al Husseini, ou par les modérés regroupés autour de la famille Nashashibi.

Le mandat de la SDN prévoit de créer un système politique « autonome » en charge des Juifs, les Britanniques se réservant le volet militaire et les décisions fondamentales sous l'autorité d'un « haut-commissaire ». Il y en aura sept entre 1920 et 1948. Le premier d'entre eux est Sir Herbert Samuel, un Juif mais aussi un sympathisant sioniste.

Le système politique dans la communauté juive sera organisé autour d'une assemblée élue (Asefat ha-nivharim), avec une forme restreinte de « pouvoir législatif », et d'une « Agence juive» en charge du pouvoir exécutif. Les premières élections à l'Asefat ha-nivharim ont lieu en 1920. L'Agence juive est formée en 1922, comme une simple branche de l'OSM. On trouve aussi un Conseil National (Va'ad Leoumi) surtout administratif, s'occupant de l'éducation, des autorités locales, des affaires sociales et de la santé.

Le pouvoir de l'Assemblée juive est assez limité, et elle restera de peu d'influence réelle jusqu'à la création d'Israël en 1948, qui signe son remplacement par la Knesset. C'est en fait l'Agence juive qui va concentrer les pouvoirs au sein du Yichouv, particulièrement dans le nouveau Yichouv sioniste. Elle deviendra progressivement un véritable appareil étatique.

L'Agence juive verra son influence grandir en 1929 quand elle prend son autonomie de l'OSM et que les Juifs religieux non-sionistes acceptent de collaborer avec elle. Il ne s'agissait pas pour ces derniers de créer un état juif, mais de trouver une terre d'accueil aux nombreux juifs qui tentaient de quitter l’Europe centrale et orientale en proie à la montée de l'antisémitisme. Malgré cette limite, Il s'agit là d'un changement remarqué dans le très fort rejet du sionisme que portait ce courant de pensée. Il ne s'agit pas d'un ralliement idéologique, mais du début d'un mouvement d'acceptation d'un État juif.

Il est à signaler que l'Agence juive s'est rapidement dotée d'un bras armé : la Haganah. Celle-ci est formée initialement à Jérusalem en 1920, après des émeutes anti-juives. Elle est généralisée par l'Agence juive au début des années 1920 en tant que milice chargée de défendre le Yichouv contre d'éventuelles attaques arabes. La Haganah n'est pas reconnue par la puissance mandataire, et les relations entre celle-ci et la milice juive oscilleront au gré des époques, allant de l'indifférence à la répression, en passant par l'alliance (pendant la « Grande révolte arabe »).

Les Britanniques proposeront aux représentants de la communauté arabe de créer également une « Agence » pour représenter leur communauté. Mais ces dirigeants refuseront, considérant qu'il y aurait eu là une reconnaissance du mandat pro-sioniste de la SDN et de sa validité.

Ce refus a sans doute limité les possibilités d'action des nationalistes arabes en Palestine (le nationalisme palestinien spécifique est encore en formation). Mais il aura aussi pour conséquence d'inquiéter la direction britannique.

Sans contester directement la présence britannique, les dirigeants arabes de Palestine contestent vigoureusement les termes du mandat, qui prévoient le renforcement indéfini de la présence sioniste en Palestine. Cette attitude est soutenue par les nationalistes arabes du Moyen-Orient. Dès les premières émeutes de 1920, les Britanniques se rendent compte que leur politique pro-sioniste risque de porter atteinte à leurs intérêts moyen-orientaux. En 1922, un premier « livre blanc » britannique (sous la direction de Winston Churchill, alors secrétaire aux colonies) propose de limiter l'immigration juive. Il y en aura d'autres au fur et à mesure du durcissement des oppositions. Cependant, jusqu'en 1939, le Royaume-Uni continuera à autoriser une large immigration juive.

L'opposition grandissante des Arabes amène cependant les Britanniques à revoir le territoire du « Foyer National Juif ». Celui-ci devait au début comprendre les territoires de ce que l'on appelle aujourd'hui: Israël (sans le Golan), la bande de Gaza, la Cisjordanie et la Jordanie.

Mais en 1922, il est décidé de détacher le territoire qui formera l'actuelle Jordanie (à l'époque « Émirat de Transjordanie ». C'est à la fois une décision destinée à rassurer les nationalistes arabes, et un geste en faveur de la famille des Hachémites (dont un des fils, Abdallah, reçoit l'émirat). Bien que réticente, l'Organisation sioniste mondiale accepte ce détachement.

La grande majorité des sionistes (on note quelques exceptions, comme celle de Ahad HaAm) considère après 1922 et l'obtention du mandat que le sionisme a maintenant deux objectifs concrets : bâtir des institutions nationales et encourager l'immigration juive.

La population juive passe de 83 000 à la fin de 1918, à 164 000 en 1930, puis à 463 000 en 1940 et à 650 000 lors du vote de la création d'Israël en 1947. La croissance vient de l'immigration, mais aussi d'une forte natalité. Pendant cette période, la population arabe double, passant de 660 000 à 1 200 000.

Comme pour les deux premières aliyah (1881-1902 et 1903-1914), ce sont les troubles antisémites en Europe qui ont rythmé les vagues d'émigration hors d'Europe, vers l'Amérique, l'Europe occidentale, et de plus en plus la Palestine.

La troisième aliyah (1919-1923) est liée aux troubles et guerres civiles qui suivent en Europe orientale la première guerre mondiale et la révolution bolchévique. Elle concerne 35 000 personnes, surtout des jeunes gens aux convictions sionistes-socialistes. Ils seront à l'origine, en 1921, du premier vrai kibboutz (Ein Harod, une ferme collectiviste) et du premier moshav (Nahalal, une ferme coopérative).

La quatrième aliyah (1924-1928) amène en Palestine 80 000 immigrants assez différents. Ce sont majoritairement des Polonais membres des classes moyennes, chassés par les mesures économiques anti-juives du gouvernement de Varsovie. Même si beaucoup soutiendront la gauche, d'autres, plus conservateurs, iront vers les sionistes généraux, les révisionnistes de droite (voir ci-dessous), voire les sionistes religieux. La quatrième aliyah entraîne un développement urbain (ces immigrants sont peu intéressés par les communautés rurales des pionniers sionistes - socialistes), du commerce, de l'artisanat. En 1924, le Technion (université technique) est fondé à Haïfa puis en 1925, l'Université hébraïque de Jérusalem ouvre sur le mont Scopus. Mais cette vague d'immigration entraîne aussi un déséquilibre entre les capacités économiques du pays et l'afflux de populations nouvelles. Ce déséquilibre amène un chômage important. La crise est sévère et dure de 1926 à 1929, entraînant un phénomène de départ de certains des nouveaux immigrants.

La cinquième aliyah (1929-1939) voit l'immigration de 180 000 Juifs. Ils viennent d'Europe orientale, où se structurent des régimes nationalistes autoritaires plus ou moins antisémites. 40 000 proviennent d'Allemagne et d'Autriche, où les Nazis viennent de prendre le pouvoir. Il y a même un accord dit de Haavara (« transfert ») conclu entre l'Organisation sioniste et le Troisième Reich en 1933, et actif jusqu'en 1938. Cet accord provoque d'ailleurs des affrontements entre les « pragmatiques » comme Ben Gourion, qui veulent amener un maximum de Juifs et de capitaux (30 millions de dollars sont ainsi transférés) en Palestine, et ceux qui s'opposent à tout contact avec les Nazis. La cinquième aliyah est particulièrement importante, non seulement parce qu'elle est la plus forte d'un point de vue démographique, mais aussi parce qu'elle amène une population relativement riche, éduquée, qui permettra une notable modernisation de la structure économique du Yichouv. Cette immigration est également socialement et économiquement plus conservatrice que la troisième aliyah. On peut enfin noter que sur les 180 000 immigrants, environ 15 000 sont des illégaux, amenés dans le pays à compter de 1934 sans passer par l'Agence juive et le contrôle britannique. En effet, les quotas britanniques d'immigration, quoique larges, deviennent insuffisants pour les demandes. Cette immigration illégale, qui suscite les réserves de l'Agence juive qui ne veut pas de problème avec les Britanniques, est à la fois organisée par la gauche kibboutznik (les habitants des kibboutzim) et par les activistes de la droite révisionniste. En 1936, l'opération « Homa Oumigdal » (murailles et tours) commence. Il s'agit d'une entreprise d'implantations surprises aboutissant, de 1936 à 1939, à créer 51 nouvelles localités, chacune en une seule nuit, dans un contexte d'affrontement avec les Arabes.

À compter de 1939, les Britanniques réduisent fortement le nombre des visas accordés aux Juifs voulant se rendre en Palestine, alors même que la pression sur les Juifs d'Europe devient intenable avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et surtout avec le début du génocide des Juifs en 1941-1942.

L'immigration de 1939 à 1947 est dès lors largement illégale. Elle concerne environ 80.000 personnes fuyant l'Europe. La majorité viennent dans l'immédiat après-guerre et sont des rescapés du génocide, essayant d'éviter le blocus britannique. Ceux qui échouent sont placés dans des camps de rétention, en Allemagne ou à Chypre, provoquant un sentiment de solidarité dans le monde occidental. L'Agence juive utilisera d'ailleurs ce sentiment en organisant une double immigration : d'un côté une immigration totalement clandestine, et de l'autre des tentatives ouvertes de forcer le blocus britannique. Ces dernières tentatives, débouchant généralement sur un arraisonnement britannique, visaient à poser publiquement la question de l'immigration juive. La plus connue de ces tentatives d'immigration illégale mais pas vraiment clandestine est celle du cargo Exodus, un bateau transportant 4 500 immigrants illégaux, qui fut illégalement arraisonné par la marine britannique dans les eaux internationales. C'est en partie cette crise des réfugiés de 1946-1947 qui explique la création de l'État juif par l'ONU en 1947.

Au final, l'immigration a été forte entre 1918 et 1947. Elle a surtout concerné des Juifs européens. De ce fait, les Séfarades ne représentent en 1947 que 20% des Juifs du Yichouv. Encore est-ce surtout une minorité occidentalisée. Les masses juives du monde musulman ne participent guère au mouvement sioniste.

La droite sioniste, d'ailleurs assez centriste, était dominée depuis la fondation de l'OSM par les sionistes généraux.

Dans les années 1920, on constate la radicalisation d'une nouvelle droite nationaliste. Cette évolution est une traduction dans les milieux juifs d'une tendance à la radicalisation nationaliste dans beaucoup de partis de droite européens de l'époque. Cette radicalisation est liée aux contestations des nouvelles frontières issues de la première guerre mondiale et au choc de la révolution bolchévique.

En tant qu'idéologie d'origine européenne, le sionisme a toujours été influencé par les évolutions politiques de son milieu d'origine, on l'a vu pour les courants libéraux ou de gauche. Il en va de même sur la droite de l'échiquier politique.

Dans la Bible, certaines régions à l'Est du Jourdain sont le territoire de tribus d'Israël. Pour les nationalistes intransigeants (d'ailleurs plutôt laïcs à l'époque), c'est donc une terre devant revenir aux Juifs.

Zeev Vladimir Jabotinsky (1880-1940), un leader sioniste né à Odessa (empire tsariste), refuse cette « division ». Il conteste aussi l'acceptation par l'OSM du mandat de la SDN. En effet, le mandat parle d'un « Foyer National Juif » mais pas d'un État indépendant, ce qui est insuffisant pour Jabotinsky. Mais à ce stade de la présence juive en Palestine, l'OSM et l'Agence juive estiment maladroit et prématuré d'aller plus loin. Ainsi, en 1931, le dix-septième congrès sioniste refuse encore de se positionner officiellement en faveur d'un État juif indépendant.

Après l'affaire Simon Petlioura, Jabotinsky démissionne de son poste à la direction de l'OSM au début 1923 et organise une fédération indépendante voulant « réviser » le sionisme. Il réclame une immigration plus large, la constitution d'une « brigade juive » chargée de défendre Eretz Israel et l'autodétermination, c'est-à-dire l'indépendance.

En 1925, il crée formellement l'« Union mondiale des sionistes révisionnistes » ayant son siège à Paris.

Le parti révisionniste va alors se positionner comme le représentant d'une droite nationaliste intransigeante. Le parti révisionniste a une organisation de jeunesse, le Betar, encore plus radicale. Ce dernier reprend certaines formes des mouvements fascistes : uniforme, culte du chef, entraînement paramilitaire, mais sans adhérer officiellement au fascisme.

Rapidement, la haine domine les relations avec la gauche sioniste, marquées de part et d'autre par une incroyable violence verbale. Ben Gourion surnomme Jabotinsky dans les années 1930 « Vladimir Hitler » et l'accuse d'être un fasciste. De leur côté, les révisionnistes considèrent volontiers les travaillistes du Mapaï (unifié en 1930) comme de dangereux communistes, et les membres du Betar font parfois le coup de poing dans les meetings de gauche.

En pratique, la gauche sioniste est engagée dans un processus de social-démocratisation assez rapide, bien loin du communisme. Le révisionnisme ne va pas de son côté jusqu'au fascisme. On peut cependant constater que chez les travaillistes, une aile gauche anti-capitaliste voire pro-soviétique existe, et que des sympathisants fascistes proclamés opèrent sur l'aile droite du parti révisionniste (Brit Ha'birionim sous l'autorité de Abba Ahiméir). Tout en refusant de les suivre, Jabotinsky refuse aussi de rompre avec eux. En 1933, on voit même Abba Ahiméir approuver certains aspects du nazisme (en particulier « la pulpe anti-marxiste », selon son expression), par anticommunisme. Cette sortie provoque par contre la fureur de Jabotinsky, très inquiet devant la montée du nazisme.

En 1935, les révisionnistes font un pas de plus dans leur critique des institutions sionistes, et décident de quitter l'OSM du fait du refus de celle-ci de revendiquer officiellement un État juif. Au-delà de la divergence idéologique bien réelle, les relations avec la gauche (qui avait pris le contrôle de l'OSM en 1933) étaient devenues tellement mauvaises qu'une collaboration était très difficile.

En 1919, le Poale Zion a changé de nom et est devenu le Achdut Ha'avoda. En 1930, il fusionne avec le Ha'poel Hatzaïr, le grand parti de la gauche non marxiste, pour former le parti travailliste Mapaï (Parti ouvrier d'Eretz Israël).

Cette fusion de la gauche modérée donne un poids politique particulièrement important à la gauche sioniste, qui est maintenant la fraction politique la plus importante au sein de la communauté juive en Palestine.

En 1931, les différents courants sionistes – socialistes (surtout le Mapaï, mais aussi les petits partis de l'extrême-gauche sioniste) gagnent 42% des suffrages.

En 1933, avec le soutien des libéraux de Haïm Weizmann, les travaillistes prennent le pouvoir au sein de l'OSM.

L'homme clef de l'époque est David Ben Gourion. Il est le leader du Mapaï, le président de l'Agence juive (l'exécutif sioniste en Palestine) et le secrétaire général de la Histadrout (jusqu'en 1935). La Histadrout (Association générale des travailleurs d'Eretz Israël) est bien plus qu'un syndicat. Elle dirige aussi un vaste secteur économique (kibboutzim, moshavim, entreprises coopératives), une importante caisse d'assurance maladie (Kupat Holim), prend en charge les écoles du courant « ouvrier », et intervient dans le domaine socio-culturel (associations sportives, culturelles, édition, journaux).

Le pouvoir de Ben Gourion et de son parti est donc très important au sein du Yichouv et de l'OSM, ce qui lui vaut d'être traité de dictateur par Jabotinsky.

À compter du début des années 1930 et jusqu'en 1977, le parti travailliste sera le parti hégémonique de la vie politique du Yichouv puis d'Israël, restant au pouvoir de façon permanente.

En 1929 et 1930, il y a eu de nouvelles émeutes arabes contre la colonisation juive (150 Juifs morts, plusieurs dizaines d'Arabes). Elles visent en pratique tous les Juifs, qu'ils appartiennent au nouveau Yichouv ou à l'ancien. C'est ainsi que la vieille communauté juive de Hébron est chassée de sa ville. Ces émeutes sont le signe que la situation se tend de plus en plus. Les Arabes de Palestine ont de plus en plus peur d'être dépossédés de leurs terres. Elles marquent aussi la montée en puissance du mufti de Jérusalem et chef du conseil suprême musulman, Amin al-Husseini, qui se pose de plus en plus comme chef politique et religieux des Palestiniens intransigeants, tant à l'égard du sionisme que de l'occupant britannique.

De 1935 à 1939 se déroule ce qu'on appellera « la Grande révolte arabe en Palestine ».

En novembre 1935 a commencé, en Galilée, une petite guérilla menée au nom du jihad par un prédicateur musulman, Izz al-Din al-Qassam, rapidement tué par les Britanniques.

Au début de 1936, le Royaume-Uni abandonne, sous la pression sioniste, un projet d'assemblée législative représentant toute la population de Palestine, et dans laquelle les Arabes auraient forcément été majoritaires.

Cet abandon et les événements de Galilée provoquent en avril 1936 une grève générale qui dure six mois et qui s'accompagne d'actions de guérilla contre les forces britanniques, mais aussi de violences contre les civils juifs. Le Haut Comité Arabe, dirigé par le mufti, est au cœur de la mobilisation arabe. Mais celle-ci, mal organisée, reste cependant peu centralisée. La violence vise les Britanniques (assassinat du gouverneur de Galilée en septembre 1937), les Juifs (415 morts entre 1937 et 1939) et même des Arabes modérés.

Le Royaume-Uni réprime de façon très dure à travers la justice militaire d'exception, l'envoi de 20.000 soldats, les arrestations et les expulsions hors de Palestine. Même des modérés sont touchés, et la société arabe palestinienne sort durablement affaiblie de cette épreuve de force.

La Haganah a soutenu les troupes britanniques, parfois dans une coopération étroite, et sort renforcée des événements.

Cependant, les Britanniques sont conscients que la solution ne peut-être exclusivement militaire, d'autant que le nationalisme arabe grandit au Moyen-Orient et se sent solidaire des Arabes de Palestine. L'empire britannique a donc un intérêt, et pas seulement pour la Palestine, à trouver une solution acceptable par tous.

Le gouvernement étudie en 1937 (commission Peel) un projet de partage de la Palestine, qui attribue aux Arabes la majorité du territoire (85%), mais qui créerait un État juif en Galilée et sur la bande côtière (15% de la Palestine). De part et d'autre, de grosses réserves surgissent.

Le manque d'enthousiasme de tous fera finalement échouer le projet (novembre 1938). Mais le gouvernement britannique continue à chercher une solution.

Le gouvernement publie alors en mai 1939 un nouveau « livre blanc », qui est un choc pour le mouvement sioniste et qui peut lui faire craindre le succès politique de la grande révolte, alors même que son échec sur le terrain est consommé. Le « livre blanc » prévoit en effet un sévère coup de frein à l'immigration juive et, sous 10 ans, une autodétermination de la Palestine dans son ensemble, ce qui amènera forcément les Juifs à être minoritaires dans l'État arabe. Il s'agit d'un revirement en profondeur de la politique menée depuis 1917 consistant à appuyer le mouvement sioniste pour contrôler cette partie du Moyen-Orient. Manifestement, le gouvernement britannique est arrivé à la conclusion que cette politique crée plus de problèmes qu'elle n'en résout, et il se rapproche ainsi des nationalistes arabes.

