Architectes

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Posté par seb 17/03/2009 @ 08:17

Tags : architectes, architecture, culture

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Architectes des bâtiments de France

Les architectes des bâtiments de France (ABF) sont des fonctionnaires français d'encadrement supérieur (catégorie A+) appartenant au corps des architectes et urbanistes de l'État (AUE) ayant opté pour la section « patrimoine ». C'était à l'origine un corps distinct créé en 1946. Depuis 1993, il est réuni au corps des urbanistes de l’État (UE) au sein du corps des architectes et urbanistes de l'État (AUE), afin de rendre plus cohérent le respect du patrimoine et les dynamiques d’aménagement. Le corps des AUE regroupe près de 280 personnes (170 ABF et 110 urbanistes).

Les architectes des bâtiments de France ont dans leurs missions de service public, l'entretien et la conservation des monuments protégés ou non, ainsi qu'un rôle général de conseil gratuit et indépendant sur les autres édifices du patrimoine. Ils aident au montage des dossiers financiers et techniques de restauration et s'assurent de la bonne réalisation des travaux selon les règles de l'art. Par ailleurs, les architectes des bâtiments de France veillent à la bonne insertion des constructions neuves et des transformations aux abords des monuments protégés et sont présents dans chaque département au sein des Services départementaux de l'architecture et du patrimoine (SDAP).

Chaque SDAP est dirigé par un chef de service, le plus souvent architecte des bâtiments de France (quelques administrateurs civils dirigent également certains SDAP). Il est composé en moyenne de huit agents pouvant comprendre un ou deux autres ABF (alors adjoint au chef de service), des architectes contractuels ou vacataires, des ingénieurs des travaux publics de l'Etat, des ingénieurs des services culturels et du patrimoine, des techniciens des services culturels et des bâtiments de France, des adjoints administratifs et un(e) secrétaire général(e).

« Les architectes et urbanistes élèves sont recrutés : 1° Par la voie d'un concours externe à options, parmi les candidats âgés de quarante ans au plus au 1er janvier de l'année du concours, détenteurs d'un diplôme, titre, certificat ou qualification qui ouvre l'accès au titre d'architecte en France ; 2° Par la voie d'un concours interne: il est réservé aux fonctionnaires et aux agents non titulaires de l’État ou des collectivités territoriales, sans limite d’âge dès lors qu’ils justifient d’au moins 5 années de service public et du diplôme d’architecte . 3° Par la voie d'un examen professionnel qui est réservé aux fonctionnaires justifiant d’au moins 8 ans de services effectifs, âgés de 40 ans au moins et titulaires du diplôme d’architecte.

Ils sont titularisés par nomination ministérielle. En moyenne quatre à huit architectes des bâtiments de France sont recrutés par an. Même si le concours est ouvert à tous les architectes DPLG, il est vivement conseillé aux candidats d'être passés par l'École de Chaillot.

A la suite du concours, une formation d'un an est dispensée aux élèves Architectes et urbanistes de l'État par l'École nationale des Ponts et Chaussées et par l'École de Chaillot, qui, sanctionnée par un PFE, vaudra titularisation.

L'histoire des architectes des bâtiments de France est intimement liée à l'évolution de la notion de patrimoine et à son intégration à l'administration française.

Dans un premier temps, liés aux seuls édifices protégés (d'abord aux cathédrales, puis à l'ensemble des Monuments historiques), l'architecte des Monuments historiques (ancêtre des ABF) assiste les architectes en chef des monuments historiques (alors une petite dizaine pour toute la France) en qu'architecte d'opération. Il a un statut libéral, et est lié au département. Ces missions d'abord ponctuelles occuperont au fur et à mesure des protections la totalité de son travail d'architecte.

Au milieu du XXe siècle, avec la prise en compte de la protection des abords des Monuments Historiques, l'architecte des bâtiments de France aborde une toute autre échelle, celle de l'urbanisme. Urbanisme qui occupera dorénavant la majeure partie de son travail avec la création des secteurs sauvegardés, des ZPPAUP, des sites, des PLU patrimoniaux…

Par ailleurs, avec son travail sur le territoire et l'élargissement de ses compétences, de l'objet "monument historique" à la politique patrimonial du département, cela renforcera ses liens à l'administration qui lui créera de véritables structures de travail (agence des bâtiments de France, puis SDA et enfin SDAP) dans lequel il deviendra le chef de service.

