Addis Abeba

3.453376205774 (1244)
Posté par seb 16/03/2009 @ 10:07

Tags : addis abeba, ethiopie, afrique, international

Dernières actualités
L'Ethiopie confirme deux premiers cas de grippe A/H1N1 - Radio Chine Internationale
Liya Kebede, directrice de l'hôpital d'Addis Abeba, a déclaré à la presse que le virus avait été détecté samedi dernier chez deux des trois étudiants qui étaient rentrés des Etats-Unis. Elle a précisé que ces étudiants avaient été examinés à leur...
Près de 7.000 Erythréens devraient être accueillis aux Etats-Unis - AFP
ADDIS ABEBA (AFP) — Environ 7.000 Erythréens réfugiés en Ethiopie devraient prochainement être accueillis aux Etats-Unis, a affirmé vendredi l'Agence éthiopienne pour les réfugiés et déplacés (Arra). "L'Ethiopie travaille actuellement avec le...
Environnement: le PNUD et la fondation AFP lancent un concours de ... - Romandie.com
ADDIS ABEBA - Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), la Fondation AFP et le fabricant japonais d'appareils photo Olympus ont lancé vendredi un concours photographique sur le changement climatique en Afrique....
Le PNUD et Olympus lancent un concours de photo sur l'écologie en ... - L'actualité du Monde par MONDIALNEWS
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a lancé vendredi à Addis Abeba en Ethiopie, en partenariat avec la société japonaise Olympus Corporation et la Fondation Agence France-Presse, un concours de photographie consacré à l'écologie...
Face aux insurgés, le gouvernement somalien appelle ses voisins à ... - AFP
Addis Abeba avait catégoriquement démenti ces informations. Début juin, Addis Abeba a reconnu que "des missions de reconnaissance" étaient menées par son armée en territoire somalien. L'Ethiopie était intervenue fin 2006-début 2007 en Somalie pour...
Aux confins de l'Ethiopie, des tribus guerrières menacées par le ... - AFP
Comme de nombreux autochtones de cette région ouverte depuis peu au tourisme et située à deux jours de route d'Addis Abeba, Warka a en partie abandonné ses traditions depuis trois ans: "il ya des hauts et des bas, mais je suis très contente parce que...
Dure mise en garde des islamistes - Radio-Canada
Après un premier succès, Addis-Abeba n'a pu cependant empêcher les islamistes de retrouver l'essentiel de leur influence dans le sud et le centre du pays. L'Éthiopie soutient ne pas avoir l'intention d'intervenir à nouveau....
Donald Yamamoto va quitter l'Ethiopie sur une polémique - Africa Intelligence
L'ambassadeur des Etats-Unis en Ethiopie, Donald Yamamoto, a toujours donné l'impression en public qu'il était, comme ses prédécesseurs à ce poste, très bien disposé envers l'EPRDF, au pouvoir à Addis-Abeba. Certes, ceux qui le connaissent un peu mieux...
Afrique: les difficultés économiques encore aggravées par la crise ... - AFP
ADDIS ABEBA (AFP) — Les difficultés économiques du continent africain vont être encore aggravées en 2010 par la crise mondiale, en particulier à cause de la chute des prix des matières premières et de la hausse des hydrocarbures, a estimé mardi le...
Prendre en compte la dimension genre dans l'agriculture en Afrique - Organisation de la Presse Africaine (Communiqué de presse)
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 20 juin 2009/African Press Organization (APO)/ — Le deuxième pré-sommet sur le genre s'est ouvert le 18 juin 2009 au siège de l'Union africaine à Addis Abéba, Ethiopie, en prélude au 13eme Sommet de l'Union africaine qui se...

Éthiopie

Armoiries de l'Éthiopie

L'Éthiopie (Ge'ez: ኢትዮጵያ), officiellement la République démocratique fédérale d’Éthiopie (Amharique: የኢትዮጵያ ፈደራላዊ ዲሞክራሲያዊ ሪፐብሊክ, ye-Ītyōṗṗyā Fēdēralāwī Dīmōkrāsīyāwī Rīpeblīk; Afaan Oromo: Fereralawa Dmokratawa Repabliikii ItiyoPiya), est un pays situé dans la Corne de l'Afrique, qui a été privé de son accès à la mer suite à l’indépendance de l’Érythrée en 1993. L’Éthiopie partage des frontières communes avec l’Érythrée –correspondant à sa zone colonisée par l’Italie– au nord, le Soudan à l’ouest, le Kenya au sud, Djibouti au nord-est et la Somalie à l’est.

Deuxième pays d’Afrique par sa population, l’Éthiopie est le dixième pays d'Afrique par sa superficie (grand comme deux fois la France). Essentiellement constitué de hauts plateaux, s'étendant de la dépression de Danakil à -120 m jusqu'aux sommets enneigés du mont Ras Dashan à 4 543 m, le pays possède un environnement très diversifié traversé par six zones climatiques. La capitale Addis Abeba, située à 2 400 m d'altitude, est la quatrième capitale la plus élevée au monde.

Considéré comme le berceau de l’humanité, lieu de la découverte de Lucy, l'Éthiopie est avec le Tchad et le Kenya, l'un des pays où l'on retrouve les plus anciens hominidés, et depuis 2003, celui où ont été découverts les plus anciens spécimens d'Homo sapiens.

La civilisation éthiopienne est l'une des plus anciennes civilisations africaines avec la civilisation égyptienne. Le prophète mésopotamien Mani citant au IIIe siècle le royaume d'Aksoum parmi les quatre plus importantes puissances au monde. Au sein de l'Afrique, l'Éthiopie se caractérise comme l’une des seules nations à avoir conservé sa souveraineté pendant le démembrement de l’Afrique au XIXe siècle.

L’Éthiopie est, après l'Arménie, la deuxième plus ancienne nation chrétienne au monde, maintenant cette tradition depuis 330. C'est parallèlement un pays ayant accueilli les premiers musulmans persécutés en Arabie, aujourd'hui l'Islam est très présent dans les régions Afar, Oromo et Somali. Harar est par ailleurs considérée, par les musulmans éthiopiens, comme une ville sainte de l'Islam. On note aussi des populations juives (les Falasha) et animistes. L'Éthiopie est aujourd'hui un pays constitutionnellement laïc où toutes les croyances coexistent.

Sur le plan international, l’Éthiopie était membre de la Société des Nations en 1923, signataire de la Déclaration des Nations unies dès 1942 et un des 51 États Membres fondateurs de l’ONU. Addis-Abeba est aujourd’hui le siège de l’Union Africaine dont Haïlé Selassié a été l’un des principaux promoteurs (sous le nom d’OUA), ainsi que le siège de la Commission économique pour l'Afrique (CEA).

L'origine du nom « Éthiopie » n'est pas connue avec certitude. Son usage attesté le plus ancien remonte à L'Iliade où le nom apparaît deux fois et trois fois dans L'Odyssée d'Homère. Son utilisation pour désigner spécifiquement le royaume d'Axoum apparaît pour la première fois au IVe siècle sur l'inscription d'Ezana qui traduit Habachat par Aithiops (Αἰθίοψ) en grec ancien, signifiant « au visage brûlé ».

Selon La Chronique des roi d'Axoum, un manuscrit guèze du XVIIe siècle, le nom Éthiopie est dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Pline l'Ancien affirme de la même façon que le nom du pays est dérivé d'un dénommé Aethiops fils de Vulcain . La tombe d'Ityopis est encore visible près d'Axoum.

En France et plus généralement hors de l'Éthiopie, le pays a historiquement été connu sous le nom d''Abyssinie, de l'arabe Habachyî signifiant Abyssin , issu de l'éthiosémitique Habashat. Le terme Habashat est aussi l'origine du terme Habesha, utilisé aujourd'hui en Éthiopie pour désigner tous les Éthiopiens et Érythréens. À strictement parler le terme Habesha fait référence aux populations Tigré et Amhara qui ont historiquement dominé l'Histoire du pays. L'arabe moderne utilise encore le mot Al-Habacha ou le mot Ithyûbyâ pour désigner l’Éthiopie.

Considérée comme l'un des berceaux de l'humanité, l'Éthiopie est l'une des plus anciennes zones de peuplement humain. Les premières traces d'hominidés remontent à 3 ou 4 millions d'années. L'apparition de l'homo erectus et de l'homo sapiens dans la région se situe entre 1,7 millions et 200.000 ans avant notre ère.

