Argentine

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Posté par woody 06/03/2009 @ 20:10

Tags : argentine, amérique, international, environnement

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Argentine

Drapeau de l'Argentine

1 L’Argentine revendique aussi 1 000 000 km² en Antarctique, ainsi que les îles Malouines.

L’Argentine, officiellement la République argentine (en espagnol : República Argentina ; ) est un pays d’Amérique du Sud partageant ses frontières avec le Chili à l’ouest, la Bolivie au nord-ouest, le Paraguay au nord, le Brésil et l’Uruguay au nord-est, et est bordé à l’est par l’océan Atlantique.

Le pays a acquis son indépendance le 25 mai 1810, indépendance définitivement proclamée le 9 juillet 1816 à San Miguel de Tucumán.

Sa capitale est Buenos Aires, la langue nationale est l’espagnol et sa monnaie est le peso argentin. Son nom Argentine vient du latin Argentum signifiant « argent ».

L'Argentine fait partie des pays dits du cône sud et parmi les pays d'Amérique latine, l’Argentine est, avec l'Uruguay, celui où la culture européenne est la plus affirmée. L'Argentine est également le pays le plus développé du continent sud-américain.

En 1516, l'espagnol Díaz de Solís découvrit le Rio de La Plata. Le pays est colonisé entre le XVIe et le XVIIe siècles par les Espagnols.

Des mouvements d'opposition contre la métropole espagnole apparaissent à l'aube du XIXe siècle après avoir repoussé, en 1806 et 1807, deux expéditions militaires anglaises, car les Argentins durent se défendre seuls contre un ennemi autrement mieux armé et bien décidé à les recoloniser. Dès 1810 avec la Revolution de Mai (25 mai 1810) les Argentins deviennent indépendants. En 1813 le gouvernement brûle en place publique les instruments de torture et déclare l'abolition de l'esclavage. L'indépendance déclarée le 9 juillet 1816 (Congreso dans la ville de San Miguel de Tucumán) n'est que la conséquence juridique venant entériner ce qui est déjà une réalité. Plusieurs années de guerre contre l'Empire espagnol permettent aux Argentins de se séparer définitivement de l'emprise des Bourbons. Les généraux José de San Martín, Manuel Belgrano et Martin Miguel de Güemes entre autres, matent toute velléité espagnole de reprendre sa colonie. Au commandement d'une armée d'environ 4 000 soldats, San Martin réalise une campagne prodigieuse. Il traverse la cordillère des Andes et inflige des défaites cruciales à l'armée espagnole d'abord à la Cuesta de Chacabuco et puis (avec des troupes chiliennes de Bernardo O'Higgins) à Maipu, près de Santiago, où les Argentins détruisent définitivement l'armée royaliste stationnée au Chili.

La constitution sera proclamée en 1853, après la fin de la dictature de Juan Manuel de Rosas.

Les présidences se succèdent entre 1930 et 1983, mais sur seize présidents, onze sont des militaires et plusieurs sont « présidents de fait » (par opposition à président élu).

Perón parvint au pouvoir après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci ayant entraîné l’affaiblissement de l’Occident, l'Argentine devient, vers 1950, la neuvième puissance économique mondiale. Après la guerre, de très nombreux nazis fuirent en Argentine.

Le péronisme est un mouvement national-populaire ; il encadre la population argentine (syndicats, femmes, jeunes, ouvriers...) en leur octroyant des droits et un statut. Le partage des richesses est désormais moins déséquilibré et la classe ouvrière argentine, qui ne s'est jamais tournée vers le marxisme ou le communisme, s'identifie au mouvement péroniste. Peron a donc cette dernière sous son contrôle, en partie grâce à la redistribution des richesses nationales. Cependant, l'opposition de la bourgeoisie est pour le moins active ; dès le retournement de la conjoncture économique, au début des années 1950, le leader populiste va être amené à pratiquer l'autoritarisme pour continuer à controler l'Etat et le pays. par ailleurs, sa deuxième femme, Eva Duarte de Peron, n'est plus là pour galvaniser la population. En 1955, un coup d'Etat le chasse du pouvoir (l'armée bombardera la palce de mai, tuant de nombreux civils). Désormais, l'Argentine entre dans une période d'instabilité à la fois économique et politique. Le puissant mouvement péroniste est décapité mais va renaître sous la forme clandestine (sabotage, grèves...). Les élites du pays, revenues au pouvoir, cherchent alors une impossible formule de démocratie sans péronisme. Les militaires organisent des élections, puis reprennent le pouvoir quelques temps après et ce à deux reprises. En 1966 a lieu le coup d'Etat du général Ongania. Ce dernier, partisan de la manière forte, va mettre en place un régime bureaucratique et autoritaire. En réaction à la violence, les mouvements sociaux, les syndicats, les étudiants, les ouvriers vont se battre contre le régime jusqu'à prendre conscience de sa faiblesse. La situation s'aggrave jusqu'à l'année 1969, quand éclate le Cordobazo (un explosion de violence spontanée durant laquelle les ouvriers et les étudiants seront les principaux protagonistes). C'est la première pueblada (il y en aura bien d'autres dans tout le pays) : la population s'attaque aux symboles du pouvoir autoritaire (police...) mais aussi à ceux des multinationales étrangères. le lendemain, le pays est paralysé par la grève générale. Désormais, même la classe moyenne, traditionnellement anti-péroniste, s'associe au rejet du pouvoir bureaucratique et autoritaire. Les militaires se retirent alors en bonne et due forme, essayant de ne pas perdre la face. Mais il est trop tard et en 1973, la population assiste à la fin du régime militaire et à une véritable fuite des militaires qui rentrent dans leurs casernes, après 18 années d'interventions. Des élections démocratiques sont organisées, les militaires sont conspués, la gauche révolutionnaire voit ses organisations de masses légalisées et ses militants prisonniers sont tous libérés. L'extrême-gauche gagne des espaces de pouvoir au sein de l'Etat (Université...). On croit que les militaires ne reviendront pas. Jamais alors le climat politique n'avait été aussi propice à la gauche en Argentine.

Après le retour du général Peron en 1973, qui se solde par le massacre d'Ezeiza (affrontements entre la gauche et la droite péroniste), le pays s'enfonce dans une « guerre sale », qui commence dès l'Opération Indépendance dans la province de Tucuman. À cette occasion, les leçons apprises lors de la bataille d'Alger sont mises en pratique.

En mars 1976, un coup d'État dirigé par une junte de militaires (Jorge Videla, etc.) renverse la troisième femme de Péron, Isabelle Peron. On estime que la « guerre sale » a fait environ 30 000 victimes, dans la majorité des disparus, sans compter les milliers d'exilés.

Buenos Aires participe en outre à l’opération Condor, et de nombreux réfugiés politiques de pays voisins sont assassinés par le biais des services secrets ou d'escadrons de la mort (la Triple A). L'ambassade américaine est souvent au courant.

Afin de relancer sa popularité, la junte de Buenos Aires, dirigée depuis décembre 1981 par Leopoldo Galtieri, l’un des plus « durs », décide d’envahir les îles Malouines en 1982, provoquant ainsi la guerre des Malouines contre le Royaume-Uni, alors dirigé par Margaret Thatcher. En raison de son anticommunisme viscéral et de la mise en place de l’opération Charly (pendant laquelle les services argentins ont transmis à leurs homologues d’Amérique centrale les techniques de la guerre sale : escadrons de la mort, torture systématique contre la population civile afin de la démoraliser, vols de la mort, etc.), Buenos Aires semblait penser pouvoir compter, à tort, sur le soutien de Ronald Reagan, nouvellement élu.

La défaite lors de la guerre des Malouines précipite la chute du régime et une lente transition démocratique. Depuis lors, plusieurs présidents se sont succédé : Raúl Alfonsín (1983-1989), Carlos Menem (1989-1999), Fernando de la Rúa (1999-2001). Des lois d'amnistie sont votées sous Menem, notamment en raison de la rébellion de secteurs d’extrême droite dans l'armée (les Carapintadas, qui tentent plusieurs coups d’État à la fin des années 1980). Un procès durant lesquels comparaissent les principaux responsables de la junte, ainsi que des Montoneros, se tient néanmoins en 1985 : c'est le Procès des Juntes (Processo a las Juntas).

La décennie Menem est marquée par la mise en place du néolibéralisme dans le pays, menant à l'apparition de groupes contestataires, les piqueteros, qui deviendront célèbres après la crise économique de la fin des années 1990.

Provoquée par une fuite de capitaux massive pendant les mois d'août, septembre et octobre, la crise est partiellement jugulée par un contrôle drastique des dépôts bancaires, appelé Corralito, basé sur l'obligation d'effectuer toutes les opérations financières à travers les banques et la restriction des retraits d'argent en numéraire. Le gros de la population n'étant pas bancarisé, la perception des rémunérations et salaires devient un véritable casse-tête, ce qui provoque une aggravation drastique de la crise en décembre 2001, provoquant un véritable chaos social, et des émeutes des classes sociales les plus appauvries par la crise. La répression cause 31 morts, le ministre des Finances est relevé de ses fonctions, mais cela ne suffit pas et le président signifie sa démission en s'enfuyant du palais du Gouvernement en hélicoptère. Le gouvernement, le FMI et la parité entre le peso et le dollar américain sont les thèmes les plus critiqués.

En dix jours, quatre présidents se succèdent (Camaño, Rodriguez Saa, Puerta, Duhalde), le gouvernement argentin se déclare en état de cessation de paiement, abroge la loi consacrant l'intangibilité des dépôts bancaires (ce qui provoque l’évaporation des dépôts des classes moyennes qui en avaient mais ne les avaient pas transférés) et, donc, par un approfondissement de la crise économique. Le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement procède à un gel total des avoirs bancaires, appelé Corralón, et une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar, tandis que dans la rue le dollar se change à 1,60 peso pour atteindre très vite plus de 3 pesos . Le monde entier a été surpris par les événements de décembre 2001. Les médias ont montré un pays caractérisé par les pillages de magasins et les concerts de casseroles des classes moyennes. Mais ces représentations sont simplistes et plus que subjectives. Les émeutes et les mobilisations ne sont pas nées à la fin de l'année 2001. Dès 1989, une vague de saccages de magasins a eu lieu, conséquence de l'hyperinflation. En décembre 1993, le pays a connu des révoltes, notamment à Santiago del Estero. En 1996, les premiers piqueteros établissaient des barrages à Cutral-Co, dans la province de Neuquen. Mais les médias n'avaient laissé que très peu de visibilité à ces mouvements.

Les protestations de décembre 2001 doivent être analysées en tenant compte des changements que le répertoire de l'action collective a connu ces dernières années en Argentine. Comme l'a expliqué Javier Ayuero, « loin d'être l'explosion d'une citoyenneté paraissant jusqu'alors repliée sur elle-même et incapable d'exprimer son mécontentement, le mois de décembre 2001 représente plutôt le point le plus critique d'un processus de mobilisation populaire datant environ d'une dizaine d'années » (voir l'article intitulé « Fuegos y barricadas. Retratos de la beligerancia en la Argentina democratica », in Nueva Sociadad, « Argentina, fin del sueno », Caracas, mai-juin 2002, n°179, p. 144).

Eduardo Duhalde demeure Président de l'Argentine entre janvier 2002 et mai 2003 où il met fin à la parité entre le peso argentin et le dollar américain et met en place un plan économique productiviste. Il appelle à des élections présidentielles anticipées en avril 2003 où il soutient le candidat péroniste de centre gauche Néstor Kirchner. Ce dernier est élu par défaut suite au retrait de Carlos Menem au second tour.

Néstor Kirchner exerce la fonction de président de la République argentine de 2003 à 2007. Il redresse le pays en renégociant la dette du pays en 2005 (en fait, il refuse le remboursement de trois-quarts des 100 milliards de dollars de dette extérieure). Par le gel des tarifs énergétiques et du transport, la très forte taxation des importations, il relance l’activité économique (+ 50 % en cinq ans) soutenue par les dépenses publiques, et double la masse salariale (de 2003 à 2007).

Le pays est cependant isolé, seul le Venezuela d’Hugo Chavez acceptant de lui consentir des prêts (5 milliards de dollars en 2007).

Son épouse, Cristina Fernández de Kirchner, élue au premier tour le 28 octobre 2007 lui succède le 10 décembre 2007. En 2008 la présidente est confrontée à un lourd conflit social l'opposant aux agriculteurs et relatif, notamment, au niveau des taxes sur les exportations de soja. Les agriculteurs argentins ont engagé une grève d'ampleur de commercialisation des céréales.

L'Argentine a un régime présidentiel dans une république fédérale. La Constitution argentine de 1853, révisée en 1860, 1866, 1898, 1957 et 1994 dispose que le mandat présidentiel est de quatre ans (renouvelable une fois).

Élu au suffrage universel, le président est à la fois à la tête de l'État et à la tête du gouvernement, la présidente actuelle est Cristina Fernández de Kirchner.

La Constitution garantit la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire. L'exécutif est confié au président, le législatif au Parlement et le judiciaire à la Cour suprême d'Argentine composée de sept membres.

L'Argentine est membre permanent du Mercosur (communauté économique des pays de l'Amérique du Sud) avec le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela; cinq autres pays y sont associés : la Bolivie, le Chili, le Pérou, la Colombie et l'Équateur.