La Grande Révolte arabe parvient ainsi à provoquer la rupture entre le sionisme et le pouvoir britannique. Les relations resteront dès lors tendues jusqu'à l'indépendance d'Israël, qui sera obtenue par une politique de confrontation avec l'empire britannique, et non plus par une politique de coopération.

Après les émeutes arabes de 1929-1930, un débat est apparu au sein de la Haganah et de sa direction politique (l'Agence juive): fallait-il rester dans une politique défensive, ou passer à l'offensive en se livrant à des représailles contre les émeutiers, voire contre la population arabe qui les soutenait ? La position officiellement adoptée est celle du maintien d'une politique de retenue (« Havlagah ») dans l'utilisation de la violence, en refusant en particulier la violence aveugle contre les civils arabes. Un groupe d'activistes, de gauche et de droite, fonde alors la Haganah Beth (la Haganah « B »), en rupture avec les instances officielles du sionisme et la Havlagah. La Haganah Beth (puis Haganah nationale) n'est pas une organisation de droite, même si les révisionnistes y sont nombreux. Elle aura en pratique une activité assez faible.

Après le déclenchement de la Grande Révolte arabe, certains de membres de l'organisation (y compris le fondateur Avraham Tehomi), plutôt à gauche, décidèrent de rejoindre la Haganah pour former un front commun contre les Arabes.

L'organisation devient alors l’Irgoun Tsvai Leumi (Organisation militaire nationale), parfois appelé IZL ou Etzel. Après le départ des militants de gauche, l'Irgoun est maintenant clairement l'organisation armée du parti révisionniste, même si elle est en pratique quasiment indépendante. Jabotinsky (que les Britanniques ont expulsé de Palestine) est reconnu comme responsable suprême. Mais il n'exerce pas de responsabilités opérationnelles.

L'Irgoun se spécialise dans des opérations de représailles contre les militants arabes, mais aussi de plus en plus contre des civils arabes pris au hasard. Elle utilise en pratique des méthodes similaires à celles des groupes armés arabes, qui ciblent aussi les civils juifs, ce qui lui vaut les critiques des instances officielles du Yichouv et le classement par les Britanniques comme organisation terroriste. On estime qu'environ 200 à 250 civils arabes seront tués dans des opérations de l'Irgoun pendant cette période.

En terme sécuritaire, on note que la campagne d'attentats de 1938 a augmenté les représailles arabes, et le nombre de Juifs tués pendant cette période augmente spectaculairement : 50 par mois entre juillet et octobre, contre 7 par mois au cours des 9 mois précédents.

Au début de 1939, après des informations sur une révision de la politique palestinienne du Royaume-Uni (confirmée ensuite par le « Livre Blanc »), l'Irgoun relance ses actions. Ainsi sont tués au hasard 27 Arabes dans les rues de Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem, le 27 février 1939, ce qui entraîne les félicitations de Jabotinsky (« votre réponse aux manifestations de victoire des ennemis de l'État juif a produit un effet énorme et positif » - lettre de Jabotinsky à David Ratziel, chef de l'Irgoun – archives Jabotinsky).

Le bilan politique de ces actions semble au final plutôt négatif. L'utilisation de la violence contre les civils arabes est largement condamnée par le Yichouv, et isole la droite nationaliste, l'Irgoun et Jabotinsky.

Fin 1939, la Seconde Guerre mondiale entraîne l'arrêt des actions de l'Irgoun.

La source pour les attentats ci-dessus est le livre de Marius Schattner: "Histoire de la droite israélienne" - Editions complexe - 1991.

Voir aussi l'article détaillé sur l'Irgoun, pour avoir plus de détail sur le actions de l'Irgoun, avec en particulier la liste exhaustive des attentats mortels commis entre 1936 et 1939.

La Seconde Guerre mondiale commence en septembre 1939, et se termine avec la défaite de l'Allemagne nazie (en mai 1945) et du Japon (en août 1945). À compter de 1939 et plus encore de 1941, l'Allemagne nazie s'empare de vastes territoires peuplés de millions de Juifs. À partir de 1941-1942 commence un génocide qui verra la mort de 5 à 6 millions de Juifs. La période est donc critique pour le judaïsme mondial, et cette crise vient s'ajouter à celle du sionisme à partir du « Livre Blanc » de 1939.

La "grande révolte arabe" avait décapité le mouvement nationaliste arabe en Palestine, et contraint le Mufti à l'exil. Privé de sa base palestinienne, il se cherche des alliés. En 1941, Haj Amin al Husseini signe une alliance avec l'Axe, et plaide pour résoudre le problème des Juifs au Moyen-Orient « selon les méthodes de l'Axe ».

Réfugié en Allemagne nazie, il va lancer des appels (sans grand succès) aux musulmans du Moyen-Orient pour que ceux-ci se rallient à l'Allemagne contre l'occupant britannique.

Mais la majorité de la population arabe palestinienne est sous le choc de la répression, et est également satisfaite du « Livre Blanc » de 1939. Elle ne bouge pas.

En 1940, l'Irgoun décide que la situation en Europe est plus grave que celle du « Foyer National Juif », et décide d'arrêter le conflit avec les Britanniques. L'Irgoun conclut un accord avec les Britanniques pour participer à des actions offensives, en particulier dans le domaine du sabotage, et son chef David Ratziel sera tué au combat en 1941.

Jabotinsky a approuvé l'accord. Il meurt d'une crise cardiaque aux É.-U. le 4 août 1940. Avec lui disparaît le chef charismatique de la droite nationaliste sioniste.

Le choix de la direction de l'Irgoun ne fait pas l'unanimité. Avraham ("Yair") Stern le conteste et considère au contraire que la menace de disparition du « Foyer National Juif » au bout de la période de 10 ans prévue par les Britanniques est la plus grave. Il crée avec quelques nationalistes radicaux, comme Yitzhak Shamir, futur premier ministre d'Israël, un scission qu'il appelle d'abord « Irgoun Tsvai Leumi beIsraël », puis « Lohamei Herut Israël » (Combattants pour la liberté d'Israël) ou Lehi. Les Britanniques l'appellent le « Stern gang » traduit en français par « groupe Stern ». Cette scission se livre à des attentats contre les Britanniques ou des Juifs « collaborateurs » et tente même de prendre contact avec les Allemands, au nom de la différence entre le « persécuteur » (l'Allemagne), préférable à « l'ennemi » (les Britanniques qui empêchent l'État juif). Le Stern est finalement démantelé fin 1941 - début 1942, et entre en sommeil. Les responsables sont morts (Stern) ou en prison (Shamir).

Le Yichouv dans son ensemble approuve le choix de l'Irgoun et de l'Agence juive de participer à l'effort de guerre contre l'Allemagne nazi. Et ce, tant par solidarité avec les Juifs européens que par peur d'une arrivée des troupes nazies en Palestine en cas de victoire de l'Allemagne. De nombreux Juifs du Yichouv vont donc s'engager dans les troupes britanniques.

Mais dans le même temps, l'inquiétude sur le projet britannique d'un État palestinien à majorité arabe continue à mobiliser fortement les dirigeants sionistes. Ceux-ci regardent de plus en plus vers les États-Unis, et durcissent le ton vis à vis des Britanniques. En 1942, lors du congrès sioniste de Biltmore, aux États-Unis, le mouvement sioniste annonce officiellement qu'il revendique un État juif sur l'ensemble de la Palestine. Les Arabes y seraient citoyens, mais minoritaires grâce à une immigration juive de masse.

À compter de 1943, les dirigeants emprisonnés du Lehi s'évadent et réorganisent le groupe. Celui-ci regroupe diverses factions ultra-nationalistes partisanes de la lutte armée. On y trouve des révisionnistes classiques, une extrême-droite issue des sympathisants fascistes d'avant-guerre, une gauche radicale pro-soviétique (peu importante) et des « Cananéens », un mouvement qui se revendique d'un nationalisme « hébreu » totalement coupé du judaïsme. Le groupe reprend rapidement ses actions anti-britanniques, mais est largement condamné par le Yichouv.

Le 6 novembre 1944, le Lehi assassine le Ministre-Résident britannique en Égypte, Lord Moyne. Les deux jeunes militants cananéens qui ont commis l'attentat sont condamnés à mort et exécutés par la justice égyptienne.

En février 1944, l'Irgoun considère que la guerre est maintenant gagnée par les alliés, et que le problème prioritaire redevient le projet britannique contre le « Foyer National Juif ». Il reprend à son tour les actions armées à l'encontre des Britanniques. L'Irgoun a aussi un nouveau chef depuis 1943 : Menahem Begin, venu de Pologne. Après la mort de Vladimir Jabotinsky en 1940, il s'est imposé progressivement comme le leader naturel de la droite nationaliste.

L'exécutif sioniste entre dans l'affrontement avec les Britanniques entre 1945 et 1947. Il utilise aussi la Haganah, mais il privilégie l'action légale (manifestations, grèves), et limite ses actions armées à des sabotages qui se veulent non meurtriers. L'attitude vis-à-vis de ceux qui sont officiellement considérés comme des terroristes évolue entre des moments d'affrontements (« la saison ») et des moments d'alliance. Mais globalement, le caractère sanglant de leurs actions est condamné. Dans le même temps, des contacts politiques se maintiennent. Pour en savoir plus, voir l'article détaillé Irgoun.

En 1947, le Royaume-Uni décide de remettre le mandat qu'il tenait de la SDN aux Nations unies, qui en sont le successeur. Il semble que le gouvernement britannique espérait obtenir un plus grand soutien international pour son rôle en Palestine, mais l'ONU décide de mettre fin au mandat.

Voir l'article détaillé sur le Plan de partage de la Palestine de l'ONU, et celui sur la Guerre israélo-arabe de 1948.

L'ONU décide de revenir au projet de la commission Peel de 1937 en partageant la Palestine. Les Juifs se voient attribuer 55% du territoire (plus que dans le projet Peel). Jérusalem devient une zone internationale. Les Arabes se voient attribuer le solde (un peu plus de 40% du territoire).

Les Arabes ont globalement refusé le partage (il y a des exceptions, en particulier chez les communistes). Les Juifs l'ont globalement accepté (sauf l'Irgoun et le Stern – ceux-ci continuaient à revendiquer la Transjordanie).

Le plan est voté en novembre 1947 grâce à la conjonction entre un soutien attendu des occidentaux et le soutien plus surprenant de l'Union soviétique. Staline a toujours montré une grande hostilité au sionisme, voire aux Juifs. Mais il estime que ce projet chassera les Britanniques hors de Palestine. De plus, il existe des factions pro-soviétiques au sein de la gauche sioniste qui est à l'époque dominante.

Après le partage, une période de 6 mois s'étend jusqu'au retrait britannique, en mai 1948. Pendant cette période, les Britanniques sont censés maintenir l'ordre, mais ils se cantonnent en fait dans une neutralité passive.

Dès le vote du partage par l'ONU (novembre 1947), des incidents se produisent, qui se transforment vite en guerre civile. Les Arabes attaquent les Juifs. La Haganah se maintient au départ dans une attitude défensive, mais le Stern et l'Irgoun, qui avaient cessé les attaques anti-arabes depuis 1939, reprennent les attentats contre les civils, sans obtenir de résultat politique ou militaire notable. Violence arabe et violence juive frappent les civils des deux camps.

À compter de fin mars 1948, la Haganah réorganisée passe à l'offensive. En 6 semaines, les bandes arabes sont vaincues, les groupes armés juifs prennent le dessus. Des villages arabes commencent à se vider de leur population dans les zones de conflits les plus durs.

Le 15 mai 1948, Israël proclame son indépendance pendant que les derniers Britanniques quittent le pays. Les Arabes palestiniens sont militairement vaincus et ils ne seront plus guère présents sur le devant de la scène politique jusque dans les années 1960.

Cette période a vu la construction du Foyer national juif. L’État indépendant n'existe pas encore, mais une structure autonome qui en a presque tous les attributs s'est constituée.

Au plan démographique, la population juive a explosé, passant de 85 000 personnes en 1919 à 650 000. Mais cette population juive reste à 80% ashkénaze, et ne représente donc qu'imparfaitement la diversité du Judaïsme mondial. Surtout, cette population ne représente toujours qu'un tiers de la population totale de la Palestine.

Au plan politique, les affrontements entre droite et gauche se sont considérablement tendus, sans cependant atteindre la rupture et la guerre civile. Ils opposent "réalistes" acceptant (sans enthousiasme) un partage territorial et nationalistes intransigeants revendiquant toute la Palestine plus la Transjordanie (actuelle Jordanie).

Avant 1948 (de moins en moins avec les années, cependant), le sionisme était une structure internationale, et les sionistes américains ou français n'avaient normalement pas moins de poids que les sionistes vivant en Palestine. Mais après 1948, l'État d'Israël revendique un rôle dominant. Les organisations sionistes internationales perdent de leurs poids, les débats s'y concentrent surtout sur le soutien à Israël. En pratique, les trois problématiques du présent article (Constructions institutionnelles sionistes, construction démographique de l'état juif et débats sur les buts du sionisme) deviennent presque exclusivement israéliennes.

Cette partie ne vise cependant pas à décrire l'histoire de l'État d'Israël. Elle s'intéresse seulement à l'évolution du débat et de la pratique sioniste après la création de l'État. Les faits historiques israéliens ne sont cités que dans cette optique.

La problématique de la période reste la même que dans la période 1918-1947 : construire des institutions nationales (ou plutôt les renforcer), et développer le peuplement juif. Les mises en œuvre sont par contre différentes, et les débats sur ces questions évoluent.

Ben Gourion, devenu le premier ministre, organise Tsahal, en fusionnant la Haganah, l'Irgoun et le groupe Stern en une seule armée. Il fait même tirer sur les militants de l'Irgoun à l'été 1948, quand ceux-ci essaient de se procurer des armes par eux-mêmes. Il y a 18 morts : 16 membres de l'Irgoun et 2 soldats de Tsahal.

Des armes lourdes sont importées clandestinement (il y a un embargo sur les livraisons d'armes à destination des belligérants). Les sources sont nombreuses, mais la principale sera l'Union soviétique, qui veut la défaite des armées arabes, alliées de la France ou surtout du Royaume-Uni.

À l'été 1948, l'armée israélienne est bien structurée, correctement armée, et répond à l'offensive arabe. Les armées arabes sont vaincues et doivent signer un cessez-le-feu. Mais tous les états arabes restent officiellement en guerre contre Israël, et promettent une revanche.

La consolidation passe aussi par celle des frontières. Achevée en mars 1949, la définition du territoire israélien est avantageuse par rapport au plan de partage: 77% du territoire de la Palestine mandataire (21 000 km²) contre 55% prévus par le plan de partage. L'ONU ne condamne ni n'approuve cette modification née de la guerre. En pratique, les grandes puissances l'acceptent.

Mais l'attitude israélienne après l'indépendance est lourde de conséquences pour l'avenir : Ben Gourion et les dirigeants arabes refusent de fixer les frontières. Ben Gourion indique clairement que celles-ci peuvent être agrandies en fonction des situations, pour s'étendre jusqu'aux frontières de la Palestine mandataire, Eretz Israël, qui appartient en droit aux Juifs. La position est donc à la fois pragmatique : les frontières de 1949 sont acceptées en l'état, et potentiellement maximalistes : sur le principe, les 27% restés hors d'Israël devraient lui revenir.

Lors de la création de l'État, les Arabes sont presque deux fois plus nombreux que les Juifs. La question démographique est donc au cœur du problème de l'existence de l'État juif. La réponse de Ben Gourion est double : le partage et l'expulsion.

Les départs se sont donc faits d'une façon différenciée : expulsions, fuites devant l'approche des combats, évacuations volontaires et organisées.

Au final, Benny Morris indique qu'il n'y a pas eu de politique officielle définie par le gouvernement, mais un consensus assez large des décideurs militaires et civils pour faire partir un maximum d'Arabes, et surtout pour les empêcher de revenir. L'aspect non structuré de cette politique explique le maintien de blocs arabes en Galilée ou à Haïfa (où le maire a encouragé la population arabe à rester). Le cas de la zone dite du « triangle » (nord de Tel-Aviv), une des principales concentrations arabes, est particulier : cette zone a été obtenue par négociation en 1949, sans combats, et des expulsions y auraient été difficiles.

En 1948, il reste environ 150 000 Arabes en Israël.

La politique constante des gouvernements israéliens, de 1949 à nos jours, sera d'interdire tout retour des réfugiés et des expulsés.

À la création d'Israël, les zones juives étaient au fond peu étendues : l'étroite bande côtière, Jérusalem ouest, la vallée de la Jezréel et la haute vallée du Jourdain (Safed et Tibériade).

L'élargissement des implantations juives sera donc une priorité stratégique d'Israël jusqu'à aujourd'hui, souvent présentée comme un "devoir sioniste". Pour cela, le territoire laissé par le départ / l'expulsion des Arabes palestiniens offre d'importantes possibilités. Les terres des « absents » sont confisquées, et des villes nouvelles y sont créées, ainsi que des kibboutzim ou des moshavim.

Pour augmenter les terres disponibles pour les Juifs, bon nombre de terres des Arabes restés sur place sont également confisquées et redistribuées, ce qui crée d'importants conflits avec la population arabe.

Le désert du Néguev (plus de 50% du territoire israélien) est également colonisé. Mais son extrême aridité limite les possibilités. C'est donc surtout le nord (Beer-Sheva ou Dimona), et le sud (Eilat) qui sont peuplés.

Voir le tableau de l'immigration juive après 1948.

L'objectif du sionisme est bien sûr d'amener un maximum de Juifs en Israël.

De 1948 à 1967, il va y avoir deux grandes vagues d'immigrations. Comme toujours dans l'histoire du sionisme, ces vagues sont liées à des graves problèmes dans les pays d'origine.

L'intégration de ces énormes masses est un problème sioniste important : l'État juif doit prouver qu'il peut réussir le « rassemblement des exilés ». Et c'est de toute façon une condition de survie pour Israël que d'augmenter sa population juive.

Les arrivants sont pour certains bien éduqués (surtout chez les occidentaux) et peuvent assez facilement s'intégrer dans une économie moderne. D'autres (surtout chez les orientaux) ont des niveaux de formation très bas. Il faut aussi enseigner l'hébreu à tous, leur trouver des logements et du travail. Des camps de tentes (ma'abarot), qui deviendront des villes, sont constitués dans l'urgence. Des villages sont établis sur des terres agricoles vidées de leur population arabe. Mais Israël va traverser une période économiquement très difficile lors de cette première vague d'arrivants, et les conditions de vie de ceux-ci sont dures.

Une seconde vague de 500 000 personnes arrive entre 1956 et 1966. Elle est constituée d'une minorité d'occidentaux quittant l'Europe de l'Est communiste, et d'une majorité de Juifs orientaux. Ceux-ci fuient une nouvelle vague anti-juive liée à la guerre israélo-arabe de 1956. 250 000 Juifs nord-africains (environ la moitié des Juifs de cette région) arrivent aussi du Maghreb français après l'indépendance de la Tunisie, du Maroc et de l'Algérie. Les Juifs les plus francisés (généralement les plus éduqués) sont venus en France. Les Juifs les moins francisés (généralement plus pauvres et moins éduqués) ont fait le choix d'Israël. Parmi eux, les Marocains sont particulièrement nombreux.

Même si l'adhésion à Israël ne sera jamais remise en cause par les Juifs orientaux, ils gardent de la période un souvenir d'humiliation et de misère, qui se retournera finalement contre ceux qu'ils en rendront responsables : les dirigeants socialistes. À partir des années 1970, les Séfarades seront le socle électoral de la droite israélienne.