Il existe assez peu de données sur l'Éthiopie sous l'antiquité qui semble avoir fait partie du pays de Pount (-3000 - -1000) et qui aurait ensuite été dominé par le royaume D'mt (VIIIe - IXe siècle av. J.-C.). Le premier empire important ayant régné sur le territoire éthiopien fut le royaume d'Aksoum (Ier siècle av. J.-C. - Xe siècle) qui se trouvait au nord de l'Éthiopie actuelle. C'est alors le premier grand État connu d'Afrique, formé d'une population cosmopolite venant d'Arabie du Sud mais aussi de juifs et de grecs. Ce royaume commença à décliner au VIIe siècle, pour des raisons relativement obscures, sans doute liées à l'avènement de l'Islam, dans un empire chrétien.

Vers le XIIe siècle, l'Éthiopie commença à renaître avec la dynastie Zagoué qui est renversée en 1270 par Yekouno Amlak. L'arrivée au pouvoir de Yekouno Amlak, prétendu descendant de Ménélik Ier (premier roi d'Éthiopie au Xe siècle av. J.-C.), marque l'avènement de la dynastie salomonide qui régna jusqu'en 1974. Pendant plus de deux siècle, le pays connait un relative prospérité émaillée de luttes contre les musulmans installés au nord est au sud de l'Éthiopie chrétienne.

En 1527, débute une guerre entre des forces musulmanes menées par Ahmed Ibn Ibrahim Al-Ghazi, dit Ahmed "Gragne" (Gaucher en amharique) et l'Empire chrétien éthiopien. Après une série de victoires en faveur des troupes musulmanes soutenues par l'Empire Ottoman, l'aide apporté par le roi du Portugal à l'Empereur éthiopien Lebna Denguel se révèlera décisive. En effet, le 21 février 1543, à l'issue de la bataille de Wayna Daga, Ahmed Gragne est tué et son armée défaite, laissant derrière lui un pays en ruine.

Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, des jésuites vont venir en Éthiopie et parviennent habilement à imposer à l'Éthiopie le catholicisme romain en convertissant l'Empereur Sousnéyos en 1621. Cette conversion forcée va entraîner des protestations qui se transforment en une véritable guerre civile en 1632 qui amènera Sousnéyos a abdiquer en faveur de son fils Fazilidas. Cette situation dans laquelle l'Éthiopie se trouve ainsi entre l'Islam d'un côté et le catholicisme de l'autre a amené Alain Gascon à parler du "syndrome de Gragne".

Fazilidas expulse les jésuites en 1633 et, comme ses successeurs, cherche à renforcer la sécurité du royaume. Il fait alors bâtir une nouvelle capitale en 1635 à Gondar qui devient la nouvelle place forte du pays ainsi qu'un important centre religieux, administratif et commercial. Toutefois, les 25 dernières années du XVIIIe siècle sont marquées par des conflits entre chefs de guerre locaux qui mèneront à l'effondrement progressif du royaume.

C'est vers 1769, après la mort de Yoas Ier, que débute le déclin du de l'empire et l'« ère des princes » (Zamana-Mesafent), une période fratricide pour le contrôle du royaume. L'instabilité du pouvoir continuera tout au long du XVIIIe siècle jusqu'en 1855. L'accession au trône de l'empereur Théodoros II (1855 - 1868) puis de Yohannès IV (1872 - 1889) met fin à cette période trouble et permet au royaume de commencer à émerger de son isolement médiéval.

En 1889, le roi du Choa se proclame Negu Negast (« le roi des rois ») et se donne le nom de Ménélik II. L'empereur signe avec les italiens un traité délimitant la frontière entre l'Éthiopie et la colonie italienne en accordant à cette dernière la région nord de l'Éthiopie, qui deviendra plus tard l’Érythrée, ainsi qu'une partie du Tigré. Cependant, les Italiens tentèrent d'envahir le pays et Ménélik II dut les repousser avec l'appui d'une armée de 100 000 hommes. Après avoir remporté la Bataille d'Adoua en 1896, l'Éthiopie obtient la reconnaissance de sa souveraineté et de son indépendance.

Au début du XXe siècle, l'Éthiopie va chercher à se moderniser. En 1924, elle devient le premier État africain à entrer dans la Société des Nations. En 1926, Hailé Sélassié Ier, ancien gouverneur du Hararghe, devient le 256ème et dernier roi de la dynastie salomonide. En 1935, les troupes fascistes de Mussolini envahissent l'Éthiopie et les forces italiennes occupent la capitale du 5 mai 1936 au 5 mai 1941 (Seconde guerre italo-éthiopienne), date à laquelle Hailé Sélassié libéra Addis Abeba grâce à la résistance éthiopienne et au soutien actif de l'Angleterre engagée contre l'Allemagne et l'Italie pendant la seconde guerre mondiale.

Après guerre, un vaste chantier de modernisation du pays est entrepris. Toutefois, le mécontentement populaire ne cesse de croître contre le pouvoir théocratique et féodal. En 1950, l'ONU décide que l'ancienne colonie italienne de l'Erythrée constituera une unité autonome fédérée à l'Éthiopie. Toutefois, en 1962, l'Érythrée est annexée à l'Éthiopie et vont alors apparaître des mouvements indépendantistes. En 1963, des troubles éclatent dans la région de l'Ogaden qui demande son rattachement à la Somalie. Les années suivantes sont marquées par plusieurs guerres avec la Somalie et une guerre civile entre le gouvernement et les rebelles.

En 1974, un mouvement de révolution mène à la destitution de l'empereur Hailé Sélassié Ier qui régnait depuis 1930. Profitant de cette crise, une junte militaire (le Derg) établit un État socialiste dirigé par Mengistu Haile Mariam. Soutenu militairement par l'URSS et Cuba, Mengistu souhaitait vider le Nord de ses habitants, en raison de leur hostilité au régime. En 1987 est créé le « Parti des travailleurs d'Éthiopie » (EWP) et l'Éthiopie devient une « république démocratique populaire ». La dictature Derg plonge le pays dans la guerre civile. En 1991, après avoir subi plusieurs tentatives d'assassinat, Mengistu abandonne le pouvoir et s'enfuit du pays.

Un régime démocratique est alors institué. Une nouvelle Constitution donne des compétences accrues aux provinces, faisant de l'Éthiopie un État fédéral. Mais certains territoires de cet ancien empire aspirent progressivement à l'autodétermination. Les partis et mouvements indépendantistes se développent et connaissent un fort engouement. L'Érythrée déclare son indépendance en 1993, après des années de lutte armée. Une guerre éclate entre les deux pays de 1998 à 2000, faisant plus de 80 000 morts (Guerre Érythrée-Éthiopie).

Le 15 mai 2005, des élections générales pour renouveler les 548 sièges de l'Assemblée des représentants du peuple ont lieu. L'opposition, et notamment la Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD) affirme que sa victoire lui a été « volée » par le parti au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien. Au début du mois de novembre 2005, de violentes manifestations ont lieu à Addis-Abeba, provoquant la mort d'au moins 33 personnes et l'arrestation de 2 000 opposants, dont des dirigeants du CUD.

Il existe aussi des mouvements d'indépendantistes somaliens surtout dans la région de l'Ogaden. À l'intérieur de ses frontières, l'Éthiopie est également confrontée à deux rebellions armées, le Front de libération Oromo et le Front national de libération de l'Ogaden.

Le régime actuel tente donc de consolider son pouvoir, relativement fragile, en s'opposant sur la scène internationale à l'Érythrée, qui symbolise l'ennemi extérieur, ainsi qu'aux mouvements nationalistes et/ou islamistes somaliens de peur que ces derniers n'appuient les indépendantistes de la région de l'Ogaden peuplée de somaliens qui luttent contre l'occupation éthiopienne. Les partis d'opposition dénoncent ce qu'ils considèrent comme une manœuvre dangereuse qui chercherait à créer de faux problèmes à l'étranger pour masquer ceux, bien réels, que le gouvernement ne réussirait pas à gérer (chômage, illettrisme, corruption, etc.).

L'Éthiopie se trouve dans la péninsule du nord-est de l'Afrique, dite corne de l'Afrique. Dépourvue de tout littoral depuis l'indépendance de l'Érythrée, elle partage ses frontières avec la Somalie, le Soudan, le Kenya, la République de Djibouti et l'Érythrée. Le pays a un plateau central dont l'altitude varie entre 1800 et 3000 mètres, avec une altitude maximale de 4620 mètres pour le Ras Dashan.

Traversée par une faille séparant les plaques tectoniques somalienne et africaine, l'Éthiopie est la région d'Afrique où l'on trouve le plus grand nombre de volcans, dont certains sont en activité.

Le climat est tempéré sur le plateau et chaud sur le bas pays.