Ce lien à l'urbanisme et à l'administration l'éloignera des architectes en chef qui resteront libéraux, à la marge de l'administration. Avec l'augmentation des ACMH au milieu du XXe siècle, ils assureront eux-mêmes leur suivi de chantier (aidé la plupart du temps par des architectes, collaborateurs d'architecte en chef au sein d'agences d'architecture privées), l'ABF n'assurant plus que l'entretien et les réparations ordinaires sur les Monuments historiques (qui peuvent s'élever dans certains cas à plusieurs centaines de milliers d'euros).

Les Architectes des bâtiments de France dépendent du ministère de la Culture. Le corps des Architectes et urbanistes de l'État, comporte deux grades, Architecte et urbaniste de l'État et Architecte et urbaniste de l'État en chef. Le corps des ABF comprend un seul grade comportant neuf échelons. L’ABF exerce dans un Service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP), son responsable hiérarchique étant le préfet. La fonction est départementale et il existe au moins un architecte des bâtiments de France par département, installé au chef-lieu de département. Les ABF peuvent être présents à d’autres niveaux du ministère de la Culture : administration centrale à la Direction de l’architecture et du patrimoine (DAPA), régional, etc. Ils peuvent aussi être détachés dans d’autres ministères (Environnement notamment).

Il y a un SDAP par département, dirigé par un chef de service, assisté de un ou deux ABF adjoints et d’environ un à cinq agents (en moyenne). Le cas le plus fréquent est que le chef de service soit un ABF mais il arrive parfois qu'il soit un administrateur civil.

Dans le cadre du contrôle de ces espaces protégés, l’ABF émet un avis sur tous types de projets (permis de construire, de démolir, déclaration de travaux, permis de lotir, certificat d’urbanisme...). Selon l’espace protégé et la demande, l’autorité (maire ou préfet) qui délivre l’autorisation est liée par l’avis de l’ABF (avis conforme), ou peut engager sa propre responsabilité (avis simple) (voir notamment sur les différents avis l'art SDAP).

L’avis de l'ABF est susceptible de recours devant la commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) présidée par le Préfet de région.

Cette mission d'entretien confiée à l'ABF laisse place à l'intervention de l'architecte en chef des monuments historiques (ACMH) dès lors que l'état du monument nécessite une analyse approfondie en prévision d'une campagne de restauration. La délimitation entre les interventions ponctuelles et les restaurations nécessite une concertation systématique assurée par le conservateur régional des monuments historique (CRMH).

Conserver signifie assurer le maintien, c'est-à-dire gérer l'entretien et la sécurité courante. De très nombreux monuments ouverts au public confiés au Centre des monuments nationaux, bénéficient en outre d'un administrateur en charge de leur gestion et de leur animation. Les missions d'entretien sont alors ainsi réparties : à l'administrateur revient l'entretien préventif, au conservateur (l'ABF) l'entretien curatif. Il appartient évidemment à l'administrateur d'alerter l'ABF-conservateur sur les travaux qui lui paraissent nécessaires à la sécurité et la bonne conservation du monument.

Mais les débouchés, notamment depuis la refonte du statut en 1993, au sein de l'administration sont nettement plus importants et offrent des choix très variés. De par leur interministérialité et leur grade de catégarie A+ (équivalent à celui d'administrateur civil), ils peuvent exercer leurs fonctions tant au ministère de la Culture qu'au MEDAD. Nous trouvons ainsi actuellement les AUE au sein de l'administration centrale ou déconcentrée aux postes de secrétaire général d'un service déconcentré, de chef d'arrondissement rural ou urbain, d'adjoint d'un sous directeur en administration centrale, de secrétaire général d'une DRDE, conservateur régional des Monuments Historiques (CRMH), directeur adjoint d'un service déconcentré, directeur régional des Affaires culturelles, directeur de CIFP, chargé d'inspection au conseil général des ponts et chaussées, chef de service de l'Habitat, de chef de service de l'urbanisme, de directeur départemental de DDE, directeur régional de DRE, ...), et de ministère de l'Environnement (notamment à la DIREN), chef de service déconcentré, de directeur d'école nationale supérieure d'architecture... En outre, un certain nombre d'ABF rejoint après concours, le corps des architecte en chef des monuments historiques (les ABF y sont présents à environ 40%).

Le salaire d'un ABF commence en tant qu'élève architecte urbaniste de l'État à 2000 € net et finit en tant qu'architecte et urbaniste de l'État en chef, chef de service, à 6500 € primes comprises. Des années d'ancienneté d'exercice en libéral peuvent être prises en compte (dans la limite de quatre ans). Ce salaire peut être supérieur s'il exerce des fonctions plus importantes en particulier en administration centrale.