La période 1948-1967 est marquée par la guerre froide. Certains craignent au début (le département d'État américain, par exemple) que l'orientation de gauche de l'État d'Israël l'amène sur des positions pro-soviétiques. De fait, des tendances pro-soviétiques existent dans la gauche sioniste (Mapam, en particulier).

Mais Ben Gourion fait rapidement le choix de l'occident, ce qui dégrade les relations avec l'ex-allié soviétique. L'émigration des Juifs d'Europe de l'Est devient plus difficile.

À l'époque (surtout dans les années 1950), la France apparaît alors, davantage que les États-Unis, comme étant le grand allié d'Israël.

Pendant cette période, l'État s'est créé, a développé une armée puissante, a attiré de nombreux immigrants, a vu éclore une économie industrielle moderne, a consolidé sa démocratie et a augmenté les points de peuplement juifs à travers le pays.

Cette période est marquée par une polarisation croissante sur la question du « Grand Israël », et sur un basculement vers la droite de la population israélienne.

Autant la période précédente (1948-1967) avait été marquée par les enjeux démographiques (le "sionisme des faits", celui du "rassemblement des exilés"), autant la nouvelle période va largement tourner autour de la question des frontières et de la religion, et donc des objectifs même du sionisme.

L'immigration se poursuit de façon importante, mais si elle est toujours un élément important du débat et de la pratique sioniste, elle n'est pas au centre de conflits entre sionistes, qui se durcissent.

En 1967, l'Égypte et la Syrie massent des troupes à la frontière, et annoncent leur volonté de rayer Israël de la carte. Les Israéliens lancent une attaque préventive et envahissent la péninsule du Sinaï égyptien et le plateau du Golan syrien. La Jordanie attaque alors Israël, mais est vaincue à son tour. En six jours, Israël bat ces trois armées arabes et double la taille du territoire qu'il contrôle en s'emparant du Sinaï et du Golan, et des 27% de la Palestine mandataire qui avaient échappé à Israël en 1948-1949. Après la peur, l'enthousiasme est indescriptible, à la hauteur du soulagement.

La question qui se pose alors au sionisme est : que faire des territoires conquis ?

À droite, la position est unanime : il faut tout garder, et surtout les portions « libérées » d'Eretz Israël (le Golan et le Sinaï sont symboliquement moins importants).

Mais dès l'époque, on note deux courants qui divergeront progressivement.

Le premier courant est un courant religieux. Il est issu du courant sioniste religieux qu'on a vu s'organiser au début du siècle au sein du Parti national religieux. Pour ce courant, originellement modéré, la victoire est un signe religieux : Dieu a donné la victoire à Son Peuple. Celui-ci a maintenant le devoir de judaïser tout Eretz Israël. Ce n'est pas seulement un droit, c'est un devoir. Et cela doit permettre au peuple juif d'obéir à Dieu, de gagner son salut, et d'obtenir la venue du Messie. Ce discours religieux a aussi une influence sur les ultra-orthodoxes, théoriquement non-sionistes. Sans se rallier officiellement au sionisme (trop politique et pas assez religieux selon eux), ils montrent un intérêt croissant pour le versant religieux du discours sur le Grand Israël. Le sionisme religieux de l'après-1967 devient plus puissant, plus militant, plus à droite. Il passe en 1977 d'une alliance avec les travaillistes à une alliance avec le Likoud. Il se lance dès les années 1970 (surtout la faction "des jeunes", plus radicale) dans une activité de colonisation intensive, parfois illégale, à travers des groupes de militants, comme ceux du "bloc de la foi" (Goush Emounim). Des courants extrémistes en marge du Parti National Religieux apparaissent, dont certains sont tentés par la violence (comme le Kach).

Le second courant rattaché au grand Israël est un courant plus historique et sécuritaire. Il s'incarne surtout dans le Likoud. Pour lui, Eretz Israël appartient aux Juifs (ce en quoi il ne diffère guère de la gauche), et conserver toute la Terre d'Israël est dans l'intérêt du peuple d'Israël. L'affrontement avec les Arabes impose d'avoir le plus de territoires possible.

Pour le premier courant, Eretz Israël est un droit ET une obligation imposée par Dieu. Pour le second courant, Eretz Israël est un droit ET un avantage.

Ces deux courants sortent très renforcés de la guerre de 1967. L'idée de rendre la terre d'Israël aux Arabes passe mal dans la population.

En 1977, le Likoud de Menahem Begin arrive au pouvoir, en alliance avec les nationalistes religieux. Le Likoud a été formé en 1973 par l'unification du Hérout (issu du mouvement révisionniste et de l'Irgoun) et des libéraux. La base idéologique de cette fusion est en fait celle du Hérout. Le projet d'annexion de la Jordanie, défendu depuis les années 1920, est abandonné, mais l'annexion de la Cisjordanie et de la bande de Gaza est exigée comme un devoir sioniste.

Il existe des groupes chrétiens favorables au sionisme. Mais il existe aussi un courant fondamentaliste protestant spécifique qu'on appelle le "sionisme chrétien". Ce courant de pensée, puissant aux États-Unis, va au-delà d'une sympathie pour le sionisme. Sa vision est messianique : la judaïsation de la terre sainte est un commandement biblique qui doit permettre le retour de Jésus et la conversion de l'humanité.

Ce courant a aussi bénéficié de la victoire israélienne en 1967, et a mis son influence croissante en faveur de la colonisation juive des territoires palestiniens.

Bien que l'objectif des "sionistes chrétiens" ne soit pas le même que celui des Juifs sionistes (puisqu'il implique à terme la conversion de ces derniers), ce courant de pensée représente un soutien fervent aux sionistes les plus radicaux en matière de "Grand Israël" (Israël dans ses frontières bibliques, incluant les territoires palestiniens). Il explique en partie l'attitude très passive des gouvernements américains (au moins républicains, dont il influence certains élus) face à la colonisation israélienne et à la thématique du Grand Israël.

À gauche, la victoire de 1967 pose problème. Depuis le programme de Biltmore en 1942, la gauche avait pour projet un État juif sur l'ensemble de la Palestine. Le projet avait été mis en sommeil après le plan de partage de 1947, mais le refus de reconnaître les frontières de 1949 comme définitives le maintenait officiellement.

La droite condamne cette position.

Voir aussi Colonie israélienne.

La gauche au gouvernement a créé des implantations juives dans les territoires occupés dès 1968. Elle cible des zones avec de faibles populations palestiniennes, qui sont destinées à être annexées selon le plan Allon. Ces implantations restent cependant peu nombreuses.

On voit aussi apparaître, dès la première moitié des années 1970, des colonies illégales, souvent organisées par le courant nationaliste religieux (mais pas forcément par le PNR lui-même). Cette politique d'implantations illégales reste très répandue jusqu'en 2005 chez les militants du Grand Israël, face à des autorités souvent passives.

Après 1977 et son arrivée au pouvoir, la droite se lance dans un programme beaucoup plus ambitieux : 50 000 colons en 1987, avant la première Intifada, 100 000 colons en 1993, avant les accords d'Oslo, 200 000 colons en 2000 avant la seconde Intifada, 245 000 fin 2005. Les zones fortement peuplées de Palestiniens sont également visées, pas seulement les zones vides. Les terres palestiniennes sont largement confisquées, pour construire des colonies, des routes, des postes militaires, ou simplement pour éviter les constructions arabes.

À ces colonies, il faut ajouter les quartiers juifs de Jérusalem-Est. Après 1967, Israël a réunifié Jérusalem, contre le gré des habitants de la partie arabe. Des quartiers juifs se sont construits dans les zones non-peuplées. Ils comptent en 2005 environ 200.000 habitants juifs.

Il est à noter que du point de vue de l'ONU, les territoires de Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est et du Golan sont des "territoires occupés", et donc soumis à la convention de Genève, qui interdit toute implantation de populations conquérantes. De plus, à la fin du conflit, ils doivent être évacués, puisque l'article 35 de la charte des Nations unies interdit toute conquête par la force.

Pour les mouvements sionistes, gauche et droite confondues (surtout pour la droite), il s'agit de territoires sur lesquels les Juifs ont un droit historique (voire religieux). La convention de Genève et la charte des Nations unies ne s'appliquent donc pas. Des annexions sont possibles, ainsi que la colonisation.

On note aussi une petite colonisation dans le Sinaï égyptien (Yamit). Mais le Sinaï est restitué par le gouvernement Begin entre 1979 et 1982 après les accords de Washington (mars 1979). La restitution du Sinaï, qui n'est généralement pas considéré comme faisant partie de Eretz Israël (il y a des avis contraires), a soulevé des réprobations modérées.

On note enfin une colonisation du plateau du Golan, pris aux Syriens en 1967. La justification de cette colonisation est essentiellement sécuritaire, sans forte valeur historique ou religieuse. Le Golan n'est généralement pas considéré non plus comme faisant partie de Eretz Israël.

Voir le tableau de l'immigration juive après 1948.

Comme pendant les périodes précédentes, des vagues d'immigrants viennent en Israël. Comme précédemment, ces vagues sont majoritairement liées aux problèmes en Diaspora.

Une aliyah a lieu en 1967-1968. Elle est relativement peu importante. Elle concerne les derniers Juifs arabes et polonais chassés par l'ambiance « antisioniste » qui suit la guerre de 1967. Elle concerne aussi quelques milliers d'occidentaux (Américains, Britanniques et Français, surtout) qui ont tremblé pour Israël pendant la guerre.

Une aliyah amène 400 000 Juifs dans les années 1970. Ils viennent surtout de Russie, suite à des négociations entre les États-Unis et l'URSS. Cette aliyah s'accompagne d'une immigration plus restreinte, mais idéologiquement très active : celle des nationalistes religieux d'extrême-droite, souvent américains, qui s'installent fréquemment dans les colonies « idéologiques ».

En 1982-1985, c'est la première immigration des Juifs d'Éthiopie (Falashas).

Dans les années 1990, une dernière vague amène un million de Juifs (ou de « demi-juifs ») de l'ancienne URSS après l'effondrement de celle-ci. Elle s'accompagne d'une immigration de Juifs d'Éthiopie, et toujours d'une petite immigration en provenance des pays occidentaux, plutôt dominée par des nationalistes religieux très motivés. C'est la plus grande vague d'immigration de l'histoire d'Israël. Pourtant, l'intégration s'est beaucoup mieux passée que lors des vagues massives de la création d'Israël : l'économie était beaucoup plus forte et la population beaucoup mieux formée (sauf l'immigration éthiopienne).

En 2005, la population juive estimée de Eretz Israël, colons compris, comprend un peu moins de 5 300 000 de Juifs (estimation : CIA world factbook).

Les armes sont exclues par la direction palestinienne, et en 1988, pour la première fois, l'OLP reconnaît le droit à l'existence d'Israël. La violence politique palestinienne réapparaît cependant au début des années 1990, du fait d'organisations islamistes qui rejettent l'évolution « réaliste » du nationalisme palestinien majoritaire.

Les Palestiniens ont accepté des négociations sur les frontières. Implicitement, ils renoncent plus ou moins aux frontières de 1949-1967. Cela, et la reconnaissance même d'Israël, est inacceptable pour les islamistes.

Les Israéliens renoncent en échange au Grand Israël. Du point de vue de la gauche, cette concession est peu importante : elle y a renoncé officieusement depuis 1947. Du point de vue de la droite, c'est inacceptable.

Fin 1995, Yitzhak Rabin est assassiné par un sioniste religieux radical (condamné par le PNR). Les islamistes commettent une vague d'attentats-suicides en mars 1996 (une soixantaine de morts). Affaiblie par ces deux coups, la gauche perd les élections, et la droite (Benjamin Netanyahou) revient au pouvoir au nom du Grand Israël. Pourtant, le nouveau pouvoir n'annule pas les accords d'Oslo. Il les interprète de façon étroite, mais il accepte quand même d'évacuer une partie de Hébron. On peut y lire le début de l'acceptation du fait national palestinien.

La gauche revient au pouvoir en 1999. Elle met cependant un an pour démarrer les négociations avec les Palestiniens (été 2000). Celles-ci commencent dans un manque de confiance assez large.

De fait, la négociation échoue. Les Israéliens (Ehoud Barak) ont réclamé l'annexion de 10-12% de la Cisjordanie et de la Jérusalem-Est arabe. Les Palestiniens ont refusé. (Voir Sommet de Camp David II et Sommet de Taba).

En septembre 2000, des manifestations palestiniennes commencent à Jérusalem, puis s'étendent. Des dizaines de Palestiniens sont tués par l'armée. Les groupes palestiniens qui refusaient la violence depuis 1987 (en gros, l'OLP) décident de revenir à la lutte armée, et rejoignent les radicaux islamistes. Le gouvernement de gauche tombe fin janvier 2001 et la droite revient au pouvoir (Ariel Sharon).

De 2000 à 2005, 1 000 Israéliens et 4 000 Palestiniens meurent.

La seconde Intifada est le produit d'un constat palestinien : de gauche ou de droite, les Israéliens considèrent que tout Eretz Israël appartient aux Juifs. La volonté d'accord avec les Palestiniens n'empêche pas une volonté d'annexion maximale : les territoires pas ou peu peuplés de Palestiniens pour la gauche, la totalité pour la droite. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas acceptable pour les Palestiniens, mêmes modérés. Ces derniers veulent bien accepter les frontières de 1949-1967, mais pas de nouvelles annexions (ou alors marginales).

Le débat entre sionistes, ouvert en 1922 par le détachement de la Transjordanie, n'a pas beaucoup évolué : si Eretz Israël est de droit une propriété juive (il y a accord sur ce point) que faut-il prendre, et que faut-il céder?

Au-delà des questions de frontières, la progression de la population palestinienne se poursuit. Les Palestiniens ont une des croissances démographiques les plus fortes du monde.

En 2005, il y a environ 5 235 000 de Juifs sur le territoire de l'ancienne Palestine mandataire, et à peu près autant d'Arabes. Ils seraient même devenus légèrement majoritaires en 2005. Et il faut y rajouter les nombreux Palestiniens de la diaspora.

La problématique de la gauche sioniste sur le danger démographique arabe, posée dès 1967 (et même dès 1947) s'impose à tous : comment rester un État à la foi juif et démocratique avec une majorité d'Arabes ?

À cela se rajoute une nouvelle question pour une partie de la droite sioniste : si la revendication du Grand Israël est pour une bonne part sécuritaire, la première et la seconde Intifada viennent montrer qu'avoir une forte proportion d'Arabes dans la population israélienne pose en fait un grave problème de sécurité.

Amorcé dans les années 1990 au sein de la droite (assez discrètement) par Ariel Sharon, pourtant grand champion de la colonisation et du Grand Israël, le débat devient plus aigu avec la seconde Intifada.

Dès 2002, la construction d'une « barrière de sécurité contre le terrorisme » par le gouvernement Sharon montre une évolution : le "mur de sécurité" n'englobe (dans le tracé de 2005) que 7,5% de la Cisjordanie. Il sépare ainsi les grands blocs de colonies juives des zones peuplées de Palestiniens. Dans les faits, il s'agit d'une renonciation au Grand Israël. Critiqué par les Palestiniens, qui voient là une annexion partielle, il l'est aussi par les colons (surtout ceux des implantations "idéologiques", souvent extérieures au "mur"), qui y voient la renonciation à l'annexion complète de la Cisjordanie.

Une des réponses de la droite "dure" à la pression démographique palestinienne sera de proposer un "transfert" des Arabes vers les pays arabes voisins. Portée par des forces politiques marginales (comme Moledet), cette thématique rencontre régulièrement 50% d'approbation dans les sondages (voir Plan de paix Elon). Mais elle apparaît comme inacceptable à la fois pour une partie de la population israélienne et pour la communauté internationale, allié américain en tête. Cette solution ne sera donc jamais étudiée par un gouvernement israélien.

La justification officielle du mur et du retrait est en fait celle de la gauche : la majorité arabe représente un danger démographique et sécuritaire trop important. Il faut séparer les Juifs des Arabes. Mais comme Eretz Israël appartient de droit aux Juifs, ce qui peut (ou doit, selon les points de vue) être pris doit l'être (les zones encloses par le "mur", voire un peu plus). Le premier ministre israélien par intérim Ehoud Olmert déclare ainsi le mardi 24 janvier 2006 (journal Haaretz): "The choice between allowing Jews to live in all parts of the Land of Israel and living in a state with a Jewish majority mandates giving up parts of the Land of Israel - le choix entre permettre aux Juifs de vivre dans toutes les parties de la Terre d'Israël, et de vivre dans un État avec une majorité juive, nous amène à rendre des portions de la Terre d'Israël").

Ce n'est pas une révolution dans l’analyse : la gauche sioniste le dit depuis longtemps. Mais c'est une révolution à droite, une droite née en 1925 du refus d'un premier partage, celui d'avec la Transjordanie. Cela fait éclater au grand jour la contradiction entre les partisans d'un Grand Israël sécuritaire, pour lesquels le Grand Israël est dans l'intérêt du peuple juif (on peut donc y renoncer si c'est dans l'intérêt du sionisme) et les sionistes religieux, devenus très actifs, pour lesquels c'est un ordre divin.

Même ceux qui s'opposent à Sharon au sein du Likoud (sauf le courant nationaliste religieux du Likoud, car il y en a un, extérieur au PNR) admettent la renonciation au Grand Israël. Ainsi Benjamin Netanyahou, le leader des "durs" du Likoud propose en 2005 un État palestinien sur 40% de la Cisjordanie. C'est la fin du Grand Israël. Le consensus est maintenant très large chez les Israéliens.

Fin 2005, le Likoud éclate. Les « centristes », partisans d'une séparation d'avec les Palestiniens, en partent et fondent le parti Kadima (derrière le Premier ministre, Ariel Sharon). Après un grave accident vasculaire cérébral de Ariel Sharon (janvier 2006), Ehoud Olmert, son principal lieutenant, prend sa succession à la tête du parti et en tant que Premier ministre intérimaire à la veille des élections législatives israéliennes de 2006.

Mais la question des frontières n'est pas réglée. Les Palestiniens modérés continuent de revendiquer les frontières de 1949-1967, avec juste des aménagements. Les Israéliens, même modérés, refusent d'évacuer les grands blocs de colonies.

Le sionisme a un caractère particulier dans l'histoire politique du XXe siècle. En tant qu'idéologie nationaliste, il a des caractères communs nombreux avec d'autres nationalismes, en particulier européens, son continent d'origine.

Mais il est aussi le seul nationalisme connu où une population sans territoire, sans culture unifiée, sans langue parlée commune et sans État s'est dotée de ces 4 attributs classiques de l'État-nation moderne. C'est le produit d'un sentiment d'appartenance commun, mais aussi d'un volontarisme politique et d'une discipline collective étonnants.

Le sionisme est resté une idéologie très minoritaire jusque vers 1920. De 1920 à 1948, c'est devenu une idéologie incontournable au sein des minorités juives, en même temps qu'un proto-État s'affirmait sur le terrain et donnait de la crédibilité au projet. Enfin, c'est devenu une idéologie hégémonique dans ces communautés après le génocide juif et la création de l'État.

Le sionisme a cependant eu un échec partiel : malgré son volontarisme et son hégémonisme, il n'est jamais parvenu à vraiment attirer les Juifs des pays occidentaux. Il est resté lié à 90% à une émigration de fuite. Il a su mobiliser une partie de celle-ci, mais assez peu une émigration de choix pur.