Le pays a été exploré et cartographié de 1838 à 1848 par Antoine d'Abbadie d'Arrast.

Le fonctionnement des institutions éthiopiennes est codifié par le texte constitutionnel ratifié en décembre 1994 et entré en application le 22 août 1995.

Le pouvoir judiciaire repose sur la Cour suprême fédérale, séparée par la constitution des pouvoirs législatif et exécutif.

De par le maintien de son indépendance historique au sein de l’Afrique, l’Éthiopie est l’un des premiers pays africains à entrer de plain-pied dans l’économie de marché. Ceci se solde notamment par la création, en 1906, par Ménélik II, de la première banque éthiopienne « The Bank of Abyssinia ». L’Éthiopie est alors rapidement soumise à l’influence des capitaux étrangers, avec une prédominance des capitaux anglais au cours du XXe siècle. Paradoxalement, le pays sera le premier pays africain à payer « l’abandon du colonialisme territorial pour le Néo-colonialisme » , et restera séparé de ses zones côtières et de ses ports du fait de la colonisation italienne de l’Érythrée (et aujourd’hui encore en raison de l’indépendance de l’Érythrée). Pour Joseph E. Stiglitz, prix nobel d’économie, ce pays est un exemple flagrant des dérives de la mondialisation et de l’échec de la politique du FMI, voir « FMI, la preuve par l’Éthiopie », Le Monde diplomatique, Avril 2002.

Aujourd'hui, 90 % de la population active éthiopienne est dans le secteur agricole. L'Éthiopie est le berceau de l'araire. Les agriculteurs des Hauts Plateaux pratiquent une agriculture vivrière et traditionnelle. Le teff, l'éleusine et l'ensete (« faux-bananier ») sont trois espèces cultivées sur les Hauts Plateaux. Elles représentent les principales productions alimentaires selon les régions. Le teff est une céréale encore méconnue, peu d'études ont été à ce jour réalisées sur ses propriétés. Mais c'est surtout le café qui occupe une place centrale dans l'économie éthiopienne : au cœur de la tradition éthiopienne, la culture du café occupe 400.000 hectares et la production totale tourne autour de 230.000 tonnes, dont plus de la moitié est consommée en Éthiopie où la tradition du café est bien ancrée. Les volumes exportés ont représenté jusqu’à 60% de la valeur totale des marchandises exportées de l'Éthiopie. Complètement libéralisé depuis la chute du Derg, l'emprise des multinationales sur l'économie du café et ses cours, ainsi que les conséquences sur les petits producteurs a été à de nombreuses reprises dénoncée par des ONG : "Selon un rapport de l'ONG Oxfam, le café est « une véritable mine d’or pour les torréfacteurs internationaux » tandis que les producteurs « ne reçoivent qu’environ 6% de la valeur du paquet de café vendu dans les supermarchés et les épiceries.", critique notamment popularisé par le documentaire "Black Gold" sorti en 2005.

Selon une délégation d'un groupe de parlementaires français (intitulée "pour un renforcement de la présence française dans la Corne de l'Afrique") : "Grande puissance africaine, l'Éthiopie, malgré des réformes récentes, souffre dans le même temps d'une économie précaire et d'un état sanitaire qui ne sont manifestement pas en adéquation avec les ambitions qu'elle s'est assignée sur la scène internationale.

Septième pays le plus pauvre de la Terre, avec un PIB par habitant inférieur à 1346 $ (2008) IMF 2008, l'Éthiopie, en dépit de potentialités agricoles non négligeables, est toujours confrontée au défi de la sécurité alimentaire. Son PIB a décru de 3,8 % en 2003, avec de surcroît une inflation annuelle de près de 15 %. Elle reste très dépendante de l'assistance des bailleurs de fonds tout en étant handicapée par une dette extérieure importante (6 milliards de $, soit près d'une année de PIB) encore aggravée par la chute des cours internationaux des produits qu'elle-même exporte (le café, notamment).

Sur le plan des structures, quinze ans après la chute du régime collectiviste de Mengistu, l'économie éthiopienne demeure refermée sur elle-même et marquée par le poids excessif de l'État, qui s'y exerce soit directement, soit à travers tout un réseau d'entreprises publiques dont l'actuel gouvernement ne semble pas pressé de se départir (le programme des privatisations lancé par le Premier ministre, M. Melès Zenawi est quasiment figé depuis trois ans).

Enfin, l'Éthiopie pâtit d'une sorte d'enclavement économique qui peut sembler paradoxal si on le rapporte à la taille et à la population de ce pays, assez vaste pour constituer en eux-mêmes un marché intérieur offrant de nombreux débouchés." .

La Constitution de 1994 a mis en place un système fédéral reposant sur neuf « régions ethniques » (ethnico-linguistiques : Tigré, Afar, Amhara, Oromia, Somali (Connu aussi sous le nom de l'Ogaden, région qui fut le centre de guerres entre la somalie et l'éthiopie), Gambela, Harar, Région des nations, nationalités et peuples du Sud, Benishangul-Gumaz) et deux régions autonomes (Addis-Abeba et Dire Dawa).

Chaque région est subdivisée en cantons (woreda) et municipalités (kébélé). Elles disposent de leur propre gouvernement et d'un droit constitutionnel à l'autodétermination et à la sécession. Ces dispositions, bien que théoriques, marquent la fin de l'unité éthiopienne réalisée depuis Ménélik II et consolidée sous Hailé Sélassié Ier. Elles sont significatives des hommes qui ont pris le pouvoir à la suite de Mengistu, à savoir des hommes combattant pour l'indépendance de leur région (Meles Zenawi pour le Tigré, Issayas Afeworki pour l'Érythrée, dont il est aujourd'hui le président).

La culture éthiopienne est très diversifiée et multi-facettes, à l'image de la diversité des ethnies qui composent le pays et qui ont développé leurs propres cultures traditionnelles.

Le système éducatif en Éthiopie a été historiquement dominé par l’Église orthodoxe pendant plusieurs siècles, jusqu’en 1900 où un système d’éducation laïc est adopté. Cependant jusqu’à la révolution de 1974, les membres de l’aristocratie essentiellement chrétienne et d’origine Amhara, y occupaient toujours alors une position privilégiée. Les langues autres que l’amharique y étaient absentes, l’enseignement de l’Oromo par exemple n’était pas pratiqué.

Le système d’éducation comprend aujourd’hui un processus de régionalisation accru avec une part importante du budget allouée à l’éducation. Le cursus scolaire en Éthiopie est composé en général de six années d’école primaire, quatre années de cursus secondaire et deux années de cursus secondaire supérieur.

Près de la moitié de la population est de religion chrétienne orthodoxe L’Église d’Éthiopie était Église d’État jusqu’en 1974. L'islam est pratiqué par environ 40 % de la population, principalement dans le Sud et l'Est. Quelques 10 % des Éthiopiens sont animistes. Jusque dans les années 1980, il existait une petite minorité de juifs éthiopiens, les Falachas, au nombre de 30 000 personnes environ, qui ont été volontairement déplacés par l'État d'Israël dans les années 1990.

La littérature amharique commence à se développer vers le XIIIème siècle, au cours de la dynastie Zagwe. On peut distinguer essentiellement trois périodes majeures dans le développement de la littérature amharique moderne du XXe siècle correspondant à la période de l' occupation italienne (1935-1941), la période post-indépendance (1941-1974) et la période post-révolutionnaire (1974-aujourd'hui) .

La philosophie écrite éthiopienne s'étend sur douze siècles de production littéraire. On distingue un premier temps de traduction littéraire, dominé par Le Fisalgwos ("Le Physiologue") et " biä’afä Mikael" ("le livre des philosophes"). . Enfin dans un second temps, on peut distinguer des œuvres typiquement éthiopiennes, notamment La vie et les maximes de Skendes, et, certainement le plus important, le Traité de Zera yacob (Hatata) ainsi que le traité de son élève Walda Heymat. Dans son traité écrit au XVIIe siècle, Zara Yacoub développe une philosophie rationaliste, en adoptant une positionnement critique devant nécessairement faire appel à la Raison avant tout .

La musique éthiopienne est extrêmement diversifiée, chacun des 80 groupes ethniques du pays possédant ses propres particularités. Les influences sont elles aussi très diverses incluant aussi bien les influences de la liturgie chrétienne et musulmane, que la musique populaire des pays situés dans la Corne de l'Afrique, somalienne et soudanaise en particulier. La musique éthiopienne utilise souvent un système modal unique pentatonique, caractérisé par des intervalles prolongés entre certaines notes.