L'Argentine fut le seul pays d'Amérique du Sud à avoir pris part à la première guerre du Golfe en 1991, mandatée par l'ONU. Elle fut également le seul pays latin à participer à l'opération démocratique à Haïti en 1994-95. Enfin, elle s'engagea dans la force de maintien de la paix des Nations unies (Casques bleus) à travers le monde dont les conflits concernant Salvador-Honduras-Guatemala-Nicaragua, Équateur-Pérou, le Sahara occidental, l’Angola, le Koweït, Chypre, la Croatie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine ou le Timor oriental.

En janvier 1998, en reconnaissance de ses contributions à la sécurité internationale, le président des États-Unis Bill Clinton désigna l’Argentine comme l'un des alliés majeurs hors-OTAN. En 2005, l'Argentine fut membre temporaire du Conseil de sécurité des Nations unies.

En 1993, l'Argentine lança l'initiative des casques blancs des Nations unies spécialisés dans l'aide humanitaire.

Depuis 2004, les relations habituellement cordiales entre l'Argentine et l'Uruguay se sont progressivement dégradées à cause de la construction en Uruguay de deux grandes usines de fabrication de cellulose, sur les rives du Rio Uruguay qui marque la frontière entre les deux pays. Ce contentieux est surnommé en France la « guerre du papier ». L'Argentine met en avant les dégâts écologiques que subirait le fleuve. La polémique fut alimentée par une escalade de déclarations de la part des deux États, l'Argentine portant l'affaire devant la CIJ en mai 2006, puis l'Uruguay lui emboîtant le pas en novembre 2006. Des blocus routiers en Argentine ont empêché l'approvisionnement en matériaux de construction depuis le Chili, aggravant la situation,. Les relations économiques et sociales entre les deux pays se sont améliorées en 2007.

Douze pays d'Amérique du Sud ont signé le 8 décembre 2004 la Déclaration de Cuzco visant à la réunion du Mercosur, de la Communauté andine et du Chili, de la Guyana et du Suriname en une seule communauté supranationale, la Communauté sud-américaine des nations (CSN), sur le modèle de l'Union européenne ; Cela est devenue UNASUR (Union des Nations sud-américaines) lors du premier sommet énergétique sud-américain organisé au Venezuela à la mi-avril 2007.

Ce projet a pris naissance dans un contexte d'opposition au ZLEA, « Initiatives pour les Amériques », lancé par George Bush en 1990 puis concrétisé en 1994 au Sommet des Amériques, et donc dans un contexte d'opposition à l'ingérence nord-américaine dans les affaires politiques et économiques sud-américaines.

En 2005, la ville de Mar del Plata a accueilli le quatrième sommet des Amériques, marqué par de nombreuses protestations anti-US. Si bien que l'année suivante, elle mit sa priorité dans les initiatives régionales telles que le Mercosur ou la Banque du Sud après une décennie de partenariat avec les États-Unis.

En contentieux avec le Royaume-Uni, l'Argentine réclame la souveraineté des îles Malouines, de la Géorgie du Sud, des îles Sandwich du Sud et des îles Shetland du Sud (ces dernières également revendiquées par le Chili mais les prétentions des trois pays sont gelées depuis la signature du Traité du l’Antarctique) et d'environ 1 million km² du continent Antarctique. Autre sujet de discorde est la frontière avec le Chili, en particulier au sujet du tracé de la frontière extrême sud en Terre de Feu, un traité fut signé en 1984 entre les deux pays au Vatican.

Enfin, l'Argentine fut l'un des signataires initiaux du Traité sur l'Antarctique.

Les provinces ont de fait tous les pouvoirs qui n’ont pas été délégués expressément au gouvernement fédéral. Elles sont chargées d’administrer la justice et l’éducation primaire. Elles s’organisent comme elles l’entendent en élisant leurs pouvoirs exécutif et législatif. Les provinces peuvent régler entre elles toutes sortes d’accords de type judiciaire, économique ou social. Le pouvoir exécutif national a seulement le pouvoir d’intervenir afin d’assurer la forme républicaine du gouvernement et de repousser les invasions étrangères.

La majorité des provinces du centre et du nord du pays sont antérieures à l’existence de l’Argentine comme État fédéral, cependant des provinces avec une grande présence aborigène ou une faible population (comme le sont au nord : Chaco, Formosa et Misiones ; et la grande partie sud du pays : La Pampa, Neuquén, Rio Negro, Chubut, Santa Cruz, la Terre de Feu, le territoire argentin en Antarctique et les îles de l’Atlantique sud) étaient à une époque des « territoires nationaux » dépendant du gouvernement fédéral. En devenant des provinces, elles acquirent le même statut administratif que celles qui existaient déjà.

Les derniers territoires à changer de statut furent la Terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique Sud qui furent regroupés pour devenir une même et unique province en 1991, en dépit du fait que la définition de cette province contient des territoires contestés en Antarctique (avec le Chili et le Royaume-Uni) et du fait que l’Argentine a ratifié le Traité sur l’Antarctique qui a gelé les prétentions territoriales, et les îles de l’Atlantique sud sont reconnues internationalement comme parties du Royaume-Uni (à l’exception des îles Shetland du Sud intégrées au Traité sur l’Antarctique), seul le litige de souveraineté concernant le partage de la Terre de Feu ayant été résolu (par un traité international signé avec le Chili).

Un des anciens territoires nationaux, le territoire des Andes, ne parvint jamais à se convertir en province. Il fut formé en 1900 et couvrait alors la totalité de la Puna du nord-ouest du pays, mais, en raison d'un développement et d'une population très faibles, il fut dissous en 1943, les territoires étant alors incorporés aux provinces de Jujuy, Salta et Catamarca.

L'Argentine est longue de 3 700 kilomètres du nord au sud et de 1 400 kilomètres de l'est à l'ouest. Le territoire peut être divisé en quatre zones distinctes : les plaines fertiles de la Pampa au centre du pays, le plat pays de la Patagonie au sud (s'étendant sur un gros quart sud du pays (28 %), jusqu'à la Terre de Feu), les plaines sèches du Gran Chaco au nord et enfin la région très élevée de la cordillère des Andes à l'ouest le long de la frontière avec le Chili dont le mont Aconcagua culmine à 6 960 mètres.

Le point culminant de l'Argentine est le mont Aconcagua (étant aussi le point culminant des Amériques), a contrario la dépression la plus profonde d'Amérique est le site appelé Laguna del Carbón à 105 mètres sous le niveau de la mer à Santa Cruz, enfin le centre géographique du pays est localisé dans la province La Pampa.

Le climat est typique de façade orientale des continents, on rencontre un climat subtropical humide dans le nord et aride/subantarctique dans l'extrême sud du pays.

Parmi les grands fleuves, citons le Paraguay, le Bermejo, le río Negro, le río Colorado, l'Uruguay, ainsi que le Paraná qui est le plus long fleuve d'Argentine. Les fleuves Paraná et Uruguay coulent vers l'océan Atlantique et se rejoignent pour former l'estuaire du río de la Plata. Dans le parc national de Misiones, au nord du pays, les mini-chutes d'une selva saturée vont se réunir pour former le fleuve Panana. Des grands lacs comme des mers se sont formés au pied des Andes, dans des sites encore vierges tels le Nahuel Huapi, à San Carlos de Bariloche.

Dans les immenses étendues de la Pampa subsiste encore une faune précolombienne représentée en particulier par le tatou, dit à neuf bandes : les gauchos pourchassent ce mammifère édenté, car ils redoutent ses terriers, dans lesquels le bétail se casse les pattes.

En altitude, le lama est encore utilisé comme animal de portage.

L'Argentine est le pays le plus développé du continent sud-américain en 2005 selon les données des Nations-Unis fournies en 2007 et se rapproche des standards européens de niveau de vie.

L'Argentine dispose de nombreuses richesses naturelles et d'une main-d'œuvre très qualifiée, d'une agriculture orientée vers l'exportation et d'un tissu industriel diversifié.

En 1913, à son apogée économique, l'Argentine était l'un des pays les plus riches du monde. Son PIB par habitant le positionnait au douzième rang mondial, juste devant la France,.

Malgré ces atouts, l'Argentine a accumulé à la fin des années 1980 une lourde dette externe (dette qu'elle ne compte rembourser qu'en partie, « 10 % »), l'inflation atteignait 100 % par mois et la production avait considérablement chuté.

Pour lutter contre cette crise économique, le gouvernement de Menem a lancé une politique de libéralisation du commerce, de déréglementation et de privatisation. En 1991, le gouvernement décida d'ancrer le peso argentin au dollar américain et limita par une loi la croissance de la masse monétaire à la croissance de réserves monétaires.

L'instabilité politique et économique a plongé l'économie argentine dans l'enfer d'une crise sans précédents (2002). Cette crise a mené plus de 50 % de la population sous le seuil de pauvreté. Des manifestations ont alors été organisées, suivies de pillages de magasins.

Le peso était lié au dollar. Le PIB a chuté de 11 % en 2002 avec la fin de la parité 1 peso = 1 dollar.

En 2003-2007 le PIB repart à 9 % de croissance annuelle, en produisant une réactivation économique dans tous les secteurs, une forte réduction de la pauvreté et un retour de la classe moyenne.

Le 1er février 2006, l'Argentine et le Brésil signent, après près de trois ans de négociations, un accord qui doit permettre de protéger les secteurs de production qui pourraient être trop durement affectés par la compétition du pays voisin. Le Mécanisme d’adaptation compétitive (MAC) permet de fixer des droits de douane sur le produit « trop compétitif » du pays voisin pour trois ans, renouvelable une fois.

Depuis 2003, l’Argentine semble avoir repris le chemin de la forte croissance économique et de l'augmentation des salaires. Cependant, l'Argentine semble souffrir de la crise américaine et de la chute du dollar, en effet, la forte inflation avec un taux « officiel » de 8 à 9 %, pourrait en réalité atteindre 25 % en 2008. Oficiellement, le taux de pauvreté était de 20,6 %, mais si l'on suppute une inflation de 25 %, en 2008, le taux de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté a augmenté, passant à 30,3 %.. Ça sera le premier renversement de situation depuis 2003.

L'Argentine compte près de 40 millions d'habitants. 90% de la population est d'origine européenne dans un premier temps exclusivement issue des immigrations espagnoles. Après les colons espagnols, il y eut plusieurs vagues d'immigration et d'autres Européens s'établirent en Argentine durant les années 1870-1950. La majorité des immigrés européens venaient d'Italie, d'Espagne ou de France (Basques surtout), le reste venant d'Allemagne, de Suisse, du Royaume-Uni, de Turquie, de Pologne, et de Russie.

On estime que 85 % des Argentins sont d'origine espagnole ou italienne et 5 % sont originaires d'autres pays européens. Les Amérindiens ne représentent plus que 0,5 % de la population. Les mestizos (métisses de souche hispano-amérindienne) représentent 8 % de la population actuelle.

La population est très inégalement répartie, puisqu'un tiers de la population (environ 13 millions d'habitants) est concentré dans la capitale et l'agglomération de Buenos Aires (appelée aussi Gran Buenos Aires).

Outre la région de la capitale fédérale, la population est concentrée dans d'autres zones urbaines dont les principales sont : Córdoba (centre, 1,6 million d'habitants), Rosario (est, 1,4 million d'habitants), Mendoza (ouest, 1 million d'habitants), San Miguel de Tucumán (nord, près d'un million d'habitants).

La population indigène ne représente qu'environ 1 million d'habitants dans les provinces de Patagonie au sud et dans les provinces de Jujuy, Chaco, Formosa et Misiones au nord.

Traditionnellement, l'Argentine a joui d'un très haut niveau de vie en comparaison avec d'autres pays de la région, mais la crise économique des années 2001-2002 a diminué toutefois cette impression. Encore ainsi, plus de la moitié de la population est considérée comme étant de la classe moyenne, et depuis la crise, une forte récupération économique a aidé postérieurement à réduire la pauvreté à 23,4% de la population. Plus de 5 % de la population vivait dans des conditions précaires, dans des villas miserias ou bidonvilles.

Le service de communication téléphonique a été privatisé en 1990 par le gouvernement de Carlos Menem, il y a 8,3 millions de lignes téléphoniques installées, soit 23 lignes pour 100 habitants. La téléphonie mobile comprend 75 % de la population (28,5 millions de personnes). Ce nombre important est dû en partie au fait que des personnes de bas niveau acquisitif ont pu durant les dernières années accéder aux plans de paiement.

Il y a près de 1 500 stations de radio, dont 260 sont AM et approximativement 1 150 sont FM.

L'Argentine est le pays d'Amérique latine où l'accès à la télévision par câble est le plus répandu : selon des données de 2001, la grande majorité des foyers possèdent au moins un téléviseur et 60 % des personnes équipées reçoivent la télévision câblée. Les principales chaines de télévision qui transmettent depuis Buenos Aires sont Canal 13, Telefe, et Canal 9.

En 2005, 26,3 % de la population avait accès à internet avec plus de dix millions d'utilisateurs dans le pays.

Même si l'espagnol est la seule langue officielle au niveau fédéral, quelques centaines d’indigènes parlent encore des langues amérindiennes : le quechua dans les régions andines du Nord-Ouest et le guarani dans les provinces de Misiones et de Corrientes (le guarani est co-officiel dans ces provinces).

L’apprentissage de l'anglais ou du français est obligatoire dès le deuxième cycle scolaire. Dans les études supérieures, le portugais peut également être appris.

La principale religion est le catholicisme (qui est la religion d'État), mais d'importantes communautés juives et protestantes sont présentes dans le pays. On trouve aussi une petite minorité musulmane. La constitution garantit, en effet, la liberté de culte.