Le sionisme a également rencontré avec le débat des « territoralistes » à l'orée du XXe siècle, un problème de définition qu'il n'a pas totalement résolu : le sionisme vise-t-il à créer un État pour les Juifs, ou vise-t-il à « libérer » toute la terre promise ? Aujourd'hui, la pression démographique et sécuritaire des populations palestiniennes est devenue telle qu'un consensus assez large s'est mis en place (sans toujours le dire) sur la première définition. Mais la question des frontières n'est toujours pas réglée, et à gauche comme à droite (plus encore à droite), on souhaite que la « séparation » d'avec les Palestiniens laisse à Israël des frontières les plus larges possibles.

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George W. Bush

George W. Bush en 1947 et ses parents George et Barbara Bush

George Walker Bush (Écouter), né le 6 juillet 1946, fils de George Herbert Walker Bush et de sa femme, née Barbara Pierce, est le 43e président des États-Unis, en fonction du 20 janvier 2001 au 20 janvier 2009.

Membre du Parti républicain, élu deux fois gouverneur de l’État du Texas (entre 1994 et 1998 puis entre 1998 et 2000), date à laquelle il abandonne son poste de gouverneur à la suite de sa victoire fortement discutée à l'élection présidentielle. Il est élu président pour un second mandat le 2 novembre 2004.

Ses présidences sont marquées par les attentats terroristes du 11 septembre 2001, par la politique internationale dite de « guerre contre le terrorisme », par les guerres en Afghanistan et en Irak, par l'adoption par le Congrès des États-Unis du Patriot Act et la création du département de la sécurité intérieure, puis par la crise des subprimes et le plan Paulson mis en place pour faire face à la crise financière de 2008 à la fin de son mandat.

Aîné d'une famille de six enfants, George W. Bush naît la première année du baby boom à New Haven, dans l'État du Connecticut.

Il a deux sœurs, dont une décédée quand elle avait trois ans à la suite d'une opération pour traiter sa leucémie ayant mal tourné et trois frères, dont John Ellis Bush (« Jeb ») qui naît sept ans après lui.

La famille Bush emménage en 1959 à Houston où le père a déménagé sa prospère compagnie pétrolière.

À l'adolescence, George W. Bush est envoyé au pensionnat pour garçons de la Phillips Academy à Andover, au Massachusetts, considéré à l'époque comme la « plus dure école privée d'Amérique » par le Time Magazine.

Il est ensuite admis à Yale, dont son grand-père était administrateur, pour poursuivre des études supérieures. Il obtiendra un Bachelor of Arts in History (licence d'histoire). Il est à l'époque membre d'une confrérie étudiante secrète devenue célèbre par la suite : les Skull and Bones, comme son père George H. W. Bush (1948), son grand-père Prescott Bush (1917) et John Kerry, son futur rival à l'élection présidentielle de 2004.

Il fait son service militaire en s'engageant dans la Garde nationale aérienne du Texas en 1968 où il devient pilote d'un F-102. Son unité est chargé de la défense aérienne du sud du pays et du golfe du Mexique .

Pendant son incorporation, il profite de ses congés pour participer à des campagnes électorales auprès de son père ou d'amis.

Lorsque son service militaire se termine, après avoir été cependant refusé à la faculté de droit de l'université du Texas, le jeune Bush est admis à la prestigieuse Harvard Business School. Il y obtient son MBA en 1975.

Il se marie avec Laura Welch en 1977. Ils auront deux filles jumelles, Barbara Pierce Bush et Jenna, nées en 1981.

En 1978, il se présente au Texas à l'élection pour la Chambre des représentants mais avec 47% des voix, il est battu par le représentant sortant, Kent Hance, son adversaire du parti démocrate.

Il commence alors sa carrière dans l'industrie du pétrole avec la création de Arbusto Energy (arbusto signifie bush en espagnol), une entreprise de recherche de pétrole et de gaz. Cette entreprise doit faire face à la crise en 1979 et, après l'avoir renommée Bush Exploration, George W. Bush la revend en 1984 à Spectrum 7, un de ses concurrents texans dont il prend la tête. D'autres répondent que l'arrivée de Bill Clinton n'a rien changé à l'affaire, prouvant l'indépendance des enquêtes}}. De 1983 à 1992, il fait partie du directoire de la société de productions cinématographiques Silver Screen Partners, détenue par Roland W. Betts, un ami et ancien confrère d'université.

Après avoir travaillé sur la campagne victorieuse de son père, en 1988, il rassemble de proches amis et achète les Texas Rangers, une équipe de base-ball, en 1989. On l'accuse par la suite d'avoir bénéficié de pressions politiques dans le cadre de cet achat.

Il est domicilié à Crawford, où il possède un ranch dans lequel il passe ses vacances.

Au milieu des années 1980, George W. Bush a des problèmes d'alcoolisme qu'il finit par résoudre en 1986 en puisant dans la foi chrétienne d'un "Born Again Christian" c’est-à-dire d'un chrétien qui est « né de nouveau », en référence à la parole de Jésus à Nicodème (évangile de Jean 3.3): « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne nait de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ».

Il affirme que c'est la foi et sa femme qui l'ont aidé à sortir de l'alcoolisme. Questionné au cours d’un débat sur son philosophe ou penseur préféré, il déclara que c'était « le Christ » « parce qu’il a changé » son cœur. Il a ainsi gagné ses campagnes électorales en gagnant le soutien d'une part des chrétiens évangéliques. Il a de même conquis une part importante de l'électorat catholique en 2004 en remportant plus de 50% de ses suffrages contre un candidat pourtant issu de cette communauté.

Une fois à la Maison-Blanche, George W. Bush a imprimé cette foi religieuse au cœur du travail gouvernemental en instituant notamment une séance d’étude de la Bible et des prières au début de chaque Conseil des ministres .

Des événements tels que ceux du 11 septembre et de la catastrophe de La Nouvelle-Orléans apparaissent, pour lui, dans cette perspective mystique comme des faits pouvant être analysés sur le plan religieux. L'expression « combattre l'axe du mal », mot d'ordre de politique internationale contre le terrorisme après les évènements du 11 septembre, le souligne.

La connaissance de l'espagnol a été un atout précieux pour G.W. Bush au cours de sa carrière politique, notamment pour séduire une partie de l'électorat hispanophone au Texas puis au niveau fédéral.

Sa pratique souvent très approximative de l'anglais, "accumulant erreurs et maladresses d'expression labellisées bushisme par la presse américaine" a été régulièrement brocardée de par le monde, et a alimenté de nombreux commentaires ironiques, souvent doublés d'une interrogation sur son niveau réel de connaissances, et à terme, sur ses capacités à diriger la première puissance mondiale. En fait, selon Mark Crispin Miller, professeur de communication à la New York University, ces distorsions de langage étaient particulièrement grossières lorsque le président ne disait pas la vérité ou cherchait à faire preuve de compassion alors que lorsqu'il croyait à ce qu'il disait, il parlait parfaitement bien.

Bush revend l'équipe des Texas Rangers en 1994, lors de son élection au poste de gouverneur du Texas. Pour atteindre ce poste, il bat la très populaire démocrate et gouverneur sortante, Ann Richards.

Il est alors le deuxième gouverneur républicain du Texas depuis 1877 et le premier gouverneur de cet État à remplir deux mandats complets de quatre ans car en 1998, il est réélu avec 69% des voix.

Sa politique est très remarquée en Europe pour l'utilisation prononcée de la peine de mort : il refuse de suspendre l'exécution de 152 condamnés à mort.

Il manœuvre habilement avec les élus démocrates, majoritaires au Congrès local, si bien qu'une part d'entre eux se rallieront à lui lors de sa campagne présidentielle de 2000, alors qu'il s'est déjà posé comme candidat adverse.

L'élection présidentielle de 2000 met face à face George W. Bush à Al Gore, vice-président des États-Unis et candidat du parti démocrate.

Après s'être imposé avec difficulté lors des primaires contre John McCain, le sénateur de l'Arizona, George W. Bush axe sa campagne sur les affaires intérieures du pays, notamment d’abaisser substantiellement le niveau d’engagement extérieur des États-Unis, conformément à la tradition isolationniste du parti républicain.

Durant cette campagne, Bush s'entoure d'experts politique comme Karl Rove (un ami de la famille et stratège confirmé en campagne électorale), Karen Hughes, une conseillère du Texas ou encore Dick Cheney, ancien secrétaire à la défense, qu'il choisit comme candidat à la vice-présidence.

Au soir des élections, Gore devance Bush de près de 550 000 voix au niveau national mais les deux candidats sont au coude à coude au niveau des États et des grands électeurs lesquels élisent le Président. Les résultats sont si serrés dans certains États, comme le Nouveau-Mexique et la Floride, qu’il faut parfois mettre en place un second décompte. Des défauts et ambiguïtés dans certains formulaires de vote provoquent des disputes dans des bureaux de votes, en particulier en Floride où l'écart n'est que d'une centaine de voix, et où plusieurs milliers de bulletins sont déclarés invalides.

Au Nouveau-Mexique, après avoir été déclaré vainqueur avec dix mille voix d'avance, un nouveau recomptage voit l'avance d'Al Gore fondre à trois cents voix. En Floride, certains bureaux de votes sont officiellement fermés pour irrégularités. Le décompte des voix est long car un recomptage méthodique est ordonné en particulier dans trois comtés litigieux mais à la fin de celui-ci George Bush est encore gagnant avec 1 500 voix environ d'avance.

Les avocats d'Al Gore obtiennent cependant de la cour suprême de Floride (dont six juges sur sept sont démocrates) un nouveau recomptage manuel dans trois comtés, ceux de Miami-Dade, Palm Beach et Broward. Ce faisant, la cour de Floride dépasse ses compétences judiciaires et réécrit le code électoral ce qui sera immédiatement contesté devant la Cour suprême des États-Unis par les avocats de George W. Bush, d'autant plus que les trois comtés litigieux sont majoritairement dominés par les démocrates et sont les plus aptes à apporter à Al Gore une réserve de voix suffisante pour le faire élire.

Après un premier avertissement à la Cour suprême de Floride sur le dépassement de ses prérogatives et son empiètement sur le domaine législatif, la Cour suprême des États-Unis (dont sept juges sur neuf ont été nommés par des présidents républicains) finit par annuler l'ultime recomptage manuel des voix en Floride, jugé illégal par cinq voix contre quatre alors que seul le comté de Miami-Dade n'a pas fini de procéder au recomptage manuel et qu'Al Gore est toujours devancé de plus d'une centaine de voix et c'est ainsi que George W. Bush est finalement désigné président des États-Unis d'Amérique par la cour suprême, de justesse grâce aux voix de Floride qui lui permettent d'obtenir les voix de 271 grands électeurs contre 266 à Al Gore. Le résultat officiel final est donc de 50 459 211 voix pour Bush (47,9 %), 51 003 894 pour Gore (48,4 %), Ralph Nader (écologiste) en obtient 2 834 410 (2,7 %) et Patrick Buchanan (Reform Party) 446 743 (0,4 %). Il y encore eu des voix pour 12 autres candidats (en tout 0,6 %).

À aucun moment, Al Gore n'a réussi à devancer George Bush lors des recomptages de Floride. En mars 2001, un consortium de plusieurs journaux américains font effectuer à leurs frais un recomptage des bulletins dans les trois comtés clés mais aussi dans toute la Floride. Selon les différentes hypothèses envisagées, leurs conclusions furent que si la Cour n'avait pas interrompu le recomptage manuel, George Bush aurait quand même gagné l'élection ou l'aurait perdue de trois voix dans une seule hypothèse face à Al Gore.

Ce n'est pas la première fois dans l'histoire du pays qu'un président est investi avec moins de voix que son adversaire au plan national. Au XIXe siècle, Rutherford B. Hayes et Benjamin Harrison ont été aussi élus avec moins de voix que leur adversaire. John F. Kennedy a gagné contre Richard Nixon en 1960 avec 120 000 voix d'avance.

Le 29 octobre 2002, Bush signa un projet de loi du Congrès, intitulé le Help America Vote Act of 2002, afin de généraliser l’utilisation des machines pour enregistrer les votes.

Lors de l'élection présidentielle de 2004, George W. Bush est opposé au sénateur démocrate John Kerry. Tout d'abord à la traîne dans les sondages, il profite du manque de dynamisme de son adversaire pour prendre une avance importante, avec une argumentation fondée sur le manque de constance politique du sénateur. Ce dernier surprend cependant le public lors du premier débat télévisé, attaquant frontalement le président sur la « colossale erreur » de la guerre en Irak : la campagne est relancée. Lors des deux débats suivants, les candidats s'affrontent sans que l'un des deux prenne réellement l'avantage.

Le scrutin se présente une fois de plus comme étant très serré et c'est George W. Bush qui est réélu lors du vote du 2 novembre 2004 avec un score historique de plus de 62 millions d'électeurs contre 59 millions à John Kerry lequel admet sa défaite dès le lendemain du scrutin. Le camp républicain remporte également une victoire historique dans les élections pour le renouvellement du Sénat et de la Chambre des représentants.

Le clivage entre les « États rouges » républicains et les « États bleus » démocrates est aussi tranché qu'en 2000 entre Bush et Gore.

Les villes intellectuelles du Nord-Est et du Nord comme Boston, New York et Chicago, les villes de la côte ouest comme San Francisco, Los Angeles et Seattle, qui représentent les États ayant les plus fortes concentrations de population, s'ancrent dans le camp démocrate. En fait, les 32 villes de plus de 500 000 habitants que comptent les États-Unis ont presque toutes voté démocrate alors que la majorité d’entre elles se trouvent cependant dans des États républicains (Atlanta, Miami, Las Vegas, La Nouvelle-Orléans, etc.).

C'est en termes de comtés que l'avantage bascule nettement et largement vers les républicains. Les trois quarts des comtés américains ont voté pour Bush et seuls ceux des États de la Nouvelle-Angleterre et d'Hawaii ont voté majoritairement pour John Kerry. Ainsi, 54 des 67 comtés de Pennsylvanie ont voté pour George W. Bush mais l'État a été remporté de justesse par Kerry grâce à ses scores dans les deux grandes villes de Pittsburgh et Philadelphie. Les démocrates auraient aussi pu perdre les États de l’Illinois, du Michigan, de Washington et du Wisconsin s’ils n'avaient pas bénéficié de leur énorme majorité à Chicago, Detroit, Seattle ou Milwaukee. À l'inverse, les électeurs de San Diego en Californie choisissent George W. Bush dans un État « pro-Kerry ».

Cette opposition géo-politique s'explique notamment par le profil sociologique des habitants de la plupart des grandes villes qui correspond ainsi à celui de l'électeur démocrate traditionnel (prépondérance des célibataires, des femmes, et des minorités ethniques) alors que la sociologie des banlieues (le borough de Staten Island à New York ou le comté d'Orange près de Los Angeles par exemple) et des villes rurales (Charleston en Caroline du Sud) correspond à celui de l'électeur républicain (hommes blancs, couples mariés avec enfants).

Le résultat définitif de l'élection est le suivant : George W. Bush obtient 62 041 268 voix (50 7 %) contre 59 028 548 à John Kerry (48 3 %), 463 635 à Ralph Nader (0 4 %) et 397 157 à Michal Badnarik (libertarien, 0 3 %). Les autres candidats recueillent ensemble 365 170 suffrages (0 3 %). Les grands électeurs se répartissent ainsi: 286 pour George W. Bush, 251 pour John Kerry et 1 pour John Edwards, le colistier de John Kerry.

En raison de la plus forte participation électorale, George W. Bush et John Kerry ont l'un et l'autre établi des records en ce qui concerne le nombre de voix recueilli. George Bush est passé de 50,4 à 62 millions (gain de 11,6 millions), John Kerry par rapport à Al Gore a gagné 8 millions de voix (de 51 à 59 millions). Ralph Nader s'est effondré, passant de 2,9 à 0,46 million.

George W. Bush est lié aux franges les plus conservatrices du Parti républicain. Dès le début de son mandat, il bénéficie d'une majorité républicaine au Congrès des États-Unis. Bien que momentanément fragilisé en 2001 au Sénat par la défection du sénateur James Jeffords (Vermont), il renforce cette majorité dans les deux chambres lors des élections au Congrès de novembre 2002 et novembre 2004 avant de finalement la perdre simultanément dans les deux chambres lors des élections de mi-mandat de novembre 2006.

En juin 2005, les téléspectateurs américains ont placé George W. Bush en sixième position dans leur liste des plus grands Américains, derrière les présidents Ronald Reagan ou Abraham Lincoln mais devant son prédécesseur Bill Clinton.

Il compte cependant des opposants convaincus et un grand nombre parmi des historiens qui jugent sévèrement sa présidence .

George W. Bush est en faveur de la peine de mort comme 66% de ses compatriotes et 80% des Texans. Il juge que cette peine est dissuasive.

Le 19 juillet 2005, George W. Bush procède à sa première nomination de juge à la Cour Suprême des États-Unis afin de remplacer le juge Sandra Day O'Connor. Son choix se porte sur John Roberts, un juge de la Cour d'appel fédérale de Washington et républicain modéré, âgé d'à peine 50 ans.

Le 5 septembre 2005, Bush nomme John Roberts à la présidence de la Cour suprême, suite au décès de l'ancien titulaire du poste, William Rehnquist, survenue le 3 septembre 2005.

Le 3 octobre 2005, c'est dans un second temps Harriet Miers, sa chef des services juridiques de la Maison Blanche, qu'il désigne pour remplacer Sandra Day O'Connor à la Cour suprême des États-Unis mais le 27 octobre, il doit annoncer le retrait de cette nomination suite aux très nombreuses critiques de l'aile la plus à droite du parti républicain.

Le 31 octobre 2005, Samuel Alito est son troisième choix pour succéder à Sandra O'Connor. Il est confirmé par le Sénat le 31 janvier 2006.

A la fin de son mandat, George W. Bush aura également fait un usage très modéré de sa prérogative d'accorder une grâce présidentielle. Il aura ainsi prononcé 190 grâces et 11 commutations alors que son prédécesseur en avait accordé 459 et Harry Truman 2031, le record absolu.

Les deux mandats présidentiels de George W. Bush ont été marqués par une progression de la dette publique, ainsi que de l'endettement des entreprises et des ménages, une triple injection massive d'argent dans l'économie qui s'est cependant traduite par un nombre de créations d'emploi très modeste et une aggravation du taux de chômage et du déficit commercial au cours de ces huit ans.

L'investissement des entreprises est resté faible car beaucoup ont souffert de sous-capitalisation, en raison du rachat massif de leurs propres actions ou de politiques de dividende critiquées pour être trop centrée sur la séduction des actionnaires à court terme.

Georges Bush obtient un vote majoritaire du Sénat, alors dominé par le parti républicain, pour réduire les impôts de 1 350 milliards de dollars sur cinq ans. Le taux d'imposition sur le revenu le plus faible passe de 15 à 10 %, le taux le plus élevé de 39,6 %à 35%, avec de nombreuses exonérations fiscales permettant de diviser par deux le taux d'imposition des plus hauts revenus.