La musique des hauts plateaux utilise un mode unique appelé qenet, basé sur quatre modes principaux: tezeta, bati, ambassel, et anchihoy. Trois modes supplémentaires peuvent être considérés comme des variations: tezeta mineur, bati majeur et bati mineur. Certains morceaux prennent le nom de leur qenet, tel que le tezeta, un chant de nostalgie. Accompagné d’instruments traditionnels, ces modes sont généralement non tempérés (c-a-d que le ton peut dévier légèrement du système d’accord tempéré occidental), mais joués sur des instruments occidentaux tels que piano et guitare ils utilisent le système d’accord tempéré occidental. La musique des hauts plateaux est généralement homophonique ou hétérophonique. En dehors, certaines sont polyphoniques.

Dans la tradition populaire, l’azmari, chanteur et musicien éthiopien, homme ou femme, sont doués pour chanter des vers en s’accompagnant d’une macinko ou d’une krar.

La musique moderne éthiopienne laisse également une part importante à l’éthio-jazz, à travers son créateur Mulatu Astatke, et des musiciens comme le saxophoniste Getatchew Mekurya. Les musiciens populaires les plus connus sont Mahmoud Ahmed, Gigi Shibabaw, Teddy Afro, Tilahun Gèssèssè, Aster Aweke, Hamelmal Abate, Tewodros Tadesse, Ephrem Tamiru, Muluken Melesse, Bizunesh Bekele, Tadesse Alemu, Alèmayèhu Eshèté, Neway Debebe, Asnaketch Worku, Ali Birra, et Dawit (Messay) Mellesse. À la fin des années 1990, le label français Buda a réédité les plus grandes voix de l'éthio-jazz avec la collection Éthiopiques permettant la redécouverte, pour les occidentaux, du groove de la corne de l'Afrique.

La population éthiopienne est extrêmement diversifiée. La plupart des gens parle une langue sémitique ou couchitique. Les peuples Oromo, Amhara et Tigré représentent plus des trois quart de la population, mais il y en tout plus de 80 ethnies différentes en Éthiopie, dont certaines ont moins de 10000 membres. En général, la plupart des chrétiens vivent sur les plateaux d'Éthiopie alors que les musulmans et les adeptes des religions africaines traditionnelles ont tendance à être installés dans les régions basses.

L'Éthiopie est composée d'une grande diversité d'ethnies.

Les Oromos et les Amharas, qui représentent respectivement 32,1% et 30,2% de la population sont les ethnies les plus répandues. Parmi les autres peuples, il faut citer les Tigré, les Somalis, les Gurages, les Sidama, les Welaytas et les Afars qui à eux tous forment près de 25% des Éthiopiens, ainsi qu'une multitude d'autres ethnies très minoritaires.

Outre l'amharique, langue de travail de l'État, parlée par 29 % de la population, plus de 80 autres langues sont parlées dans le pays ; parmi les plus répandues, on compte l'oromo, le somali, le tigrinya et l'Afar.

En Éthiopie, le sport prédominant est l'athlétisme, notamment la course, dans lequel le pays a remporté de nombreuses victoires dans les compétitions internationales. Le football est également assez populaire même si l'équipe d'Éthiopie de football connaît des résultats modestes dans les tournois mondiaux.

Selon les données de la banque mondiale, l'Éthiopie aurait 1 médecin pour 100 000 personnes Toutefois, dans son rapport annuel 2006, l'Organisation mondiale de la santé évoquait un chiffre de 1936 médecins, ce qui représenterait environ 2,6 médecins pour 100 000 personnes.

Les principaux problèmes de santé en Éthiopie sont liés aux maladies qui se transmettent essentiellement en raison des conditions sanitaires précaires et de la malnutrition. Ces problèmes sont accrus par le manque de main d'œuvre qualifiée et d'infrastructures de santé. Le pays compte 119 hôpitaux, dont 12 à Addis-Abeba, et 412 centres de santé.

L'Éthiopie a une moyenne d'espérance de vie de 45 ans. Le taux de mortalité infantile est relativement élevé avec environ 10% d'enfants décédant au moment ou juste après leur naissance, chiffre auquel il faut ajouter les complications post-natales, comme les fistules obstétriques, qui affectent de nombreuses femmes. Le sida est également très répandu dans le pays.

Le faible nombre de professionnels de santé disposant d'une formation médicale moderne et le manque de fonds accordés aux services médicaux, explique que beaucoup d'éthiopiens fassent encore appel aux guérisseurs traditionnels qui emploient des thérapies maison pour guérir les maux communs. Un nombre croissant de "faux guérisseurs" côtoie les véritables guérisseurs qui seuls connaissent véritablement les vertus curatives des plantes et minéraux.

Le fort taux de chômage fait que de nombreux éthiopiens sont incapables de subvenir aux besoins de leur famille et donc encore moins capables d'acheter des médicaments. C'est principalement en raison du coût de la médecine moderne que la médecine traditionnelle continue à être la plus répandue.

En Éthiopie, le calcul des heures s'effectue au coucher du soleil. Ainsi, à six heures du matin, heure solaire locale, il est 12 heures à Addis-Abeba ; à 7 heures du soir, il est une heure à Addis-Abeba et à 5 heures de l'après-midi, il est 11 heures.

Le calcul de l'heure se faisant sur la base de 12 et non de 24 heures comme en France, des termes signifiant "de la journée" (= "ke kenou") ou "de la soirée" (="ke meshetou") sont utilisés pour préciser l'heure, ce qui est l'équivalent des "AM" ou "PM" dans le système américain.

Étant très près de l'équateur (latitude 9°03' Nord et longitude 38°42' Est pour Addis-Abeba), la variation est minime et le jour reste constant de 6h à 18h (12h-12h pour un Éthiopien) tout au long de l'année.

Le calendrier alexandrin est utilisé par l'église copte éthiopienne. Il prend sa forme définitive au Ier siècle de notre ère, sur la base des vieux calendriers pharaoniques. L'année débute le Ier Thoth (29 août). Elle compte 12 mois de 30 jours, plus 5 ou 6 jours complémentaires. Ce qui donne à l'Éthiopie l'immense privilège d'avoir 13 mois. La durée moyenne de l'année est la même que l'année du calendrier julien (365,25 jours). La chronologie dépend des ères choisies. Dans l'église copte d'Éthiopie, on a choisi l'ère de Dioclétien, devenue " l'ère des Martyrs de Dioclétien ", ce qui fait commencer le calendrier 284 ans après le nôtre.

Le calendrier civil éthiopien, lui, est issu de ce calendrier, mais l'ère de référence est l'ère d'Annianus d'Alexandrie qui recule la naissance du Christ de 7 ou 8 ans par rapport à celle de Denys le Petit ; le 11 septembre 2007, les Éthiopiens ont fêté leur entrée dans le 3e millénaire (an 2000). À cette occasion, plus de 18 000 prisonniers ont été libérés.

En haut



Addis Abeba Stadium

Le Addis Abeba Stadium est un stade de football situé à Addis Abeba, Éthiopie. Il a une capacité de 35 000 places.

En haut



Église éthiopienne orthodoxe

Église Saint-Georges à Lalibela

L'Église éthiopienne orthodoxe (Ge'ez: የኢትዮጵያ ኦርቶዶክስ ተዋሕዶ ቤተ ክርስቲያን, Yäityop'ya ortodoks täwahedo bétäkrestyan), parfois appelée « église copte d'Éthiopie », est une Église orthodoxe orientale autocéphale. Elle fait partie de l'ensemble des Églises des trois conciles (ou orthodoxes orientales) et emploie le rite guèze. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche et Catholicos d'Éthiopie, Itchégué du Siège de Takla Haïmanot et Archevêque d'Aksoum, et réside à Addis Abeba (titulaire actuel : Abouna Paul, depuis le 5 juillet 1992).

L'Église éthiopienne orthodoxe a longtemps vécu dans un grand isolement et a développé une spiritualité, une théologie, des usages liturgiques particuliers, très marqués par le modèle de l'Ancien Testament.

L'église d'Éthiopie est issue des églises d'orient de théologie miaphysite, une ensemble d'églises refusant les principes religieux fixés par la majorité de la chrétienté au concile de Chalcédoine. Ces églises sont l'Église copte orthodoxe, l'Église éthiopienne orthodoxe, l'Église érythréenne orthodoxe, l'Église syriaque orthodoxe, l'Église syro-malankare orthodoxe (en Inde), l'Église malankare orthodoxe, l'Église malabare indépendante et l'Église apostolique arménienne. A ces églises peuvent s'ajouter des dissidences ou des sous-groupes issus de telle ou telle dénomination.