Selon une récente étude, 92 % des Argentins se déclareraient catholiques dont 18,5 % sont pratiquants. Parmi les catholiques, 35 % ne se rendraient pas ou peu à l'église. Mais l’Argentine possède également des minorités juives (2 % de la population) et protestantes (2 % également). Les musulmans et les « sans religions » représenteraient 4 % de la population.

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Équipe d'Argentine de rugby à XV

Ignacio Corleto va marquer l'essai de l'Argentine contre la France (coupe du monde 2007)

L'équipe d'Argentine de rugby à XV est l'équipe nationale qui représente l'Argentine dans les compétitions internationales majeures de rugby à XV, la Coupe du monde de rugby à XV et les test matchs.

Elle est sous le patronage de l'Unión Argentina de Rugby (UAR).

Elle est considérée comme l’une des meilleures sélections nationales au monde pour les performances réalisées depuis quatre ans et est actuellement troisième au classement des équipes nationales de rugby. En particulier, plusieurs joueurs argentins des années 2000, les Felipe Contepomi, Juan Martín Hernández, Agustín Pichot, sont reconnus parmi les meilleurs joueurs actuels du rugby à XV.

L'équipe argentine, aussi appelée les « Pumas », est la meilleure équipe d'Amérique. L'équipe argentine effectue régulièrement des tournées depuis deux décennies pour se confronter aux meilleures équipes européennes et de l'hémisphère sud et elle participe tous les quatre ans à la coupe du monde de rugby. Elle a été demi-finaliste en 2007.

Le rugby à XV est un sport mineur, amateur qui fait partie de la culture des étudiants et de la classe moyenne voire bourgeoise. Le rugby argentin ne dispose pas de ligue professionnelle. Les Pumas ne disputent pas de compétition annuelle régulière telles que le Tournoi des six nations et le Tri-nations. Cependant, le 30 novembre 2007 un forum de l'International Rugby Board dresse un plan de route en vue de l'incorporation de l'équipe dans le Tri-nations à un horizon de 4 ans.

Les Argentins jouent en maillot rayé horizontalement bleu ciel et blanc avec un jaguar sur le cœur (confondu avec un puma à l'origine).

Le rugby est introduit en Argentine par des immigrés britanniques. La première rencontre jouée en Argentine a lieu en 1873. En 1899 quatre clubs de Buenos Aires, la capitale, fusionnent pour former le River Plate Rugby Football Union, l'une des plus vieilles fédérations de rugby au monde. Celle-ci deviendra plus tard l'Unión Argentina de Rugby (UAR) qui deviendra membre de l'International Rugby Board (IRB) après avoir été invité à participer à la première Coupe du monde de rugby en 1987.

En 1910, une équipe gérée par l'université d'Oxford réalise une tournée, contre laquelle l'équipe nationale argentine joue son premier match, qu'elle perd 3 à 28.

En 1927, les Lions britanniques et irlandais font une tournée en Argentine et gagnent toutes les rencontres sur les 9 jouées, dont 4 avec plus de trente points d'écart. Cependant, cet événement est un succès financier.

En 1932, l'équipe junior d'Afrique du Sud joue deux rencontres contre les Pumas, qu'elle remporte.

En 1936, les Lions britanniques et irlandais reviennent mais battent à nouveau les Argentins. Le mois suivant, les Pumas quittent leur pays pour jouer leur première rencontre à l'étranger. En l'occurrence, ils affrontent l'équipe du Chili et gagnent leur premier match 20 à 0, ainsi que le deuxième. Deux ans plus tard, l'Argentine reçoit le Chili et les Pumas gagnent à nouveau.

Dans les années 1940, l'Argentine accueille une sélection composée par les universités d'Oxford et de Cambridge, qu'elle vainc lors des deux matchs les opposant. L'équipe de France joue une série de deux rencontres contre la sélection nationale argentine en août et septembre 1949 et gagne contre les Pumas 5-0 et 12-3.

Les années 1950 débutent avec deux victoires contre l'Uruguay et le Brésil à Buenos Aires, chacune avec un écart supérieur à 60 points. Puis arrive une victoire contre le Chili 13 à 3. En août 1952, les Pumas rencontrent l'Irlande et font match nul (3-3) lors de la première rencontre avant de perdre la seconde 0 à 6. L'équipe de France fait une nouvelle tournée en 1954 et remporte les deux rencontres avec un score sévère : 8-22 et 3-30.

En 1956, l'équipe nationale reçoit à nouveau une sélection d'Oxford et Cambridge, mais perd les deux rencontres. Les victoires 4-0 face au Pérou puis 50 à 3 contre l'Uruguay sont suivies par une défaite face au Chili et, en 1959, par deux autres face à l'équipe junior d'Afrique du Sud (6 à 4 et 6 à 20).

En 1960, la France revient à Buenos Aires et gagne les trois matchs(3-37, 3-12 et 6-29). Cet échec est cependant suivi de plusieurs réussites qui ont lieu en 1964 : une victoire sur le Chili à Montevideo, une autre sur le Brésil avec 60 points d'écart, puis encore une face à l'Uruguay. Enfin, en 1965 les Pumas battent l'équipe Junior de l'Afrique du Sud par 11 points à 6. Plusieurs rencontres internationales de déroulant dans la seconde moitié des années 1960 montrent l'accroissement du niveau du rugby argentin : en 1968, la sélection nationale argentine gagne l'un des deux test-match contre le Pays de Galles 9 à 5 et obtient un match nul 9-9 lors du second. Lors de la tournée de l'Ecosse en 1969, les Argentins remportent d'abord une victoire 20 à 3, mais s'inclinent ensuite avec un score serré (3-6).

Entre 1980 et 1984, une formation appelée Jaguars d'Amérique du Sud, composée principalement d'Argentins, joue 8 rencontres contre l'Afrique du Sud qu'elle ne réussit à vaincre qu'une fois, le 3 avril 1982 à Bloemfontein (Afrique du Sud). Le 2 novembre 1985, c'est la consécration : la Nouvelle-Zélande ne parvient pas à s'imposer à Buenos Aires et la rencontre se termine par un match nul (21-21). Autre exploit : en novembre 1987, les Argentins réussissent à battre l'équipe d'Australie 27 à 19 à Buenos Aires, après avoir obtenu un premier match nul face aux Wallabies le mois précédent (19 à 19).

Ainsi, de la fin des années 1970 au début des années 1990, l'Argentine ne perd jamais tous ses matchs lors des tournées se déroulant à Buenos Aires, signe d'un progrès notable de la qualité de l'équipe nationale.

C'est pourquoi les Argentins abordent la première coupe du monde de rugby qui se déroule en 1987 avec confiance. Mais l'ambition d'arriver en quart de finale échoue à cause d'une défaite face aux Samoa. Le départ de joueurs expérimentés et le départ de certains autres pour des ligues professionnelles portent un sérieux coup à l'équipe nationale. Aussi l'Argentine se montre-t-elle décevante lors des coupes du monde 1991 (dernière de la poule C) et 1995 (dernière du groupe B). La coupe du monde 1999 voit les Pumas sous-estimés parvenir en quart de finale après une victoire 28 à 24 face à l'Irlande. Cependant, ils buttent contre les Français 28 à 47.

L'équipe nationale ne parviendra pas à réitérer cette performance lors de la coupe du monde 2003, suite à une défaite en poule 15 à 16 face à l'Irlande. Toutefois, l'Argentine était désavantagée par le calendrier, ayant joué ses quatre rencontres en deux semaines, contre trois pour l'Irlande.

Depuis, l'équipe est capable de rivaliser avec les dix plus grandes nations. En juin 2004, elle gagne l'un des deux test-matchs l'opposant au Pays de Galles, puis s'impose face à l'équipe de France en novembre de la même année à Marseille (14 à 24). Lors de cette même tournée, elle perd 21 à 19 face à l'Irlande, suite à un drop de dernière minute. Le 4 décembre 2004, c'est une défaite prévisible d'une équipe privée des ses 10 meilleurs joueurs retournés jouer en Europe, face aux Springboks (39-7). Leur montée en puissance se confirme le 23 mai 2005. Invités à disputer un match contre les Lions au Millennium Stadium de Cardiff, ils obtiennent le nul après une égalisation de Jonny Wilkinson sur une pénalité accordée au bout de 8 minutes d'arrêt de jeu. Et pourtant, cette équipe d'Argentine était privée de 25 de ses meilleurs joueurs en raison des championnats nationaux. À l'issue de ce match, l'Argentine a demandé d'intégrer le Tournoi des six nations, étant prête à disputer l'ensemble de ses matchs à l'extérieur. En novembre 2005 les Sud-Africains jouent en Argentine face à une équipe jouant cette fois avec ses joueurs européens. Les Pumas font face mais s'inclinent 34 à 23. La semaine suivante, ils s'imposent face à l'Écosse 23 à 19, puis le 19 novembre de la même année, face à l'Italie à Gênes (22 à 39).

En juin 2006, l'Argentine reçoit l'équipe du Pays de Galles, composée de joueurs de second choix, et s'impose 27 à 25 puis 45 à 27, face à cette équipe inexpérimentée et manquant de discipline. Puis, face aux All Blacks, les Pumas perdent 25 à 19. Le 1er juillet 2006, lors de la phase de qualification pour la coupe du monde 2007 les Argentins s'imposent 60 à 13 face au Chili. Ils s'imposent ensuite face à l'Uruguay 26 à 0 le 8 juillet 2006 et se qualifient donc pour la compétition mondiale (poule D). En novembre de la même année, ils font une tournée en Europe. Ils remportent leur première victoire face à l'Angleterre championne du monde en titre 25 à 18 à Twickenham, le 11 novembre 2006 (18-25), grâce notamment à 22 points de son ouvreur, Federico Todeschini (Montpellier Hérault Rugby Club). Ils battent ensuite l'Italie 16 à 23 et ne perdent que d'un point face à une équipe de France atone en seconde période (27 à 26).

Le 7 septembre 2007, ils battent la France lors du match d'ouverture de la Coupe du monde 2007 (12-17), confirmant leur statut de "bête noire" des bleus (5 victoires en 6 précédentes confrontations depuis 2002). Ils battent par la suite la Géorgie, l'Irlande et la Namibie pour finir 1er de la poule D. Ils remportent la victoire contre l'Écosse en quarts de finale. Ils seront défaits par l'Afrique du Sud en demi-finale, avant de vaincre encore une fois l'équipe de France lors de la petite finale (34 à 10). Lors de cette coupe du monde, l'Argentine signe le plus grand exploit de son histoire.

Pendant la période 2006-2007, l'équipe d'Argentine dispute 19 matchs et remporte 15 victoires, soit 79% de réussite. Les deux grandes nations de l'hémisphère sud (Springboks, All Blacks) sont encore inaccessibles. L'Argentine est capable de l'emporter contre n'importe quelle nation européenne : l'Irlande (3 fois), la France, le pays de Galles, l'Italie (par 2 fois), l'Angleterre et l'Écosse.

Les Argentins jouent avec un maillot rayé horizontalement avec l'alternance de lignes de couleur bleu ciel et blanc. Les joueurs portent le logo de l'équipementier sur le côté droit. Le maillot est actuellement fabriqué par la société Adidas. Les joueurs ont également un maillot alternatif de couleur bleu foncé qu'ils utilisent rarement.

L'emblème de l'équipe argentine est dans le coin supérieur gauche du maillot.

Les Argentins sont surnommés Pumas en référence au jaguar, confondu avec le puma. Il est généralement admis que le surnom des Pumas est dû à une erreur d'un journaliste lors d'une tournée de l'Afrique du Sud. Cherchant un surnom comme les All Blacks, les Wallabies ou les Springboks, l'un des reporters a confondu un puma avec un jaguar sur l'écusson de l'UAR. Même si le jaguar est toujours le symbole, ce surnom a été adopté par tous, Argentins compris. On reconnaît également que le nom Jaguar a une consonance trop britannique, contrairement au surnom de "Pumas", à consonance plus hispanique et argentine.

Le jaguar est un mammifère carnivore, apparenté au léopard et de la famille des félidés (comme le tigre, le lion ou le chat). Son habitat naturel se trouve sur le continent américain : Guatemala, Honduras, Venezuela, Bolivie, Brésil, Guyane, nord de l'Argentine, au nord du Mexique et dans le sud des États-Unis (Arizona, Nouveau-Mexique).

Marcelo Loffreda, international puma de 1979 à 1994 avec le légendaire Hugo Porta, dirige l'Argentine de 2000 à 2007 et avec elle, il remporte des succès significatifs contre l'Écosse, la France, le pays de Galles, l'Irlande. Les Pumas menacent même la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud.

Enfin, l'Argentine réussit un premier exploit retentissant en s'imposant pour la première fois de son histoire à Twickenham, sur le terrain de l'Angleterre, championne du monde en titre, le 11 novembre 2006 (18-25). Il mène les Pumas à la troisième place lors de la coupe du monde de rugby 2007 aux dépens de la France qui perd en poule et lors de la petite finale, de l'Écosse et de l'Irlande.

Le tableau suivant dresse le bilan des matchs contre tous les adversaires de l'équipe d'Argentine, il est mis à jour au 25 octobre 2007.

Les confrontations officielles contre les grandes nations datent seulement des 20 dernières années.