Le budget fédéral, en excédent de 236 milliards de dollars en 2000, s’est dégradé très rapidement, se transformant en déficit, avec la pire année en 2004 (déficit de 413 milliards de dollars). Ce déficit s'est ensuite un peu réduit au début du second mandat de Georges Bush, sous l’effet d’une forte augmentation des recettes de l'impôt sur les plus-values boursières et immobilières. La baisse du dollar, qui a dopé les bénéfices des entreprises, a permis aussi de limiter l'impact pour le budget de la baisse du taux d'imposition. Le déficit budgétaire représente encore 248 milliards de dollars en 2006, au sommet du cycle économique, soit encore presque 2 % du PIB,. Mais avec la crise de subprime, il se creuse à nouveau.

Mais dès l'été 2008, le taux de chômage dépasse à nouveau 6% et les demandeurs d'emplois sont 9,5 millions, soit le plus haut niveau depuis septembre 1992. La faible croissance au cours du premier mandat, pénalisée par l'absence de créations d'emplois, a fait place à un redressement dès la fin de l'année 2003 grâce à une stimulation monétaire exceptionnelle, les taux directeurs de la Réserve fédérale des États-Unis ayant été abaissés au printemps 2003 à 1%, soit le niveau le plus bas de leur histoire. Ce taux de croissance est relativement élevé entre la fin 2003 et la fin 2006, mais, en termes réels, il reste inférieur au taux de croissance des mandats Clinton. La hausse des cours du pétrole, qui passent en quatre ans de 40 à 160 dollars le baril, a en effet réveillé l'inflation.

En octobre 2005, George W. Bush choisit Ben Bernanke, président du Conseil économique de la Maison Blanche, pour succéder à Alan Greenspan à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis à partir du 1er février 2006.

Environ neuf mois plus tard, le congrès refuse de voter le plan Paulson prévoyant que l'État rachète aux banques, sans fixer de prix, subprime, des créances immobilières qui les mettent en difficulté. Le congrès, qui a une majorité démocrate depuis décembre 2006, accepte finalement de dire oui au plan Paulson, lorsque une garantie des dépôts bancaires y est ajoutée. Quinze jours plus tard, à la mi-octobre, ce plan est amendé, avec une mesure supplémentaire: l'injection de 125 milliards de dollars de fonds publics dans le capital de neuf grandes banques, par création de nouvelles actions, en échange de la présence d'administrateurs publics dans ces banques.

En septembre 2005, l'ouragan Katrina ravage le Sud de la Louisiane, du Mississippi et de l'Alabama. L'administration fédérale est mise en accusation pour ne pas avoir réagi suffisamment tôt et de ne pas avoir organisé l'évacuation des habitants, même si cette tâche était d'abord de la responsabilité du gouvernement de la Louisiane et de la municipalité de La Nouvelle-Orléans tout comme celle de planifier les besoins, organiser les évacuations et les secours. Dans une vidéo de visioconférence entre des experts de la FEMA et George W. Bush, les spécialistes alertent le président des problèmes prévus (dégâts importants, ruptures des digues…), ce dernier n'essaie pas d'en savoir davantage et répond que tout est prêt pour affronter le danger.

Par la suite, en baisse dans les sondages, George W. Bush reconnaît dans un discours les erreurs commises au niveau fédéral et en prend la responsabilité. « Quatre ans après l'horrible expérience du 11 septembre, les Américains ont tous les droits d'attendre une réponse plus efficace en cas d'urgence. Lorsque le gouvernement fédéral ne parvient pas à faire face à cette obligation, je suis en tant que président responsable du problème, et de la solution », déclare t-il.

Au cœur de La Nouvelle-Orléans désertée de ses habitants, George W. Bush annonce alors un plus grand engagement fédéral, qui prendra en charge la « grande majorité » du coût de la reconstruction, « des routes aux ponts, en passant par les écoles et le système des eaux », ainsi qu'un rôle accru des forces armées. Il annonce également un vaste plan de reconstruction afin d'enrayer la pauvreté (issue de « de la discrimination raciale, qui a coupé des générations de l'opportunité offerte par l'Amérique ») et fondé sur la création dans la région d'une zone à fiscalité réduite, d'une aide de 5 000 dollars aux réfugiés cherchant à retrouver du travail et la distribution gratuite (par tirage au sort) de terrains aux plus démunis, afin qu'ils puissent y construire leur maison.

Par la même occasion, George W. Bush ordonne au département de la Sécurité intérieure de lancer un réexamen des plans d'urgence dans toutes les grandes villes d'Amérique.

Quelques jours plus tard, l'ouragan Rita ravage les côtes du Texas mais cette fois-ci, ni la gestion fédérale ni celle de l'État du Texas ne sont prises en défaut ou remises en cause. Les journalistes parlent même d'effet Rita pour expliquer la sensible remontée de George W. Bush dans les sondages (71 % des personnes interrogées déclarent approuver son action au moment du passage du cyclone Rita contre 40 % en ce qui concernait Katrina).

Le 15 janvier 2004, il lance le projet Constellation de développement d'un nouvel engin spatial (l'Orion devant remplacer la navette spatiale américaine et l'objectif d'un retour de l'Homme sur la Lune à la fin des années 2010.

Dans son discours annuel sur l'état de l'Union le 31 janvier 2006, George W. Bush a fixé comme objectif de réduire de 75 % la dépendance du pays au pétrole du Moyen-Orient d'ici 2025. Pour ce faire, il évoque le développement de toute une série d'énergies alternatives — solaire, éolienne (les États-Unis ont accru de 300 % la production d'électricité par ce moyen entre 2001 et 2007 ), charbon propre, nucléaire, hydrogène ou encore éthanol — allant jusqu'à encourager l'utilisation de voiture hybride. Le discours est reçu avec scepticisme car il vient d'un président lié à l'industrie du pétrole et les éditorialistes parlent de « promesses sans lendemain ». Le financement de celles-ci concernant notamment les nouvelles technologies est aussi mis en doute mais a été réaffirmé dans le cadre de loi de 2007 sur l'indépendance et la sécurité énergétique .

Le 20 février 2006, au nom de la sécurité nationale, il annonce que le pays doit recommencer à construire des centrales nucléaires d'ici la fin de la décennie afin de rompre avec une dépendance énergétique « pathologique » qui les rend « otages de nations étrangères qui peuvent ne pas les aimer ». Cette annonce intervient alors que les États-Unis n'ont plus construit de centrales nucléaires depuis les années 1970, lesquelles fournissent un peu plus de 20 % de l'électricité consommée par les Américains.

À cette occasion, une fois n'est pas coutume, il cite la France en exemple (laquelle produit ainsi 78 % de son électricité).

George W. Bush est un protestant méthodiste qui est parfois appelé «le premier président catholique américain» bien que John F. Kennedy ait été le seul catholique titulaire du poste . Lors de sa campagne présidentielle de 2000, il s'était présenté comme un «conservateur compassionnel» et citait Jésus Christ comme son philosophe préféré.

C'est notamment pour des raisons religieuses que George W. Bush s'oppose à l'euthanasie, aux recherches sur les cellules souches à partir d'embryons humains et est formellement contre le mariage homosexuel. Il soutient des positions hostiles à l'avortement mais les plus conservateurs doutent de sa volonté de remettre en cause l'arrêt Roe v. Wade de 1973 qui avait légalisé le recours à l'IVG. C'est sous son mandat en 2003 que la loi "Partial Birth Abortion Act" interdisant la technique de l'avortement par naissance partielle est votée par le Congrès puis validée en avril 2007 par la Cour Suprême des États-Unis.

En revanche, il ne s'oppose pas à la peine de mort : selon George W. Bush, celle-ci « sauve des vies » en vertu de son « effet de dissuasion » .

Le 9 avril 2005, suite au décès de Jean-Paul II, George W. Bush a été le premier président américain en exercice à assister personnellement à l'enterrement d'un pape. Il était accompagné de ses prédécesseurs Bill Clinton et George Bush père.

Le 16 octobre 2007, en étant le premier président américain à s'afficher en public avec le dalaï-lama, en le gratifiant de « symbole universel de paix et de tolérance » et en lui remettant la médaille d'or du Congrès, George Bush provoque l'indignation du gouvernement de Pékin qui voit en la personne du dalaï-lama un séparatiste en exil qui menace l'unité du pays, accusant également les États-Unis d'intervenir dans les affaires internes du pays .

Le 15 avril 2008, geste sans précédent aux États-Unis, George W. Bush et Laura Bush accueillirent le pape Benoît XVI à la descente de la passerelle de son avion, puis le reçurent à la Maison-Blanche au côté de 9 000 invités et donnèrent un diner officiel en son honneur. Le président américain justifia le traitement exceptionnel réservé à son hôte par le désir « d'honorer les convictions » de Benoît XVI sur le bien et le mal, la valeur sacrée de la vie humaine et le danger du « relativisme moral ».

George W. Bush est relativement impopulaire en dehors de son pays, en particulier dans certains pays d'Europe et dans les pays arabes depuis la guerre en Irak. Cette guerre entraîne également un certain de contestation de la politique du président au Moyen-Orient et au Proche-Orient.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la stratégie en matière de sécurité nationale fait de l'aide au développement l’un des trois piliers de la politique étrangère des États-Unis, aux côtés de la diplomatie et de la défense, cela étant une partie intégrante du soft power .

Du fait que des conflits peuvent se déclencher sans préavis sur le globe, les forces armées des États-Unis se doivent d'être plus réactives et effectuer leur révolution des affaires militaires. À cette effet et avec l'objectif affiché de ne pas perdre leur supériorité technologique sur les concurrents, le budget de la défense à cessé sa baisse entamée depuis la fin de la guerre froide et est passée à 3 % du produit national brut en 2001 à 3,7 % en 2007.

La plupart des grandes garnisons en Europe et en Asie se sont peu à peu démantelées dans le cadre du BRAC et se sont remplacées par des points d'appui logistique . Parallèlement à l'édification d'une défense antimissile et en vertu du traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques signé en 2002 avec la Russie , les États-Unis se sont engagés à réduire à entre 2 200 et 1 700 le nombre de leurs armes nucléaires déployées d'ici 2012 contre les 4 000 en service en 2008(soit un retour au niveau des stocks des années 1950).

À la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington D.C., George W. Bush réunit le pays derrière lui (avec 90 % d'opinions favorables). Il déclare la « guerre au terrorisme » et utilise un vocabulaire contesté par ses détracteurs (« mort ou vif », « croisade » et « États voyous »), mais bien perçu dans une Amérique traumatisée.

Parallèlement aux préparatifs de la guerre contre les Talibans en Afghanistan, qui ont refusé d'extrader Oussama Ben Laden et les membres d'Al-Qaida, Bush instaure une politique de sécurité incarnée par le Patriot Act, voté par le Congrès à l'unanimité en novembre 2001, mais jugé dangereux pour les droits de l'homme par la Fédération internationale des Droits de l'Homme .

Le 7 octobre 2001, en réponse aux attaques du 11 septembre et dans le but de traquer Oussama Ben Laden et les responsables d'Al-Qaida, les troupes américaines commencent à pilonner les grandes villes d'Afghanistan. C'est l'opération Liberté immuable, à laquelle participent plusieurs pays de l'OTAN.

L’intervention américaine s’accompagne d’une série d'opérations militaires menées en divers points du territoire par les différentes composantes du «Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan» plus connue sous le nom d'Alliance du Nord. Elle débouche en décembre sur la chute du régime des Talibans et la mise en place du gouvernement d'Hamid Karzai.

Parallèlement à l'intervention en Afghanistan, il met en place fin 2001 sur la base militaire de Guantánamo à Cuba le camp de détention du même nom où sont incarcérés les combattants islamistes capturés. Incarcérés en dehors de tout cadre juridique, plusieurs rapports et témoignages font mentions d'actes de tortures lors des interrogatoires. Avec le temps, cette prison devient un symbole de la lutte des associations de défense des droits de l'homme contre la politique sécuritaire de l'administration de George W. Bush.

Thème central de la pensée des néo-conservateurs, l'« expansion de la démocratie » devient le credo et l'objectif officiel de la politique américaine à partir du discours de George W. Bush devant le Congrès en janvier 2002, durant lequel il pointe du doigt les pays dit de l'Axe du Mal en visant nommément l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord, à l'encontre de laquelle les néo-conservateurs renforcent la politique américaine de sanctions.

En février 2005, George W. Bush nomme John Negroponte à la tête de la toute nouvelle Direction du renseignement américain (DNI), nouvelle fonction créée dans le cadre de la réforme des services de renseignement américains suite aux recommandations de la Commission du 11 septembre, dont les conclusions avaient été publiées durant l'été 2004.

En octobre 2005, il donne son aval à la création d'un nouveau service de renseignements, le National Clandestine Service (NCS) patronné par la CIA, pour s'occuper des opérations d'espionnage à l'étranger. Ce service des opérations clandestines coordonnera les opérations d'espionnage de la CIA, du FBI et du département de la défense, mais sans avoir le pouvoir d'ordonner ou de les diriger.

C'est dans un tel contexte qu'en février 2006, l'entreprise émiratie "Dubai Ports World" annonce la reprise de l'opérateur portuaire britannique P&O, qui gère des terminaux portuaires dans six grands ports américains de la côte Est. Ce transfert de gestion déclencha une crise politique entre la Maison blanche favorable et les parlementaires américains, soutenus par l'opinion publique, qui y voient une menace pour la sécurité du pays.

Hillary Clinton proposa alors l'adoption d'une loi interdisant à toute société contrôlée par un État étranger de racheter des activités portuaires aux États-Unis. D'autres élus démocrates travaillèrent sur un amendement interdisant toute prise de contrôle d'opérations portuaires par "une société possédée ou contrôlée par un gouvernement qui avait reconnu le gouvernement des talibans" en Afghanistan tandis que les élus républicains de la Chambre des représentants promettaient de voter une loi bloquant le projet de rachat, défiant le président au nom de la sécurité nationale, alors que celui-ci était prêt à mettre son veto si le Congrès légiférait pour torpiller la transaction.

Au bout du compte, l'entreprise émiratie annoncera le transfert de la gestion des six grands ports à une « entité américaine », au nom de l'amitié entre les États-Unis et les Émirats arabes unis.

Le 17 octobre 2006, George W. Bush signa et promulgua une loi sur les commissions militaires controversée autorisant la torture dans les interrogatoire contre les suspects de terrorisme (notamment le programme d'interrogatoires de la CIA), leur détention dans des prisons secrètes à l'étranger et leur jugement par des tribunaux militaires,. Cette loi fut vivement critiquée par Amnesty International ou l'American Civil Liberties Union (ACLU). Toujours dans le domaine de la légalisation de la torture, il met son veto à une loi interdisant la torture par l'eau.

En 2002, influencé par les théories des néo-conservateurs, George W. Bush évoque la nécessité d’un changement de régime en Iraq, indiquant que les États-Unis ont des raisons de croire que le président iraquien Saddam Hussein possède des liens avec des groupes terroristes et continue de développer un programme d’armes de destruction massive (ADM).

Le 8 novembre 2002, la résolution 1441 du Conseil de sécurité des Nations unies exige du régime iraquien une « coopération active, totale et immédiate » avec les équipes d'inspections dépêchées sur place.

Estimant que les conditions de coopération ne sont pas remplies, George W. Bush donne le signal le 20 mars 2003 d’une invasion militaire de l’Irak en vue de renverser le régime en place. La victoire militaire est acquise rapidement dès le 10 avril et début mai, le président Bush proclame unilatéralement la cessation des hostilités.

George W. Bush fait passer le décret 13303 donnant l’immunité totale aux compagnies pétrolières en Irak, tout procès à leur encontre étant immédiatement considéré comme nul et non avenu aux États-Unis.Cela renforce les accusations d'inféodation de George W. Bush et Dick Cheney aux lobbies de l'industrie du pétrole.

À partir de juin 2003, des attentats terroristes sont commis contre les forces militaires américaines puis contre les civils iraquiens sans distinction ainsi que des prises d'otages.

Depuis le début de l'invasion en mars 2003, on estime que plusieurs dizaines de milliers d'Iraquiens ont été tués par l'armée américaine ou par des attentats terroristes, ainsi que plus de 2 000 soldats américains. Les armes de destruction massive (un « prétexte bureaucratique » selon Paul Wolfowitz) qui avaient effectivement servi sous le régime de Saddam Hussein contre les Kurdes ou les Chiites, n'ont pas été trouvées et auraient finalement bien été détruites dans les années qui avaient suivi la guerre du Golfe de 1991. Quant aux liens du régime avec les organisations terroristes, ils avaient cessé depuis longtemps (Abou Nidal, Carlos) ou restaient faibles se limitant au financement des familles des kamikazes palestiniens et à la présence sur le sol iraquien de membres d'organisations terroristes (Moudjahidines iraniens).

Cependant, pour les partisans de l'intervention américaine, la mise à jour de charniers contenant des centaines de milliers de victimes du régime de Saddam Hussein, a justifié le renversement par la force du dictateur iraquien. Enfin, l'intervention américaine a permis au pays de connaître le 31 janvier 2005 ses premières élections démocratiques depuis cinquante ans puis en octobre 2005, l'adoption d'une constitution démocratique approuvée par référendum.

Les sondages d'opinions longtemps très favorables à George W. Bush concernant sa gestion de la guerre d'Irak ont commencé à basculer en juin 2005 et sont devenus négatifs à partir du mois de septembre 2005. Si une majorité d'Américains considèrent dorénavant que l'engagement en Irak était une erreur, ils souhaitent un retrait de leurs troupes (mais pas cependant encore dans n'importe quelle condition). La guerre d'Irak est à l'origine d'un mouvement non officiel d'opposants réclamant la destitution de ses fonctions par le biais de la procédure de l'impeachment, autrefois utilisée sans aller à son terme contre Richard Nixon ou sans rencontrer de succès contre Andrew Johnson et Bill Clinton. Une tentative en ce sens, menée par le représentant démocrate de l'Ohio, Dennis Kucinich, en juin 2008, avait été déposée à la chambre des représentants dans l'indifférence générale des membres du Congrès et renvoyée en commission.

Cette guerre fut à l’origine de graves tensions diplomatiques au sein de l’ONU, de l’OTAN et avec certains pays comme la France et l’Allemagne. Les motivations américaines dans cette affaire sont encore discutées.

Le 24 septembre 2005, plusieurs dizaines de milliers de manifestants s'étaient rassemblés à Washington D.C. pour protester contre l'engagement américain en Irak.

Il faut attendre le 14 décembre 2005 au cours d'une interview sur Fox News pour que George W. Bush reconnaisse avoir commis des « erreurs tactiques » en Irak notamment des décisions inadaptées dans l'entraînement des forces irakiennes, d'avoir fait le choix initial de grands projets de reconstruction au lieu de chantiers aux « effets immédiats sur la vie des gens ». Il a aussi regretté de ne pas avoir enclenché plus tôt le transfert de souveraineté aux Irakiens après la guerre mais a cependant réaffirmé que la décision d'attaquer Saddam Hussein était juste.

Le 25 mai 2006, George W. Bush et Tony Blair reconnaissent leurs erreurs en Irak. Le président américain a notamment déclaré que ses propos avaient « envoyé de mauvais signaux », que« les choses ne se sont pas déroulées comme nous l'avions espéré » et que « la plus grosse erreur, du moins en ce qui concerne l'implication de notre pays, c'est Abou Ghraïb » .

Le 10 janvier 2007, lors d'une allocution télévisée, le président annonce que 21 500 militaires supplémentaires seront envoyés en Irak pour permettre un retour à la paix plus rapide. Cette décision se heurte à un congrès et une opinion publique hostile et majoritairement sceptique par cette démarche .