L'église d'Éthiopie affirme avoir été fondée par Philippe au 1er siècle, mais elle ne devient religion officielle du royaume d'Axoum qu'au IVe siècle. Du IVe siècle jusqu'en 1959, le dirigeant de l'église d'Éthiopie a toujours été un moine égyptien nommé archevêque (Abuna) par le patriarche copte d'Alexandrie. Le terme « église copte d'Éthiopie » était donc couramment utilisé, mais l'est beaucoup moins depuis 1959.

En 1948, un agrément entre les églises coptes d'Égypte et et d'Éthiopie a mis en place un régime d'autocéphalie, les évêques éthiopiens obtenant le droit d'élire leur propre patriarche pour le remplacement futur de l'archevêque en poste. En 1959, le premier patriarche éthiopien, Abuna Baslios, fut désigné, et obtint un dernière fois la validation du patriarche d'Alexandrie, Cyril VI.

Bob Marley fut baptisé par l'archevèque de l'hémisphère ouest de l'Église éthiopienne orthodoxe, l'Abouna Yesuhaq. Cela se déroula en novembre 1980, et il prit le nom de Berhane Selassie, qui signifie "Lumière de la Sainte Trinité".

L'Église éthiopienne orthodoxe a de toutes les Églises chrétiennes le canon biblique le plus large, qui inclut notamment le Livre des Jubilés et le Livre d'Hénoch.

Après la chute du régime de Derg en 1991 et l'installation de nouvelles autorités, le patriarche Abouna Merkorios / Mercure abdiqua. L'Église élut alors un nouveau patriarche, Abouna Paulos / Paul. L'ancien patriarche Abouna Merkorios s'installa ensuite à l'étranger (d'abord au Kenya puis aux États-Unis) et annonca de son exil que son abdication avait été faite sous la coercition et qu'il était toujours le patriarche légitime de l'Église d'Éthiopie. Plusieurs évêques le suivirent dans l'exil et ont formé un synode alternatif.

En janvier 2007, treize nouveaux évêques sont ordonnés par Abuna Merkorios et par quatre autres évêques.

Cette Église éthiopienne orthodoxe en exil est présente en Amérique du Nord et en Europe occidentale.

Abba Yesehaq, archevêque de l'hémisphère occidental depuis 1979, ne reconnut pas non plus le nouveau patriarche et rompit la communion avec lui en 1992. Il fut suivi par un certain nombre de fidèles. En réponse, le Synode officiel le suspendit et créa trois nouvelles juridictions pour les communautés hors d'Éthiopie (archidiocèse des États-Unis et du Canada, archidiocèse des Caraïbes et d'Amérique latine et archidiocèse d'Europe occidentale).

Abba Yesehaq déclara alors l'indépendance de l'archidiocèse orthodoxe éthiopien de l'hémisphère occidental.

La nouvelle juridiction compte plusieurs paroisses et missions en Amérique du Nord, dans les Caraïbes, ainsi qu'en Afrique du Sud.

Abba Yesehaq est décédé le 30 décembre 2005.

L'Église éthiopienne est en intercommunion avec les autres Églises orthodoxes orientales, non chalcédoniennes.

Elle est membre du Conseil œcuménique des Églises depuis sa fondation en 1948.

En haut



Hailé Sélassié Ier

Hailé Sélassié Ier à son bureau du palais d'Addis-Abeba.

Ras Täfäri Mäkwännen (Ge'ez: ራስ ተፈሪ መኰንን, Ras Teferi Mekonnen.ogg), plus tard couronné sous le nom de Hailé Sélassié Ier, (Ge'ez: ቀዳማዊ:ኃይለ፡ሥላሴ, Haile Selassie.ogg) fut le dernier Negusse Negest d'Abyssinie de 1930 à 1936 et de 1941 à 1974. Il est né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro en Abyssinie et mort le 27 août 1975 à Addis Abeba). Il est considéré par la plupart des Rastas comme étant le « dirigeant légitime de la Terre » (Earth's rightful ruler) et de surcroît le Messie, en raison de son ascendance qui, selon la tradition chrétienne orthodoxe éthiopienne, remonterait jusqu'aux rois Salomon et David.

Hailé Sélassié est né dans un petit village de la province du Harar, Ejersa Goro en Éthiopie, sous le nom de Täfäri Mäkonnen(Ge'ez: ተፈሪ መኰንን). Täfäri signifie littéralement "celui qui est craint" et Mäkwännen, simplifié en Mäkonnen, est le prénom de son père qui signifie "grand, noble". Il garda ce nom jusqu'au 3 avril 1930, date de son accession au trône d'Éthiopie comme Roi des Rois.

Son père est Ras Makonnen, gouverneur de Harar et sa mère est Woyzero (wäyzäro, madame) Yäshimabät Ali. Il n'a pas connu sa mère, morte du choléra le 14 mars 1894. Son père, grand artisan de la victoire d'Adwa contre les Italiens (1er mars 1896), mourut le 21 mars 1906, laissant Tafari aux bons soins de l'empereur Ménélik II (Dägmawi Ménilek ).

En juillet 1911, il épousa Woyzäro Menen Asfaw, fille de Jantirar Asfaw d'Ambassel et petite-fille maternelle du roi Mikaél du Wollo (Wällo). L'empereur Hailé Sélassié et l'impératrice Menen eurent six enfants : princesse Tenagnework, prince couronné Asfaw Wossen, princesse Tsehay, princesse Zenebeworq, prince Makonnen duc de Harrar, et prince Sahle Sélassié. Hailé Sélassié avait également une fille d'un ancien mariage, la princesse Romaneworq.

Le 27 septembre 1916, une assemblée de nobles avec l'accord de l'Église orthodoxe d’Éthiopie déposa l'empereur Lij Yassou (Yassou V), petit-fils et héritier de l'empereur Ménélik II, pour suspicion de conversion à l'Islam. La fille de Ménélik, Zaoditou (Zäwditu) fut alors proclamée impératrice d'Éthiopie et son cousin le Ras (duc) Tafari, Prince héritier (alga-wärash) et Régent de la couronne (endärassié). En tant que Ras Tafari (celui qui est redouté en amharique), il exerça la réalité du pouvoir sous le règne de sa cousine l'impératrice Zaoditou puis comme roi (négus) de 1928 (7 octobre) jusqu'en 1930. À la mort de Zaoditou le 2 avril 1930, il prit le titre d'empereur. Il fut couronné le 2 novembre 1930 sous le nom de « Hailé Sélassié Ier (pouvoir de la Trinité), Roi des Rois d'Ethiopie, Seigneur des Seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu » : Gärmawi Qädamawi Haylä Sellassé, negusä nägäst zä'Ityopya, moa anbessa zä'emnägädä yehuda, berhanä aläm, seyumä Egziabhér (en amharique).

Hailé Sélassié développa la politique de modernisation progressive lancée par l'empereur Ménélik II, permettant ainsi l'admission de l'Ethiopie dans la Société des Nations en 1923 et décrétant la première constitution du pays en 1931. Il supprima également une pratique très ancienne, l'esclavage, dans l'Empire par des décrets pris en 1918 et 1923.

L'échec de la SDN pour stopper la seconde guerre entre l'Italie et l'Éthiopie avec l'invasion italienne de 1935 le força à cinq ans d'exil, pendant lesquels il vécut à Bath en Angleterre (5 mai 1936-5 mai 1941). Grâce à une reconquête rapide du pays avec l'aide des Britanniques et des Français (emmenés par le commandant Monnier), Hailé Sélassié recouvra une totale souveraineté sur l'Empire et reprit sa politique de modernisation et de développement.

Entretenant une bonne entente avec le président américain Franklin Roosevelt et également avec les autres Alliés, l'Empereur obtient l'entrée de l'Ethiopie dans l'ONU dès sa fondation. Adoptant une position de non-aligné pendant la période de Guerre froide, par sa participation à la conférence de Bandung, Sélassié œuvra également à l'indépendance du continent africain et à son unification. L'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) fut fondée en 1963 à son instigation et établit son siège à Addis Abeba.

À la suite d'une tentative de coup d'État en décembre 1960, à laquelle fut mêlée le prince héritier Asfaw Wossen, il poursuivit une politique plus conservatrice, alignant l'Éthiopie avec l'Occident contre les gouvernements africains plus radicaux. Des mécontentements croissants parmi les étudiants et une partie des élites entraînèrent son renversement le 12 septembre 1974, conséquence d'un coup d'État militaire mené par un groupe de militaires, parmi lesquels Mengistu Hailé Maryam. Les médias relayèrent la nouvelle de sa mort en prison le 27 août 1975, suite à une opération de la prostate, mais une mort par strangulation ou par étouffement est bien plus vraisemblable. Sa dépouille fut conduite à sa dernière demeure, la cathédrale orthodoxe de la Trinité à Addis-Abeba du dictateur Mengistu qui fut défait en 1991. Le défunt empereur, dont on retrouva les restes en 1992, reçut des funérailles populaires le 5 novembre 2000 en la cathédrale de la Trinité d'Addis Abeba.