L'équipe d'Argentine est largement dominée par les deux équipes majeures du rugby à XV (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande). Elle présente un bilan négatif par rapport à d'autres grandes nations du rugby à XV (Angleterre, Australie, France, Pays de Galles). Elle fait jeu égal avec l'Irlande et elle domine l'Écosse et l'Italie.

Elle a depuis toujours rencontré fréquemment les autres nations rugbystiques d'Amérique qui sont nettement moins fortes qu'elle.

La liste suivante dresse le bilan des records de sélections pour l'équipe d'Argentine de rugby à XV , il est mis à jour au 31 août 2007. La liste met en valeur les joueurs des 25 dernières années, un classement par nombre de sélections ne dépend pas que de la qualité du joueur mais aussi du nombre de rencontres internationales. La naissance de la coupe du monde en 1987 et la périodicité désormais bi-annuelle des tournées influent sur ce classement et doivent donc être rappelées.

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Histoire de l'Argentine

Photo prise dans la « Cueva de las Manos » ou grotte des mains, Río Pinturas, Santa Cruz, Argentine, 7 300 av. J.-C.

L' histoire de l'Argentine commence bien avant l'installation des espagnols. Longtemps colonie espagnole, elle finit par obtenir son indépendance au XIXe siècle.

Les premiers êtres humains à pénétrer en Argentine semblent y être parvenus par l'extrême sud de la Patagonie chilienne. Les témoignages les plus anciens sont rassemblés au musée lapidaire de la province de Santa Cruz et remontent au XIe millénaire av. J.-C. D'autres établissements furent relevés à Los Toldos, également en province de Santa Cruz avec des vestiges datant du Xe millénaire av. J.-C.

Ces premiers habitants chassaient les milodons (animaux semblables à de grands ours, mais avec une tête ressemblant à celle d'un camélidé et malheureusement disparus) et les hippidions (chevaux sud-américains disparus eux aussi, il y a 10 000 ans), en plus des guanacos, lamas et nandous.

Près de là, il est possible de voir les peintures de mains et de guanacos dessinés vers 13 000 ans, pour le groupe « stylistique A », le niveau culturel le plus ancien, puis vers 7 300 av. J.-C. pour le second niveau culturel, groupe « stylistique B », sur les parois de la Cueva de las Manos (Río Pinturas, Santa Cruz, déclarés patrimoine culturel de l'Humanité par l'UNESCO).

On pense que le peuplement de la Pampa avait déjà débuté dès le IXe millénaire av. J.-C., tandis que le nord-ouest argentin reçut ses premiers habitants vers le début du VIIe millénaire av. J.-C.

Les peuples aborigènes argentins se sont divisés en deux grands groupes, d'une part les chasseurs-cueilleurs nomades qui habitèrent la Patagonie, la Pampa et le Chaco, et d'autre part les agriculteurs sédentaires, installés dans le nord-ouest, le Cuyo, les Sierras de Córdoba et plus tardivement, en Mésopotamie.

Culture d'Ansilta. Une des premières cultures à avoir développé une forme d'agriculture primitive sur le territoire argentin actuel fut la Culture d'Ansilta, située aux abords de Mendoza, San Juan et San Luis. Mal connue, cette surprenante culture va de 1 800 av. J.-C. jusqu'à 500 apr. J.-C., soit plus de 2 000 ans, ce qui est un cas unique de continuité. Sans doute s'agit-il des prédécesseurs des ethnies Huarpes.

Culture Condorhuasi. Cette culture apparaît en 200 av. J.-C. dans la province de Catamarca. Il s'agit d'une culture d'éleveurs de lamas et de pasteurs pour qui l'agriculture ne fut qu'un complément. Ils avaient une religion cruelle et violente dans laquelle les chamans utilisaient des hallucinogènes tels que le Anadenanthera colubrina (aussi appelé cebil) et réalisaient des sacrifices humains. Grands forgerons, ils furent les premiers à utiliser des alliages métalliques. Leurs sculptures anthropomorphes font l'objet d'études approfondies : dénommées les suplicantes (les suppliants), ce sont de belles sculptures abstraites en pierre qui représentent des êtres humains en position de supplication, appelant sans doute la pluie et la fertilité. Cette culture disparut entre le IIIe siècle et la fin du Ve siècle.

Culture Tafí (de -200 à 800). Contemporaine de la Culture de la Ciénaga, elle apparaît dans la vallée de Tafí, sur l'actuel territoire de Tucumán. Il s'agit d'agriculteurs qui cultivaient notamment le maïs, sur des terrasses. Ils domestiquaient aussi le lama.

Culture de la Ciénaga (1-600). C'est au Ier siècle qu'apparaît sur le sol argentin la première société totalement agricole, la Culture de la Ciénaga, également dans la région de Catamarca. Il s'y développe des plantations de maïs et des systèmes d'irrigation avec canaux. Ils élevaient aussi des lamas, qu'ils utilisaient en caravanes pour réaliser des échanges entre différentes localités. Ils construisirent de petites localités de 30 habitations au plus. Ils furent des précurseurs directs de la Culture de la Aguada.

Culture de la Aguada. Entre les IVe siècle et Xe siècle la Culture de la Aguada se développe sur le territoire des provinces de Catamarca et La Rioja. C'est la plus andine des cultures du nord-ouest argentin, fortement liée à la culture de Tiwanaku. La Aguada se caractérisa par un fort développement artistique autour de la représentation du jaguar. Il semble que ce soit à ce moment que se développe une nouvelle forme politique dans les cultures du nord-ouest : celle des Seigneuries, au pouvoir d'un seigneur, qui dominait une certaine région et contrôlait les excédents de production agricole. Parmi les représentations artistiques, on remarque celle du sacrificateur.

L'économie de cette culture était basée sur une agriculture en terrasses irriguées par des systèmes hydrauliques complexes. Ils produisaient du maïs, des haricots, des potirons et des arachides. Ils faisaient commerce de leurs produits avec des endroits très éloignés San Pedro de Atacama ou vallée de Copiapó au Chili, de l'autre côté des Andes, utilisant les lamas pour ce faire. La métallurgie était très avancée et ils découvrirent le bronze avant l'arrivée des espagnols.

Vers 900, La Aguada disparut. Son héritage va se retrouver dans la culture Belén et la culture de Santa María.

Culture de Santa María (1200-1470). Grâce à ses cultures en terrasses et systèmes d'irrigation très complexes, Santa María réussit à avoir une forte population et à accumuler des excédents emmagasinés dans des silos souterrains. Ils cultivèrent le maïs, la pomme de terre (appelée papa), le haricot, la quinoa, le piment et les courges, et cueillirent intensivement les fruits du caroubier créole ou algarroba et du chañar. Grands experts en élevage, ils utilisèrent le fourrage. Ils développèrent le commerce à grande distance, avec des caravanes de lamas. Ils développèrent la métallurgie du cuivre, de l'argent et de l'or et fabriquèrent des articles en bronze d'excellente qualité. La culture de Santa María se caractérise par une grande complexité sociopolitique, avec au sommet de la hiérarchie un seigneur dont les pouvoirs étaient héréditaires, des guerriers et des chamans. Cette culture correspond en grande partie avec l'ethnie Paziocas connue sous sa dénomination quechua de Diaguitas.

L'invasion inca (1400-1520). La formation du Tucumán : un siècle avant l'arrivée des espagnols, le nord-ouest argentin comptait une grande variété de peuples sédentaires avec leurs caractéristiques propres, et parmi eux, les Paziocas, les Alpatamas, les Omaguacas, et les Huarpes. Au XVe siècle ce territoire fut envahi et annexé par les Quechuas à la zone méridionale du Kollasuyu ou Collasuyu ou Qullasuyu (Étant donné l'éloignement de ces régions par rapport à Cuzco, l'ensemble formait un territoire spécial du Tahuantinsuyu connu comme étant « Le Tucumán » et le « Kiri-Kiri »).

Les Cultures andines indépendantes (1400-1520): hors du Tahuantinsuyu ou Tawantinsuyu se maintinrent quelques populations sédentaires indépendantes, par exemple les Lule-Toconoté (en guerre contre les Quechuas, et appelés péjorativement par ceux-ci « surís » ou « nandous »), les Sanavirón dans la zone des provinces de Tucumán, ouest de Santiago del Estero et nord de Córdoba, ainsi que les Comechingons dans les sierras de Córdoba et de San Luis.

Les Guaranís : en provenance d'Amazonie, les Guaranís, s'étaient installés assez récemment en Mésopotamie. Ils faisaient partie du groupe culturel dit des Tupí-guaraní.

Les Avás (mieux connus comme « Guaranís ») s'établirent en territoire argentin entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe, avançant depuis le nord-est principalement par les cours d'eau. Ils se subdivisèrent en divers groupes en fonction de l'endroit où ils s'implantaient. On distingue les Guaranís des îles (dans les îles du delta du Paraná), ceux du Carcarañá, de Santa Ana (nord de la province de Corrientes, les Cáingangs ou Cainguás (en Mésopotamie) et les Chiriguanos (au Chaco).

Ils vivaient dans des villages (tekuas) qui constituaient de vraies unités tribales économiquement indépendantes. Chaque village guaraní était dirigé par un chef politique, le Mburuvichá, et un chef religieux le Payé. L'organisation sociale était chapeautée par un cacique (Tuvichá) héréditaire.

Ils conduisaient des canoës. Ils étaient très bons chasseurs en forêt, cueilleurs, pêcheurs et aussi agriculteurs. Ils cultivaient le manioc (mandi'ó), la pomme de terre (jetý), le potiron (andai), les courges (kurapepê), le maïs (avatí), les haricots (kumandá), le coton (mandyju) et le yerba mate (ka'á).

Les Guaranís firent irruption avec une grande brutalité dans le bassin du río de la Plata, créant une situation de guerre permanente avec les peuples aborigènes non Guaranís qui habitaient la région. Ils pratiquaient le cannibalisme des guerriers prisonniers.

Leur stratégie guerrière se fondait sur un système d'attaques massives. Peu avant l'attaque, ils faisaient tomber sur leurs adversaires une pluie de flèches et de pierres. Ensuite venait l'affrontement direct avec des lances, des macanas et des gourdins (garrotes).

Dans la partie nord du Gran Chaco on distingue cinq cultures ou familles linguistiques, à savoir les cultures « Guaycurú », « Mataco-macá », « Tupí-guaraní », « Arawak » et « Lule-vilela ».

À la culture Guaycurú appartiennent les Tobas ou Qom'lek, les Pilagás, les Mocovís et les Abipones. Ils étaient de très habiles guerriers et, après l'arrivée des Espagnols, ils adoptèrent le cheval et résistèrent à la colonisation. Les Espagnols les appelaient frentones (surtout les Qom'lek) parce qu'ils s'épilaient le front. Ils occupaient l'est et le sud de la région du Chaco.

La culture Mataco-Macá comprenait les Wichís (ou « Matacos »), les Chulupís et les Chorotes. Ils occupaient la zone ouest du Chaco.

Les Chiriguanos appartenaient à la culture Tupí-guaraní. Ils s'installèrent à l'ouest de la région. Dans la même zone se retrouvaient les Chanés de la culture Arawak.

Enfin, au nord-ouest du Chaco se trouvaient les Vilelas (culture Lule-Vilela), disparus depuis lors.

En région pampéenne et patagonique, on distingue les Hets (« anciens pampas » ou « querandís »), les Tehuelches (ou Tsonek) et les Mapuches - ces derniers contrôlèrent le nord de la Patagonie jusqu'à la fin du XIXe siècle. Les études anthropologiques des groupes de chasseurs et de cueilleurs considérés traditionnellement comme plus simples que les peuples agriculteurs, ont mis en évidence la complexité atteinte par ces cultures d'un haut degré de symbolisme, comme les Selknams, les Mánekenks ou Haush, les Yagans, les Alakalufs ou Kaweskars, de la Terre de Feu et du détroit de Magellan.

Amerigo Vespucci fut le premier Européen à s'approcher des côtes argentines en 1502. En 1516, Juan Diaz de Solís, un navigateur espagnol visita le territoire qui deviendra l'Argentine. L'Espagne inclura l'Argentine dans la vice-royauté du Pérou.

A l'inverse de ce qu'ils firent au Pérou et en Bolivie, les Espagnols ne soumirent jamais totalement les principaux peuples amérindiens qui occupaient le territoire actuel de l'Argentine. La présence espagnole se limitait d'ailleurs au départ à de petits noyaux, essentiellement le long de la route importante dite Camino Real, destinée au début à drainer les richesses minières du Haut-Pérou (Bolivie actuelle) vers le Río de la Plata. Là fut construite, en 1536 une colonie appelée Buenos Aires. Abandonnée à cause d'un blocus et de raids sanglants des Indiens Didiuhet, elle fut fondée à nouveau en 1580. Cette année-là, venu d'Asunción au Paraguay actuel, Juan de Garay refonda la ville qu'il appela Ciudad de Trinidad y Puerto de Santa María del Buen Ayre, et qui avec le temps sera connue plus simplement sous son nom actuel.

Du nord au sud les villes espagnoles principales furent créées progressivement, le long de cet axe. Ce sont principalement Santiago del Estero (1553), San Miguel de Tucumán (1565), Córdoba (1573), Salta (1582), San Salvador de Jujuy (1593) et Buenos Aires (1536 et 1580) (cf. ci dessus).

Autre axe économique important, la voie fluviale du Paraguay-Paraná constituait une excellente route de pénétration vers le centre de l'Amérique du Sud et ses richesses. Ainsi furent fondées Sancti Spíritu (1523), Asunción (1537), Santa Fe (1573) et Corrientes (1588).