En décembre 2007, des experts militaires estiment que la situation militaire et sécuritaire est désormais maîtrisée depuis l'arrivée de renforts mais restent extrêmement circonspects sur l'évolution politique de l'Irak .

La menace que des armes de destruction massive au mains d'États ou d'organisations hostiles aux États-Unis puissent être utilisées fait que l'administration américaine tente de désarmer et/ou de contrôler les stocks de ces produits à travers le monde .

Une initiative lancée par les États-Unis et l'Allemagne au mois d'avril 2002 au sein du G8 porte sur un Partenariat mondial de lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes où le gouvernement américain s'est engagé à verser la moitié des 20 milliards de dollars mobilisés sur 10 ans pour cette action . Cela c'est traduit en autre par l'initiative de sécurité en matière de prolifération.

Les tensions diplomatiques avec l'Iran et la Corée du Nord sont dues principalement au développement des armes de destruction massive en Iran et des armes nucléaires en Corée du Nord.

Ainsi, en juillet 2007, un stock clandestin de 16 tonnes d'armes chimiques découvert en Albanie a été détruit .

George W. Bush, critiqué par les pays arabes pour ce qui est vu comme un soutien exclusif à Israël, a pourtant été le premier président américain à évoquer officiellement la création d'un État palestinien.

La «feuille de route», pour le règlement du conflit israélo-palestinien, rédigée par les États-Unis, la Russie, l'Union européenne et l'ONU, prévoyait la création d'un État palestinien en 2005.

Le soutien de Bush à Ariel Sharon et son refus de converser avec une direction palestinienne dirigée par Yasser Arafat a amené les Palestiniens à se tourner vers un chef modéré, Mahmoud Abbas, à la mort du Raïs à l'automne 2004.

En janvier 2005, les négociations reprennent alors dans un nouveau contexte entre Palestiniens et Israéliens, appuyés par les Américains.

Le 26 mai 2005, George W Bush reçoit Mahmoud Abbas à la Maison Blanche et rappelle que le respect de la feuille de route pour la paix de part et d'autre est fondamental pour l'aboutissement du processus de paix.

Au cours du conflit israélo-libanais de 2006, son administration a été critiquée pour s'être opposée pendant les premières phases du conflit à un cessez-le-feu.

A un an de la fin de son mandat, George W. Bush, accusé d'avoir négligé la question du conflit israélo-palestinien au profit de l'Irak, s'implique de nouveau sur le sujet. Du 26 au 28 novembre 2007, il organise dans le Maryland la conférence d'Annapolis réunissant une cinquantaine de pays et d'organisations pour tenter d'avancer sur la voie d'un règlement du conflit israélo-palestinien et de parvenir à un accord de paix avant la fin 2008. Il obtient du premier ministre israélien Ehud Olmert et du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas un engagement écrit pour de nouvelles discussions sur des questions clés du conflit comme le statut de Jérusalem, le sort de plus de quatre millions de réfugiés palestiniens, le sort des colonies juives, le partage des ressources en eau et la délimitation des frontières. Il est également mis en place un comité de pilotage alors que deux conférences internationales de suivi devraient ensuite se dérouler à Paris puis à Moscou. C'est durant cette conférence que la Syrie en appelle à reprendre les négociations de paix avec Israël, suspendues depuis 2000.

C'est en janvier 2008 qu'il entame sa première visite dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Israël, Cisjordanie, Égypte, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et Arabie saoudite) en tant que président des États-Unis, afin d'aboutir avant la fin de son mandat à un accord conduisant à la création d'un État palestinien coexistant en paix avec Israël , d'obtenir le soutien des dirigeants arabes aux négociations israélo-palestiniennes et de discuter de l'Iran .

Les relations entre les États-Unis et une partie des pays européens se sont détériorées à partir du discours sur l'« axe du mal » et ont atteint un grave niveau de dissension (aux niveaux nationaux, mais pas globalement, aux niveaux gouvernementaux) au moment de la guerre en Irak. C'est à cette époque que Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense, fait une distinction entre la « vieille Europe », représentée par l'Allemagne, la France et la Belgique, et la nouvelle Europe américanophile représentée par les anciens pays de l'Est et quelques pays de l'Ouest comme la Grande-Bretagne, l'Italie, le Danemark ou l'Espagne (lettre des dix de soutien à la stratégie américaine en Irak en janvier 2003).

Après la chute de Saddam Hussein, la stratégie américaine, définie par Condoleezza Rice, est de « punir la France, ignorer l'Allemagne et pardonner à la Russie ».

En 2004, les États-Unis ajoutent l'Espagne à leur liste des pays hostiles à la prépondérance américaine, après la victoire du socialiste José Luis Rodríguez Zapatero, lequel souhaite publiquement et imprudemment la victoire de John Kerry aux présidentielles de novembre 2004, énonçant à voix haute le souhait de pays européens comme la France ou l'Allemagne.

La visite présidentielle, si elle a rétabli le contact, a ainsi permis à l'opinion publique d'apprécier l'étendue des divergences entre Européens de l'Ouest et Américains.

Par contre, les Européens de l'Est sont nettement moins hostiles au président américain, notamment en Pologne, dans les pays baltes, en Ukraine, en Géorgie ou en Slovaquie.

Le 7 mai 2005, George W. Bush se rend en Lettonie où il est chaleureusement accueilli comme un défenseur des libertés. Dans son discours, en pleine controverse historique entre les États baltes et la Russie sur l'occupation soviétique de 1945, Bush n'hésite pas à apporter son soutien aux États baltes en rappelant que ces derniers n'ont été libérés qu'en 1991, après la fin de l'occupation soviétique, au risque de crisper ses relations avec la Russie. Après avoir admis que « l'esclavage et la ségrégation raciale avaient été une honte » pour les États-Unis, il a regretté la division de l'Europe, conséquence des accords de Yalta et que « les Américains aient sacrifié la liberté des plus faibles à une illusion de stabilité internationale ».

La suite de son voyage le conduit notamment dans l'ancienne république d'URSS en Géorgie, récemment émancipée de la tutelle russe grâce au soutien financier des Américains via leurs ONG. Premier président américain à fouler le sol géorgien, il y est là encore chaleureusement reçu par une foule enthousiaste de 150 000 personnes en dépit d'un attentat à la grenade manqué .

Le 23 juin 2005, les représentants officiels de L'Union européenne et le président des États-Unis font, en l'absence de Jacques Chirac, une déclaration commune sur l'avenir de la paix et de la démocratie au Moyen Orient.

Cette déclaration commune met fin au climat de tension entre l'Europe et les États-Unis initié par la position de Paris et Berlin concernant l'Irak.

Lors de sa tournée en Asie à l'automne 2005 à l'occasion de l'APEC, Bush se rendit successivement au Japon, en Corée du Sud, en Chine et en Mongolie.

En Chine, ses entretiens avec le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, n'aboutirent à aucune décision politique d'envergure. Tous les sujets de discorde ou d'intérêt commun entre les deux pays furent évoqués, y compris la liberté religieuse, les droits de l'homme et la démocratie. Le résultat concret de ces discussions fut une commande chinoise de 70 Boeing 737 et un contrat de 4 milliards de dollars. Au moment où les États-Unis connaissent un déficit bilatéral avec la Chine de près de 200 milliards de dollars, ce geste a priori commercial de Pékin fut qualifié de politique.

Bush termina par une visite en Mongolie, la première d'un président américain dans ce pays, afin de remercier un allié dans la guerre en Irak (132 soldats soit le troisième contingent étranger relatif au nombre d'habitants).

En août 2008, George W. Bush fut l'un des 90 chefs d'État et de gouvernements à assister à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin et également à plusieurs compétitions auxquelles participaient des athlètes américains. Il profita de son voyage pour soulever de nouveau la question des droits de l'Homme auprès de son homologue, Hu Jintao, mais aussi celle de la liberté religieuse déclarant, après avoir assister à un service dans un temple protestant, qu'aucun pays ne devait la craindre .

Dès 2001, l'administration de George W. Bush se montre hostile au multilatéralisme et au fonctionnement de l'ONU (affaire Pétrole contre nourriture, guerre d'Irak sans aval du conseil de sécurité).

En août 2005, il nomme John R. Bolton comme nouvel ambassadeur américain à l'ONU alors qu'il en est un inlassable détracteur .

Cependant, après les ravages de l'ouragan Katrina dans le Sud des États-Unis et l'aide humanitaire apporté par de nombreux pays (dont les plus pauvres), Bush modifie sa conduite lors de son discours à l'ONU lors du 60e anniversaire de cette organisation. Le 14 septembre 2005, il tient au sein de l'assemblée générale un discours atypique par rapport à sa politique traditionnelle, portant sur les sujets de l'aide au développement et de la pauvreté. Il annonça ainsi son soutien à la mise en place d'un partenariat international sur la grippe aviaire qui obligerait les nations à rendre des comptes à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Affirmant sa volonté de respecter les objectifs du millénaire, il plaide pour la suppression des subventions et des barrières douanières sur les produits agricoles. Il se félicite enfin de la mise en place d'un "Fonds pour la démocratie", de laquelle il est le principal instigateur, composé uniquement de pays démocratiques et auquel la France a promis de s'associer.

En matière d'aide humanitaire, le président Bush a plus que doublé l'aide américaine au développement, qui est passée d'environ 10 milliards de dollars en l'an 2000 aux environs de 23 milliards de dollars en 2006 .

Il annonce en 2002 le Millennium Challenge Account et son corollaire la Société du compte du millénaire (Millennium Challenge Corporation ou MCC) qui seront opérationnel en 2004; La MCC a conclu avec 16 pays des accords d'aide économique et de réduction de la pauvreté portant sur plus de 5,5 milliards de dollars en janvier 2008 .

Il présente en 2003 le President's Emergency Plan for AIDS Relief pour lutter contre le SIDA à l'étranger (principalement en Afrique sub-saharienne) dont le budget initial de 15 milliards de dollars sur cinq ans fut monté à 18,3 milliards. En 2007, il propose de monter le budget pour les cinq prochaine année à 30 milliards .

Le gouvernement américain intervient au niveau d'un tiers du financement étatique du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme par le biais de ce programme .

Le volet prévention de celui-ci est principalement basé sur l'abstinence et en dernier ressort sur la prévention par la pratique du sexe sans risque via le préservatif. Cette politique est jugé par plusieurs associations de lutte contre le VIH/Sida comme contre-productive et mettant à l'écart des populations à haut risque comme les prostituées .

Lors du tremblement de terre du 26 décembre 2004 en Asie du Sud-Est, un groupe aéronaval et 16 500 militaires américains sont déployés dans la plus grande opération militaire d'aide humanitaire qui ait eu lieu jusqu'à présent .

L'administration Bush a augmenté l'aide humanitaire et au développement à l'Afrique : elle est passée de 1,4 milliard de dollars en 2001 à plus de 4 milliards en 2006. Divers programmes sur différents niveaux sont en cours dont l’Initiative du Président pour la lutte contre la malaria (President’s Malaria Initiative) lancé le 30 juin 2005 et dotée d’un fonds de 1,2 milliard de dollars pour une durée de cinq ans, la PMI a pour objectif de réduire de 50% le taux de mortalité due au paludisme dans 15 pays africains en collaboration avec les autres programmes internationaux et l'Initiative en faveur de l'éducation en Afrique lancée en 2002 et qui doit assurer des bourses d'étude à 550 000 filles et former plus de 920 000 enseignants d'ici à 2010 .

L'élection de Barack Obama en novembre 2008 fait entrer George W. Bush dans la dernière étape de sa présidence. La transition avec l'administration Obama s'achève le 20 janvier 2009, date de passation des pouvoirs au quarante-quatrième président des États-Unis. Lors des dernières conférences et discours de fin de mandat, prononcés en janvier 2009, le président George W. Bush a fermement défendu sa présidence en parlant d'un "bilan bon et fort", rejetant les critiques sur sa gestion de la "guerre contre le terrorisme", l'Irak et l'économie. Il reconnaissait toutefois quelques erreurs dont le déploiement de la bannière "mission accomplie" annonçant prématurément la fin des combats en Irak, le fait qu'on n'ait pas découvert d'armes de destruction massive en Irak et le scandale des abus dont ont été victimes des détenus à la prison d'Abou Ghraïb. Il estime néanmoins que l'histoire sera son juge "une fois qu'un certain temps aura passé", comme ce fut le cas pour Harry Truman, président impopulaire lorsqu'il quitta ses fonctions mais aujourd'hui admiré pour l'ensemble de sa politique durant la guerre froide.

Le 13 janvier, les membres démocrates de la Commission Justice de la Chambre des Représentants publient un rapport à charge de 486 pages titrés sur les leçons et recommandations liées à la présidence de George W. Bush, recommandant la création d’une commission d’enquête officielle. Ces recommandations resteront sans suite faute de soutien des élus du Congrès et du gouvernement américain.

Dans sa dernière allocution télévisée, prononcée le 15 janvier 2009, cinq jours avant de quitter la Maison-Blanche, il a défendu de nouveau son bilan dans le domaine de la sécurité nationale, invoquant la création du département de la Sécurité intérieure, la transformation de l'armée, du FBI, des services de renseignement, et la mise en place de nouveaux instruments pour "surveiller les mouvements des terroristes, geler leurs avoirs financiers et déjouer leurs complots". Il a cité en exemple l'Afghanistan et l'Irak, deux nouvelles démocraties, a expliqué sa philosophie et rendu hommage à son successeur.

Si, en juin 2005, les téléspectateurs américains avaient placé George W. Bush en sixième position dans leur liste des plus grands Américains, et s'il avait atteint les sommets de la popularité à la fin de l'année 2001 avec 89% d'approbation, il ne recueillait plus, sur l'année 2008, que 25 à 33% d'opinions favorables, soit, dans l'histoire moderne des États-Unis, un peu mieux que les indices les plus bas des présidents Harry Truman et Richard Nixon.

En mai 2008, le Time le classait septième sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde.

Dans un éditorial du 18 janvier 2009 du journal Le Monde, le quotidien écrit que George W. Bush quitte la Maison Blanche « avec une popularité au plus bas, dans son pays et dans le reste du monde » et que « rares sont les historiens de la présidence américaine à de douter que le 43ème ait été le dirigeant le plus calamiteux que les États-Unis aient connu ». Pour l'éditorialiste du Monde, si « depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis n'ont pas connu d'attentat sur leur sol, ce résultat voisine avec une interminable liste d'échecs » comme la guerre en Irak, les mensonges sur les armes de destruction massive, la torture dans les prisons d'Abou Ghraib et de Guantanamo, les vols secrets de la CIA, la non capture de Ben Laden, la montée de l'antiaméricanisme dans le monde et le radicalisme islamiste .

Pour l'éditorialiste du Figaro, Pierre Rousselin, George W. Bush a pris sur lui, avec abnégation, chacune des critiques qui ont pu être adressées aux États-Unis, que ce soit la guerre en Irak, Guantanamo ou la débâcle bancaire et la récession. Si l'échec de sa présidence parait évident dans bien des domaines, le portrait qui en est fait, reste souvent simpliste et caricatural . Pour son collègue, Ivan Rioufol, George W. Bush a été victime de la pensée unique et, en Europe de l'Ouest, d'un antiaméricanisme pavlovien, citant, selon lui, au crédit du 43ème président l'installation de la « démocratie » en Irak et la « lutte contre l'islamo-fascisme ». Pour Presse canadienne, les succès de George W. Bush sont ainsi restés à l'ombre des deux guerres impopulaires et de la crise financière de sa fin de mandat.

Parmi ses succès, ses partisans notent le fait qu'il n'y ait eu aucune attaque terroriste sur le sol américain depuis le 11 septembre 2001, le triplement de l'aide à l'Afrique concernant la lutte contre le Sida et contre le paludisme, l'amélioration des relations avec la Corée du Nord et l'Iran ainsi que l'amélioration du système d'éducation, suite à l'instauration d'une réforme scolaire, et du programme d'assurance-médicaments. Pour Stephen Hess, un expert de la Brookings Institution, les historiens, avec le temps, « pourraient aller au-delà des échecs de George W. Bush et examiner ses succès de même que les impacts à long terme de ses politiques les plus critiquées » .

Durant sa présidence, George W. Bush a été l'objet ou la cible de documentaires ou de films de plusieurs opposants politiques. Certains de ces films, comme Loose Change de Dylan Avery, mettaient en cause son administration dans les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Le cinéaste et pamphlétaire Michael Moore réalisa en 2004 le documentaire Fahrenheit 9/11, palme d'or du Festival de Cannes, dans le but explicite de favoriser la défaite du candidat républicain à l'élection présidentielle de 2004. Le film est principalement une compilation de diverses images d'archives et de reportages, souvent sorties de leur contexte comme le discours traditionnel de la Alfred E. Smith Memorial Foundation Dinner où les candidats à l'élection présidentielle prononcent un discours faisant preuve d'autodérision. Ainsi, le discours où George W. Bush plaisanta sur les convives, « ceux qui ont et ceux eux qui ont plus encore », qu'il nomma comme sa base, fut repris dans le film sans mentionner qu'il s'agissait d'un discours humoristique.

Egalement très critique, le documentaire de William Karel, Le monde selon Bush (2004) inspiré des livres "Le monde secret de Bush" et "La Guerre des Bush" de Éric Laurent, est aussi un réquisitoire contre la famille Bush en général et contre leurs relations d'affaires en particulier.

George W. Bush est ausssi le premier président des États-Unis à faire l'objet d'un film biographique avant la fin même de son mandat. Dans W. - L'improbable président, Oliver Stone retrace plusieurs moments de la vie du président américain. Son rôle à l'écran est tenu par Josh Brolin.

En France, Karl Zero a également consacré un documentaire au 43e président, Beeing W.-Dans la peau de Georges W. Bush, sorti en salle en octobre 2008, où la voix "off" imaginaire de George W. Bush commente la carrière du président des États-Unis sur fonds d'images d'archives.

Dans le monde des bandes dessinées, George W. Bush apparait sous les traits de Perry Camby dans L'Homme de Washington, le 75e album de Lucky Luke (et le 3ème depuis la mort de Morris) sorti en décembre 2008, retraçant l'inauthentique campagne élecorale de Rutherford B. Hayes. Perry Camby est le fils d'un magnat du pétrole texan, proche du lobby des porteurs d'armes, prêt aux fraudes et aux violences pour devenir le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis. Son principal conseiller apparait sous les traits de Karl Rove.

La présidence Bush s'acheva le 20 janvier 2009 à 12H00 (17H00 GMT). Après avoir assisté à la prestation de serment solennelle sur la bible de son successeur, George W. Bush et sa femme Laura furent raccompagnés par Barack Obama et son épouse Michelle à un hélicoptère attendant devant le Capitole qui les amena à la base militaire d'Andrews, dans le Maryland. L'ancien président fit alors ses adieux à des dizaines de collaborateurs avant de s'envoler pour le Texas, à bord d'Air Force One, rebaptisé pour l'occasion "Special Air Mission 28000", , accompagné notamment de ses parents mais aussi de son ancien conseiller, Karl Rove et de plusieurs anciens membres de son cabinet comme Alberto Gonzales, Margaret Spellings et Donald Evans. Arrivé à Midland, il fut accueilli, au palais des congrès Centennial Plaza, par 20 à 30 000 de ses partisans. Résidant dorénavant dans son ranch de Crawford ou dans sa nouvelle résidence de la banlieue de Dallas, il a notamment prévu de s'occuper de sa bibliothèque présidentielle, la George W. Bush Presidential Library, dont l'inauguration est prévue en 2013 sur le campus de la Southern Methodist University, et d'écrire un livre portant sur ses deux mandats.