Parmi les adeptes du mouvement Rastafari, un mouvement spirituel qui s'est développé dans les années 1930 en Jamaïque sous l'influence du mouvement « Back to Africa » (Retour vers l'Afrique) de Marcus Garvey et des prêches de Leonard Percival Howell, Hailé Sélassié est considéré comme un messie noir qui mènera la diaspora et les peuples africains vers la liberté. Beaucoup de Rastas pensent que Sélassié est encore vivant et que la mise en scène médiatique de sa mort fait partie d'un complot visant à discréditer leur spiritualité. D'autres affirment que Jah, c'est-à-dire Dieu, est toujours vivant, quand bien même la présence terrestre de Sélassié ne serait plus visible.

Un discours prononcé par Hailé Sélassié aux Nations unies en 1963 est devenu une des chansons cultes de Bob Marley : War, sur l'album Rastaman Vibration. L'empereur parlait essentiellement de paix et d'espoir, de douleur également mais toujours de non-violence. Hailé Sélassié, chrétien pratiquant, a relativisé les croyances du Rastafari le proclamant comme messie. Une visite d'État en Jamaïque en 1966, où Sélassié fut salué par une foule très nombreuse dès son arrivée à l'aéroport, marqua profondément le monarque. Après sa visite, l'Empereur confia à un clerc éthiopien, l'Abuna Yesehaq : « Il y a un problème en Jamaïque... Veuillez aider ces personnes. Ils comprennent mal, ils ne comprennent pas notre culture... Ils ont besoin d'une Église établie et vous êtes désigné pour y aller ». L'Église éthiopienne orthodoxe s'installa alors en Jamaïque pour convertir les rastas au christianisme tewahedo.

En haut



Addis-Abeba

Image satellite d'Addis-Abeba

Addis-Abeba (Nouvelle fleur en amharique : አዲስ አበባ) est la capitale de l'Éthiopie. Elle est située au centre du pays, sur un plateau d'une altitude comprise entre 2300 et 2600 mètres, particularité qui lui vaut d'être la capitale la plus élevée d'Afrique et d'être 3e au plan mondial.

Située dans la zone tropicale sèche, Addis-Abeba échappe aux chaudes températures de Djibouti, à l'est, ou du Soudan, à l'ouest, grâce à l'altitude qui permet des températures relativement agréables toute l'année (voir graphique ombro-climatique ci-contre). La principale saison des pluies (krämt) a lieu de juin à septembre, et rend les rues non goudronnées difficilement praticables quoique moins poussiéreuses.

Addis-Abeba est reliée depuis 1917 à Djibouti, donc à la mer, par une voie de chemin de fer construite par une compagnie française dès la fin des années 1890. La vallée du Rift, en direction du sud, est facilement accessible, grâce à une route récemment goudronnée qui mène notamment à Shashamané.

Grande ville du continent africain, avec environ 4 millions d'habitants (estimation communément admise par les géographes), pour 2,3 millions recensés seulement en 1994, Addis-Abeba endosse des fonctions politiques internationales depuis 1963, date de création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) sous le patronat d'Haïlé Sélassié Ier.

L'Africa Hall abrite aujourd'hui l'Union africaine qui a succédé à la première organisation, ainsi que la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique. Cela a valu à ce quartier, qui abrite également des palais impériaux et un grand hôtel international, de beaux aménagements autour de Ménélik II Road.

Ville du pouvoir, dont les bâtiments officiels, nombreux, ne peuvent être pris en photo, Addis abrite également de beaux monuments, témoins de l'histoire éthiopienne : statue équestre de Ménélik II, colonnes commémorant la libération de 1941 (Omédla del, à Arat Kilo) ou le martyr de patriotes durant l'occupation italienne (à Seddest Kilo), statue du «Lion de Juda» érigée à la gloire de Zaoditou, du ras Makonnen et du negus Tafari (à La Gahare, gare du chemin de fer djibouto-éthiopien).

De nombreuses églises, telle que la cathédrale de la Sainte-Trinité érigée par le dernier empereur ou Bétä Guiyorguis («la maison de (saint-) Georges») lieu de son couronnement en 1930, parsèment également la ville qui abrite depuis quelques années une grande mosquée, dans le quartier commerçant du Merkato, à l'ouest du quartier de Piazza (Piyassa, ፒያሳ).

La ville accueille également une université (Addis Abëba yunivärsiti, አዲስ አበባ ዩኒቨርሲቲ), installée dans un ancien palais d'Haïlé Sélassié (Le'ul Genet, «paradis du Prince») depuis les années 1950, et différents centres de recherche universitaire étrangers, dont un Centre français pour les recherches éthiopiennes.

Depuis 2003, l'aéroport international de Bolé, au sud de la ville, a été réaménagé et joue un rôle de hub aéroportuaire entre l'Afrique de l'Est (région des Grands Lacs, Kenya, Tanzanie), l'Asie et l'Europe. La compagnie aérienne Ethiopian en a fait son aéroport d'attache et y a établi ses ateliers.

Les transports urbains sont d'un part assurés par Anbessa City Bus Service Enterprise qui gère une flotte de 450 bus publics, et d'autre part par des minibus et taxis qui déservent des routes régulières.

Fondée en 1886 par l'empereur Ménélik II sur un site de source d'eau chaude (Filoha) appréciée de l'impératrice Taytu Betul qui lui donna ce nom, la ville se développa grâce à l'implantation pérenne de l'empereur et de sa cour. Tout d'abord implanté à Entoto, « montagne » surplombant la plaine de Finfinni actuellement occupée, Ménélik entreprit la construction d'un palais (gäbbi, ገቢ) et les nobles ras à sa suite.

Dès le commencement l'espace occupé par les nobles et leurs domaines (safar) fut très important, et l'on constate actuellement la très grande surface occupée par la ville. Également ville d'implantation des légations européennes dès la fin des années 1890, Addis-Abeba connut un développement rapide et important. Les besoins en bois pour la construction et le chauffage étaient tels que l'eucalyptus, arbre à la croissance rapide, y fut introduit au début du XXe siècle afin de fournir les quantités nécessaires à la population. Les tentes de toile blanche furent ainsi rapidement remplacées par des bâtiments en dur, dont certains sont encore visibles aujourd'hui (voir photo ci-contre).

Les différentes célébrations de couronnement impérial y prirent place en 1917, 1928 et 1930, faisant d'Addis-Abeba une ville internationalement connue.

Occupée du 5 mai 1936 au 5 mai 1941 par les Italiens, Addis-Abeba fut le théâtre de tragiques événements : assassinat de l'abuna Paulos (chef de l'Église orthodoxe éthiopienne) en 1937, ou encore massacre d'une douzaine de patriotes ayant résisté contre l'occupant (1938 ?).

Capitale de l'Afrique à partir des années 1960, Addis fut également le lieu de la révolution menée en 1974-1975 par des militaires marxistes-léninistes. La «place de la révolution» (Abyot adäbabay), haut lieu des manifestations du régime du dictateur Mengistu, a été rebaptisée «place de la Croix» (Mäsqäl adäbabay) ou Meskel Square. Cette imposante esplanade a accueilli le 6 février 2005 un concert en l'honneur du soixantième anniversaire de la naissance de Bob Marley (Africa Unite) qui a rassemblé environ 300 000 personnes venues du monde entier.

Ces 10 districts sont divisées en 99 kebelés.

En haut



Afrique

Image satellite de l'Afrique

L’Afrique est le deuxième continent au monde par sa population et le deuxième (ou le troisième si l'on considère l'Amérique comme formée d'un seul continent et non de deux continents) par sa superficie, après l’Asie. D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique couvre 6,0 % de la surface terrestre, et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec une population de 944 000 000 habitants (mi 2007), les Africains représentent 14 % de la population mondiale. Le continent est bordé par la mer Méditerranée au nord, le canal de Suez et la mer Rouge au nord-est, l’océan Indien au sud-est et l’océan Atlantique à l’ouest. L’Afrique comprend 48 pays en incluant Madagascar, et 53 en incluant tous les archipels.