L'article premier de la loi du 3 janvier 1977 décrète l'architecture d'intérêt public : {{Citation|L'architecture est une expression de la culture. La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d'intérêt public. Les autorités habilitées à délivrer le permis de construire ainsi que les autorisations de lotir s'assurent, au cours de l'instruction des demandes, du respect de cet intérêt..

C'est également cette loi qui a institué les conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement (CAUE).

L'ANABF est l'association des architectes des bâtiments de France.

L'AAUE est celle des architectes et urbanistes de l'État.

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Ordre des architectes

L’Ordre des architectes est, en France, une personne morale de droit public instituée par une loi, dont le statut est un décret et dont les membres sont toutes les personnes qui exercent la profession d'architecte. Il a pour fonction de définir et d'organiser la mission de l'architecte dans ses rapports avec l'intérêt public (exécution des politiques publiques en matière d'hygiène, de sécurité, de patrimoine, d'économie, d'environnement, d'urbanisme, etc..) et les intérêts privés (des propriétaires, des usagers, ainsi que des professionnels et des salariés du bâtiment). Il possède pour cela des attributions administratives, normatives, juridictionnelles et de formation sur ses membres.

L'Ordre des architectes a été créé d'après un projet de Jean Zay, ministre de l'Instruction publique dont dépendait alors la direction des Beaux-Arts (qui est devenue le ministère de la Culture). Ce projet est devenu effectif par une loi, promulguée en 1940 par le Régime de Vichy et réactualisée en 1977, qui définit l'architecture relativement à l'intérêt public comme une activité à vocation d'abord artistique, puis culturelle. Son principe est de séparer l'activité économique de la construction (les entrepreneurs et les fabricants de matériaux) de l'activité libérale de conception et de vérification afin que l'architecte puisse intervenir de façon neutre pour arbitrer entre les intérêts des entrepreneurs, des propriétaires et du public, tout en faisant valoir les dimensions artistiques et culturelles de sa mission. Pour cela, la rémunération de l'architecte, qui faisait l'objet d'un barême officiel est rendue indépendante des objectifs financiers des entrepreneurs, des fabricants et des promoteurs, et il lui est par conséquent interdit d'exercer en même temps les activités d'entrepreneur, de marchand de matérieux, de promoteur ou d'agent immobilier, ou de recevoir des commissions ou des ristournes de ceux-ci. Il peut ainsi, d'une part bien choisir les entreprises et les matériaux lors des appels d'offre, ensuite les contrôler en toute objectivité, d'autre part imposer au maître de l'ouvrage des choix techniques et artistiques qui ne servent pas directement ses intérêts mais l'intérêt du public tel qu'il est défini par les différents ministères concernés (santé, finances, affaires sociales, monuments historiques, consommation, sécurité, etc..).

L'Ordre des architectes est une personne morale de droit public dont les membres sont toutes les personnes qui exercent la profession d'architecte et dont le statut est un décret pris en Conseil d'État en application de la loi de 1977 sur l'Architecture. Son statut est un décret pris en Conseil d'État en application de la loi de 1977 qui définit l'architecture comme une expression de la Culture et la place sous la tutelle du Ministère de la culture .

Il est dirigé par des conseillers régionaux et par des conseilles nationaux élus au suffrage universel.

Il possède une juridiction disciplinaire qui comporte un conseiller d'État et se prononce sous appel des juridictions administratives; elle peut prononcer des recommandations, des avertissements, des injonctions de faire, la radiation d'un architecte, la liquidation d'une société d'architecture et mettre en place son administration provisoire. Il possède aussi une juridiction arbitrale pour l'interprétation des conventions d'architecte et pour trancher les différents nés entre les associés des sociétés d'architecture .

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Femmes architectes

Femme Inuit

Traditionnellement, les femmes ont joué leur rôle dans la conception et la construction des premiers habitats et marqué leur trace dans l'architecture vernaculaire. Par la suite, mises à l'écart de façon caractéristique des métiers technologiques et prestigieux, elles ont été éloignées de la formation académique jusqu'au début du XIXe siècle, époque à laquelle la profession d'architecte et ses écoles se sont ouvertes aux femmes. Aujourd'hui, si elles représentent 40% des diplômées des Écoles d'architecture d'Europe, elles ne sont encore que très peu à diriger leur agence.