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Bande de Gaza

La bande de Gaza est une bande de terre étroite située au sud-ouest de l’État d'Israël, du nom de sa principale ville Gaza. Ses habitants sont appelés les Gazaouis. Territoire palestinien occupé par Israël de 1967 à 2005, isolé depuis par un blocus israélien et la fermeture de sa frontière par l'Égypte, c'est un des territoires les plus densément peuplés au monde.

La ville de Gaza a vraisemblablement été fondée vers 1500 avant J.-C.. Le territoire fut sous la domination de l'Empire ottoman de 1517 jusqu'aux batailles de Gaza, en 1917, où l'Empire britannique chassa l'armée turque.

À la fin du conflit israélo-arabe de 1948, la bande de Gaza fut occupée par l'Égypte, et le resta jusqu'à l'occupation par Israël pendant la guerre des Six jours (1967). Le territoire vit l'arrivée d'environ 170 000 réfugiés installés dans huit camps.

En 1950, la population était de 254 000 habitants.

En 1956, quand Israël intervint en soutien de l'opération anglo-française contre l'Égypte, l'armée israélienne prit le contrôle de la Bande de Gaza. L'intervention des grandes puissances (États-Unis et Union soviétique) conduisit au retour d'Israël derrière ses frontières de 1948, et au retour de l'admnistration égyptienne sur Gaza.

Les forces israélienne envahirent de nouveau Gaza dès le début de la guerre des Six jours (juin 1967), et aboutit à une très longue période d'administration militaire israélienne (1967-2005 soit près de 40 ans).

Du point de vue de l'idéologie sioniste, Gaza fait partie de la Terre d'Israël (Eretz Israel), et c'est pour cela que vingt-et-une colonies juives y furent implantées.

Mais, le poids démographique de la population palestinienne – 1,5 millions d'habitants dont une bonne part issue des populations expulsées d'Israël en 1947/48 – a, dès l'origine, posé un problème majeur aux dirigeants israéliens. Peu après la Guerre des Six Jours, certains d'entre eux (Yigal Allon, Abba Eban) tentèrent de négocier des transferts massifs de population vers la Jordanie, sur le modèle des mouvements qui avaient été provoqués en 1947/48. Yitzhak Rabin avait coutume de dire qu'« il souhaitait dans ses meilleurs rêves voir sombrer Gaza dans la Méditerranée »,. Dans une perspective strictement réaliste, certains courants de la Gauche travailliste recommandaient depuis 1974 l'« abandon de Gaza ».

Ce fut le gouvernement d'Ariel Sharon qui s'y résolut, l'administration directe s'avérant toujours plus difficile. Officiellement, Israël agit alors dans le cadre des efforts pour l'application de la feuille de route pour la paix initiée par le quartet États-Unis, ONU, Russie et Union européenne. Ne tenant pas compte des nombreuses recommandations internationales demandant que ce retrait soit conduit par négociation avec l'Autorité palestinienne, Sharon s'en tint à l'exécution unilatérale de sa décision d'évacuation.

Le 17 août 2005, le gouvernement israélien ordonna à l'armée et à la police l'évacuation des colonies juives de la bande de Gaza. Et le 12 septembre 2005 les troupes israéliennes quittaient la bande de Gaza, après 38 ans d'occupation,.

Cet unilatéralisme laissait présager les difficultés ultérieures.

Tout comme certaines localités de Cisjordanie, elle est aujourd'hui administrée d'une part par l'Autorité palestinienne et d'autre part par le Hamas, celui-ci ayant remporté, en janvier 2006, les premières élections municipales tenues depuis avant l'occupation, avec un taux de participation de 85 %.

Toutefois, les frontières terrestres, maritimes et aériennes de ce territoire sont toujours contrôlées par Israël qui a unilatéralement décrété le statut de frontière internationale fin 2005.

La position prédominante du parti Hamas dans ce territoire fit craindre à certains observateurs, une perte d'influence de l'Autorité palestinienne à l'issue de l'évacuation israélienne. Ces craintes furent avérées par les affrontements fratricides qui conduisirent, au mois de juin 2007, à la prise de contrôle complète de la bande de Gaza par le Hamas, à l'issue d'évènements qualifiés de guerre civile palestinienne par les médias internationaux. Le 19 septembre 2007, la bande de Gaza a été déclaré « entité hostile » par Israël .

En raison des tirs réguliers de roquettes sur les localités israéliennes frontalières particulièrement Sdérot, du blocus sur la bande de Gaza, et des représailles israéliennes, la tension reste importante à la frontière et a d'ailleurs conduit à une opération militaire israélienne le 27 décembre 2008 : l'opération Plomb durci.

Depuis le 17 janvier 2008, en raison du bombardement de Sderot et de l'accession du Hamas au pouvoir, la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, est soumise à un blocus israélien qui a entraîné des pénuries de la plupart des produits de base et des coupures d'électricité . Le manque de carburant a également paralysé le traitement des eaux usées et l'approvisionnement en eau. 30 000 m² d'eaux usées non traitées se sont écoulées dans la Méditerranée menaçant alors l'aquifère côtier et endommageant aussi les côtes égyptiennes et israéliennes. En outre, les hôpitaux sont en rupture de médicaments, entraînant la mort de nombreux patients non soignés et empêchant les habitants de bénéficier des traitements de base.

Malgré la signature du cessez-le-feu de six mois le 19 juin 2008, on dénombre à la fin du mois d'octobre 2008 que plus de 37 roquettes et obus ont été tirés sur Israël . L'armée israélienne fait une incursion le 4 novembre 2008 en territoire palestinien dans le but officiel de détruire un tunnel sous la frontière avec l'Égypte (tunnel que le Hamas n'a jamais nié avoir creusé). Le Hamas considérant cet acte comme la fin de la trêve augmente dès lors les tirs de roquettes en direction d'Israël. Le 19 décembre, contrairement à ce qu'avait demandé le Hamas, Israël refuse de lever le blocus sur Gaza. Les tirs de roquettes s'intensifient. En particulier, le 26 décembre 2009, plus de 80 roquettes sont tirées sur les habitants des villes du sud d'Israël .

À partir du 27 décembre 2008, Israël bombarde massivement les installations du Hamas dans une opération appelée Plomb Durci par les israéliens et Massacre du samedi noir par les palestiniens, tuant par la même occasion des centaines de civils sur le territoire — près de 400 morts dans les quatre premiers jours des bombardements dont au moins un quart de civils. trois semaines après le début de l'attaque israélienne, le bilan s'élève à 1100 Palestiniens et 13 Israéliens tués ainsi que plus de 5000 blessés côté palestinien..

Différentes propositions de cessez-le-feu sont repoussées par les belligérants. Israël écarte notamment une proposition française du 31 décembre 2008 d'un « cessez-le-feu humanitaire » de 48 heures, Tzipi Livini affirmant au sortir de sa visite à l'Elysée que « la situation humanitaire à Gaza est exactement comme elle doit être ». Le 8 janvier 2009, le Conseil de sécurité de L'ONU appelle à un « cessez-le-feu immédiat » avec la résolution 1860, mais aucune des deux parties ne le respecte.

Les autorités israéliennes maintiennent un « black out » sur les informations venues de la Bande de Gaza, l'entrée de journalistes étrangers étant interdite depuis le 5 novembre, tandis que les deux parties mènent une véritable guerre de l'information pour faire prédominer leur version à travers les grands médias et sur Internet. Malgré cela, de nombreuses manifestations éclatent de par le monde notamment à Istanbul, Paris, Buenos Aires, Caracas, Rio de Janeiro, Kaboul, Jakarta, Bruxelles, Londres, Oslo, Rabat, Tunis, Marseille, Seoul, Sydney, Lille, Beyrouth, Damas, Dakar ou Amman, pour stipendier la « barbarie » israélienne. Dans les territoires occupés de Cisjordanie (Jérusalem, Bethléem, Hébron, et Ramallah), plusieurs manifestations du Hamas rallient de nombreux militants et responsables du Fatah.

Depuis le blocus imposé par Israël à la Bande de Gaza, la situation humanitaire s'était déjà fortement dégradée. L'« opération Plomb durci » a encore aggravé la situation malgré l'interruption de trois heures accordée par Israël pour permettre à l'aide humanitaire d'accéder sur le terrain. Mais le 8 janvier 2009, l'ONU suspend toutes ses activités à Gaza, mettant en cause l'armée israélienne après qu'elle a bombardé un de ses convois humanitaires et tué un chauffeur. L'organisation demande aussi une extension de l'interruption des trois heures qu'elle juge en l'état insuffisante. Le CICR de son côté accuse Tsahal d'empêcher l'accès des secours aux victimes.

Un million de Palestiniens sont privés d'électricité, 750 000 d'eau courante, les hôpitaux sont surchargés et les services médicaux épuisés manquent de médicaments. .

Un collectif de 90 organisations humanitaires, françaises pour la plupart, a annoncé, le 12 janvier 2009, son intention de déposer, devant la Cour pénale internationale, une plainte contre l'État d'Israël, accusé par elles de « crimes de guerre » dans la Bande Gaza, en raison du caractère jugé « disproportionné » de la riposte israélienne aux lancers de roquette effectués en direction du sud d'Israël.

Environ 1,5 million de Palestiniens vivent dans la bande de Gaza, principalement des descendants des réfugiés de la guerre de 1948.

La densité de la population est importante avec environ 4 000 hab/km².

Après le départ des populations israéliennes en 2005, la majorité des habitants est musulmane avec des minorités chrétiennes (0,7 %).

Située au Proche-Orient, la bande de Gaza possède 11 km de frontière environ avec l'Égypte (avec le Poste-frontière de Rafah), 51 km de frontière avec Israël et 40 km de côtes le long de la Méditerranée.

L’aquifère de Gaza, dont les limites correspondent à peu près aux frontières de la bande de Gaza, est historiquement la seule source d’eau de ce territoire. On estime sa réserve à 5000 millions de m³. Mais la qualité de ses eaux est très disparate et sa réserve d’eau douce se limite à 1400 millions de m³. Encore s’agit-il d’une estimation basée sur une définition de l’eau douce beaucoup plus tolérante que les normes européennes.

La principale source d’eau renouvelable est l’eau de pluie : on estime la recharge à 120 mm/an, soit moins de 50% de la pluviométrie. L’infiltration est effectivement assez faible car l’évapotranspiration et le ruissellement sont importants en raison du climat (les pluies sont généralement courtes et torrentielles). Autrefois, le waddi Ghazzâ, principal cours d’eau de la région, apportait une contribution non négligeable à la recharge de l’aquifère, mais sa surexploitation a réduit cet apport à quelque 5 mm annuels. Si l’on ajoute les 10-15 millions de m³/an de flux latéral, la quantité d’eau renouvelable disponible dans la bande de Gaza est au maximum d’une soixantaine de millions de m³/an. L’aquifère est donc largement surexploité vu que les 3500 puits municipaux et agricoles actuels puisent 150 millions de m³/an. Si l’on tient compte des flux de retour, le déficit net est d’environ 31 millions de m³/an. Cette analyse est corroborée par l’apparition de larges cônes de dépression autour des principaux champs d’extractions et centres urbains, où l’on mesure des niveaux piézométriques inférieurs de plusieurs mètres au niveau de la mer.

En théorie Israël fournit environ 5 millions de m³/an d’eau à Gaza par le biais de l’Israeli Water Carrier, mais « il est difficile de savoir si Israël fournit réellement de l’eau à Gaza ou se contente de pomper de l’eau de Gaza pour la mettre dans le canal » (Brooks et Lonergan, 1992).

Étant donné que ce type d’information est politiquement très sensible, on manque de données fiables pour chiffrer la pénurie d’eau. Peu nombreux sont cependant ceux qui la contestent. Les origines de cette pénurie sont multiples : elle est bien sûr liée à l’augmentation rapide de la demande et à la diminution concomitante des ressources disponibles, mais elle a aussi une cause structurelle : la répartition inéquitable des ressources.

La bande de Gaza a une forte densité de population, due à l’afflux des réfugiés palestiniens après la guerre de 1948, et une croissance démographique parmi les plus importantes du monde. L’augmentation de la population accélère la surexploitation de l’aquifère, qui a probablement commencé du temps de l’administration égyptienne. Aujourd’hui, le niveau piézométrique de l’aquifère diminue, en moyenne, de 15 à 20 cm par an. Parallèlement, la qualité de l’eau ne cesse de diminuer à cause des intrusions d’eaux salées, des épandages agricoles et des infiltrations d’eaux d’égouts. La salinité moyenne augmente de 15 à 20 ppm par an et on a constaté des intrusions d’eau de mer à plus d’un kilomètre et demi de la côte. Les fertilisants, herbicides, pesticides et eaux d’égouts ont particulièrement contaminé les aquifères peu profonds : l’Institut de Recherche Appliquée de Jérusalem estime même que l’eau de Gaza n’est plus du tout potable aujourd’hui. Les analyses les plus optimistes avancent le chiffre de 23% de puits contaminés (Beschorner, 1992). Une étude menée sur 60 puits par une agence de l’ONU a montré que pas un ne correspondait aux normes de potabilité pour les nitrates et le pH.

Le déséquilibre entre les ressources et les besoins a été amplifié par la politique de répartition discriminatoire imposée par Israël avant l'évacuation de la bande de Gaza. Entre 1967 et 2005, les ressources en eau ont été placées sous juridiction militaire et de sévères restrictions ont été imposées par l'arrêté militaire 158 afin de préserver l'aquifère. Les quotas palestiniens ont été gelés entre 1967 et 2005 et les installations hydrauliques détruites ou confisquées. Les couvre-feux prolongés empêchaient également un accès normal à l'eau. Dans le même temps, les colons israéliens accédaient sans restrictions à une eau subventionnée qu'ils payent jusqu'à 10 fois moins cher que les Palestiniens.

Une grande partie de la pollution est due au chaos d’une Palestine qui reste toujours plus ou moins un champ de bataille où se débat une autorité manquant totalement de moyens. Il en va ainsi des pollutions chimiques dues à l’activité agricole, presque entièrement dérégulée. L’usage de DDT est courant mais, de toutes les façons, même les produits phytosanitaires classiques sont une véritable calamité, dans la mesure où ils sont souvent mal employés (ils ne sont généralement pas étiquetés en arabe). De même, il n’existe pas de réseau d’égout digne de ce nom, voire pas d’égout du tout pour 10% de la population (Roy, 1995). Par manque d’infrastructures, les rejets liquides (eaux d’égouts et lixiviats de décharges) ne sont même pas rejetés dans la mer, ce qui serait un moindre mal dans la mesure où les moyens manquent pour les traiter. Les conséquences humaines sont à la hauteur des conséquences sur l’environnement : la population de Gaza souffre de maladies des reins et du foie, d’un fort taux de mortalité infantile, de cancers, de parasites intestinaux et de maladies d’origine hydrique comme le choléra.

Aussi graves et regrettables soient les conséquences de cette anarchie, elles ne constituent pas le problème majeur. Le phénomène le plus inquiétant est la salinisation de l’eau, qui résulte fondamentalement de la surexploitation de l’aquifère : le déficit d’eau douce a tendance à être comblé par de l’eau salée provenant soit de la mer, soit d’aquifères saumâtres situés sous la nappe d’eau douce ou en bordure de la bande de Gaza. Si la surexploitation n’est pas endiguée, tout l’aquifère pourrait se saliniser sans réversibilité à court terme. Cette salinisation de l’eau menace directement l’agriculture : en effet, quand un sol est irrigué avec une eau de salinité élevée, une partie de celle-ci disparaît par évapotranspiration et le sel cristallise, formant une croûte qui rend le sol improductif. On peut toujours lutter contre ce phénomène en adoptant des cultures plus résistantes au sel ou en ajoutant du gypse et des matières organiques sur les sols, mais ces techniques ne permettent pas de résister indéfiniment.

L'économie gazaouite est traditionnellement agricole et n'a connu quasiment aucun développement industriel sous l'occupation égyptienne.

Depuis 1967, elle s'est totalement intégrée au marché israélien dont elle est devenue totalement dépendante. Gaza exportait essentiellement des produits agricoles vers Israël mais aussi des produits finis fabriqués sous licence israélienne dans la zone industrielle frontalière d'Erez. La principale source de revenus restait cependant sa main d'oeuvre non qualifiée qui était utilisée dans l'industrie du bâtiment et l'agriculture israéliennes.

Depuis le début de la Seconde Intifada, les frontières entre la bande de Gaza et Israël ont fait l'objet de fermetures répétées au passage des biens et des personnes pour des motifs sécuritaires. Les postes frontière ainsi que la zone industrielle de Erez ont été particulièrement la cible de nombreuses attaques armées des groupes palestiniens. En conséquence, l'ensemble de l'économie gazaouite s'est écroulée.

L'Autorité palestinienne a assuré la survie artificielle de l'économie en hypertrophiant le secteur public, principalement les services de sécurité, grâce aux subventions internationales, surtout de l'Union Européenne.. Près d'un Gazaoui sur trois serait rémunéré par l'Autorité palestinienne.

Suite à la prise du pouvoir par le Hamas, les bailleurs de fonds internationaux ont cessé les transferts financiers directs aux autorités publiques de la bande de Gaza qui ne sont plus en mesure de payer leurs employés. Le taux de chômage atteindrait alors la barre des 60 % en 2007.

La bande de Gaza reste totalement dépendante d'Israël pour la fourniture de son électricité et de son carburant, et même si elle dispose de réserves de gaz offshore, elles ne peuvent être exploitées sans accès au marché international.

Quand le Hamas a pris le pouvoir par la force le 15 juin 2007, tous les points de passage ont été fermés ce qui a entrainé une restriction des approvisionnements en provenance d'Israël, qui est l'unique fournisseur. Ainsi, le nombre de camions de livraison s'est réduit de 250 à 45 par jour. Sur les 3 900 fabriques de toute nature recensées en juin 2005, il n'en reste plus que 195 employant seulement 1 750 personnes au lieu de 35 000. Le taux de chômage est d'environ 40 %. D'après un rapport de la Banque mondiale, 95 % de l'activité industrielle ont été stoppés. suite à ce blocus Israélien le territoire a subi une dégradation humanitaire et sanitaire.

Depuis les années 90, afin de stopper la vague d'attentats-suicides commis suite à des incursions jihadiste depuis la bande de Gaza sur le territoire israélien, une clôture délimitant strictement les frontières de 1967 enclave la bande de Gaza du côté israélien.

Les restrictions que subit la population palestinienne devraient progressivement diminuer depuis le retrait d'Israël en août 2005. Un accord signé le 15 novembre 2005 doit permettre rapidement l'ouverture plus large du point de passage de Rafah vers l'Égypte. L'Autorité palestinienne s'est engagée en contre-partie à lutter contre les trafics d'armes et l'Union européenne contrôlera la surveillance vidéo de ce poste frontière. Avant la fin de l'année 2005, Israël s'est engagé à permettre une plus grande circulation des biens depuis la bande de Gaza, l'exportation de tous les produits de l'agriculture, et la mise en place de lignes de bus palestiniennes qui traverseraient Israël. Un port à Gaza est également envisagé favorablement par les deux parties.