L’Afrique chevauche l’équateur et englobe de nombreux climats ; elle s’étend des régions tempérées du nord aux zones tempérées du sud. À cause du manque de précipitations régulières et d’irrigation, tout comme de glaciers ou de systèmes montagneux aquifères, il n’y existe pas de moyen de régulation naturel du climat à l’exception des côtes.

Le mot Afrique provient du mot Ifren et c'est une divinité berbère et aussi une tribu berbère les Banou Ifren,.

Le mot « Afrique » pourrait provenir du nom "Afridi", une tribu qui vivait en Afrique du Nord près de Carthage.

Aussi, en berbère le mot " Avrik" " Averkan" veut dire noir. Le nom Afrique désignerait par le mot berbère Avrik, la couleur de la majorité de ses habitants.

Il se peut aussi qu'il provienne du berbère Taferka « terre », « propriété terrienne ». Celui qui vit sur une terre est nommé Aferkiw, cela a donné africanus en latin, dont le territoire correspond à la province romaine d'Afrique. Ce nom a donné en arabe إفريقيا ifrīqīyā qui désignait jadis l'actuelle Tunisie et aurait donné la désignation de l'Afrique dans son sens moderne par les nouveaux venus. Il est aussi possible que le mot descende du grec aphrike (« sans froid »), du latin aprica (« ensoleillé »), ou d'un autre terme latin africus (ventus) désignant en Campanie, le « vent pluvieux » en provenance de la région de Carthage, puisqu'à l'origine, les Romains nommaient uniquement « Afrique » cette partie nord du continent..

Selon d'autres chercheurs, le mot Afrique vient de la tribu des Banou Ifren( tribu Amazigh), . L'ancètre des Ifren est Ifri, ce radical Ifri qui a donné le mot Ifriquia à l'époque romaine. Et ce sont les romains qui ont donné ce nom aux habitants de la Tunisie. Ifren est l'ancêtre de la tribu Banou Ifren appelée aussi Iforen ou Ifuraces ou Afer ( grotte ou caverne en langue berbère selon Ibn Khaldoun). Ifri est aussi une divinité amazigh , . D'autres chercheurs désignent les Banou Ifren étant les habitants de l'ancienne Ifriquia et que le non d'Afrique découle de la nomination de la tribu des Banou Ifren ,.

De plus, Banou Ifren sont les Ifuraces, tribu qui rassemble les Afar. Les Ifuraces habitaient l'ancienne tripolitaine étant des Zénètes Berbère que Corripus a désigné dans son livre de Johanide.,.

Égypte antique, Royaume de Koush, Pays de Pount, ville de Djenné-Djenno, Royaume de D'mt, Royaume d'Aksoum.

En Afrique de l’ouest, depuis le VIe siècle au début du millénaire suivant, la grande activité commerciale et les terres fertiles y ont favorisé l’émergence de royaumes et d’empires puissants tels que la civilisation Nok, l’empire du Mali, l’Oba du Benin, le royaume du Kanem-Bornou, le Dahomey, le royaume d'Oyo, l’empire Ashanti, l'empire du Ghana, l’empire Songhai et l'empire djolof, Empire Kongo, Empire peul du Macina, Royaume bambara de Segou, Empire Monomotapa.

La création de l'empire du Mali, appelé aussi Mandé ou Manden, est sans doute l'un des plus grands évènements de l'histoire de l'Afrique. Il eut lieu en 1235, lorsque Sundjata Keita ou Soundiata Keïta gagna avec son armée la bataille de Kirina. Sundjata devint alors roi des rois ou empereur, et est considéré comme l'un des plus grand héros de toute l'Afrique, bien que la transmission orale de son histoire ait sans doute contribué à lui donner les caractéristiques d'un héros de conte. Il dota son empire d'une constitution, la charte de Kurukan Fuga ou charte du Manden, en 1236, qui s'apparente en certains points à une déclaration des droits de l'homme. Cette charte, transmise oralement de génération en génération, affirme notamment le droit à la vie, la préservation de l'intégrité physique, la tolérance, le respect des sages et marabouts, le principe d'éducation des enfants par tous, d'association des femmes à la politique, le bon traitement des esclaves... Il est même fait mention d'une suppression de l'esclavage, mais celui-ci a continué dans les faits. La charte donne également des règles économiques, et concernant la guerre.

A l'est, le royaume éthiopien donne suite au royaume d'Axoum qui développe ses relations commerciales entre l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Inde.

Enfin en Afrique australe, occupée initialement par les peuples Khoïsan puis Bantous, le Grand Zimbabwe, centre de l'Empire Monomotapa, apparaît dès le IVe siècle av. J.-C..

Des fédérations plus lâches de cités-États telles que les Yoruba et les Haoussa virent également le jour, mais la plupart de ses royaumes virent leur puissance tomber avec l'installation de ports européens en Guinée.

À partir du VIIe siècle, les armées Arabes envahirent et colonisèrent l'Afrique du Nord. Le commerce caravanier et l'expansion islamique nouèrent de nouvelles relations entre les deux Afrique. L'islamisation se fit aussi bien de manière pacifique que militaire. En Afrique, ce sont souvent les ethnies initialement islamisées, qui propageront cette religion.

L'Afrique Noire eut ses premiers contacts avec le monde arabe au VIIe siècle, puis avec les européens au XVe siècle. Ces derniers établirent des comptoirs concurrents de la traite orientale ; d'abord pour commercer, ensuite aussi pour la traite des Noirs à l'origine de la diaspora africaine.

L'Afrique du Nord en s'islamisant, est passée de la civilisation islamique à l'ottomane, sauf la partie du Maroc qui a stoppé l'avancée ottomane à Fès, la capitale du Maroc antique et la kabylie qui n'a pas pas connu d'envahisseurs étrangers.

Au XIXe siècle, après l'abolition de l'esclavage, les États européens se sont installés en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne grâce à leur avance technologique et malgré la résistance des peuples africains. Les puissances coloniales se partagent l'Afrique lors de la conférence de Berlin en 1884-1885. L'exploitation des ressources naturelles et humaines africaines continua sous administration européenne jusqu'au XXe siècle. Deux pays échapperont néanmoins au partage de l'Afrique: le Libéria indépendant depuis 1847 et l'Éthiopie qui a su rester indépendante en infligeant une défaite aux italiens à la bataille d'Adoua en 1896, faisant de cette victoire la première d'un pays africain sur les colonialistes.

Les aspirations nationalistes africaines menèrent aux indépendances qui s'étalèrent de 1910 à 1975 suivant les pays. L'Afrique fut jusqu'aux années 1990 instrumentalisée par les puissances de la guerre froide.

L'Afrique est le continent le plus ravagé par les conflits. Selon l’Atlas stratégique 2008, sur 35 conflits graves répertoriés dans le monde, 13 sont situés en Afrique, où 15 pays sur 53 sont concernés par une « crise d’intensité moyenne à haute ». Le premier fournisseur d'armement en valeur à l'ensemble du continent étant entre 1998 et 2005 la France et en volume la Russie .

Par un cercle vicieux, ces conflits entraînent la pauvreté puis des conflits sociaux, ce qui favorise l'éclatement d'autres conflits.

Dans un souci de préserver la paix sur le continent, l'Organisation de l'unité africaine a été créée en 1963, puis remplacée en 2002 par l'Union africaine. En 2008, sur 88 000 casques bleus de l’ONU déployés dans le monde, 61 000 sont engagés en Afrique dans huit conflits ouverts ou larvés. Pour les Nations unies, la facture militaire africaine atteint 5,5 milliards de dollars sur un total mondial de 7,2 milliards.

En 1994, le gouvernement à Kigali encourage le massacre systématique de la minorité Tutsi. En deux mois, les milices hutu tuent près d'un million de personnes.

Il se déroule en ce moment actuellement au Darfour une guerre civile pour obtenir le contrôle de certaines ressources (eau, terres...) et un nettoyage ethnique. On dénombre déjà plus de 200 000 morts.

En Côte d'Ivoire se disputent les forces de l'État ivoirien et des forces rebelles pour obtenir des changements politiques, cette crise a duré 5 ans (2002-2007).

La guerre d'Algérie se déroule de 1954 à 1962 et débouche sur l'indépendance de l'Algérie, colonie française de 1830 à 1848, puis partie intégrante du territoire de la République. Dans les années 1990, une violente guerre civile oppose le gouvernement à l'opposition islamique, des attaques de cette derniéres sont toujours en cours en 2008.

Cela désigne l'attitude politique, impérieuse, d'un pays face à une de ses anciennes colonies.