Quelques régions furent cependant facilement conquises et rapidement assimilées, ce qui assura une domination aux espagnols sans problème. C'est le cas de la région du Cuyo. Dès 1561 la ville de Mendoza y fut fondée, suivie de San Juan en 1562, et de San Luis en 1594. Cette région était habitée par les Huarpes, pacifiques Indiens, exploités sans scrupule au début (travail dans les mines du Chili), mais qui se métissèrent rapidement. La paix s'installa rapidement.

La colonisation se poursuivit de manière très progressive. La dernière ville argentine à être construite fut San Fernando del Valle de Catamarca (1683).

Mais les conquérants n'avaient pas réussi à pénétrer les vallées calchaquíes, où s'étaient réfugiés plusieurs peuples qui menèrent la vie dure aux envahisseurs. La population espagnole restait faible au sein de ces provinces et de graves contre-attaques et révoltes indiennes firent de terribles dégâts. En 1630 éclata la première grande rébellion calchaquíe, sous le commandement du cacique Chalemín, et dura jusqu'en 1643, guerre intense avec incendie de La Rioja et destruction de Londres (près de Córdoba). La seconde rébellion, menée par un andalou – Pedro Chamijo – qui se faisait passer pour un descendant d'Inca, fut longue et cruelle. Les Espagnols dirigés par Mercado et Villacorta défirent l'Andalou puis décimèrent les tribus. La dernière, celle des Quilmes, fut battue en 1665. Les survivants furent déportés près de Buenos Aires, là où se dresse aujourd'hui la grande cité de Quilmes.

Au XVe siècle les karaí, prophètes guaranís acceptés dans toutes les communautés guaraníes, parcouraient les villages ou tekuas prêchant le message de l'arrivée de profonds changements. Or ces villages s'affrontaient entre eux dans une permanente recherche de l'État de Aguyé, et pratiquaient le cannibalisme entre eux. Ces karaí ne faisaient partie d'aucun village ou tekua en particulier, mais étaient panguaranís. Leur message était donc unificateur.

Cent ans plus tard, avec l'invasion espagnole, arrivent les jésuites dont le message chrétien rivalise directement avec celui des karaí. Bien qu'étrangers ils amènent aussi un message unificateur. Surtout, ce qui jouera un rôle très important, les guaranís qui acceptent de vivre avec eux sont automatiquement protégés par les lois du puissant roi d'Espagne.

En effet, en 1556 les Espagnols avaient introduit dans ces régions le système de l'encomienda, par lequel chaque encomandero s'engageait à évangéliser et à sortir de la barbarie un certain nombre d'Indiens qui en retour devaient se mettre à son service. C'était un système d'asservissement impitoyable. De ce fait les rapports d'abord amicaux entre les Européens et les Indiens se modifièrent. Les révoltes se multiplièrent et atteignirent une grande violence en 1580, rendant la région ingouvernable. Pour sortir de ce bourbier, les Espagnols firent appel en 1585 aux Jésuites.

Ceux-ci proposèrent de payer directement au roi un tribut proportionnel au nombre d'Indiens mâles, retirant ainsi les Indiens du contrôle de l'empire pour les placer directement sous le leur. Enfin en 1608, le roi Philippe III d'Espagne donna pouvoir aux jésuites de convertir et coloniser les tribus de Guayrá.

Simultanément, l'expansion constante du front hispano-portugais, et la menace réelle d'esclavage que cela représentait, amena un grand débat interne chez les chefs guaranís entre les partisans de l'alliance jésuitique (de façon à obtenir la protection de la couronne) et les « durs » qui préféraient l'affrontement.

Après de longs débats, la politique d'alliance des dirigeants politiques guaranís avec les jésuites devint bientôt consensuelle et généralisée. Elle obéissait à une stratégie globale, dans le but de limiter la montée des périls, les guaranís se trouvant pris entre les gros propriétaires espagnols désireux de se fournir de la main d'œuvre gratuite d'un côté et les bandeirantes portugais pillards et marchands d'esclaves de l'autre. À noter qu'il existe de nombreuses sources de témoins présents lors de ces débats internes des leaders guaranís. Notamment le « Jardín de Flores paracuaria » du Padre Tadeo Xavier Hednis de la Société de Jésus.

Ce sont donc les jésuites qui furent en réalité utilisés par les Guaranís, afin de maintenir leur modèle ou mode de vie. Le modèle politique guaraní était prêt à être occupé par les jésuites. Ainsi s'explique la rapide conclusion de cette alliance et le développement des Misiones. Les Réductions jésuites n'étaient rien d'autre que des tekuas ou villages traditionnels qui avaient obtenu la protection de la couronne, pénétrant ainsi non seulement dans le domaine légal espagnol, mais aussi dans une série d'échanges économiques et culturels qui se maintinrent pendant deux siècles .

La Pampa et la Patagonie, constituaient une vaste zone peuplée d'aborigènes totalement libres, qui ne put jamais être conquise par les Espagnols et qui depuis le XVIIe siècle s'unifia progressivement sous la culture mapuche. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle, plus de 300 ans après la conquête espagnole du Pérou, que l'Argentine (comme le Chili d'ailleurs), arriva à occuper la région grâce à une guerre contre les Mapuches.

À l'arrivée des Européens, le sud du continent américain, la région pampéenne comme la Patagonie, était peuplée par les Indiens Pampas, les Tehuelches (Patagons) en Patagonie orientale et les Mapuches en Patagonie occidentale. La Terre de Feu était peuplée par un rameau des Tehuelches, les Selknams (ou Onas), par les Yagans ou Yamanas et par les Alakalufs ou Kaweskars.

Peu après le débarquement des conquistadors sur les rives du Río de la Plata et la fondation de Buenos Aires au XVIe siècle, les premiers affrontements se produisirent entre Espagnols et aborigènes, les Pampas (ou Hets ou Querandis), appelés plus tard Ranquels au XVIIIe siècle.

À partir du XVIIe siècle, quelques bovins abandonnés par les Espagnols en région pampéenne proliférèrent naturellement, formant de vastes troupeaux redevenus sauvages. Les Espagnols comme les indigènes Pampas et Mapuches, commencèrent à les chasser ce qui amena des affrontements entre les deux groupes. Les Espagnols construisirent des lignes de fortins entourant Buenos Aires et Córdoba, afin de délimiter leur zone exclusive de chasse appelées vaquerías. Les Pampas considéraient que les Espagnols avaient usurpé leurs terres en les envahissant, et durant des siècles attaquèrent leurs établissements par une tactique d'attaque en masse appelée malones, utilisant des chevaux, de longues lances et des boleadoras (système composé de plusieurs lanières lestées de gros cailloux destiné à immobiliser les pattes des chevaux).

En même temps, la capitainerie du Chili procédait à des attaques systématiques contre les Mapuches appelés aussi Araucans (Guerre d'Arauco).

Tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles les Mapuches imposèrent leur culture et assimilèrent les peuples indigènes qui habitaient la Pampa et la Patagonie. Cependant dès la fin du XVIIIe siècle les Espagnols progressèrent lentement sur le territoire ranquel. La frontière entre les deux civilisations se situa alors sur le río Salado, qui divise la pampa orientale en deux en son centre. Cependant certains indigènes acceptèrent de travailler dans les estancias (grandes fermes-domaines) espagnoles, se métissant avec les Européens. L'origine des gauchos est liée à ce processus de métissage.

De même, dans le nord du territoire de l'Argentine actuelle, les tribus peuplant la région du Gran Chaco restèrent libres face aux colonisateurs, et cela dura aussi jusqu'à la fin du XIXe siècle.

En 1680, les Portugais venus du Brésil tout proche avaient fondé au nord du Río de la Plata, face à Buenos Aires, sous le nom de Colonia del Sacramento un établissement, qui menaçait gravement les intérêts espagnols. Ceux-ci avaient attaqué et pris cette ville à plusieurs reprises, mais chaque fois, grâce à un traité international, les Portugais avaient récupéré la ville.

C'est finalement en 1776 que le roi Charles III s'avisa de la solution du problème et de ce qu'il fallait faire pour chasser les Portugais du Río de la Plata. Il prit la décision d'instituer la vice-royauté du Río de la Plata. Presque immédiatement, le nouveau vice-roi Pedro de Cevallos organisa une puissante armée et la mena contre les Portugais. Il avait ajouté à cette armée des contingents de Guaranís, habitués à se battre contre les Portugais. Cevallos prit Colonia en 1777 et la détruisit totalement, allant symboliquement jusqu'à semer du sel sur ses ruines. La ville fut cependant occupée à nouveau par les Portugais puis par les Brésiliens quelques décennies plus tard.

La création de la vice-royauté du Río de la Plata apporta beaucoup à Buenos Aires, où en peu d'années s'installèrent toute l'administration bureaucratique viceroyale, la douane, le Consulado (1794), l'Audiencia (1785), l'Académie navale, et des écoles. On commença à éditer des journaux, activité difficile à cause de la censure du vice-roi.

La population de la ville s'accrut de 9.568 en 1744 à 32.069 habitants en 1778, puis à plus de 40.000 en 1797 et à presque 100.000 en 1810, chiffre très important pour l'époque et constituant près du tiers de la population totale de l'Argentine espagnole d'alors.

Avec l'entrée en guerre de l'Espagne du côté napoléonien, le Royaume-Uni commença à faire des plans pour améliorer son influence dans les colonies espagnoles. En 1806, après avoir pris la colonie hollandaise du cap de Bonne Espérance, la flotte britannique cingla vers le Río de la Plata, apparemment sur initiative propre. La flotte ne tarda pas à prendre Montevideo, puis se dirigea vers Buenos Aires.

Le vice-roi Rafael de Sobremonte, spéculait que les Britanniques ne se risqueraient pas à se lancer sur la capitale de la vice-royauté, et décida d'affecter la majorité des troupes de la ville à traverser le río de la Plata pour reprendre Montevideo. Lorsqu'on lui annonça le débarquement des Britanniques, il abandonna la ville pour se réfugier à Córdoba, muni des précieuses rentes de la vice-royauté, prêtes à être expédiées en Espagne, avec l'intention d'organiser une armée pour reconquérir sa capitale.

En juin 1806 les Britanniques sous le commandement de William Carr Beresford prirent Buenos Aires, bien reçus par les partisans de l'indépendance. Mais ceux-ci durent vite déchanter en comprenant que les envahisseurs désiraient convertir la région de la Plata en une colonie britannique, et s'unirent à ceux qui voulaient résister. Jacques de Liniers, marin français né à Niort, commandant du port de Ensenada, traversa le fleuve pour la Bande Orientale où il organisa une armée à destination de Buenos Aires. En chemin des milliers de volontaires enthousiastes se joignirent aux troupes. Une bataille de rue s'engagea et les Britanniques, bientôt encerclés dans la citadelle de la ville durent capituler. Revenue dans la cité, l'Audience, tribunal suprême, décida d'assumer le pouvoir civil et de confier la capitainerie générale à Liniers. Prudemment le vice-roi se retira à Montevideo.

En 1807 les Britanniques revinrent envahir le pays, mais cette fois officiellement et avec une puissante armée de 11.000 soldats sous les ordres du général John Whitelocke. Au départ, celui-ci et sa flotte avaient pour mission de s'emparer du Chili et de renforcer les troupes qu'ils croyaient toujours maîtresses de Buenos Aires. Mis au courant de la capitulation de ces dernières, Whitelocke décida de reprendre la cité. Ils reprirent Montevideo, débarquèrent à Buenos Aires et pénétrèrent dans la capitale, confiants dans leur suprématie face à des forces hispano-argentines très inférieures. Mais très vite ils se heurtèrent à une résistance acharnée des habitants qui les arrosaient d'eau et d'huile bouillante et les mirent finalement en déroute. Le général John Whitelocke fut acculé à la capitulation générale, et le Royaume-Uni subit là une défaite particulièrement humiliante.

Suite à cette franche victoire, un jugement destitua Sobremonte de sa charge de vice-roi et l'envoya en Espagne pour y être jugé. Liniers fut alors nommé vice-roi par intérim, décision ratifiée plus tard par le roi.

Les Invasions Anglaises sont très importantes dans l'histoire de l'Argentine, car elles sont le prélude à l'indépendance. Elles ont démontré la capacité du peuple à l'autodéfense, grâce à des milices civiles, et révélé que les Argentins étaient désormais en mesure de déterminer seuls leur propre destin.

Les nouvelles de la Révolution française avaient fait germer les idées libérales en Amérique latine. Le pays débuta son processus d'affranchissement de l'Espagne le 25 mai 1810, lors de l'épisode appelé Revolución de Mayo ou Révolution de mai, en s'engageant dans des hostilités contre les Espagnols et leurs partisans (les royalistes); mais certaines régions du Río de la Plata, craignant la domination de la riche et puissante Buenos Aires, étaient autant intéressées par leur indépendance face à la capitale que par leur affranchissement de l'Espagne. En 1811, le Paraguay produisit sa propre déclaration d'indépendance.

En 1812, les batailles victorieuses que Manuel Belgrano livra à Tucumán et Salta, assurèrent le succès de l'indépendance. Si bien que José Gervasio Artigas réunit un premier Congrès de l'Indépendance argentine à Arroyo de la China (actuelle Concepción del Uruguay) en mars et avril 1815. Les campagnes militaires conduites par José de San Martín et Simón Bolívar entre 1814 et 1817 augmentèrent les espoirs d'indépendance face à l'Espagne, qui fut finalement proclamée à Tucumán le 9 juillet 1816. Le désordre régnait dans les provinces. En 1820, José de San Martín prépara une armée destinée à libérer le Chili et le Pérou, objectif qui fut brillamment atteint, et en 1822 eut lieu la réunion historique de San Martin avec Simón Bolívar à Guayaquil.