Toutefois, les réactions hostiles à ces négociations rappellent les préoccupations des tendances les plus dures de chaque camp : le Hamas rejette cet accord qui renforce le pouvoir de Mahmoud Abbas, et certains hommes politiques israéliens comme Benyamin Netanyahou craignent que des missiles puissent être importés par le futur port de Gaza et servir à abattre des avions israéliens au moment de leur décollage et atterrissage à l'aéroport Ben Gourion.

Les premières colonies y avaient été implantées dans les années 1970 et utilisaient 80% des faibles ressources hydrauliques de ce territoire . En 2005 ,les colonies sont démantelées suite au Plan de désengagement des territoires occupés .

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Barrière de séparation israélienne

le "mur de sécurité" - tracé approuvé en février 2005, mais susceptible d'évoluer

La barrière de séparation israélienne est une barrière de séparation construite par Israël en Cisjordanie sous le nom de "clôture de sécurité" (security fence), dans le but officiel d'empêcher physiquement toute "intrusion de terroristes palestiniens" en Israël. Cette construction, dont le tracé de près de 700 km est controversé et n'a pas été foncièrement modifié malgré les pressions internationales, consiste dans sa longueur en une succession de murs, de tranchées et de portiques électroniques.

Le projet a suscité une grande controverse entre Israël qui y voit officiellement une protection supplémentaire apportée par cette construction depuis le déclenchement de la Seconde Intifada et les détracteurs de l'édifice, qui l'appellent "mur de la honte", qui dénoncent l'atteinte aux droits de l'homme et qui y voient une tentative d'annexion de territoires, son tracé plaçant de fait une partie des territoires palestiniens occupés de Cisjordanie du côté israélien. Le gouvernement israélien de Ariel Sharon, qui a déployé les moyens pour réaliser ce projet (qui avait été proposé en son temps par le gouvernement travailliste d'Ehud Barak), a déclaré que cette "barrière" ne préjugerait en rien le tracé (qui doit encore être négocié) de la frontière entre Israël et une future entité palestinienne indépendante.

Le Ministère des Affaires étrangères israélien affirme que la construction de la barrière de séparation a permis de réduire le nombre d'attentats-suicides de la part de terroristes palestiniens en territoire israélien. Mais d'autres causes peuvent expliquer cette baisse, notamment les accords passés par l'Autorité palestinienne.

Cette construction est également surnommée « mur de la honte » ou « mur d'annexion » par les détracteurs du projet, y compris dans les rangs israéliens. Certains d'entre eux s'y réfèrent également en tant que « mur de l'Apartheid » . Les Palestiniens (dont les médias) se réfèrent fréquemment à cette barrière par la description en langue arabe de "mur de séparation raciale" (jidar al-fasl al-'unsuri).

Ses partisans reprennent le nom officiel de "barrière", "clôture de sécurité israélienne", zone de couture ou la baptisent "barrière anti-terroriste" ou encore "muraille de protection".

L'ONU et la communauté internationale utilise plus fréquemment le terme de "mur", mais sont données également d'autres combinaisons : clôture/mur/barrière de séparation/sécurité.

Long de 730 km, le mur-barrière englobe la majeure partie des colonies israéliennes et la quasi-totalité des puits. Il s'écarte à certains endroits de plus de 23 kilomètres de la ligne verte. Son tracé fut modifié à plusieurs reprises en 2004 et 2005 à la demande des Palestiniens, des Israéliens, des Européens et de la haute cour de justice israélienne. Le Vatican a exigé d'Israël d'inclure des monastères et églises du côté israélien de la barrière, par choix sécuritaire. Il est équipé sur sa plus grande longueur de barrières électroniques, comme la barrière séparant le Mexique des États-Unis. Ses partisans mettent en avant le nombre de vies sauvées (qu'ils estiment à plusieurs centaines) et la baisse nette des attentats anti-israéliens depuis sa construction, et ses détracteurs (principalement des Palestiniens ou des membres de la gauche israélienne) les problèmes et le manque de liberté de déplacement qu'elle implique, la perte d'accès aux terres cultivées pour les paysans, le cloisonnement de certains villages, le sentiment d'être enfermés, et leur peur de la voir représenter de fait une future frontière dont ils refusent le tracé.

Au nord de Tulkarem, le mur-barrière s'étend jusqu'au Jourdain, sous la frontière avec la Jordanie. Sur la partie orientale, il suit approximativement la ligne verte. Au niveau de la colonie de Réhan, le mur-barrière pénètre d'environ 5 km à l'intérieur de la Cisjordanie.

La ville de Tulkarem est isolée de son environnement par deux murs. D'un côté la présence d'un mur de séparation (8 mètres de haut), et de l'autre une barrière dite « barrière d'isolement », qui constitue une extension du mur, créant un isolement quasi total de la ville.

Cette ville dans le Nord de la Cisjordanie est complètement encerclée par la barrière avec le mur à l’Ouest. Ses 50 000 habitants y sont isolés de la Cisjordanie et Israël a confisqué des terres pour la construction de la barrière. La ville ne peut plus écouler ses marchandises et est partiellement privée de son eau. La situation y est totalement invivable et la ville est probablement condamnée à dépérir et ses habitants, 80% de réfugiés, à partir.

Au niveau de l'agglomération de Jérusalem, la "barrière" est constituée d'un mur haut de 8 mètres. Ce mur serpente entre les quartiers arabes de Jérusalem, et au niveau de la limite entre les agglomérations de Jérusalem et de Bethléem. Sur ces portions, le mur est situé jusqu'à 5 km au delà de la ligne verte à l'intérieur de la Cisjordanie. Il traverse notamment les quartiers d'Abu Dis, d'Azarieh au sud, jusqu'à la route qui permet l'accès à Bethléem. Au nord, le mur longe en partie les limites de la municipalité de Jérusalem, sur sa partie annexée par Israël en Cisjordanie.

Au sud de Jérusalem et Bethléem, la barrière, d'abord au niveau du bloc de colonies de Goush Etzion, pénètre jusqu'à près de 10 km en Cisjordanie. Elle s'étend ensuite approximativement le long de la ligne verte, mais ne se prolonge pas jusqu'à la mer Morte, s'arrêtant à environ 20 km de celle-ci.

Selon Amos Yaron, directeur du Ministère de la Défense d'Israél, "le mur, du point de vue de l'ingénierie, est le plus grand projet jamais réalisé en Israél. Chaque jour, plus de 500 engins mécaniques lourds déplacent d'un endroit à un autre des millions de mètres cube de terre. Chaque kilomètre coûte environ 10 millions de shekels, soit environ 2 millions de dollars le km. Donc, si le projet est de 500 km de long, on peut estimer son coût total à plus ou moins 5 milliards de shekels" (soit 1 milliard de dollars) , .

Le message des autorités israéliennes est clair : l'unique objectif de la barrière est la sécurité des Israéliens. Tous les livres, prospectus et films de présentations répètent ce même credo. Le nombre d'attentats suicides a considérablement augmenté depuis le début de l'Intifada Al-aqsa (fin septembre 2000) et le gouvernement d’Israël recense plus de 1000 personnes tuées dans ces attentats. Pour Israël, c'est « plus de 1000 raisons pour édifier cette clôture » .

Ainsi, quand ses détracteurs opposent le fait que la barrière ne suit pas la Ligne verte et que c'est pour annexer ses colonies (comme Ariel ou Emmanuel), l'État hébreu répond encore qu'il ne suit que des impératifs sécuritaires : La Ligne verte est une démarcation politique et ne résout pas le problème de la sécurité, par contre la barrière est uniquement sécuritaire et en aucun cas politique. En outre, si la barrière est plus éloignée des grandes villes israéliennes (donc plus loin dans la Cisjordanie), cela laisse plus de temps pour réagir au cas où un terroriste franchirait la clôture dans le but de commettre un attentat. Les autorités démentent aussi toute ressemblance avec le mur de Berlin ou avec la société d'apartheid en Afrique du Sud, qualifiant ces déclarations de propagande palestinienne. Enfin, si, à certains endroits, il s'agit d'un mur, ce n'est que pour empêcher le tir de roquettes palestiniennes à des lieux ou la barrière s'approche fortement de localités israeliennes.

« La barrière est une mesure temporaire qu'Israël s'est vu forcé à prendre jusqu'à ce que l'Autorité palestinienne se décide à mettre fin au terrorisme » . Cette phrase tirée d'un film de présentation de la barrière résume bien le message que veut faire passer Israël. Israël affirme aussi que la barrière peut être déplacée (cela a déjà été fait, notamment dans le Sud Liban) et qu'elle n'a de raison d'exister que s’il y a du terrorisme. Ainsi, dès que le terrorisme aura stoppé, Israël pourra détruire la barrière et reprendre des négociations saines avec l'Autorité palestinienne.

Ce n'est pas l'avis des Palestiniens, ni d'une partie de la communauté internationale, ni même de certaines associations israéliennes. Pour ces personnes, la barrière poursuit bel et bien, et de façon plus que flagrante, un objectif politique. La barrière ne serait pas une mesure sécuritaire provisoire mais une stratégie pour annexer une partie de la Cisjordanie, celle contenant la quasi-totalité des colons. Cela ferait encore reculer les frontières d'un hypothétique État palestinien.

Le tracé de la barrière englobe non seulement une grande partie des colonies israéliennes dans la partie à l'Est de la barrière mais aussi nombre de villages palestiniens. Pourquoi annexer des villages palestiniens puisque l'objectif de la barrière est d'empêcher des Palestiniens d'accéder en Israël pour y perpétrer des attentats ? Pour beaucoup, c'est le signe que la barrière n'a pas qu'un objectif sécuritaire. En empêchant les Palestiniens vivant près de la barrière de mener une vie normale, Israël espère les contraindre à quitter leur terre pour se réfugier plus à l'intérieur de la Cisjordanie. De cette façon, ces terres deviendraient inoccupées et libres à coloniser. Ce ne serait pas la première fois dans l'histoire que l'État hébreu obligerait les Palestiniens à s'exiler pour s'approprier des terres ; pour exemple, le plan Delat en 1948.

Pour certains, les ambitions israéliennes vont plus loin encore. Gadi Algazi, professeur à l'université de Tel-Aviv (en Israël) évoque dans le Monde diplomatique un projet visant à diviser la Cisjordanie en « bantoustans ». Il s'agirait de cantons, strictement limités et impossibles d'accès sans passer par des barrages de l'armée israélienne ou par la barrière. En morcelant littéralement la Cisjordanie, Israël voudrait pouvoir entièrement la contrôler et empêcher toute organisation ou communication sur plusieurs cantons. Meron Rapoport, journaliste israélien, parle de trois cantons : le premier de Jénine à Ramallah (partie nord de la Cisjordanie), le deuxième de Bethléem à Hébron (partie sud de la Cisjordanie) et le troisième autour de Jéricho (dans l'est de la Cisjordanie). Aujourd’hui, le tracé a été revu et cette optique des choses semble moins plausible. Cependant, avec la construction de la barrière autour de Jérusalem, il semble possible que la barrière amène à diviser la Cisjordanie en une partie Nord et une partie Sud mais ce problème sera plus largement développé dans le chapitre concernant le projet E1.

Pour les Palestiniens, la barrière se situe donc dans un grand projet d’expansion du territoire israélien. Les objectifs sécuritaires de l’édifice ne sont qu'un prétexte afin de s'attirer les faveurs de l'opinion israélienne. Ce n'est en rien une mesure provisoire, mais plutôt un édifice à long terme visant à imposer tout de suite les frontières d’un futur État palestinien.

Une étude statistique fournie par le Ministère des Affaires étrangères israélien affirme que la construction de la "barrière de séparation" a permis de réduire le nombre d'infiltrations d'activistes palestiniens et d'attentats-suicides en territoire israélien.

Selon ce rapport, la construction de la "barrière de sécurité" permet de réduire fortement le nombre d'infiltrations, de réduire par conséquence le nombre d'attentats terroristes et donc de sauver des vies.

Les responsables palestiniens expliquent ces chiffres par le changement de stratégie des mouvements palestiniens en négociation avec l'Autorité palestinienne pour mettre un terme aux attentats.

De nombreuses ONG palestiniennes, israéliennes et internationales ont décrit l'impact humanitaire du mur-barrière sur la vie des Palestiniens. Il empêche un libre accès à la santé, notamment pour les enfants, il est la cause de la destruction d'une partie de l'économie palestinienne et il divise des familles. Enfin, il contrevient au libre accès aux lieux saints, tant pour les musulmans que pour les chrétiens, nombreux en Cisjordanie. On ne peut en outre le séparer de la politique de harcèlement que mène l'Etat d'Israël à Jérusalem Est (discrimination liée à la possession ou non de la carte de résident, destruction des maisons, etc.).

La "barrière" suit la ligne verte, mais pénètre profondément à l'intérieur de la Cisjordanie pour intégrer des colonies juives. En raison du chemin complexe suivi, la plus grande partie de la "barrière" est située dans la Cisjordanie , tandis que 20 % de celle-ci est précisément sur la ligne verte. Des sections de la "barrière" sont construites sur des terres confisquées aux Palestiniens . Dans un compte rendu récent, l'ONU a précisé que le tracé le plus récent de la "barrière" prévoit davantage de segments construits sur la Ligne verte elle-même en comparaison aux précédentes ébauches de tracé.

Un exemple fréquemment donné des effets du mur-barrière est la ville palestinienne de Qalqilya, une agglomération d'environ 45 000 habitants, où un pan de mur de béton, de 8 mètres de haut, est construit sur la Ligne verte entre la ville et l'autoroute voisine trans-israélienne. Le mur à cet endroit est décrit par Israël comme le "sniper wall", avec la raison avancée de prévenir les attaques armées palestiniennes à l'encontre des automobilistes israéliens ainsi que la ville israélienne de Kfar Saba.

La "barrière" pénètre notamment au niveau de Qalqilya sur les sections au nord et au sud, sous la forme de barbelés et de tranchées. La ville est accessible par une route à l'est, ainsi qu'un tunnel construit en septembre 2004 qui la relie au village de Habla, lui-même isolé par un autre mur.

Selon le Palestinian Negotiations Affairs Department (NAD) et d'autres sources, 45 % des terres cultivées palestiniennes (comprenant une partie des plus fertiles), et un tiers des puits d'eau de la ville, se retrouvent désormais à l'extérieur du mur-barrière, et les fermiers doivent désormais demander des permis aux autorités israéliennes pour accéder à leurs terres situées de l'autre côté de la "barrière". (La Cour suprême israélienne prend acte des déclarations du gouvernement qui rejette les accusations d'annexions de facto de ces puits, affirmant : « the construction of the fence does not affect the implementation of the water agreements determined in the (interim) agreement » (Section 67d). Il existe trois points de passage à cette portion de la "barrière" destinés à permettre aux paysans d'accéder à leurs terres, passages ouverts 3 fois dans la journée pour un total de 50 minutes bien que, selon le NAD, ils soient fréquemment fermés pour de longues périodes, amenant la perte des récoltes pour les paysans. L'un de ces passages est fermé depuis août 2004 en représailles à un attentat suicide qui s'est tenu à proximité du point de passage.

Récemment, la Cour suprême israélienne a ordonné au gouvernement de modifier le tracé de la "barrière" dans cette zone afin de faciliter les déplacements des Palestiniens entre Qalqilya et cinq villages environnants. Dans le même jugement, la Cour a rejeté l'argument affirmant que le "mur" devait suivre précisément la ligne verte, au prétexte de la typologie du terrain, des sections 43 et 52 de la Convention de La Haye de 1907 ainsi que de l'article 53 de la 4e Convention de Genève.

Début octobre 2003, le commandement central de l'armée déclare la zone entre la "barrière de séparation" et la Ligne verte sur la section septentrionale « zone militaire fermée » pour une période indéfinie. Les nouvelles directives indiquent que tout Palestinien âgé de plus de 12 ans vivant dans cette zone fermée peut obtenir un « statut de résident permanent » de l'administration civile qui lui permettra de continuer à vivre dans sa maison. Les autres résidents de la Cisjordanie devront obtenir un permis spécial pour entrer dans cette zone .

En mai 2004, la construction des murs et barbelés de la "barrière" a déjà amené le déracinement de 102 320 oliviers et agrumiers, démoli 75 acres de serres et 37 km de conduits d'irrigation. Jusqu'à aujourd'hui, le mur-barrière s'établit sur 15 000 dounoums (15 km²) de terres confisquées, à seulement quelques mètres de petits villages ou hameaux. Au début 2003, dans le but de déplacer une section du mur vers la Ligne verte, un marché de 63 boutiques a été démoli par l'armée israélienne dans le village de Nazlat Issa, après que les propriétaires eurent reçu un avis 30 minutes auparavant (, , ). En août de cette année, 115 boutiques supplémentaires qui constituaient une source importante de revenu pour plusieurs communautés, et 5 des 7 maisons furent également démolies sur ce lieu .

En octobre 2003, des pays arabes ont décidé de soumettre le sujet du mur à l'Assemblée générale des Nations unies. Cette assemblée a adopté le 21 octobre 2003, la résolution ES-10/13 condamnant la construction d'un "mur" empiétant sur le « territoire palestinien occupé » par 144 voix pour et 4 contre. Cette décision n'est pas contraignante et a été rejetée par l'État d'Israël. Le ministre israélien du commerce et de l'industrie a déclaré: « La clôture de sécurité continuera d'être construite ».

Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice a rendu son avis sur la question que lui posait l'Assemblée générale des Nations unies. Elle a affirmé dans sa réponse que : « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international».

Le 20 juillet 2004, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution ES-10/15, après avoir pris acte de l'avis consultatif de la Cour internationale de justice. La résolution « exige qu'Israël, puissance occupante, s'acquitte de ses obligations juridiques telles qu'elles sont énoncées dans l'avis consultatif».

Le 30 juin 2004, la Cour Suprême d'Israël n'a pas remis en cause l'existence de la "barrière de séparation" mais a ordonné que son tracé soit modifié .

Le 15 septembre 2005, la Cour Suprême d'Israël a jugé à l'unanimité qu'une partie de la "barrière de séparation" était illégale. Elle a demandé au gouvernement d'Ariel Sharon de réétudier le tracé près de la colonie d'Alfei Menashe .

Le 4 septembre 2007, la Cour Suprême d'Israël demande au gouvernement de modifier le tracé de la barrière de séparation à proximité du village de Bil'in en raison du préjudice porté aux villageois de par la surface de terres isolées et le nombre d'oliviers arrachés.

Le 9 juillet 2005, à l'occasion de l'anniversaire de l'avis de la Cour internationale de justice rendu sur le Mur de Palestine, la société civile palestinienne, par la voix de 171 organisations, initie la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions.

Simone Bitton en a fait un film documentaire, Mur, qui relate, à travers des interviews de personnes plus ou moins impliquées (les constructeurs de ce mur ne sont pas les Israéliens eux-mêmes, mais des gens de toute autre nationalité), de gens qui le contournent et de Amos Yaron, Directeur du Ministère de la Défense israélienne, son impact sur la vie quotidienne .

Un réalisateur français, Franck Salomé, vient de réaliser "Un mur à Jérusalem" sur les conséquences spécifiques du mur sur la ville et ses environs.

Le Mur lui-même est le support d'oeuvres d'art engagé, sous la forme de tags, graffitis et affiches plus ou moins jolis, dont certains sont réalisés par des artistes connus, par exemple les affiches du photographe JR ou les fresques de l’artiste de rue anglais Banksy.

Graffiti de Banksy.

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Source : Wikipedia