Avec une superficie de 30 millions de km² de surface émergée, l’Afrique est le second continent le plus étendu. Séparé de l'Europe par la mer Méditerranée, il est rattaché à l'Asie à son extrémité nord-est par l'isthme de Suez (traversé par le canal de Suez) sur 163 km. Depuis son extrémité nord à Ras ben Sakka (37°21' N) en Tunisie à son extrémité sud au Cap des Aiguilles (34°51'15" S) en Afrique du Sud, le continent s'étend sur environ 8000 km, et depuis le Cap-Vert (17°33'22" W), à son extrême-ouest, à Ras Hafun (51°27'52" E) en Somalie, à l'extrême-est, sur 7 400 km.

Ses côtes, rectilignes, sont longues de 26 000 km, et l'absence de profondes entailles de sa rive est remarquable par le fait que l'Europe, qui s'étend sur 10 400 000 km² – soit environ un tiers de la surface de l'Afrique – dispose d'un littoral, plus long, de 32 000 km. Le plus grand pays d'Afrique, par sa superficie, le dixième au monde, est le Soudan, tandis l'archipel des Seychelles, au large de la côte est de l'Afrique, en est le plus petit.

L'Afrique présente une grande variété de climats, d'équatorial au centre à tempéré chaud en Afrique du Nord et en Afrique australe. Les plaines du nord sont désertiques et très chaudes en raison de la grande distance qui les sépare de l'océan. Les différences de température entre l'été et l'hiver, ainsi qu'entre le jour et la nuit, y sont les plus importantes. Plus au sud, la chaleur est atténuée par l'humidité apportée par l'océan ainsi que par l'altitude, particulièrement sur les hauts plateaux d'Afrique de l'Est. La végétation y est également plus dense. Enfin, les extrêmes nord et sud connaissent tous deux un climat tempéré, quoique plus frais et plus humide au sud.

Si la majeur partie des pays africains ont un taux de natalité élevée, ils font également fasse à un taux de mortalité extrêmement fort, y compris une mortalité infantile. 10 pays africains avaient en 2008 un taux de mortalité infantile supérieur à 100 pour 1000 (ou 10%), 30 un taux supérieur à 50 pour 1000 (ou 5%).. Les 5 pays ayant l'espérance de vie la plus faible (de 32 à 41 ans) en 2008 étaient tous africains.

Le Sida est devenu la première cause de mortalité en Afrique à la fin du XXème siècle. C'était encore le cas en 2007, où ONUSIDA estimait à 22 million le nombre de personnes infectées en Afrique. La malnutrition, la famine, le manque d'eau ou la mauvaise qualité de l'eau, les épidémies sont autant d'autres causes importantes.

Pour lutter contre ces phénomènes, le développement de l'éducation et des dépistages sont indispensables. Une éradication de la maladie sur le long terme devient imaginable, à condition que la communauté internationale et l'ensemble des États africains mobilisent les moyens nécessaires.

La culture africaine traditionnelle est basée sur la transmission orale, souvent accompagnée de musique. Le griot, messager et chanteur de la communauté, chargé de conserver la mémoire et la tradition du peuple, fût longtemps la clé de voûte de la société africaine. Ses paroles étaient souvent accompagnées d'instruments, et il était chargé de gérer les conflits dans la communauté.

Aujourd'hui, beaucoup d'africains s'identifient dans la culture occidentale, à travers les boissons (Coca-Cola), les vêtements, la musique. Le secteur de la mode se développe en Afrique, même dans certains pays pauvres. Cependant, les africains restent également attachés à des musiciens africains, tels que Tiken Jah Fakoly , Alpha Blondy (originaires de Côte d'Ivoire), Amadou et Mariam (originaires du Mali),... Les artistes africains constituent une parcelle entre l'Afrique et les pays occidentaux (notamment la France). Ils sont les messagers pour parler du sida, des dictateurs, mais aussi de l'Afrique combative, qui se développe, chante, danse, vit. Alpha Blondy est par exemple ambassadeur de l'ONU pour la paix en Cote d'Ivoire.

Les linguistes recensent 2 000 langues vivantes sur le continent africain, regroupées en quatre grandes familles, exclusion faite des langues de souche non africaine.

La famille afro-asiatique (353 langues vivantes dont 299 parlées en Afrique, totalisant 340 millions de locuteurs) n’est pas exclusivement africaine. Elle s’étend également sur la péninsule arabique et ne couvre que la partie nord de l’Afrique de l'Ouest. Elle inclut l’arabe qui est la première langue africaine en nombre de locuteurs.

La famille nilo-saharienne (197 langues vivantes et 35 millions de locuteurs) couvre une partie du Sahara, le haut bassin du Nil et certains hauts plateaux de l’Afrique orientale. Elle est composée de douze groupes de langues dont seulement deux sont localisés en Afrique de l'Ouest : le songhai (Mali, Niger, Burkina, Bénin) et le Kanuri (Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad autour du lac du même nom).

La famille khoisan (22 langues vivantes et 360 000 locuteurs) est la plus petite famille linguistique africaine. Elle est centrée sur la Namibie et rayonne sur l’Angola, le Botswana et l’Afrique du Sud. « Dans le passé, les langues khoisan étaient parlées dans la majeure partie de l’Afrique australe et orientale. Elles ont été progressivement évincées de maints endroits par les langues bantou (puis) européennes » .

La famille Niger Congo compte près de 1 500 langues vivantes, ce qui fait d’elle la plus grande famille linguistique du monde (22 % des langues de la planète et 71 % des langues africaines). Elle couvre la plus grande partie du territoire ouest-africain et concerne l’immense majorité de la population de la région. Elle compte en son sein un groupe - le bantou – qui couvre à lui seul la quasi-totalité de l’Afrique sub-équatoriale à l’exception de l’aire khoisan.

Beaucoup de spécialistes estiment que le foyer originel des Bantou se situe au sud de la Bénoué (à la frontière du Cameroun et du Nigeria). Il y a de cela 4 000 ans, les Bantou entament une longue migration vers l’Afrique centrale, sans doute poussés par l’aridification du climat et le développement de l’agriculture et de l’élevage qu’ils rejettent. Cette colonisation prend près de trois millénaires. Les Bantou n’atteignent le Sud du continent qu’aux XVIe siècle, XVIIe siècle fuyant les Massaï venus de la haute vallée du Nil. Les nombreuses similitudes entre les langues bantou ainsi que leur remarquable extension géographique en font une zone linguistique spécifique très souvent distinguée du reste de la famille nigéro-congolaise.

L'Académie africaine des langues a été créée en 2001 afin de gérer ce patrimoine linguistique.

L'Afrique est très marquée par l'arrivée de l'Islam qui s'est installé en Afrique du Nord, et plus tard dans l'intérieur de Afrique de l'Ouest et la côte d'Afrique de l'Est.

Historiquement, les religions tribales africaines dominaient les régions d'Afrique de l'Est, Afrique centrale, Afrique australe, et la région côtière d'Afrique de l'Ouest. Aujourd'hui, une grande partie de la population de ces régions s'est convertie au christianisme. L'église catholique et plusieurs églises protestantes sont représentées sur le continent ; elles ont été établies par des missionnaires européens pendant l'époque coloniale.

En revanche, le christianisme orthodoxe existe en Éthiopie, Érythrée et Égypte depuis l'antiquité tardive.

L'animisme a moins de pratiquants aujourd'hui qu'avant l'arrivée des Européens, mais il reste important dans certains pays, notamment le Bénin et le Togo. Il y a beaucoup d'Africains qui incorporent quelques éléments d'animisme dans leur foi chrétienne ou musulmane.

La question de la dette des États africains date des années 1970. Depuis, la part du service de la dette grève les budgets pour atteindre aujourd'hui 38 % du budget (2007).

L´Afrique est un continent riche en ressources naturelles : le Congo-Brazzaville, l'Angola, la Guinée Conakry, le Gabon, la République démocratique du Congo, le Nigeria et l´Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire, et le Cameroun sont probablement les pays les mieux dotés du continent.

L'Afrique est riche de gisements de minéraux (métaux), de pierre précieuse, de reserves d'or et de zinc. Les ressources (pétrole, gaz naturel, charbon) sont exploitées majoritairement par des grandes multinationales. Elles sont souvent dénoncées comme contribuant à la paupérisation des populations autochtones. Depuis quelques années, on assiste à l'exploitation de nouvelles richesses, notamment par les pays asiatiques ou pétroliers en manque de place : les terres agricoles sont achetées, et les surfaces concernées sont très importantes pour un continent qui subit la malnutrition et des famines régulières. Certains parlent de recolonisation de l'Afrique à ce sujet.

On constate que l'Afrique du Nord est, de façon générale, plus visitée que l'Afrique subsaharienne.

En haut



Source : Wikipedia