Le congrès national se réunit donc à Tucumán et débuta ses sessions le 24 mars 1816. Presque toutes les provinces y participèrent. Il procéda à l'élection d'un Directeur Suprême capable de maintenir l'ordre et d'établir l'autorité centrale. Il fallait un homme qui soit appuyé tant par Buenos Aires que par les provinces de l'intérieur. On élit pour cela Juan Martín de Pueyrredón qui était apprécié de tous. Un autre objectif important était de consolider l'unité nationale du pays. On décida donc l'intervention de l'armée là où se manifestaient des mouvements localistes.

Finalement, la Déclaration d'Indépendance face aux rois d'Espagne et à la métropole, fut votée publiquement le 9 juillet 1816.

Deux positions s'affrontaient dans toute l'Amérique espagnole concernant l'administration des territoires libérés: la position américaniste et la position localiste.

La position américaniste proposait l'union des peuples d'Amérique hispanique. Il fallait unir les forces afin de terminer les guerres d'indépendance et organiser un système stable qui garantisse l'union. La position localiste défendait l'autonomie des régions, craignant qu'une union qui regrouperait tant de pays et de terres retarderait la récupération de la prospérité locale. Ils redoutaient surtout de perdre du pouvoir avec cette intégration. Bernardino Rivadavia était un des principaux représentant des localistes.

Le problème de la forme de gouvernement se posait aussi. Parmi les différentes options, un groupe de partisans de la monarchie constitutionnelle s'était constitué, considérant que ce système stable garantirait l'ordre et les droits de l'homme. Belgrano proposa une monarchie ayant à sa tête un descendant d'Inca. Ce projet fut bien reçu par les représentants du Haut Pérou et des villes du nord. Il avait l'appui de José de San Martín et de Güemes. Mais les hommes de Buenos Aires s'y opposaient, craignant d'y perdre leur position hégémonique. Ils proposèrent d'offrir la couronne à un prince européen. Cependant Tomas de Anchorena, député de Buenos Aires, défendait la république fédérale.

Au début de 1817, le congrès se transféra dans la capitale et remit le traitement de ce problème à plus tard, Mais les idées monarchistes perdurèrent au sein du congrès.

L'objectif principal de Pueyrredón fut la réalisation de l'expédition libératrice au Chili et au Pérou, en accord avec San Martín, afin de terminer la Guerre d'Indépendance. Il mit au point la création de l'Armée des Andes, nomma San Martín général en chef et ordonna l'exécution de la campagne libératrice. Mais le financement de la campagne du Pérou nécessita une hausse des impôts douaniers.

Il fut durement critiqué par les fédéralistes qui l'accusaient de complicité avec les Portugais en tolérant l'invasion de la Banda Oriental (actuel Uruguay). Le Portugal avait déjà perpétré une première invasion en 1811-1812. La seconde agression eut lieu en 1816-1820, et les Portugais réussirent à annexer la province sous le nom de Province Cisplatine. Finalement Pueyrredón imposa son autorité, en exilant les principaux chefs du parti fédéraliste de la capitale. À l'intérieur, il étouffa les mouvements fédéralistes avec les interventions de l'armée du nord.

Pour la défense de Pueyrredón, il faut souligner que lorsqu'il arriva au pouvoir, l'invasion portugaise de la Banda Oriental avait déjà débuté. Le congrès prit une position neutre que le directeur suprême ne partageait pas. Cependant le manque de ressources l'empêcha de prendre des mesures militaires, et il dut se contenter d'exiger que les Portugais ne dépassent pas la ligne du fleuve Uruguay. Cette politique perçue comme « tolérante » face aux agresseurs augmenta le ressentiment des habitants de la province de Litoral.

Les luttes intestines se succédèrent en Argentine pendant plus de 40 ans. Les caudillos provinciaux ont dominé l'histoire et la politique de la première moitié du XIXe siècle. Petits chefs locaux, seigneurs de la guerre, ils géraient leur province avec leur armée propre. Ils avaient des griefs les uns contre les autres qui nourrissaient des haines et des combats parfois féroces. Les uns se rangeaient sous la bannière de l'unitarisme, d'autres plus fréquemment sous celle du fédéralisme.

En 1826, le congrès nomma Bernardino Rivadavia premier président constitutionnel du pays. Le fait de céder l'Uruguay actuel au Brésil provoqua la démission de Rivadavia. Manuel Dorrego reprit la charge, partisan des autonomies provinciales. Il liquida le conflit avec le Brésil en reconnaissant l'indépendance de la Banda Oriental. Les unitaires soulevés par Juan Lavalle fusillèrent Dorrego, ce qui ralluma la guerre civile entre unitaires et fédéralistes.

La Bolivie se déclara indépendante en 1825, de même que l'Uruguay en 1828. La figure dominante à cette époque devint Juan Manuel de Rosas, vu par beaucoup comme un tyran. Rosas gouverna la province de Buenos Aires et représenta les intérêts de l'Argentine à l'étranger de 1829 à 1852, sans qu'il n'y ait eu de gouvernement central pour l'ensemble du pays. Il fut qualifié d'impérialiste argentin en raison de son opposition à d'autres tyrans, amis d'empires étrangers. Dans sa politique il n'accepta jamais la désagrégation du Río de la Plata comme définitive, mais luttait au contraire pour que ces évènements menaçants ne s'aggravent pas et avec l'espoir que les factions argentines comprendraient bientôt que l'unification était l'intérêt commun. Il fut avant tout stigmatisé comme tyran par ceux qui étaient à la solde d'intérêts étrangers, ainsi que par les victimes de sa « parapolice » implacable, la Mazorca, dirigée par sa propre épouse. D'un autre point de vue, sous Rosas, il n'y avait pas de liberté de presse, ni de parole, ni de pensée et un système d'éducation brillait par son absence. Par exemple : Domingo Faustino Sarmiento dut s'exilier au Chili à plusieurs reprises sous les menaces de mort émises par le gouvernement de Rosas à cause de ses écrits mettant de l'avant des idées « modernes, progressistes et européennes» (voir son ouvrage intitulé « Facundo ») telles que l'école gratuite, laïque et obligatoire pour tous.

Pendant cette période l'Argentine était peuplée d'indigènes, ainsi que d'immigrés espagnols et de leurs descendants, les créoles. Certains de ces derniers étaient concentrés dans les villes, mais d'autres vivaient dans les pampas comme gauchos. L'économie rurale de ces derniers se basait presque exclusivement sur l'élevage de bétail. Cependant les attaques indigènes ou « malones » continuaient et menaçaient les frontières, surtout à l'ouest. On peut dire que l'Argentine avait acquis l'indépendance de l'Espagne, mais que la conquête espagnole de l'Argentine n'était toujours pas terminée.

Durant son long gouvernement, Rosas avait réussi à se faire beaucoup d'ennemis à l'intérieur. Pas seulement des unitaires bourgeois réfugiés à Montevideo, mais aussi d'autres caudillos et ce, même s'ils défendaient une position fédéraliste et qu'ils n'étaient pas d'accord avec le monopole du port que Buenos Aires continuait à posséder.

Ce monopole fut momentanément brisé durant le conflit de Rosas avec les impérialismes français et surtout britannique. L'émergence de la navigation à vapeur permettait de remonter les fleuves avec rapidité. Pour ces motifs le Royaume-Uni et la France qui avaient armé d'importantes flottes commerciales et militaires composées de vaisseaux à vapeur exigeaient la libre circulation sur les fleuves, ce qui leur assurerait le libre commerce. Les deux puissances exigèrent donc le droit de navigation sur le río Paraná pour y commercer avec les autres ports, ce que Buenos Aires refusa. Le conflit se mua en guerre avec le combat de Vuelta de Obligado, où les forces fédéralistes de Rosas tentèrent de bloquer le passage aux flottes étrangères. La bataille tourna à la déroute pour les forces de Rosas (20 novembre 1845). Cependant elle fut perçue comme un symbole de défense de la souveraineté nationale. L'action diplomatique habile du gouvernement de Rosas, doublé de l'appui de José de San Martín, finirent par transformer la défaite en victoire politique pour le gouvernement de la Confédération argentine, obligeant les puissances à reconnaître son droit à la souveraineté sur les eaux intérieures.

Mais ces évènements montrèrent aux caudillos (et surtout à Justo José de Urquiza, gouverneur d'Entre Ríos) le pouvoir que donnait à Buenos Aires le monopole du commerce extérieur. Cela engendra un rapprochement entre les unitaires et les fédéralistes opposés à Rosas.

Il se forma dès lors un clan anti-rosiste qui donna lieu à la création de la Grande Armée, qui battit Rosas à la bataille de Caseros (le 3 février 1852). Le gouvernement rosiste fut renversé, et l'unité argentine fut atteinte, du moins théoriquement.

Urquiza organisa le Congrès constituant de Santa Fe (1853), qui approuva une Constitution de caractère républicain, représentatif et fédéral atténué, élaboré selon un modèle de Juan Bautista Alberdi. Urquiza fut proclamé président de la Confédération. Mais les divergences dans le camp des vainqueurs (entre unitaires et caudillos anti-rosistes) conduisirent la province de Buenos Aires à rejeter cette Constitution et à se séparer de la Confédération Argentine, qui établit dès lors sa capitale dans la ville de Paraná. En 1861, les armées de Buenos Aires mirent celles de la Confédération en déroute à la bataille de Pavón et débutèrent une campagne pour soumettre les provinces. Cela fut fait, et le pays resta définitivement unifié selon le projet de nation des unitaires.

En 1865, l'Argentine se vit impliquée dans le conflit qui opposait le Paraguay au Brésil. Mitre joignit ses troupes aux armées brésiliennes et uruguayenne. Ainsi constituées, les forces de la Triple Alliance mirent finalement en déroute le maréchal paraguayen Francisco Solano López en 1870.

La fin victorieuse de la guerre contre le Paraguay avait créé une frontière sûre au nord-est du pays et assuré à celui-ci la possession des territoires de Misiones et de Formosa. Nicolás Avellaneda succéda à Sarmiento en 1874, et s'attacha à soumettre les terres encore occupées par les indigènes amérindiens. Durant la décennie suivante, lors de la Conquête du Désert, le général Julio Argentino Roca établit le contrôle du gouvernement national sur les vastes régions de Patagonie et du Chaco en annihilant les peuples indigènes qui les peuplaient depuis toujours. Le 20 septembre 1880, le Congrès national déclara Buenos Aires capitale fédérale de la République.

Roca fut élu en 1880, car il bénéficiait d'une grande popularité suite à ses succès dans la Campagne du Désert. Après lui, il y eut Miguel Juárez Celman (1886), qui démissionna en 1890 suite à un soulèvement mené par Leandro N. Alem, qui avait étfé cependant réprimé. Le vice-président Carlos Pellegrini le remplaça. Ses successeurs furent Luis Sáenz Peña (1892), José Evaristo Uriburu (1895), puis de nouveau Julio Argentino Roca (1898). Après, ce furent Manuel Quintana (1904), José Figueroa Alcorta (1906), Roque Sáenz Peña (1910), et Victorino de la Plaza (1914).

Pendant toute cette période, l'économie se développa fortement et ce fut en moyenne une époque de grande prospérité. Trois facteurs sont la cause de cet important essor : d'abord, la fin des guerres indiennes et donc la conquête de vastes nouveaux territoires agricoles; ensuite, la modernisation de l'économie, l'adoption de techniques modernes et l'intégration du pays dans l'économie mondiale (essor du commerce et des investissements étrangers) ; enfin, l'arrivée massive d'immigrants européens dans une démocratie en paix.

Les investissements étrangers provenaient surtout du Royaume-Uni et furent principalement destinés à l'infrastructure (chemins de fer et ports notamment contruits pour le transport et l'exportation du bois et de produits agricoles).

Les immigrants travaillèrent beaucoup au développement du pays, surtout dans les pampas occidentales. Ils arrivèrent essentiellement de toute l'Europe, mais aussi d'ailleurs (chrétiens du Moyen-Orient).

De 1880 à la crise de 1929, l'Argentine fut donc économiquement prospère, mais l'économie fut de plus en plus orientée vers l'exportation de matières premières et de produits agricoles et l'importation de produits industriels manufacturés : l'industrialisation ne se faisait pas.

Alors que les ressources naturelles forestières les plus faciles à exploiter s'épuisaient, la situation devenait politiquement et socialement moins brillante. Les gouvernements de Roca et de ses successeurs étaient alignés sur les intérêts des oligarques argentins, spécialement les gros propriétaires fonciers. Les élections étaient entachées de fraude. Les forces conservatrices dominèrent la république jusqu'en 1916, lorsque la loi Roque Sáenz Peña du suffrage universel vint bouleverser l'ordre ancien et permit le triomphe électoral des radicaux, rivaux traditionnels des conservateurs, et dirigés par Hipólito Yrigoyen. Les radicaux, qui avaient effectué des tentatives de soulèvement contre le régime fallacieux et discrédité et qui avaient proposé l'abstention pour lutter contre la fraude électorale, représentaient les classes moyennes en expansion auxquelles ils ouvrirent les portes.