Il existe très peu de documents sur le sujet, et la recherche, très androcentrée, s'est concentré sur le rôle des hommes, réduisant souvent les femmes à leur image et non à celui de sujets actifs (représentation dans l'art et les peintures rupestres, déités comme la Vénus de Willendorf, etc.). Ainsi, théoriciens et chercheurs spécialisés sur l'époque préhistorique se concentrent plus volontiers sur d'autres thèmes et considèrent un étude « genrée » de moindre importance pour l'histoire. Il semble néanmoins admis que les femmes ancêtres aidaient à la construction des villages préhistoriques.

Dans la préhistoire, chez les Inuits, le rôle des femmes dans les foyers Paleoeskimo, foyers nomades, consiste à maintenir une continuité entre des habitats saisonniers formés par des grands maisons et des feux extérieurs. Sur le plan spirituel, les femmes eskimos sont considérées comme l'âme de la maison et une sorte d'intermédiaire entre les chasseurs et les âmes des animaux chassés.

On dispose de plus de détails sur les femmes des Peuples d'Amérique. L'architecture vernaculaire révèle que des femmes ont toujours assumé la planification et la construction de la maison : lieu d'accueil de l'unité de production que constitue alors la famille. Chez les peuples du Sud-ouest de l'Amérique du Nord et des grandes plaines, les femmes sont actives dans la construction et la formation des habitations. Dans la plupart des tribus (Comanches, Kiowa, Cheyennes, Arapaho, Blackfoot, Sioux…), les femmes produisent, dessinent et possèdent ces habitations grâce à leur labeur. Elles choisissent l'emplacement du camp puis organisent le village. Le rôle de l'homme indien consiste en la décoration de la tente.

Chez les Pueblos, Indiens du Sud-ouest des États-Unis, les femmes sont aussi responsables de la construction. Dans la tribu des Hopi qui se développa entre 700 et 1100 après J.-C., elles sont, avec l'aide de leur mari et de leurs frères, les propriétaires et les conceptrices des habitations. Les Indiens Pueblos étaient des fermiers sédentaires. Ils choisissaient des sites naturellement protégés et utilisaient la pierre et le bois comme matériaux de construction. Ces hommes et ces femmes furent les premiers planificateurs des villes du Nord des États-Unis.

Les Navajos, les Espagnols et les pionniers américains qui envahirent les États-Unis furent fortement influencés par les constructions des pueblos. Les connaissances architecturales des Pueblos se répandirent notamment « grâce » aux Espagnols : ces conquérants célibataires capturèrent les femmes Pueblos, puis les hommes, afin qu'ils construisent leurs habitations. Ensuite, les pionnières du Far West américain prirent elles aussi la charge de la construction du foyer.

En Europe, les femmes ne sont pas non plus absentes de l'architecture. Notablement, deux femmes semblent avoir eu la maîtrise du projet et de la construction de leur demeure respective : Catherine Briçonnet, au XVIe siècle, pour son château de Chenonceau, et la marquise de Rambouillet pour son hôtel du Marais, l'hôtel de Rambouillet, construit au XVIIe siècle et disparu depuis. D'ailleurs, c'est à l'instar de cette dernière que beaucoup de grands seigneurs et de gens du monde se lancèrent, en amateurs, dans l'architecture.

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, une moniale, Antoinette Desmoulin, réalise les plans d'une église qui sera annexée, entre 1684 et 1686, à l'abbaye bénédictine de la Paix de notre Dame à Liège. Il est peu probable que ces exemples soient uniques surtout que certaines femmes, telle George Sand, ont eu recours à un pseudonyme masculin pour entreprendre une carrière artistique.

Les femmes se distinguent également comme mandataires. Ainsi, dans la France du XVIIIe siècle, des aristocrates proches du pouvoir royal se font construire des résidences : le Petit Trianon de madame de Pompadour, par exemple, un pavillon dans le parc de Versailles, à l'écart de la vie formelle de la cour ; ou le pavillon de divertissement de madame du Barry, réalisé par l'architecte Claude-Nicolas Ledoux.

De même, des femmes de la bourgeoisie du XXe siècle s'offrent les services d'architectes de l'avant-garde moderne pour réaliser leurs habitations qui deviendront autant de chefs-d'œuvre de l'architecture : Edith Farnsworth, médecin américaine, se fait construire la maison en verre Farnsworth de Ludwig Mies van der Rohe, le couple Sarah et Michael Stein avec leur amie Gabrielle de Monzie, mandate Le Corbusier pour la villa Stein de Monzie, et Truus Schröder travaille avec Gerrit Rietveld sur les plans de la maison Schröder.