Dans le Rio de la Plata de la fin du XIXe siècle, nait un art nouveau : Le tango.

En 1916 Yrigoyen arriva au gouvernement grâce au suffrage universel et secret. Il créa un ample secteur social d'État. Yrigoyen impulsa une série de politiques qui manifestaient une tendance transformatrice.

En 1922, il décida la création de l'entreprise d'État pétrolière Yacimientos Petrolíferos Fiscales ou YPF, qui deviendra la plus importante du pays.

Il fit voter des lois concernant les loyers ruraux pour protéger les colons face aux gros propriétaires terriens. On réorganisa la Banque hypothécaire pour aider les petits propriétaires ruraux.

Enfin on créa la Marine marchande nationale. Yrigoyen eut une politique d'expansion des chemins de fer d'État, et il y eut des heurts avec de puissantes entreprises ferroviaires étrangères. Il fit construire une nouvelle voie ferrée vers le nord du Chili et l'Océan Pacifique.

Celle-ci fut fort contradictoire. D'un côté Yrigoyen fit voter les lois du travail et demanda au Congrès un projet de code du travail, réclamé depuis des lustres par le Parti Socialiste et le mouvement ouvrier; il agit souvent comme médiateur dans des conflits. Mais d'un autre côté il eut des relations conflictuelles avec le Parti Socialiste et avec le secteur majoritaire du mouvement ouvrier, lui déniant le droit de représenter les travailleurs argentins lors de la fondation de l'OIT en 1919.

Il réprima parfois durement. C'est sous son gouvernement qu'eurent lieu les plus grands massacres ouvriers de l'histoire du pays: la Semaine Tragique de 1919 et les fusillades de Patagonie en 1921/1922.

Elu comme successeur d'Yrigoyen et faisant partie du même parti que lui, Marcelo T. de Alvear n'eut rien de plus pressé à faire que de prendre le contrepied de la politique de son prédécesseur. Ce qui entraîna une violente lutte politique entre les deux hommes. Ceci causa une profonde division interne dans l'Union civique radicale entre personnalistes ou yrigoyenistes, et anti-personnalistes partisans d'Alvear. Chaque secteur du parti présenta son propre candidat aux élections suivantes. Les anti-personnalistes présentèrent comme candidat à la présidence Leopoldo Melo, et les personnalistes présentèrent à nouveau Hipólito Yrigoyen.

Ce fut Yrigoyen qui gagna avec 60 % des voix. Le nouveau gouvernement s'assembla le 12 octobre 1928. En 1929 se produisit la Grande Dépression mondiale. Le radicalisme, avec Yrigoyen à sa tête, ne put pas répondre à la crise. La bagarre était totale entre les deux ailes du parti radical, et on vit rarement un tel niveau de violence politique dans l'histoire du pays depuis la fin des guerres civiles.

Le 6 septembre 1930 le général José Félix Uriburu renversa le gouvernement constitutionnel, initiant une série de coups d'État et de gouvernements militaires qui se prolongerait jusqu'en 1983 et, fait plus grave encore, écrasant par la force tous les gouvernements issus d'élections libres lors d'un vote populaire.

Les militaires organisèrent un « putsch » en 1943. Juan Domingo Perón, un colonel de l'armée, participa à ce coup d'État et devint ministre de l'emploi, puis vice-président du pays. Il est à noter que l'Argentine resta neutre lors de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1944 mais déclara la guerre à l'Allemagne et au Japon dès cette année. Entre-temps la popularité de Juan Perón augmenta rapidement, au point d'inquiéter sérieusement ses adversaires ainsi que l'ambassade américaine. Il fut forcé de démissionner le 9 octobre 1945, arrêté et emprisonné sur l'île Martín García. Mais d'imposantes manifestations populaires, organisées par la CGT d'Angel Borlenghi; aboutirent à sa libération le 17 octobre 1945. On peut dater de ce jour la naissance du mouvement du péronisme.

Il gagna, le 20 février 1946, l’élection présidentielle. Il mena une politique favorisant à l'origine les ouvriers et le développement des syndicats avant de les mettre aux pas avec les opposants politiques. Il mena une politique populiste et nationalisa aussi les voies de communication appartenant jusqu'alors aux étrangers. L'état de l'économie se dégrade.

Perón avait de l'admiration pour Benito Mussolini et Franco, son style gouvernemental s'inspira donc d'eux. Le pays accueillit plusieurs milliers de criminels nazis, dont des SS de haute importance dans le IIIe Reich. Aidé par le Vatican et la Suisse, Juan Perón a mis en place un réseau organisant la fuite des nazis en Argentine. Même s'il fut influencé par le corporatisme du fascisme italien, Perón fut plus pragmatique qu'idéologue, et sa motivation pour l'accueil des nazis de l'aprés-guerre fut celle-ci : il était, comme beaucoup à l'époque, fasciné par la compétence scientifique et technique des allemands. Il ne s'agissait pas tant, pour l'Argentine, d'accueillir des criminels nazis, mais de profiter du savoir-faire de techniciens et de savants allemands.

Son épouse Eva Perón, surnommée « Evita », une ancienne actrice d'origine modeste, fut très populaire auprès des pauvres : elle était à la tête d'une organisation de charité. Les femmes obtinrent le droit de vote en 1947. Elle mourut en 1952 d'un cancer.

Le 6 septembre 1955 les militaires sous le commandement du général Eduardo Lonardi destituèrent Perón et établirent la Révolution libératrice (Revolución Libertadora).

Peu après, le général Pedro Eugenio Aramburu remplaça Lonardi, prit le titre de président et abolit la Constitution nationale réformée en 1949. Le parti péroniste ou justicialiste fut mis hors-la-loi. Un long cycle de violence et de conflits internes commençait.

En 1956, le gouvernement militaire ordonna l'exécution de 31 militaires et civils péronistes qui auraient tenté un coup d'État.

En 1957 on fit des élections pour réformer la Constitution argentine, avec le péronisme maintenu dans l'illégalité. L'Unión Cívica Radical del Pueblo, de Ricardo Balbín, obtint la première place. L'Unión Cívica Radical Intransigente, d'Arturo Frondizi, soutenait que l'abolition de la constitution et la convocation d'une constituante sans les péronistes étaient des actions illégales et quitta l'assemblée constituante. Celle-ci valida l'abolition de la constitution de Perón de 1949 et rétablit celle de 1853 en y ajoutant une réforme concernant la protection du travail.

En 1958 Arturo Frondizi, leader de l'Unión Cívica Radical Intransigente et qui avait un projet de développement du pays, gagna l’élection présidentielle avec l'appui du péronisme toujours illégal, mais bien actif.

Le gouvernement de Frondizi fut destitué en 1962 par un nouveau coup d'État militaire, après que le parti péroniste eût remporté une série d'élections provinciales. Au cours de la grande confusion qui régnait alors, la Cour Suprême désigna José María Guido, alors président provisoire du Sénat, comme nouveau président de la Nation. Et cette décision fut avalisée par la junte militaire.

Le 7 juillet 1963, se déroule une nouvelle élection présidentielle, toujours avec proscription des péronistes. Elles sont remportées par Arturo Umberto Illia, candidat de l'Unión Cívica Radical del Pueblo.

Au sein du collège électoral, la formation d'Arturo Illia obtient 270 votes sur 476 grands électeurs, le 31 juillet 1963.

Son premier acte consiste à éliminer les restrictions et proscriptions pesant sur le péronisme. En 1965 le gouvernement convoque des élections législatives qui amènent un triomphe électoral de ces derniers avec 3.278.434 votes contre 2.734.970 pour l'Unión Cívica Radical del Pueblo.

Les trois années du mandat d'Illia se soldent par un succès économique certain. Le Produit intérieur brut s'accroît de quelques 17,5 % de 1963 à 1965. L'évolution de la production industrielle s'élève à près de 30 %. La dette extérieure diminue notablement. Le taux de chômage régresse de 8,8 % en 1963 à 5,2 % en 1966.

Cependant le triomphe du péronisme crée de sérieux remous au sein des forces armées, dont une partie reste liée aux péronistes, pendant qu'une autre leur est farouchement opposée.

À cela s'ajoute une intense campagne de dénigrement impulsée par des secteurs économiques au travers de certains médias. Ces journalistes surnomment Illia « la tortuga » (la tortue), critiquant sa gestion comme timorée et incitant les militaires à le démettre, ce qui contribue à aggraver la faiblesse politique réelle du gouvernement.

Le général Julio Alsogaray planifie un coup d'État qui devait amener au pouvoir le général Juan Carlos Onganía. L'idée du coup est soutenue par des factions militaires, mais aussi par des secteurs du syndicalisme et même par des politiciens comme Oscar Alende et l'ex-président Arturo Frondizi.

Et ainsi, le 28 juin 1966, se produit ce coup d'État, au milieu de l'indifférence générale. Le général Alsogaray se présente à 5 heures au bureau présidentiel de la Casa Rosada, et somme Illia de se retirer. Celui-ci refuse, mais quelque temps après, le palais est envahi par des policiers munis de pistolets lance-gaz, et entouré par des troupes armées. Illia doit se retirer, et le lendemain Onganía le remplace.

Cela conduit à une petite série de généraux-présidents profondément détestés (Onganía, Levingston et Lanusse -tous de facto-) et, sauf le dernier, tyranniques et imposés par l'armée. Il règne alors en Argentine une atmosphère de perpétuelles protestations des péronistes, et une guérilla urbaine se développe (Montoneros - rapt et exécution d' Aramburu). Finalement, Alejandro Lanusse, investi en 1971, tente de rétablir la démocratie par des élections.

Lanusse organise donc des élections générales le 11 mars 1973, et cela pour la première fois depuis dix ans. Juan Perón ne peut pas y participer; les Argentins élisent donc Héctor José Cámpora président, avec toutefois un taux d'abstention énorme. Campora démissionne en juillet 1973, et de nouvelles élections sont organisées. Perón remporte les élections et redevient président en octobre de la même année, aux côtés de sa troisième épouse et vice-présidente, Isabel Martínez de Perón, après plusieurs années d'exil en Espagne. Les extrémistes, tant de droite que de gauche, organisent des attentats terroristes, et le gouvernement prend des mesures d'urgence, sous forme de décrets. Le gouvernement peut ainsi emprisonner des suspects pour une période indéterminée.

Perón meurt le 1er juillet 1974. Son épouse devient présidente, mais elle doit faire face à de graves problèmes économiques, aux luttes intestines dans son parti politique, et à l'escalade des attentats terroristes.

Maria Estela Isabel Martínez de Perón est finalement évincée par le coup d'État du 24 mars 1976. Une junte militaire gouverne le pays jusqu'au 10 décembre 1983, durant ce que l'on appelle la guerre sale.

Videla, Viola et Galtieri se succèdent à la tête de la junte. Les services secrets argentins, conjointement à ceux du Chili, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, instituent une répression violente, nommée Opération Condor, au cours de laquelle ils systématisent les arrestations, assassinats, tortures et enlèvements politiques. Les militaires prennent des mesures sévères contre les « terroristes » et les personnes qu'ils soupçonnent de soutenir les terroristes. Ces « terroristes » appartiennent pour la plupart à la jeunesse militante de gauche. Entre 10 000 et 30 000 personnes auraient disparu entre 1973 et 1983, sans compter les centaines d'enfants et de bébés (nés dans les prisons clandestines) de ces personnes qui ont été soustraits à leur famille naturelle et adoptés sous de faux noms par des militaires et ceux qui les appuyaient. La plupart de ces enfants sont toujours recherchés par leurs grands-parents. Le Mouvement des mères de la place de Mai s'est constitué en 1977 pour dénoncer les disparitions et les assassinats.

Les Argentins généralisent aussi dans toute l'Amérique latine les méthodes de contre-insurrection (Opération Charly). Ils soutiennent et entraînent ainsi les Contras au Nicaragua, interviennent au Honduras, au Salvador et au Guatemala, participent au coup d'Etat en Bolivie de Luis Garcia Meza, etc.

Durant cette période a lieu la guerre des Malouines qui opposa la junte argentine au Royaume-Uni, sur la souveraineté des Îles Malouines (Falklands islands en anglais), entre mars et juin 1982.

Des élections sont organisées le 30 octobre 1983 pour renouveler le président, le vice-président, les gouverneurs de province et représentants locaux. Les observateurs internationaux approuvent ces élections. Raúl Alfonsín, de l'Union Civique Radicale, remporte l’élection présidentielle avec 52% des voix. Son mandat de 6 ans débute le 10 décembre 1983. Il oeuvre notamment pour le rétablissement des institutions publiques et des droits et garanties constitutionnels.

Le retour à la démocratie entraîne de sérieuses améliorations au niveau des relations extérieures. Sous le mandat de Raúl Alfonsín se règle un différend frontalier avec le Chili qui écarte un risque de conflit. Les deux pays signent le 29 novembre 1984 un traité de paix et d'amitié. C'est ensuite avec son rival régional le Brésil que l'Argentine se réconcilie le 30 novembre 1985, date de la déclaration de Foz do Iguaçu. Cette déclaration est la première pierre de ce qui va devenir le Mercosur.

Au niveau économique, la situation du pays, tout au long de son mandat, est extrêmement difficile. Les prix sont en hyperinflation constante, atteignant déjà des records mondiaux en 1983. Durant l'année 1984, l'inflation annuelle s'établit à 625%, alors que l'augmentation moyenne des salaires n'est que de 35%. À l'approche de la fin du mandat présidentiel en mai 1989, l'inflation mensuelle est de 78%, accompagnée d'une hausse vertigineuse du taux de pauvreté, passant de 25% en mai à 47% en octobre.