Mais avec l'avènement de l'idéologie bourgeoise au XIXe siècle, le travail des femmes perd progressivement sa reconnaissance de valeur économique et les compétences des femmes subissent une profonde restructuration. La maison devient un intérieur, lieu de reproduction, de refuge et de représentation. Les femmes sont identifiées à la sphère privée, à leurs fonctions de mères et de ménagères. On les cantonne à des rôles traditionnels dit féminins, caractérisée par le petit, le privé, l'intime, le pratique.

Les débuts académiques des femmes-architectes ne démarrent qu'à la fin du XIXe siècle alors que les hommes ont déjà entamé, depuis environ 600 ans, l'histoire de l'architecture en tant que profession. Pourtant, les femmes ont influencé l'aménagement de leur environnement construit avant que les universités ne leur ouvrent leurs portes. Alors que la profession d'architecte s'institutionnalise, et que le métier s'acquiert par une instruction d'abord réservée aux hommes, les femmes en sont écartées. La mise à l'écart systématique des femmes des métiers de pouvoir ou 'techniques' les éloignent donc de facto du domaine de la construction. De cela, il reste aujourd'hui encore de profondes traces.

Les premières femmes diplômées des écoles d'architecture d'Europe et aux États-Unis le sont vers 1890. On peut citer à titre d'exemple Julia Morgan, première femme admise à l'École des Beaux-Arts de Paris. La première femme architecte au Canada, Esther Marjorie Hill, reçoit son diplôme de l'université de Toronto en 1920. En Suisse, Flora Crawford est la première femme à obtenir son diplôme en 1923 à l'ETHZ.

L’économie et la politique de chaque pays vont fortement influencer la féminisation de la profession, tantôt favorisant leur activité, tantôt les renvoyant dans leur foyer.

Ensuite, ce sont les pionnières – Eileen Gray, Renée Gailhoustet, Édith Girard, Odile Decq - qui viennent instantanément à l'esprit. Ce sont-elles qui ont dû défricher le terrain. L'enjeu est le pouvoir.

À travers l’évolution de l’histoire de l’architecture, on constate que beaucoup de «grands» architectes ont compris l’intérêt d’une synergie bisexuelle en vue d’améliorer une société complexe, prenant en considération les intérêts de l’ensemble de la population. Les exemples d’équipes mixtes sont nombreux. Aino Marsio et Alvar Aalto, Lilly Reich et Mies van der Rohe, Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret et Le Corbusier sont ainsi des figures de l'architecture moderne.

Plus récemment, dans l'architecture contemporaine, on trouve Denise Scott Brown et Robert Venturi, Wendy Cheesman et Norman Foster, les couple Smithson, Eames, les bureaux Mecanoo, Asymptote ou FOA.

En France, des bureaux comme Lacaton & Vassal, Périphériques, SEURA sont dirigés par des équipes mixtes.

Si Zaha Hadid raconte que « ce n'est pas tant le racisme que le fait d'être une femme en Grande-Bretagne qui a longtemps fait obstacle », l’émergence de grands noms féminins, (Itsuko Hasegawa, Françoise-Hélène Jourda…) dans le «star system» de l’architecture montre aujourd'hui la vitalité des femmes architectes et la qualité de leur architecture.

Des publications ont également permis au grand public de découvrir l’œuvre d’Eileen Gray et de Charlotte Perriand qui ont marqué l’histoire de l’architecture et du design. Mais on constate que, s’il semble y avoir un regain d’intérêt pour le «fait féminin», il existe encore une discrimination réelle à l’encontre des femmes. Il faut attendre 2006 pour que Zaha Hadid remporte le prestigieux prix Pritzker, première femme lauréate.

Aujourd'hui, celles-ci représentent environ 40% des diplômé-e-s. Une étude récente révèle cependant que l'architecture est la profession académique avec l'écart le plus marqué entre le taux de formation et le taux de professionnalisation des femmes. Et s'il y a 25% environ de femmes inscrites à l'Ordre, dont un certain nombre qui dirigent une agence, le plus souvent en couple, une femme seule à la tête d'une agence (comme Tilla Theus, Carme Pinós ou en France, Manuelle Gautrand) reste encore l'exception.

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Source : Wikipedia