Sur ce fond d'emballement économique, Raúl Alfonsín annonce une élection présidentielle anticipée, qui a lieu le 14 mai 1989, et voit la défaite de l'Union Civique Radicale et l'élection de Carlos Menem (parti justicialiste).

Économiquement, le gouvernement de Carlos Menem mène une politique très libérale. Il réalise de nombreuses privatisations, notamment le pétrolier YPF (Yacimientos Petrolíferos Fiscales), le gazier Gas del Estado, ainsi que des services publics dans les médias télévisés, la poste, la téléphonie, la distribution d'eau et d'électricité, les transports ferroviaires etc. Pour attirer les capitaux étrangers, il relâche le contrôle de l'État sur l'économie, et le ministre des finances Domingo Cavallo instaure une loi de convertibilité entre le dollar américain et l'austral argentin (remplacé par la suite par le peso convertible, pour obtenir la parité 1 dollar valant 1 peso). Ces mesures permettent de diminuer drastiquement l'inflation, la ramenant à un taux proche de zéro au début des années 1990. Le pays souffre cependant encore d'un taux de chômage élevé, en lente diminution lors de ses premières années de mandat, puis à nouveau en hausse jusqu'à atteindre un pic à 18,4% en mai 1995 suite à la crise de la Tequila au Mexique en 1994, qui touche aussi l'Argentine. Bien qu'en meilleur état qu'à la fin des années 1980, l'économie argentine reste fragile, car très dépendante de l'étranger.

L'Argentine sous Menem continue de promouvoir la création d'une zone de libre-échange en Amérique du Sud notamment grâce à la signature du traité d'Asunción le 26 mars 1991 avec le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, traité qui donne officiellement naissance au Mercosur. Toujours en 1991, L'Argentine normalise ses relations diplomatique avec le Royaume-Uni, interrompues depuis la guerre des Malouines.

Au début des années 1990, deux attentats touchent les intérêts israéliens en Argentine : tout d'abord un attentat contre l'ambassade d'Israël à Buenos Aires le 17 mars 1992 faisant 29 morts, puis le 18 juillet 1994 une camionnette chargée d'explosifs qui tue 85 personnes visant les locaux de l'association mutuelle israélite argentine (AMIA). Des groupes fondamentalistes libanais sont pointés du doigt, l'Iran est également soupçonné d'avoir contribué aux attentats.

En 1994, suite au scandale provoqué par la mort d'un conscrit consécutive à des abus et mauvais traitements dans l'armée, le service militaire obligatoire est abandonné.

La même année, Carlos Menem négocie avec l'opposition une réforme de la Constitution autorisant un second mandat présidentiel et ramenant la durée du mandat de 6 à 4 ans. Il peut ainsi se présenter à sa propre succession. Il est réélu en 1995 pour un second mandat, qui débute le 10 décembre de cette année.

Pour ce second mandat, Menem maintient le même cap politique, cependant sa popularité décroît rapidement. Il ne parvient pas à maîtriser le chômage qui reste élevé (12,4% en octobre 1998, 13,8% à la fin de son mandat), entraînant l'apparition du mouvement piquetero : il s'agit d'un mouvement social initié suite au licenciement de travailleurs par la compagnie pétrolière YPF récemment privatisée, mouvement qui gagne peu à peu l'ensemble du pays.

De plus, l'Argentine augmente trop sa dette extérieure, qui franchit durant les mandats de Menem la barre des 40% du PIB. Le troisième trimestre 1998 voit débuter une récession économique. Le bilan des privatisations est critiqué, les entreprises privatisées ayant contribué à augmenter le chômage, et si la qualité du service est jugée positive dans certains secteurs (électricité, téléphonie), elle l'est beaucoup moins notamment dans les transports ferrovières. Enfin, de sérieux scandales de corruption achèvent de noircir ce mandat.

Les élections du 24 octobre 1999 donnent la victoire à Fernando de la Rúa, candidat d'une alliance de centre-gauche dirigée par l'Union Civique Radicale face au candidat du parti justicialiste.

Devant la détérioration de l'économie et des finances publiques, De la Rúa demande l'aide du FMI tout en maintenant la parité peso/dollar. La récession dans laquelle est plongée le pays provoque un début de fuite des capitaux étrangers et le début de la crise économique argentine. Le gouvernement annonce un investissement de 20 milliards de dollars pour des programmes de travaux publics afin de raviver l'économie, mais cela ne suffit pas à enrayer la fuite des capitaux.

Le système politique apparaît totalement mis en échec à partir de la démission du vice-président Carlos Álvarez, le 8 octobre 2000, en plein scandale de pots-de-vin au sénat pour l'approbation d'une loi du travail qui ôterait aux travailleurs argentins leurs droits historiques.

À la fin de 2001, le chômage atteint le taux de 20%. Des saccages, des grèves, des manifestations populaires déferlent sur tout le pays en décembre. De la Rúa décrète l'état de siège, et ordonne une répression féroce, qui provoque plus de 35 morts les 19 et 20 décembre. La rébellion populaire, loin de cesser, reçoit l'appui des classes moyennes dont les dépôts bancaires ont été expropriés, face à quoi de la Rúa doit se démettre, ayant à peine accompli la moitié de son mandat. Trois présidents intérimaires lui succèdent en moins d'un an, incapables de stabiliser la situation.

En janvier 2002, le Congrès nomme finalement Eduardo Duhalde, du parti justicialiste, pour achever le terme présidentiel. Duhalde supprime la parité du peso argentin avec le dollar, ce qui entraîne immanquablement une inflation galopante. Il consacre l'expropriation des petits dépôts bancaires du secteur privé, protégeant ainsi les intérêts des grandes banques et le secteur exportateur, ce qui aggrave la rébellion populaire, dont le mot d'ordre principal est, en décembre 2001 : « ¡que se vayan todos! » - « Qu'ils s'en aillent tous ».

Cependant, en 2002 la récession économique prend fin, et Duhalde provoque des élections anticipées pour le 27 avril 2003, qui amènent la victoire de Néstor Kirchner, à la tête du Front pour la victoire.

L'une des premières décision du nouveau président Raúl Alfonsín, en 1983, est de créer la Commission nationale sur la disparition de personnes (CONADEP) afin d'enquêter sur les disparitions forcées commises par les juntes militaires entre 1976 et 1983. La CONADEP publie un rapport en 1984.

Le 22 avril 1985 s'ouvre le procès des juntes, qui doit juger les responsables militaires au pouvoir entre 1976 et 1983. Un tel procès n'a pas de précédent en Amérique latine, il met en évidence un grand nombre de crimes commis par les juntes. Cependant, le gouvernement d'Alfonsín empêche le jugement de nombreux responsables, selon lui à cause des pressions effectuées par des militaires, dont l'influence reste importante. Il promulgue d'abord la loi du punto final, entrée en vigueur le 24 décembre 1986, qui suspend une grande partie des procès contre les militaires.

Le 15 avril 1987 les Carapintadas, un groupe de militaires mutins dirigé par le lieutenant colonel Aldo Rico, exige l'annulation des procès des militaires non exemptés par la loi du punto final. Les mutins sont tous neutralisés mais seulement deux sont arrêtés. Toujours est-il que le 4 juin de la même année, la loi de l'obediencia debida est promulguée : elle absout de toute responsabilité les militaires chargés de la répression. Plus de 2000 militaires auraient ainsi échappé à des poursuites.

En 1988, les carapintadas se rebellent encore à deux reprises, se rendant chaque fois dans les jours suivants mais parvenant à obtenir des concessions de la part du gouvernement.

En 1989, une organisation armée d'extrême gauche, le Movimiento Todos por la Patria (MTP), attaque le régiment militaire de La Tablada dans la province de Buenos Aires. Le groupe composé de 40 membres est mené par Enrique Gorriarán Merlo, fondateur de l'Armée révolutionnaire du peuple (ERP), qui prétend agir pour empêcher un coup d'État de la part des carapintadas. L'armée réplique avec des armes au phosphore blanc, dont l'utilisation est prohibée par une convention internationale. 39 personnes sont tuées (dont 28 appartenant au MTP), et 60 personnes blessées durant l'assaut.

Juste après son élection, en 1990, Carlos Menem proclame, dans la continuité des lois déjà votées sous Alfonsín, une amnistie pour une « réconciliation nationale » visant aussi bien des militaires (dont Jorge Rafael Videla, Emilio Eduardo Massera et Leopoldo Galtieri) que des civils (dont des anciens guérilleros) impliqués dans la guerre sale, avec une volonté affichée, selon les termes de Menem, de tourner « une page noire et triste de l'histoire de l'Argentine ». Par ailleurs Carlos Menem effectue des coupes drastiques dans le budget militaire.

La même année, la justice française condamne par contumace le militaire argentin Alfredo Astiz à la prison à perpétuité pour l'assassinat de deux religieuses dans la funeste École supérieure de mécanique de la marine.

En mars 1996, la justice espagnole est saisie pour juger les criminels des juntes militaires entre 1976 et 1983. En effet la justice espagnole se déclare compétente pour juger certains crimes comme les crimes contre l'humanité commis ou non sur le sol espagnol et par des étrangers comme par des Espagnols.

De plus, en dépit de l'amnistie, l'ancien dictateur Videla est placé en détention en 1998, sous le chef d'accusation de « vol de bébés », s'agissant d'enfants de victimes du régime, ce crime reconnu par la justice argentine n'étant couvert ni par l'amnistie de Carlos Menem, ni par les lois du punto final et de l'obediencia debida.

En 1999, l'Argentine entre dans une récession qui va durer trois ans. Les investisseurs fuient le pays. En 2001, les gens perdent confiance et se mettent à retirer autant que possible du cash qu'ils convertissent en dollars. Le gouvernement gèle les comptes, provoquant des émeutes qui finissent par s'en prendre aux compagnies étrangères. Fin 2001, l'état d'urgence est déclaré, les manifestations font des morts et le 21 décembre, le président fuit en hélicoptère. L'Etat est en cessation de paiements et les entreprises du pays connaissent de graves problèmes mais le nouveau président Eduardo Alberto Duhalde parvient à rétablir la situation.

Le 25 mai 2003, Néstor Kirchner accède au pouvoir dans une Argentine économiquement ravagée. Malgré la fin de la crise annoncée par les analystes, le pays reste étranglé par sa dette extérieure et 20 millions de personnes sont toujours sous le seuil de pauvreté avec un chômage record, vivant grâce à une économie parallèle que l'État ne contrôle pas, les Argentins organisant par endroit leur autonomie alimentaire et éducative, refusant parfois toute aide de l'État.

Kirchner garde dans son gouvernement le précédent ministre de l'économie, Roberto Lavagna. Les deux hommes parviennent à négocier en février 2005 la diminution de la dette argentine auprès de ses créanciers, achevant ainsi un processus qui durait depuis plus de trois ans. Le bilan inclut une réduction d'environ 70 % des 82 milliards de dollars de dette, une conversion de cette dette en bons du trésor et un échelonnement des remboursements sur 42 ans. Malgré l'opposition de leurs partenaires (notamment l'Italie), ils réussissent à imposer cet accord avec un soutien massif de la population.

Au point de vue diplomatique, Kirchner rompt avec l'alignement traditionnel de Buenos Aires sur Washington, préférant favoriser des alliances régionales notamment au sein du Mercosur, refusant par exemple l'accord de libre-échange des Amériques. Critique du néolibéralisme et dans la mouvance du Brésil de Lula, l'Argentine sous Kirchner s'ouvre davantage vers des pays comme le Venezuela, qui rejoint d'ailleurs le Mercosur le 17 juin 2006. À l'initiative de l'Argentine et du Venezuela, six pays sud-américains s'associent en 2007 en vue de la création de la Banque du Sud.

Depuis 2005, les relations avec le voisin uruguayen se détériorent sérieusement suite à un différend concernant la construction d'usines de cellulose sur le Rio Uruguay, qui marque la frontière entre les deux pays. Les médias francophones donnent le surnom de « guerre du papier » à ces évènements.

Début 2008, le pays connait d'importantes manifestations de fermiers en raison des taxes à l'exportation et de leurs impôts, ainsi qu'une pénurie de monnaie.

Néstor Kirchner est élu notamment avec la promesse de lever l'immunité des criminels qui répandirent le sang dans le pays pendant les périodes de dictature.

Le 25 juillet 2003, Nestor Kirchner abroge le décret interdisant l'extradition des criminels de la dictature. En août, les députés argentins adoptent à l'unanimité un projet de loi visant à inscrire dans la Constitution l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Le Congrès national annule les lois du punto final et de l'Obediencia debida, décision confirmée par la Cour suprême de justice le 14 juin 2005.

En septembre 2006, le juge fédéral Norberto Oyarbide lève l'amnistie prononcée en 1990 par Carlos Menem pour Videla et deux de ses anciens ministres. Le 25 avril 2007, la Cour suprême confirme le caractère anticonstitutionnel de cette amnistie. Cette décision valide à nouveau les condamnations de prison à perpétuité rendues par la justice argentine lors du procès de 1985. Cependant, Roberto Viola et Leopoldo Galtieri sont aujourd'hui décédés, quant à Emilio Massera, il a été victime en décembre 2002 d'une hémorragie cérébrale et ne comparaitra probablement plus devant les juges.

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Source : Wikipedia